Langue française

  • Figure mythique du photojournalisme, Gilles Caron est devenu célèbre pour ses icônes de Mai 68. Il est également l'auteur pour l'agence Gamma de l'un des plus grands reportages de l'histoire contemporaine : la bataille du Bogside, en Irlande du Nord, qui oppose les civils catholiques à la police royale de l'Ulster, protestante. Cette soudaine explosion de violence à Derry, du 12 au 14 août 1969, marque le début de la guerre civile. Gilles Caron photographie jour et nuit les événements et livre un reportage magistral unique et précieux qui restitue le souffle haletant de la révolte. Ses images furent à l'époque considérées comme des documents historiques. Elles constituent aujourd'hui un témoignage unique de ce tournant de l'histoire irlandaise.
    En revisitant ses archives et en dévoilant des images inédites, cet ouvrage nous plonge au coeur du conflit, cinquante ans après. Alors que le Brexit fait planer la menace d'un retour d'une frontière entre le nord et le sud de l'Irlande - et celui de la violence -, ce travail à l'extraordinaire modernité résonne plus fort que jamais.

  • Datazone

    Philippe Chancel

    Datazone est le nom qui désigne un espace imaginé, ponctué de villes immenses ou de déserts, reliés les uns aux autres par la promesse d'un destin compromis. Cette galaxie terrestre est la nôtre. C'est là que Philippe Chancel se rend, reporter sans journal, informant son imaginaire, recueillant des vues vertigineuses du futur.
    Durant quinze ans, il a exploré des sites sensibles pour ausculter le monde et observer les symptômes les plus alarmants de son déclin. De la Chine aux États-Unis, en passant par l'Afrique et l'Europe, il dénonce des réalités souvent contradictoires de notre époque - cynisme des pouvoirs, saccages écologiques, fléaux naturels, spectacularisation du capitalisme, contrôle des individus, aveuglement religieux et ethnique, conflit de territoires. Faire oeuvre de telle manière ne correspond à aucun genre identifié dans les pratiques photographiques.
    Philippe Chancel nous offre ainsi une exploration sans précédent et une critique constructive du monde dans lequel nous vivons.

  • Qu'est-ce que la photographie expérimentale ? C'est un champ peu étudié et un concept peu défini dans l'histoire de la photographie contemporaine. L'auteur présente les travaux d'une centaine de photographes expérimentaux et, pour les caractériser, s'appuie en particulier sur les thèses du philosophe brésilien Vilém Flusser : des photographes jouant contre les appareils, ne respectant pas les règles et perturbant le bon fonctionnement de l'apparatus photographique en en modifiant les paramètres établis. Ainsi, cer- tains artistes enfreignent les règles de production de l'image en jouant avec le temps, avec la lumière, avec la chimie du développement ou avec le tirage, ou en réinventant l'appareil photographique. D'autres se démarquent du dispositif en déconstruisant l'ap- pareil, en n'utilisant pas d'objectif (camera obscura), parfois pas d'appareil du tout (photogramme), ou en défaisant la matière photographique. D'autres enfin déplacent l'auteur-photographe, en l'effaçant ou en incluant leur propre corps dans le geste photogra- phique. La photographie expérimentale contempo- raine ne constitue pas à proprement parler une école ou un mouvement, mais simplement un courant, un moment entre le déclin de la photographie analo- gique documentaire traditionnelle et l'avènement de la photographie numérique à la fin du xx e siècle et au début du xxi e siècle.

  • Cet ouvrage regroupe les photographies de Gilles Caron (1939-1970) couvrant les conflits des années 1960 en Israël, Irlande, Tchad, Biafra, Vietnam et Cambodge, souvent en compagnie de Don Mc Cullin. Ses images de mai 68 sont également iconiques. Il est composé de sept chapitres : héroïsme, regard intérieur, douleur des autres, mouvement de révolte, Nouvelle Vague, conscience malheureuse. Ce beau livre à la riche iconographie et sous la direction de Michel Poivert, historien de la photographie et président de la Société française de photographie pendant 15 ans, sortira à l'occasion d'une très grande exposition dédiée à Gilles Caron.

