Metropolis

  • Miss julia flisch - l'aube du feminisme Nouv.

  • Shmuel T. Meyer aime La Ville. Dans - Ah joubliais leffarante beauté des lieux chez Métropolis, il tombait amoureux de Genève. Ici cest NEW YORK. Un New York rythmé par la gémissante trompette de Miles et le sax de lange Coltrane. Un New York que le lieutenant Gantz, fil conducteur du livre, connaît par coeur. Après la chair et le sang de la guerre de Corée, Gantz ne sait plus aimer. Il le pense. Et puis, il y a Thelma et sa fille, repêchée dans lEast River. Et cette autre mère qui attend son dernier fils vivant, Winston. Un fils qui tarde à rentrer dans un quartier où souvent les balles se perdent dans la tête des enfants noirs. Ce que la guerre fait des humains, ce que le racisme, ce que lantisémitisme font des humains.

  • Qui pouvait se douter dans ce wagon restaurant d´argenterie et de porcelaines´, qu´au-delà du rail, une femme, les mains posées sur son ventre, regarde passer le train depuis sa fenêtre et ce voyage auquel elle n´accédera jamais ? L´actrice, en train de faire l´amour à un inconnu dans son wagon ? Le nazi en fuite ? Seul le choc brutal dû à l´arrêt subi du train rendra la femme enceinte, enfin visible. Dans ce livre, Shmuel T. Meyer enchevêtre le bonheur des uns et le malheur des autres avec une subtilité telle, que la frontière s´annule entre les deux, ne laissant à chacun des personnages qu´un infime espoir de survie ou d´équilibre. Un monde dans lequel gravitent Clara la poétesse, Hillel le peintre, où l´on retrouve aussi Camus, Cossery, Soutter mais aussi des résidus de la bande à Bader. Si Shmuel T. Meyer offre à ses personnages une possibilité de vengeance, de confrontation aux paysages, à leur passé, à leurs amours, il ne leur accorde, en revanche, que très peu de rédemption.

  • Les Grands Express Européens, Kibboutz et The Great American Disaster. Trois recueils de nouvelles, trois continents dans ce livre-coffret d'une même itinérance, d'une même errance au travers des ruines d'un monde dévasté par les guerres. L'oeil incrédule parfois mais la vision toujours percutante. Et dans une langue poétique, tranchante et lucide. Après les guerres de 40, de l'indépendance d'Israël ou de Corée, les personnages que l'on croise au fil des pages, certains que l'on retrouve de nouvelles en nouvelles, d'autres qui disparaissent dans la brume d'une existence désaffectée, nous font entrevoir combien, après les guerres, il y en a d'autres encore, intérieures et secrètes et bien plus pernicieuses.

    Trois recueils qui parlent la même langue. Poétique, tranchante et lucide. La langue de l'exil.

    Un magnifique coffret objet-livre.

    Couvertures : dessins originaux du peintre Samy Briss.

  • Ce triptyque imaginé par Jean-Michel Wissmer lui fut inspiré par une « Nouvelle exemplaire » de Miguel de Cervantès sur le chemin des Moulins, à El Toboso, le village de Dulcinée, amante rêvée de Don Quichotte. Le lecteur pourra ici (re-)découvrir cette nouvelle intitulée Le Licencié de verre, dans l´excellente traduction de Jean Cassou, publiée en 1928 par Jacques Schiffrin dans la Pléiade. C´est l´histoire extravagante d´un homme qui, ayant été empoisonné par un philtre d´amour, est convaincu qu´il est devenu de verre et peut se briser à tout moment. Ce texte est précédé d´un essai de Jean-Michel Wissmer sur le Siècle d´or espagnol et la vie tumultueuse de Miguel de Cervantès, et suivi, pour clore ce triptyque, de L´homme de verre, une comédie aux accents cervantins où il se plaît à jouer avec les époques. L´auteur s´est plongé dans l´atmosphère du XVIIème siècle espagnol pour en retrouver tout l´humour et le foisonnement.

  • Vindicta

    Sire Cédric

    Leur plan est sans risque. Le bijoutier ne portera pas plainte pour le vol car son argent est d'origine illégale. Damien, Élie, Audrey et Driss s'imaginent avoir trouvé la réponse miracle à tous leurs problèmes.

