Pierre Mainard

  • Tes prairies tant et plus reprend les quatre « Petits Poèmes » amoureux parus entre 2004 et 2010 ; quatre inédits et un essai De la lyrique amoureuse les ont rejoints ici avec des dessins de Jean-Marc Scanreigh. Joël Cornuault poursuit la tradition des troubadours, écrivait Claude Chambard, pour lequel « ces poèmes d'amour sensuels, par touches discrètes, secrètes, effleurent à peine l'objet même du désir. Et ainsi, d'allusion en allusion, d'effleurement en baisers, de caresse en mordillement, modèlent sous nos yeux un corps tendre et lourd d'abandon. »

  • La présente édition rassemble les poèmes de Thierry Metz (1956-1997) jamais parus en livre et, pour la majorité, extraits de la revue Résurrection qu'animait Jean Cussat-Blanc. Il fut le premier à reconnaître le poète, au point d'alerter Jean Grosjean alors lecteur chez Gallimard - maison où seront publiés Le Journal d'un manoeuvre (1990) et Lettres à la bien-aimée (1995). Les poèmes présentés courent sur deux décennies durant lesquelles l'écriture façonne une oeuvre à travers laquelle une voix observe, « attend quelque chose qui ne viendra pas... », et fait résonner un chant intensément intime.

  • « Les êtres humains ne restent pas jusqu'au bout main dans la main. Il y a en eux une forêt vierge, dense, impénétrable ; une étendue de neige où l'on ne trouve pas la moindre empreinte de pattes d'oiseaux. Nous avançons seuls et préférons qu'il en soit ainsi. » (V. Woolf, De la maladie).
    Ainsi, s'ouvre par cette épigraphe La vie dans les Mailles, une vie aux prises avec les souvenirs d'une enfance blessée, les souvenirs de ceux qui ne sont plus et qui ont laissé la terre sous nos pieds à fouler, voire une peine que Véronique Gentil égrène avec les mots : prend forme alors une manière de poèmes qui « sont la mémoire du chaos, ils se chargent de résidus, de tremblements, de retournements, de désordres qui s'étendent extrêmement, de combustions (...) » et font éclore des vers qui éclairent « pour un temps l'obscure versant de la vie ».

  • « Les poèmes de Semen-Contra, tout comme ceux de L'Arbre acide (publiés en 1968), semblent éclos de l'oeuf primordial, l'oeuf d'avant toute chose, quand les mots et leur sens jouaient au chat et à la souris. Ses mots arrivent sur la table d'opération et une machine à coudre se charge de relier plus ou moins fortuitement leur toile imperméable, révélant une mélancolie altière, rigoureuse, impitoyable.
    Le son y joue également son rôle, comme une espèce de vêtement à transformation. C'est sur ce principe d'essayage verbal que se sont fomentés les vingt poèmes de HARR (Hommage à Raymond Roussel), chacun des titres se démarquait d'une séquence des Impressions d'Afrique (exemple : "Pergovédule" devient "Perversion des Ulsters"). Le travail mental n'y est pas moins intense que dans Semen-Contra ou L'Arbre acide. Camacho ne s'est pas abandonné à écrire des poèmes. Les siens ont tout du diamant : la beauté, le mystère, la densité et bien sûr la rareté. » (propos extraits de la postface de François-René Simon)

  • « Une paix m'envahit, je ne vis plus le grainetier et la bouche lentement s'estompa. Je me réveillai, reposé comme au sortir d'un bain, entrant dans cette journée comme dans une étable chaude. Après le bol de café, je m'assis devant mon poème et lui parlai... » Dans ce récit initiatique aux accents tout-ensemble cosmiques, oniriques et poétiques, le narrateur subit une série d'épreuves dont la plus importante est le passage par la mort qui lui permettra de re-naître : Le Grainetier, oeuvre séminale de Thierry Metz (1956-1997), marque de même la naissance du poète.

  • Le Secret de ma jeunesse compte deux parties, la première, qui porte le titre du livre, fut publiée une première fois en 1993, de façon confidentielle, aux Editions Haldernablou, la seconde Les Jours de rangements est inédite. Le livre s'ouvre par un frontispice en couleur de Jean-Pierre Paraggio.
    "Les minutes qui passent / sont / premièrement les dernières / deuxièmement les dernières" Le temps, les souvenirs s'égrènent, tout au long des poèmes de ce livre, dans des métaphores où les nostalgies ne valent que parce qu'elles se métamorphosent en désirs. Désirs érotisés, dans lesquels le bestiaire de l'auteur convoque les "propriétés de la matière". S'il y a une poésie qui habite ces propriétés, c'est bien celle de Pierre Peuchmaurd. Sa poésie ne se dérobe pas à l'épreuve de la réalité, elle ouvre à la connaissance du monde, pensait-il, à la connaissance "de la réalité du monde et de l'arrière-monde qu'il n'y a pas et qu'il y a pourtant (...)" et que l'auteur nous invite sans cesse à visiter.