  • Photographe et cinéaste français d'origine roumaine, Éli Lotar arrive en France en 1924. Proche de Germaine Krull, qui le forme, il publie dans la plupart des revues d'avant-garde et participe aux expositions internationales majeures de l'époque (« Fotographie der Gegenwart », « Fifo », « Salon de l'Araignée »). Sa fameuse série sur les abattoirs de la Villette fascine les surréalistes, au premier rang desquels Georges Bataille qui la publie dans sa revue Documents. Son regard onirique sur la ville, ses collages reconstituant des images de villes fantasmées montrent cette affinité élective avec le surréalisme. Il est associé de Jacques-André Boiffard, collaborateur de Roger Vitrac, d'Antonin Artaud et des Prévert, ami d'Alberto Giacometti et responsable de la section photographique de l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires. Également très sensible au contexte social et politique européen des années 1930, il photographie les travailleurs de Zuydersee, en marge du film éponyme de Joris Ivens, montre une vision désespérée du village des Hurdes aux côtés de Luis Buñuel, et consacre son ultime réalisation cinématographique aux taudis d'Aubervilliers. Éli Lotar nous laisse une oeuvre qui concentre toute l'audace, l'inventivité et l'engagement de la période de l'entre-deux-guerres.

  • L'invasion du Liban par l'armée israélienne en 1982 marque le début de l'opération « Paix en Galilée ».
    Le photojournaliste Yan Morvan est dépêché sur place par l'agence Sipa pour Newsweek. De 1982 à 1985, il raconte la guerre du Liban telle qu'il l'a vécue et au cours de laquelle il a failli à plusieurs reprises perdre la vie... Il relate l'histoire d'un pays déchiré, sans jamais prendre parti ni privilégier un des acteurs de ce drame, afin de restituer le plus fidèlement possible les épisodes marquants de ce conflit majeur.
    En parallèle, il nous livre son reportage poignant réalisé avec sa chambre photographique grand format sur la « ligne verte », le no-man's land qui traverse Beyrouth et sépare les belligérants. La guerre à la chambre 4 × 5 inches, c'est à contre-courant de tout : le sujet pose, le temps s'arrête, un moment rare sur une ligne de front. Les combattants posent pour la gloire éphémère d'un portrait, les civils encore présents dans la ville meurtrie pour dire au monde qu'ils sont toujours là et qu'ils ne pourraient pas être ailleurs, avec autour un sinistre amoncellement de ruines...

  • Florence Henri (New York, 1893-Compiègne, 1982) est une artiste complète : elle s'oriente d'abord vers la musique puis vers la peinture - elle est l'élève de Vassily Kandinsky, Paul Klee, Fernand Léger -, avant de choisir la photographie. Elle devient rapidement l'une des figures importantes des avant-gardes entre la fin des années 1920 et le début des années 1940. Elle se lie d'amitié notamment avec Carl Einstein, Lázló Moholy-Nagy, Hans Arp, Hans Richter, John Heartfield. Elle ouvre son studio à Paris et se spécialise dans le portrait. Gisèle Freund sera l'une de ses élèves.
    Sa recherche perpétuelle de nouvelles formes et sa maîtrise des perspectives, avec l'introduction de miroirs et d'objets divers, l'amènent à créer des compositions originales, dont ses fameux autoportraits et ses compositions de natures mortes.