    Un flic en chute libre.

    Fraîchement muté dans un groupe de surveillance, Olivier est loin d'imaginer que la planque qu'on lui a assignée fera de lui le témoin clé d'un cyclone meurtrier, dans le sillage d'un tueur glacial et méthodique que rien ne semble pouvoir arrêter. Des déserts du Moyen-Orient aux villes sombres et silencieuses du territoire français, quand la vindicte est en marche, plus rien ne peut vous sauver.

    Une trace haletante secouée de fausses pistes.

    Pur instrument de torture et de mort, il n'a pas de nom, pas de visage, l'habitude de tuer et un cimetière de cadavres derrière lui. Mais dans cette affaire, pas de contrat. Cette fois-ci pour lui : c'est personnel.
    Dans ce thriller crépusculaire, Cédric Sire joue comme jamais avec les nerfs du lecteur jusqu'à l'effroyable twist final et confirme son entrée tonitruante parmi les maîtres du thriller français.

  • Empreints d'un humour dévastateur, les treize récits de Sholem Aleikhem réunis dans ce recueil se situent toujours à la frontière de l'absurde et du drame.
    L'auteur nous fait découvrir l'univers juif d'Europe orientale au tournant du XXe siècle et dessine à traits mordants et tendres la vie des petites gens et celle de la bourgeoisie naissante.

  • Max ehrlich (1892-1944), disciple de max reinhardt, fut l'un des plus célèbres acteurs du théâtre comique allemand et du cabaret berlinois.
    Sous la république de weimar, le cabaret est à son apogée et max ehrlich au sommet de sa carrière, brillant dans toutes les disciplines: acteur de cinéma, de théâtre, comédien et maître de cérémonie, chanteur, imitateur, réalisateur de films, auteur de livres. a cette époque, berlin est la nouvelle capitale culturelle de l'europe et acquiert la réputation d'être la ville qui ne dort jamais. l'arrivée au pouvoir des nazis met brutalement fin à son ascension: comme tous les autres artistes juifs, il est confiné à la scène de " l'association culturelle juive " (jüdischer kulturbund) qui n'a le droit de se produire que devant un public juif, sous la surveillance de la gestapo.
    Ce n'est qu'en 1939 que max ehrlich décide de s'exiler en hollande. il y retrouve son complice willy rosen, avec lequel il monte plusieurs spectacles. mais, comme les plus fameux acteurs, chanteurs et danseurs du théâtre berlinois, il est déporté dans le camp de westerbork, l'antichambre d'auschwitz, érigé par le gouvernement hollandais dans une zone désolée. les artistes s'unissent et fondent le " groupe de théâtre du camp de westerbork ", dirigé par max ehrlich.
    Certes, cette entreprise reflète la perversité du projet nazi, encourager que l'on chante, danse et joue à westerbork, alors que le destin de chacun est déjà scellé dans la mort. les détenus sauront tourner cet état de fait à leur avantage, en utilisant le rire comme moyen de résistance spirituelle, en se servant de l'illusion du spectacle pour survivre malgré l'adversité. le théâtre, pour les acteurs, comme pour le public de détenus, devient ainsi un moyen de résistance contre la barbarie.
    Pendant l'été 1944, les transports hebdomadaires vers la pologne et l'anéantissement s'accélèrent. le 12 septembre, max ehrlich et willy rosen montent dans le dernier train pour auschwitz oú ils seront gazés à leur arrivée, comme la plupart des 107. 000 déportés de westerbork.

  • L'archipel des comores, des îles situées au nord-ouest de madagascar, fut pendant plus d'un siècle colonie française.
    Les îles sont indépendantes depuis 1974, sauf mayotte, toujours rattachée à la france. dans ces îles abandonnées du monde, jean marc turine a fait trois voyages: en 1982, il vivra pendant un an à anjouan en jeune coopérant. en 1998, il retournera pour deux mois, comme journaliste pour france culture. en 2006, il entreprendra un troisième voyage pour réaliser des émissions pour la rtbf. jean marc turine, à peine un pied posé sur le sol comorien, adopte les moeurs des habitants dans un élan d'empathie et pour mieux comprendre.
    Ces écrits, qui s'étalent sur près de vingt-cinq ans, à chaque voyage perçoivent les mêmes complaintes, lancinantes, le même désespoir des comoriens dont l'avenir semble définitivement absent et le fatalisme irréversible.