  • Pierre Peuchmaurd qui a publié un grand nombre de poètes de sa génération, a contribué à faire découvrir l'extraordinaire Maurice Blanchard, en exaltant on ne peut mieux son surréalisme anarchiste dans son introduction (80 pages) qui ouvre le livre paru chez Seghers (coll. Poètes d'aujourd'hui, 1988) et que nous rééditons cette année. Pierre Peuchmaurd ne se propose rien d'autre que de donner à Maurice Blanchard "ce qui lui fut le plus refusé sa vie durant, sa mort suivant : la possibilité d'une écoute." La seconde partie du livre propose un choix de textes du poète Blanchard tel qu'il figurait dans l'édition originale.

  • Tout au long de ce conte parabolique, « livre de nature et poème de la rivière », Sylvain et Ludovic Massé nous font vivre de l'intérieur le corps d'un torrent. Dans les eaux montagneuses et tempétueuses du Vallespir en Catalogne, Lam, une jeune truite, mène une vie pleine de péripéties. Chaque moment de son existence, où se mêlent chasses, dangers, plaisirs, amours..., fournit aux auteurs l'occasion de personnifier le vivant qui abonde dans ces eaux profondes : façon de nous rendre, sans doute, plus familière cette nature sauvage. Lam, la truite est un récit profondément original, né d'un regard, nourri par un savoir, écrit avec l'intensité d'un poème lyrique.

  • « Je vous présente quelques relevés d'empreintes de fées, de ma forêt personnelle, en plein coeur... André Hardellet disait à propos des fées : «Elles guettent le promeneur qui leur plaît (...) et leurs fantaisies ignorent nos limites.» Ces limites, j'ai voulu les transgresser par la poésie, seul terreau propice à la plantation de mots, capables, peut-être, de les attirer. Et parfois elles ont surgi, à travers ce braconnage du merveilleux : mes rituels d'approche sont devenus de plus en plus lisibles, le bal s'ouvrait, j'étais souvent un pâle cavalier, mais la piste était là. La découverte réelle, j'entends par là, une lucidité imaginaire de ce monde sauvagement majestueux, m'a conforté pour écrire cette courte biographie de leurs ébats, et de leur secret enthousiasme quant à nous rencontrer, si elles le désirent, seulement. »

  • Plein vent

    Laurent Albarracin

    "Plein vent" rassemble 111 haïku en hommage au premier livre dans ce genre que Pierre Peuchmaurd publia chez Pierre Mainard (Au chien sédentaire, 2005). Les deux auteurs étaient proches et s'estimaient, au point que Laurent Albarracin dirigea et rédigea le volume "Présence de la poésie - Pierre Peuchmaurd" consacré au poète décédé en 2009 (éd. des Vanneaux). Dans "Plein vent", l'auteur égrène le monde au rythme de quatre saisons et à l'image de ce haïku "Le papillon posé / sur le manche de l'outil / fait s'envoler la peine", nous allège de bien des lourdeurs.

  • « Qui ? dites-vous : «Qui exagère la Tour Eiffel ?» C'est une de vos devinettes ? Eh bien, je dirais... Guillaume Apollinaire ?
    - Ah oui : Bergère, Ô Tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin... oui, bien sûr, mais non.
    - Sonia Delaunay, alors ?
    - Non plus.
    - Son mari, en décorateur de produits dérivés, tabliers, torchons et serviettes à la page 23 ?
    - Pas davantage.
    - Et si je disais... Raoul Dufy ! page 23, pareil ?
    - Vous n'y êtes plus du tout ! Vous allez chercher bien trop loin : c'est tout bêtement Bernard Ollier qui exagère la Tour Eiffel.
    - Alors là, c'est vous qui exagérez, je le sais bien que c'est Bernard Ollier, puisque c'est le titre qui le dit ! Mais le titre ce n'est qu'un titre, et tout ça ne nous dit pas qui est l'auteur du titre.
    - Ah ça, par exemple ! mais l'auteur... L'auteur du titre, c'est justement Bernard Ollier ! ».

  • Chaque numéro met directement en présence des textes d'auteurs contemporains avec quatre ou cinq auteurs du pré-romantisme et de l'utopie jusqu'au surréalisme et ses alentours poétiques et artistiques, en passant par l'art brut.
    Ces textes sont des essais ; des essais poétiques ; des rêveries ; des contes ; des poèmes.

    Auteurs : Roger Gilbert-Lecomte ; Yves Leclair ; Robert Caze ; Antoine Marcel ; Sylvain Tanquerel ; Katrin Backes ; Charles Fourier ; Julien Starck ; Béatrice de Chavagnac ; Juan Luis Martinez;Nadine Bloch ; Elie Reclus...