  • Jean Dubuffet (1901-1985) est peintre, sculpteur et écrivain. Il se consacre définitivement à la peinture en 1942. Il s'affirme avec une liberté d'inspiration et de formes nourrie aux sources de l'art brut, dont il est considéré comme la figure emblématique. Anti- conformiste et visionnaire, il se détache des critères esthétiques et bouscule le monde de l'art qu'il désa- cralise. Son oeuvre innovatrice et provocante fait partie de celles qui dominent la seconde moitié du xx e siècle.
    Cet ouvrage aborde sa relation avec la photographie et l'importance du médium dans son oeuvre. Malgré sa réserve, des photographes reconnus, tels Robert Doisneau, Bill Brandt et Arnold Newman, ont pu réaliser des portraits iconiques de lui. L'ouvrage détaille sa perception de la photographie en s'ap- puyant sur ses écrits. Elle représente un outil pour documenter et archiver son oeuvre, ou conserver en mémoire son travail en cours. Il est d'ailleurs très sensible à la qualité des reproductions. La photogra- phie permet de suivre tout le processus de création de l'artiste. Dubuffet a ainsi réalisé des photomon- tages pour rendre compte de son travail architectu- ral et projeté des reproductions photographiques de ses oeuvres (cycle de L'Hourloupe, Paysages castillans, Théâtre de mémoire). Une place importante est consa- crée au tableau animé Coucou Bazar, qui réunit tous ses usages de la photographie.

  • état

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    Le photographe Paolo Woods s'est installé en novembre 2010 dans une ville du Sud d'Haïti : Les Cayes. Cet ouvrage concentre cette expérience insulaire. Par son ambition, journalistique autant que poétique, il tire la part universelle d'une aventure nationale qui nous concerne davantage qu'on le pense. Avec le journaliste et écrivain Arnaud Robert, Paolo Woods a travaillé sur le temps long, sur des thèmes qui s'étendent de l'industrie locale aux atermoiements des ONG, du monde foisonnant de la radio à la conquête du protestantisme américain.
    Au fil de ces recherches, la fragilité de l'Etat-nation haïtien est devenue un fil rouge évident. State questionne la naissance d'une identité nationale malgré la faillite de cet Etat.

  • Philippe Halsman débute à Paris. Il devient rapidement l'un des meilleurs photographes de « portraits de célébrités », réputé pour photographier ses modèles en train de sauter (le jumping), qui permet, selon lui, de saisir l'essence de l'être humain, ses 101 couvertures de Life et sa longue collaboration avec Salvador Dalí. Cet ouvrage, riche d'environ 350 reproductions, paraîtra à l'occasion d'une exposition au Musée de l'Élysée, du 29 janvier au 11 mai 2014.

  • Drancy la muette est un projet transversal qui convoque la photographie, l'archive, le texte, le dessin, pour interroger un espace patrimonial spécifique de la région parisienne et emblématique de l'urbanisme français, la Cité de la Muette à Drancy. Claire Angelini et Yannick Haenel arpentent la cité et font parler les documents et les lieux. Lors de ces flâneries cauchemardesques ils restituent la parole à l'Histoire, refoulée et trop longtemps sans voix, et lézardent la façade d'un récit lisse et aménagé.

  • Lorsque les premières cabines de photomaton furent installées à Paris en 1928, les surréalistes en firent un usage intensif et compulsif. En quelques minutes, et pour une somme modique, la machine leur offrait, dans le domaine du portrait, une expérience similaire à celle de l'écriture automatique. Depuis des générations d'artistes ont été fascinées par le principe du photomaton. De Salvador Dalì à Andy Warhol, en passant par Francis Bacon, Christian Boltanski, Arnulf Rainer, Thomas Ruff, Cindy Sherman, ou Pierre et Gilles, ils sont nombreux à s'être emparés du photomaton pour jouer avec leur identité, raconter des histoires, ou simplement faire des mondes.