  • Dans une France proche et obscure à la cité de La Solidarité, quartiers nord de Marseille : l'officier de PJ Simon Mardikian découvre le cadavre ravagé d'une jeune prostituée noire, Joy, alias Queen, sans identité définie. Son enquête sur les réseaux mêlant drogues, migrants et traite d'êtres humains ne fait que commencer.

    Le lendemain, à Lagos, capitale du Nigéria, dans le bidonville flottant de Makoko, l'instituteur Sékou Williams tient tête au dealer Kaza qui cherche à recruter des revendeurs parmi ses élèves. Mais soudain s'abat une immense vague-submersion, dispersant des milliers de réfugiés à travers le continent africain.

    Au même moment, à l'Élysée, le président de la République Bako Jackson annonce sa candidature à sa propre réélection. Il en profite pour dévoiler le renforcement du dispositif Frontex. C'est sa fermeté sur les questions migratoires qui a valu à ce fils de pasteur nigérian de ravir le pouvoir à l'extrême droite en 2027. À peine a-t-il achevé son allocution qu'on lui annonce la catastrophe climatique de Lagos.

    Ces trois histoires ne vont pas tarder à se rencontrer, d'une manière qui pourrait bien changer le monde.
    Ce qui va les réunir ?Une lame, rien qu'une lame, qui déjà déferle et emporte tout sur son passage...

    Basé sur les prospectives des plus éminents spécialistes des mouvements migratoires, La Lame vous propulse dans un thriller politique haletant où les lignes entre le réel et la fiction se brouillent jusqu'à devenir une seule et même piste.

  • " Pourquoi la vanille, alors que je suis plutôt un écrivain de l'état nomade, plus préoccupé de Perse, d'Inde, de Chine et de Japon que d'une plante qui demande des soins quotidiens extrêmement exigeants, d'autant plus que je suis un cancre en botanique ? Ce sont les hasards de ma vie de chercheur d'images qui m'ont mis sur cette piste-là.
    (. ) J'ai été contacté il y a une vingtaine d'années par un chocolatier de Suisse centrale, qui faisait du chocolat en bloc, destiné à des confiseurs qui l'arrangeaient ensuite à leur sauce, et il se flattait de parfumer son chocolat à la vanille naturelle. " L'ouvrage ne fut jamais publié, le chocolatier, presque ruiné, non seulement refusa de payer l'auteur, mais traita son texte de " mal de dents ".
    Au cours du mois de mai 1997, Nicolas Bouvier ressortit de ses tiroirs ce texte et l'enrichit de longs prolégomènes qu'il appela : " Petite histoire de la vanille et quelques réflexions d'un cancre amoureux des plantes ". Avec ce ton intimiste, ces mots caressés, cette érudition éblouissante qu'il partage en toute simplicité avec chaque lecteur, Nicolas Bouvier, même s'il n'a pas navigué au moment de la guerre des épices à la recherche d'une orchidée qu'on appela Vanille, était du voyage, avec Cortès et l'empereur Montezuma au XVIe siècle, dans l'Angleterre du XIXe siècle.

  • C'est grâce à une annonce qu'elle fait passer dans la presse locale de Montréal que la narratrice fera la connaissance de Léon, un veuf inconsolable de 72 ans, d'aspect plutôt repoussant, mais au volant d'une américaine de luxe, pratique pour les courses au supermarché. Divorcée, plus toute jeune elle-même, elle se décrit comme petite et rondelette, mais rêvant encore et toujours d'une aventure romantique. Tout en relatant, avec subtilité et un certain détachement, les quatre années d'amours stériles qui finiront par échouer dans une tentative de relation charnelle, elle se tient au courant des histoires de son fils Richard. Ses histoires d'amour caracolent entre Montréal et Prague en passant par Istanbul; Paris ou Berlin, et même Kaiserlautern, une petite ville allemande insignifiante, où la narratrice fera la connaissances des beaux-parents du jour de Richard. "En tant que mère juive d'un précieux fils unique, j'éprouve une curiosité passionnée à l'égard de ses amies", avoue-t-elle.
    Tecia Werbowski, dans ce roman sensible, décrit avec humour, tendresse et dérision les amours du troisième âge versus les tribulations de la jeunesse insouciante et incapable de se fixer.


