Parole Et Silence

  • Le ciel commence au bout du regard.
    N'est-il pas l'image de ce que nous cherchons... la pérennité ? Quel est ce rire dépité qui a oublié le dépit et n'a de joie que celle d'un moment d'esprit ? L'écho de la beauté ne dit rien sur la beauté. On n'entend que le son de celui qui la rencontre.
    La raison domine la routine et l'on n'a pas le temps de s'appesantir sur l'absurdité clés choses mal faites, sur la bêtise des autres et leur méchanceté.
    C'est une première étape, un détachement général s'amorce, et les tristesses s'accrochent comme à un radeau aux promesses de la prochaine retraite. C'est la retraite qui compte. La tournure malencontreuse d'un épisode de notre vie peut devenir salutaire si elle apporte à l'expérience comme une ombre à ce qui resplendit, une transparence à ce qui risque d'aveugler. Lorsqu'aucun espoir et pas une des innombrables peines de 1a tendresse n'assistent à l'agonie, vue de loin, la fin d'une vie peut s'accepter avec la sérénité de la pensée heureuse.
    La mort a quelque chose d'un accomplissement. On la sacre, on s'en remet à elle. On l'envisage pour soi et pour tous les hommes. Un temps sans calendrier s'empare de ce qui a été limité et tributaire des mesures humaines.

  • Entre la mer du Nord et le Rhin, poussant une pointe vers le Sud, s'étend la Banane Bleue, une ville repoussante et damnée.
    Au-dessus vole parfois SuperRoman, qui se cache sous l'identité d'un journaliste du quotidien L'Eternité. Les personnages sont au-delà de la vie et de la mort. Ils agissent, dialoguent, vont et viennent, sans qu'il y aille de leur responsabilité. Une lectrice très charnelle a confié à Salomon d'Urtald, alias Stephen Mallarmus, une improbable mission. La suivre, afin de la protéger d'un motocycliste-fantôme.
    Ce qui le mènera loin. Jusqu'au coeur du roman, aussi irradiant que le réacteur d'une centrale nucléaire, là où vit le maître du second degré... Ainsi tout s'enchaîne jusqu'à la fin, malgré les diversions du commissaire Beauvais et les tentatives de JBM, alias SuperRoman, qui ne cesse d'évoquer ses missions passées à Oulan-Bator dans l'espoir de brouiller les pistes. Les personnages échangent leur identité.
    Et Stephen Mallarmus, décidément le plus fort, surgit de la mer toujours recommencée... Pour son retour au roman pur, Maxime Benoît Jeannin, dissident oulipien, en hommage à Georges Perec, a organisé les noces de l'imagination et de l'humour. Faisant donner au roman ses ultimes ressources, il le lance comme un gaz hilarant sur la morne fiction contemporaine.

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  • Voici l'histoire du roi des poissons, et de quelques hommes rugueux s'en allant lui prendre ses femmes.
    Et voici l'histoire, huit mille ans plus tard, d'un petit garçon vivant parmi d'autres hommes rugueux, dans un port de mer. Il se nomme Jim, son père est parti à la guerre, l'hiver n'en finit pas, et la vie est froide. Qu'importe ! Dans le port, il existe une gare - et, dans cette gare, un train : un train protecteur et fabuleux dans lequel on installe Jim afin qu'il rejoigne son père. Un train qui, durant - des journées, traversera le continent d'ouest en est, franchira des forêts peuplées de tigres blancs, de montagnes ayant connu les grands commencements des plaines antiques.
    /> Quatre journées pour un voyage,., étonnant, dans la compagnie de quelques hommes. forts, et d'une très belle femme. Sur l'autre bord du continent, Jim retrouvera-t-il , son père ? cette guerre qu'en pense le roi des poissons ?

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  • Élaborer l'histoire du Congo implique de la situer dans la longue durée et d'analyser les éléments de sa permanence qui justifient sa spécificité d'hier et d'aujourd'hui et donnent un sens à son devenir. Aussi convient-il d'étudier l'évolution de son espace, la mobilité de sa population et la construction progressive de son identité. En effet, issue des temps immémoriaux, cette épopée s'est élaborée peu à peu au cours des millénaires à partir de données écologiques et technologiques, fondements d'une certaine vision du monde et de traditions ancestrales. Cet « héritage des temps longs » rejoindra alors celui des « temps courts » pour former, étape par étape, le visage identitaire du Congo actuel. Nous verrons donc comment, à partir d'un espace déterminé, les hommes se sont approprié la terre et comment, façonnés par cet environnement, ils l'ont à leur tour modulé pour en faire leur territoire. (Elikia M'Bokolo)

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  • Au bord de l'eau, dans l'eau, dans les rues de quelques villes, entre la mer du Nord et la mer du Sud, des femmes se dénudent, parcourent ces récits en glissant, marchant, mourant parfois.
    Elles occupent la chaise au centre de la pièce, ou le coin de l'image, elles boivent un coup, elles n'ont pas froid, n'éprouvent pas la peur ni la honte. Elles ont de grandes choses à accomplir. Après le deuxième verre, la vie commence, les frontières s'abattent... Au-delà de ça, on n'est plus sûr de rien. La Vie commence au deuxième verre est donc un recueil où règnent les femmes, leur nudité, les eaux longues, le soleil noir, et une certaine étrangeté.
    Ce qui revient au même.
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  • San Francisco, juin 1912.
    Matias Hitiman a quinze ans. Une jeune fille inconnue lui fait parvenir une lettre de France : " Je t'appelle, tu viens. Traverse tout ce qu'il faut traverser, à l'exception de la mer et de l'océan ". Alors il part. Reste à tracer la route... Matias va remonter les fleuves, franchir les montagnes, affronter le froid. Il défiera toutes ses peurs, un ours kodiak à ses côtés et To build a fire de Jack London en poche.