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  • Le Prix Élysée, lancé par le Musée de l'Élysée et Parmigiani Fleurier, encourage la créativité et la réalisation de nouvelles oeuvres. Il est ouvert à des photographes ou à des artistes prometteurs, quelle que soit leur nationalité, utilisant tous les genres et les techniques photographiques, et dont le travail a fait l'objet d'expositions et de publications. Ils sont recommandés par un professionnel reconnu dans le domaine de la photographie, de l'art contemporain, du cinéma, de la mode, du journalisme ou de l'édition.
    Cet ouvrage présente les projets inédits des huit nominés : The True Truth's Stories d'Isabelle Blanc et d'Olivier Hilaire, un recueil de nouvelles photographiques ;
    La fabrication d'images à partir des « partitions », les préparatifs des actions du mouvement Fluxus des années 1960 et 1970, d'Elina Brotherus; la poursuite du projet photographique de longue haleine sur le conflit en Syrie de Matthias Bruggmann; « Limbo » de David Jiménez, qui joue avec les limites de la perception; « Tales », de Sofie Knijff, qui explore l'influence des contes de fées et de leur signification dans différentes cultures contemporaines; « Les montagnes du Kong », une terre imaginaire qui a existé dans la conscience collective et sur les cartes pendant plus d'un siècle, de Jim Naughten ; « As We Recede » d'Emeka Okereke, qui, au travers d'un projet multimédia mêlant la photographie, la vidéo et le son, revient sur l'histoire et les hypothèses de la guerre du Biafra au Nigéria ; « Histoires naturelles » de Zhao Renhui, une enquête photographique sur les différentes idées que nous nous sommes fait de la nature.

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  • Avec La Dimension éthérique du réseau, Benoit Aquin met en scène son double, Anton Bequii, pourfendeur de la société technicienne. Il nous offre une lecture inédite des oeuvres de ce photographe québécois et de son combat pour s'affranchir de l'emprise de la technique.
    Ses photographies côtoient des captures d'images d'Internet dont les algorithmes ont été modifiés. Chacune de ses images démontre l'omniprésence du réseau. Le fil narratif s'accompagne d'extraits des écrits de Jacques Ellul sur la technique et la propagande, ainsi que de lettres qu'Anton Bequii adresse à la femme qu'il aime.
    L'auteur dénonce les dérives de la société technologique, où l'information est transmise à une vitesse fulgurante. Dépassé, l'individu perd son pouvoir d'action. Benoit Aquin rejette le conformisme et questionne la fabrication du consensus social par le biais des médias de masse. Il procède ainsi à une critique de la société et de la technologie.

  • Vies possibles et imaginaires est l'histoire de 4 soeurs Palestino-Libanaises qui ont traversé l'histoire du 20ème siècle, 4 femmes fortes et truculentes exilées aux 4 coins du monde (Le Caire, Paris, Beyrouth, New York). C'est une histoire, entre documentaire et fiction, entre biographie et théâtre, qui s'appuie sur des photographies de famille, des entretiens sonores, sur le récit d'événements vécus et d'autres fantasmés. C'est une relecture de la réalité teintée de tendresse et d'humour, une enquête au coeur de laquelle est placée l'imagination des unes et des autres.

    Loin du portrait objectif ou historique de Graziella et ses soeurs, « Vies possibles et imaginaires » s'attache à traduire l'extravagance de ces femmes, à donner à leurs affabulations le même statut qu'au réel. En d'autres termes, à travers l'articulation de texte et de photographies d'archive (manipulées ou non), il s'agit, non pas d'écrire l'histoire de ces femmes, mais bien d'écrire au présent, de la façon la plus vivante possible, ce que serait leur mythe.

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  • Depuis plus de onze ans, Takeshi Shikama photographie les forêts du Japon, des États-Unis et d'Europe. Il cherche à capter leur essence et à fixer le temps, à rendre visibles les secrets du monde végétal. Ses compositions sont comme des haikus, qui restituent l'émotion de l'artiste face à un lieu, un arbre, une fleur.
    Aux États-Unis, il immortalise la majesté du parc de Yosemite. Sur la côte du Nord-Ouest Pacifique, il documente l'abondance végétale et les stigmates de la déforestation. À New York, il s'intéresse aux arbres de Central Park qui se détachent devant les gratte-ciels de Manhattan et cohabitent avec les statues et les monuments. Ses recherches le mènent ensuite en Europe.
    Takeshi Shikama accorde autant d'importance aux détails de la prise de vue qu'à l'objet photographique. Il réalise ses tirages avec la technique du platine/palladium, sur un papier traditionnel, fabriqué à la main à partir de l'écorce du gampi, un arbre japonais.
    Cette monographie rassemble plus de 150 photographies de ses séries Respirations silencieuses des forêts, Évanescence, Contemplation, Forêts urbaines et Jardins de mémoire.

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