  • le champ de la relecture côtoie celui, mieux défini, de la réécriture.
    nombre d'auteurs se relisent, sans se récrire ni se commenter. tacitement par l'image ou la mise en scène. tardivement par des moyens moins laconiques. analyser l'ensemble de ces gestes du xviiie au xxe siècle, c'est s'intéresser au rapport de soi à l'autre qu'on fut, à la conversion masquée ou proclamée, au reniement tacite ou non, au deuil ou à son impossibilité. c'est aussi dégager des constantes : homme de dos, l'auteur relecteur est volontiers diariste ou autobiographe, tourné vers son passé et celui de son oeuvre, il se relit de plus en plus à l'approche de la mort, construit rarement un seul tombeau, peaufine son testament, d'oeuvres ultimes en préfaces préposthumes.
    lorsqu'elle est véritablement tardive, la relecture est un legs, parfois une bouteille à la mer qui ne se confond plus avec les réactions à chaud, les réponses virulentes aux lecteurs et aux critiques, mais la blessure de la réception originale, le sentiment d'un malentendu primordial ne s'apaisent pas nécessairement. rares sont les relecteurs heureux, à la fois satisfaits de leurs contemporains et confiants dans ce jugement de la postérité qu'ils ne cessent d'anticiper, tant relire, c'est élire et parfois défigurer l'oeuvre, relue, revue et corrigée, quelque fois mise en pièces.
    le tome 1 propose au fil du volume une définition de la relecture, le tome 2 en esquisse une histoire au xxe siècle.
    quand les mots ne sont pas là pour le dire, quand ils ne sont pas entendus ou quand on n'a pas envie de les entendre, le cinéma peut-il prendre leur place ? de la fin de la deuxième guerre mondiale à 1985, quand, comment et pourquoi le cinéma s'est-il intéressé, en particulier en france, à la destruction des juifs d'europe ? les actualités cinématographiques circonscrites à quelques mois de l'année 1945, avec leur brutalité, font figure de berceau de représentations.
    après dix ans de silence, le cinéma français tente d'aborder directement la question en expérimentant la forme documentaire (nuit et brouillard), la fiction (l'enclos) et le témoignage filmé (le temps du ghetto). les années 70 et 80 voient des formes plus allusives de représentation : les évocations de la shoah se situent toujours en arrière-plan d'une narration concernant l'occupation (le vieil homme et l'enfant, lacombe lucien, les guichets du louvre, un sac de billes, monsieur klein, les violons du bal, la passante du sans souci.
    ) pour aboutir à une représentation et une " vérité " plus dépouillées : le témoignage filmé. claudine drame analyse ainsi quarante ans de cinéma jusqu'au moment oú sort le film de claude lanzmann, shoah, en 1985. ainsi se dessine la trace de la construction d'une mémoire sociale par le cinéma.

  • Dans ces récits grammaticaux, tels des moments musicaux qui s'immobiliseraient sur quelques notes, Esther Orner, auteur unanimement salué par la presse de "Autobiographie de personne", repend le fil de sa vie où l'Histoire ou d'autres fatalités ont laissé leur empreinte.

  • Une annee si ordinaire

    Esther Orner

    " ...
    Les Israéliens sont toujours pour la coalition, rarement pour l'opposition, et en plus, personne ne veut en être. Je m y suis reconnue. Même lorsque je n'ai pas voté pour ceux qui sont au pouvoir, je les respecte. Et si souvent j'acquiesce c'est sans doute pour les remercier de bien vouloir diriger cet indirigeable pays et ce peuple que nous sommes. Et puis c'est ma compréhension de la démocratie, laisser gouverner tant qu'un gouvernement a la majorité.
    " Cette petite phrase glissée en page 155 proclame haut et fort le désir de l'auteure :: confier à un cahier les humeurs et les événements qui vont marquer un an de sa vie sans remettre en question le monde dans lequel elle vit. Esther Orner s'affirme ainsi ni militante, ni philosophe, ni moins encore futurologue, mais bien la pronatrice admirable et admirée du moi intime, et qui, malgré la peur au ventre, grimpe dans le bus ou le train pour courir de Tel-Aviv à Haïfa, de Jérusalem à Beersheba, aux fins d'assister à une conférence, la projection d'un film ou encore une discussion dans la petite communauté littéraire francophone d'Israël.
    Dans ce journal d'un an d'une guerre qui se définit pour elle uniquement comme " Intifada 2, attentats suicides ", elle se raconte dans son quotidien banal et souvent sanglant, comme elle le vit, le ressent, au jour le jour, sans vision d'avenir. Dans l'enfermement dans lequel la plonge la violence, " L'autre " est invisible, à peine esquissé, seulement vécu comme vérité mortifère.

