Fantasy & Science-fiction


  • a la différence du jeune wells, son contemporain, qui cherchait dans la science la possibilité du fantastique, gustav meyrink la chercha dans la magie et le dépassement des artifices mécaniques.
    nous ne pouvons rien accomplir qui ne soit magique, nous dit-il dans le cardinal napellus, une phrase que novalis aurait approuvée. meyrink pensait que le royaume des morts entre dans celui des vivants et que notre monde visible est sans cesse pénétré par l'autre, invisible.

  • « Bien que né en 1843 et mort en 1916, Henry James est un des plus grands écrivains de notre époque. Il est moins le contemporain de Kipling ou de Tolstoï que celui de Kafka. Ce fut un maître inégalé de l'ambiguïté et de l'indécision, si quotidiennes aujourd'hui dans l'art. Avant James, le romancier était un être omniscient, qui pénétrait même les rêves de l'aube, ceux que
    l'homme oublie à son réveil. En partant, peut-être à son insu, du roman épistolaire du XVIIIe siècle, James découvre le point de vue, le fait que la fable est narrée à travers un observateur, lequel peut être faillible et l'est généralement. Les lecteurs de James se voient tenus à une méfiance continuelle et lucide qui fait parfois leur plaisir et d'autres fois leur désespoir.
    Pour cette anthologie, nous avons choisi trois récits très variés. Dans La Vie privée se conjuguent le fantastique et la satire, le thème si souvent recréé du double, cher à Stevenson et à Papini, et la dérision des splendides nullités qui
    traversent les scènes visibles du monde. Owen Wingrave peut sembler, au début, un plaidoyer pacifiste ; nous voyons ensuite que la gravitation
    de l'antiquité et du spectre n'exclut pas l'épopée.
    Les Amis des amis renferme une profonde mélancolie et, en même temps, c'est une exaltation de l'amour élaboré dans le mystère le plus secret. »
    Jorge Luis Borges


  • l'image de la " mujer alta " hanta, sans aucun doute, l'esprit de alarcon,, et elle figure également, ennoblie et dépouillée de son caractère démoniaque, dans l'ami de la mort.
    ce conte, dans sa première moitié, court le risque de ne sembler qu'une suite d'improvisations irresponsables ; mais à mesure qu'il avance, nous comprenons que tout, jusqu'au final dantesque, est délibérément préfiguré dans les premières pages. dans mon enfance, j'ai fait la connaissance avec les contes choisis ici, le temps n'a pas effacé la belle épouvante d'autrefois. les relisant aujourd'hui, aussi âgé que le siècle, je ne les accueille pas aussi facilement qu'à l'époque, mais avec la même gratitude et une émotion identique.
    jorge luis borges.

  • "Notre volume inclut le conte de Chesterton que j'estime le meilleur. Avec un long chemin blanc, des hussards blancs et des chevaux blancs, Chesterton monte un beau coup de partie d'échecs. Je me réfère aux Trois Cavaliers de l'Apocalypse. Dans L'Honneur d'Israël Gow, le sombre château d'Ecosse est un élément essentiel d'un mystère apparemment insoluble; dans L'oeil d'Apollon, le culte d'un dieu antique sert l'exécution d'un crime; dans Les Pas dans le couloir est inventé un nouveau mode de déguisement; le titre Le Duel du professeur Hirsh - je ne veux pas être trop explicite - est déjà une pétition de principe. L'ancien thème du double, qui inspira des livres fameux à Stevenson et à Dostoïevski, est repris ici de façon originale, selon des modes très variés que je ne dévoilerai point par avance au lecteur, mais que ce dernier soupçonnera et découvrira peu à peu avec un étonnement renouvelé." Jorge Luis Borges

  • « Je soupçonne Papini d'avoir été injustement oublié » disait de lui Jorge Luis Borges. « J'avais onze ou douze ans quand, dans un quartier périphérique de Buenos Aires, j'ai lu Papini, Le Tragique quotidien et Le Pilote aveugle, dans une mauvaise traduction espagnole.
    Aujourd'hui, en le relisant, je découvre des fables que je croyais avoir inventées et que j'ai réélaborées à d'autres points de l'espace et du temps. Plus important encore, j'ai découvert une ambiance identique à celle de mes fictions. Comme Poe, qui fut sans doute l'un de ses maîtres, Giovanni Papini ne veut pas que ses récits fantastiques apparaissent réels. Dès le début, le lecteur ressent l'ambiance irréelle de chacune de ces histoires. J'ai cité Poe.
    Nous pourrions ajouter que cette tradition est celle des romantiques allemands et des Mille et une nuits. »

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