  • Giroflées

    Pierre Peuchmaurd

    "Giroflées" compte quatre parties, les trois premières ont fait l'objet de publication dans des revues entre 1990 et 2004, dont "Les Giroflées" dans La Nouvelle Revue Française en 1990. La quatrième "Vie et mort d'un miroir de lierre" est inédite. Quatre parties donc ! quatre temps, quatre respirations comme les saisons forment une boucle dans laquelle se tient, grâce au grimoire du poète, un monde qui se déploie sous nos yeux. "Le conducteur de lune" fixe sur nos pensées des nostalgies de bêtes, de souvenirs, de terres, d'astres, de couleurs qui nous portent au voyage. Pierre Peuchmaurd est mort le 12 avril 2009 des suites d'une longue maladie. La discrétion de ce "Témoin élégant" ne l'empêchait pas d'être tenu, par quelques-uns, pour l'un des plus grands poètes français actuels.

  • La confusion des espèces se décline en trois parties où les poèmes, sous des formes différentes (prose, vers...), jouent de la magie des images, de visions d'une extrême finesse, de musicalité enivrante et du bestiaire de l'auteur pour porter notre émotion à son comble. Le poète repousse les réalités du monde au bord des mondes : il ouvre grand au large ses désirs d'être vivant et même lorsque la mort - tenace - rode et s'invite, la poésie bouscule cette « tête de mort » dans le néant. Le poète joue des coudes, combat, se révolte, vise les planètes, car il veut encore « faire sa valise ».

  • Les dessins contenus dans Le Trèfle incarnat sous-titré Une Journée de Nô furent offerts à Anne-Marie Beeckman, il y a quelques années, par Georges-Henri Morin. Leur composition a inspiré le poète, elle a écrit des poèmes sur ces derniers à la manière du Nô (drame lyrique) et du Kyôgen (scène comique) issus du théâtre japonais. Neuf poèmes, chacun accompagné d'un dessin, alternent donc Nô et Kyôgen : la puissance et le pouvoir du premier dans la poésie d'Anne-Marie Beeckman, font vibrer le désir, l'appellent voire le supplient à sortir de sa petite mort ; tandis que le second, sous ses masques de bêtes insolites, se joue de nous : preuve supplémentaire qu'il nous faut tordre le cou à la vie. Et comme le note, si justement, Jacques Josse : « Il y a chez Anne-Marie Beeckman une grande capacité à s'émouvoir et à s'émerveiller en assumant pleinement ces morceaux d'irréalité qui font briller sa rétine. Son écriture est inventive. Et son imaginaire sous tension. »

  • Chaque numéro met directement en présence des textes d'auteurs contemporains avec quatre ou cinq auteurs du pré-romantisme et de l'utopie jusqu'au surréalisme et ses alentours poétiques et artistiques, en passant par l'art brut.
    Ces textes sont des essais ; des essais poétiques ; des rêveries ; des contes ; des poèmes.

    Auteurs : Victor Fournel, Patrick Cloux, Alexandre Pierrepont, Gabrielle Cornuault, Virginia Woolf, Dr Emmanuel Régis, Claude Dourguin, Nikolaï Zabolotski, Alexander Braun François-René Simon, Katrin Backes et Sylvain Tanquerel.

  • Ce livre présente l'ensemble des collaborations du duo William Brown/Lucien Suel. Le peintre et le poète avaient fait connaissance dans le réseau international du Mail-Art et pendant une douzaine d'années, de 1995 à 2006, ils ont travaillé ensemble à la création de poèmes illustrés, de livres d'artistes, d'expositions, de performances.
    « Ourson les neiges d'antan ? » est la question qu'avec humour, William Brown (1953-2008) posait de temps en temps, ayant vécu enfance et jeunesse au milieu des ours et des neiges du Canada, dans la fréquentation de la poésie de Villon et Rimbaud, avant de s'installer et de travailler au Pays de Galles.

  • "« Quoi de plus émouvant, quoi de plus électrisant dans la poésie et la philosophie surréalistes d'André Breton que la métaphore du signe ascendant ? », interroge Joël Cornuault dans son essai. Elle est capable de conduire, poursuit-il, « droit au coeur de la sensibilité personnelle d'André Breton. Et dans le secret de sa conception du surréalisme ».
    Pourquoi, dans ces circonstances, « un thème magnifique, demeuré en pleine effervescence », est-il généralement si méconnu ?
    Telle est la question qui sous-tend l'ensemble de ces réflexions passionnées.
    Le livre, dont l'auteur ne cache certes pas son attrait pour la chambre aux prestiges du principal animateur du surréalisme, est accompagné d'un long poème intitulé « Cette fraîcheur dont nous sommes avides »."

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