  • Prague, une ville énigmatique, mystérieuse, au passé littéraire prestigieux, que Tania Ney ne se lasse pas d'arpenter. Elle décide un jour de passer une petite annonce dans le Prague Post et le Prager Zeitung : "Guide pragoise, historienne de l'art connaissant plusieurs langues, écrivaine, conduira un petit groupe 'select' dans divers coins de Tchéquie".
    Quelques jours plus tard, elle reçoit un appel d'Alma Mahler; elle souhaite visiter le lieu de naissance de son mari. Puis arrive un téléphone de l'hôtel Europe, encore plus surprenant, une dame désire visiter la maison natale de Freud. C'est Lou Andreas-Salomé. Enfin, Nina Berberova et Irène Nemirovsky ont envie de se joindre au groupe. Ces dames feront plus ample connaissance, le voyage en train invite aux confidences. Elles parleront, sans retenue, de leur vie, leurs amours et leur passion. Rêveries pragoises est une promenade littéraire insolite et envoûtante, à travers le temps, la culture et l'histoire du XXe siècle, un hommage à ces pionnières, femmes de lettres insoumises. C'est aussi une déclaration d'amour à sa ville d'élection qui l'a inspirée, Prague.

  • Tiroirs

    Youval Shimoni

    Le roman commence comme une banale enquête policière dans un camp militaire en Israël alors qu'une équipe tourne un court métrage pour l'armée. L'enquête s'enlisera. Pendant ce temps, les huit personnages qui participent au film, obsédés par leur propre histoire plutôt que par le scénario insignifiant qu'ils sont en train de tourner ou les mots qu'ils sont en train d'échanger, s'échappent, chacun dans son univers intérieur. La deuxième partie du roman se situe à Paris. Elle débute également par une énigme policière qui n'aboutira pas alors qu'un étudiant des Beaux-Arts travaille à une version moderne d'un tableau de la Passion. Et pour peindre la déploration du Christ, il choisit de situer la scène à la morgue, prenant comme modèles trois clochards volubiles et prêts à exposer leur vie. Le troisième volet se situe hors du temps, hors de la géographie, et emprunte la forme d'une légende. Un roi et son grand prêtre obligent leur peuple et les ennemis vaincus à ériger une statue à leur dieu. Mais la tentative d'atteindre le divin se soldera par un échec. Dans ce roman bâti en forme de triptyque, chaque partie semble, en apparence seulement, indépendante. Entre les digressions souterraines des personnages et les intrigues qui se jouent en surface, Youval Shimoni dresse un portrait troublant de la condition humaine.

