Noir Sur Blanc

  • Né en 1933 à Zurich, René Burri est partout où l'histoire se joue. Membre de l'agence Magnum depuis 1955, il photographie le Moyen-Orient, la Guerre des Six Jours et celle du Viêt Nam ; il parcourt le Japon, la Chine, l'Europe, l'Amérique du Nord et du Sud. De nombreuses personnalités sont passées devant son objectif : Picasso, Le Corbusier, Niemeyer, Giacometti ou Tinguely. En 1963, il réalise le célèbre portrait du « Che au cigare » qui le fera connaître dans le monde entier.
    Les liens entre le Musée de l'Élysée et René Burri sont anciens et profonds. En 1987, son exposition « Les Ruines du futur » y est présentée, suivie, en 2004, d'une première rétrospective. En 2013, René Burri crée sa fondation, qu'il adosse à l'institution.
    Début 2020, le Musée de l'Élysée présente une nouvelle rétrospective issue de ce fonds exceptionnel. On y verra, pour la première fois, l'ensemble de l'oeuvre, multiple, de Burri - photos, carnets de voyage, collages, dessins et aquarelles - dévoilant ainsi la part la plus intime d'un des plus grands photoreporters de notre temps. Ce livre en est le reflet.

  • « Le formalisme, c'est l'essentiel. » La déclaration de Jan Groover résume à elle seule l'ambition plastique de son oeuvre, qui incarne aujourd'hui l'un des moments phares de l'histoire de la photographie et du genre de la nature morte. Menée au gré d'une expérimentation constante et variée, la recherche de Jan Groover s'est concentrée sur les formes et leur capacité à transformer la perception de l'image.

    Au début des années 1970, elle est remarquée par le milieu artistique new-yorkais pour ses polyptyques consacrés aux voitures et à l'environnement urbain. Vers 1978, Jan Groover change radicalement de sujet pour se tourner vers la nature morte, qui constitue l'essentiel de son travail. Réalisées en studio, ses compositions relèvent de techniques variées. Dans les années 1970 et 1980, elles contribuent activement à la reconnaissance institutionnelle et artistique de la photographie en couleurs. Jan Groover développe alors un grand intérêt pour un procédé de la fin du XIXe siècle, le platine-palladium.

    Auteurs des textes : Tatyana Franck, Paul Frèches, Émilie Delcambre Hirsch, Bruce Boice, Sarah Hermanson Meister et Pau Maynés Tolosa.

  • Le paysage de montagne est un domaine dans lequel la photographie a réellement pu innover, tout en s'inscrivant dans une tradition picturale, scientifique et culturelle née au xviiie siècle. C'est en 1861 que les frères Bisson et Joseph Tairraz réalisent leurs premières photographies dans le massif du Mont-Blanc, un exploit sans précédent, en raison des conditions extrêmes et du caractère périlleux de l'entreprise. Le terme « alpinisme » apparaît en 1876, augurant d'une autre approche photographique, celle qui traduit l'esprit de conquête et le dépassement d'une vision mystique et spirituelle de la montagne. Les principaux photographes de paysage du xixe siècle ont su traduire avec talent cette approche nouvelle de la montagne.
    Durant tout le xxe siècle, le regard des photographes de montagne se développe de manière spectaculaire ;
    Le numérique permet de nouvelles approches qui ont renouvelé le genre de manière créative et originale.
    En grande partie issues des collections du musée de l'Elysée, deux cents photographies permettent de comprendre les directions dans lesquelles s'est développée la photographie de montagne (la science, le tourisme, l'alpinisme, l'art) et les aspects formels utilisés par les photographes de 1840 à nos jours (la frontalité, la verticalité, la contre-plongée par exemple).
    La publication comprend un texte de Daniel Girardin sur la photographie de montagne et un entretien avec le photographe Maurice Schobinger.

  • L'ouvrage présente une sélection de chefs-d'oeuvre de l'histoire de la photographie issus de la collection de Sondra Gilman et Celso Gonzalez-Falla, constituée de plus de 1500 tirages originaux des plus grands photographes des xx e et xxi e siècles et basée à New York. Par des confrontations formelles et visuelles, le lecteur est invité à expérimenter à travers ces oeuvres sublimes la puissance de la ligne photographique.
    Les photographies notamment de Bérénice Abbott, Eugène Atget, Robert Adams, Walker Evans, Vik Muniz, Man Ray, Cindy Sherman ou encore Lee Friedlander entrent ainsi en résonnance au-delà de leur temporalité historique ou de considérations géo- graphiques, par des correspondances formelles.

    Au cours de l'histoire, les photographes n'ont en effet cessé d'osciller entre deux tendances : l'illu- sion mimétique de la réalité ou la mise en valeur des qualités plastiques de l'image. Qu'il s'agisse de « lignes instantanées », selon l'expression d'Henri Car- tier-Bresson, de lignes rationnelles inspirées des New Topographics ou de la diversité des lignes courbes du corps humain, le tracé structure, et parfois réinvente le réel - jusqu'à l'abstraction.
    La publication donne une large place aux images à travers la reproduction des oeuvres de 76 photo- graphes. Elle comprend une introduction de Pau- line Martin, qui développe un rapport sensible à l'image photographique, ainsi qu'un entretien avec les deux collectionneurs mené par Tatyana Franck.
    Ce dernier rend compte du rapport très personnel et intime qu'entretiennent Sondra Gilman et Celso Gonzalez-Falla avec les photographies de leur col- lection privée, l'une des plus importantes au monde aujourd'hui.

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