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  • Paul Corneille avait quarante ans, on lui en donnait cinquante, et cependant un observateur délicat de l'âme humaine, s'il avait pris le temps de pénétrer ce visage en papier journal, aurait connu d'étranges choses, des empilements de cartons dissimulant des portes arrière qui s'ouvraient sur des estuaires et des sous-bois.
    Dans l'âme et le coeur de Paul Corneille, des rêves anciens avaient dressé leurs tentes, des cavaliers parcouraient des collines herbeuses aboutissant à des littoraux éblouissants, et quelques hommes s'entretenaient avec quelques femmes de quelques idées relatives à la compréhension de la Vie sur Terre...

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  • Ce livre est une navigation.
    Une navigation vers le Nord, vers les îles, vers le bout des terres. Le poème traverse la Manche, aborde les falaises anglaises, joue avec Shakespeare, Bunting, MacDiarmid, Mackay Brown, comme s'ils étaient eux-mêmes posés sur la mer, encerclés par la mer. À un moment, l'espace rencontre le temps. On débarque sur une terre nommée Paradis, terre de l'au-delà des terres. Pour changer de monde, il faut changer d'image du Paradis.
    On ne peut pas supprimer le désir de Paradis. Le poème est l'embarcation la plus sûre, la plus économe pour se lancer dans sa direction.
    J. D.

  • Lorsqu'un psychanalyste freudien déprimé voit entrer dans son cabinet la belle Francesca Neumann, championne du monde de tir au pigeon, il est loin de se douter que sa patiente va l'emmener dans un cauchemar qu'il mettra de longues séances à décoder.
    Au fil de sa cure, il va tenter de comprendre la relation impossible de Francesca avec son soupirant. D'où viennent les morts qui parsèment les rencontres de sa cliente avec Raphael di Portalupi, un aristocrate vénitien désargenté ? Est-elle une schizophrène intraitable ou, plus simplement, une manipulatrice dont il serait la dupe inconsciente ? Quel est le rapport entre le bijoutier de Marrakech, le châtelain du Condroz et le moine de l'abbaye d'Orval ? Quand le psychanalyste comprendra enfin, il sera trop tard : son passé l'aura rattrapé.
    Dans ce suspense-prétexte passionnant, avec une guerre des psys en arrière-fond, l'auteur nous emmène dans un univers impitoyable. Scandée au rythme lancinant du quartette de Schubert La jeune fille et la mort, l'intrigue ne lâche pas le lecteur un seul instant.

  • - Où allez-vous, M.
    Hitiman ?
    - Au nord. Je rentre chez moi par le plus court, avec l'ours.
    - Est-ce loin, chez vous ? demande le petit homme.
    - C'est l'Amérique. Elle n'est pas si loin si on marche par le nord, en haut de la Terre.
    Durant le printemps 1923, Matias Hitiman, ayant accompli ce qu'il fallait accomplir, traverse la Norvège, pour rentrer chez lui, en Amérique, par la route du Pôle qui est la plus courte.
    Ce qu'il ignore, c'est que, vingt et un siècles plus tôt, un détachement de soldats romains a marché sur cette même route. Envoyés par le général Scipion l'Africain vers le nord, par les tempêtes et la nuit arctique, ces légionnaires emportaient de grands espoirs, et trente lanternes. Mettre ses pas dans les pas des soldats de jadis n'est pas anodin : Matias Hitiman et l'ours kodiak verront ce qu'il en coûte des vieilles routes et des anciennes lanternes.
    Ainsi que l'affirme Mercure d'Oltimaa : " Il y a quelque chose dans le Nord, M. Hitiman. " Une longue route, de grands périls et de grands feux : cette histoire attendait, depuis longtemps, de pouvoir se refermer...

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  • Ce livre établit un parallélisme audacieux entre Albert Speer, ministre nazi de l'Armement et de la Production de Guerre, et Friedrich Hölderlin, l'un des plus grands poètes allemands du XIXe siècle.
    Ces deux hommes ont connu un destin relativement " analogue " dans la mesure où ils se sont retrouvés confinés, pendant une très longue période de leur vie, dans un espace restreint : l'un condamné à purger, selon le verdict du Tribunal de Nuremberg, vingt ans de réclusion criminelle, l'autre obligé de passer, pour cause de " folie " ou de maladie incurable, l'autre moitié de sa vie, c'est-à-dire quelque trente-six ans, chez Zimmer, un brave charpentier.
    L'expérience analogue de la claustration devait donner lieu à des textes rédigés tant par l'un que par l'autre, et qui, au-delà de leur différence bien naturelle, trahissent pourtant une fascinante similitude...

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