  • « Par ces pages, je ne propose pas un journal, je tente plus simplement de raconter une histoire d'amitié : celle qui m'a lié à Marguerite Duras, à son fils, Jean Mascolo, et au père de celuici, Diosnys Mascolo. J'ai, oui, fréquenté les trois membres de cette famille et je me sers de notes prises tout au long des
    années passées en leur compagnie pour relater ces amitiés.
    (...) Je ne détiens aucune vérité historique, j'offre un regard rétrospectif empreint de subjectivité qui éclaire peut-être la personnalité d'une romancière-cinéaste marquante de son époque. » Jean Marc Turine
    Dès les premières phrases, Jean Marc Turine affirme qu'il n'a pas cherché à écrire une autre biographie de Marguerite Duras. Il s'agit d'un texte intimiste, un regard de complicité posé sur une amie de vingt-cinq ans. Jean Marc Turine n'a que 24 ans et toutes les audaces quand il écrit pour la première fois à Marguerite Duras. Certes, il est épris de littérature et de cinéma. On est en 1971. Elle refusera sa proposition de tourner « Le Ravissement de Lol V Stein », mais l'invitera à participer au tournage de « Jaune le Soleil ». En 1984,
    avec Marguerite Duras et son fils Jean Mascolo, il sera coauteur du film « Les Enfants ». Grâce à cet éclairage singulier posé sur une des figures emblématiques de la littérature et du cinéma de la deuxième partie du XXe
    siècle, nous franchissons le seuil d'une adresse mythique, le 5 rue Saint-Benoît, 3e gauche. Jean Marc Turine vit et travaille à Bruxelles. Il est romancier, cinéaste, essayiste et a été aussi enseignant. Il a attendu dix
    ans après la mort de la romancière-cinéaste pour publier ses souvenirs.

  • Enfance, adolescence, premiers émois, maternité, célibat, vie conjugale sont au centre de cette anthologie d'écrivaines israéliennes.
    Il y a dans ces récits certes une sensibilité féminine, parfois même féministe, qui traite ainsi de toutes les étapes de l'existence, mais en toile de fond, à travers les récits de vie, se lit également une réalité israélienne, entre autres la mort, omniprésente, qui traîne un peu partout, parfois quotidienne et violente, même si elle n'est jamais évoquée explicitement, parfois comme stigmate indélébile de la shoah.
    Pour cette première anthologie de textes traduits en français, ziva avran a réuni treize auteures d'univers et d'âge composites, et à travers ces treize voix de femmes, elle a cherché à témoigner non seulement de leur talent d'écriture mais aussi de la vitalité de la littérature au féminin en israël.

  • Les figurants

    Youval Shimoni

    Une nuit à Paris, un étudiant des Beaux-Arts fait rentrer en cachette trois clochards dans une morgue pour une étrange séance de pose. Ces figurants misérables des grandes villes lui semblent être les modèles idéals pour croquer la version contemporaine de la célèbre déploration du Christ peinte par Mantegna à la fin du 15e siècle.

  • Situé dans le Sud de la France, Saint-Jean de Minervois est un plateau battu par les vents, au pied de la Montagne Noire.
    On y cultive le muscat blanc à petits grains, un cépage vinifié en vin doux naturel (VDN). Ce vin d'appellation contrôlée (AOC) est frère des Muscats de Frontignan, Mireval, Lunel, Baumes de Venise et de l'antique Muscat de Samos. Ce livre est un hymne à un cépage, à un terroir. Savante et gourmande, Marie Christian, philosophe de formation et ethno-gastronome reconnue, y propose une rencontre avec des vignerons acharnés à cultiver une terre difficile dans un pays plus âpre que ne le soupçonnent les vacanciers de l'été, une rencontre aussi avec une tradition qui remonte à l'époque romaine.
    Surtout, elle présente toute une gamme de recettes régionales ou d'inventions culinaires avec pour ingrédient essentiel ce vin délicat qu'est le Muscat de Saint-Jean de Minervois. Les recettes sont classées par thèmes : cocktails, amuse-gueules, potages, entrées, poissons et crustacés, volailles et viandes, légumes, sauces, desserts ; elles sont agrémentées d'une foule de notes personnelles touchant à l'histoire du goût et de la cuisine.

  • Chemins et brouillard

    Chahla Chafiq

    Chahla Chafiq raconte les chemins périlleux et hasardeux de l'exil de femmes et d'hommes qui font l'expérience de cet ailleurs qu'il leur faut apprendre à apprivoiser.
    Il y a en premier la terreur qu'inspirent les foules fanatisées quand elles tentent de déverser leur haine sur deux jeunes femmes qui viennent de quitter une manifestation ; il y a la fuite et le passage clandestin en Turquie, première étape avant la France. Il y a la liberté enfin, mais avec elle le déracinement, parfois la solitude, mais parfois aussi la découverte d'un quotidien plein d'imprévus et de plaisir.
    Sept récits doux-amers pour raconter l'exil. Puis, dans la deuxième partie, l'auteure esquisse avec une grande pudeur l'ineffable, le deuil, un murmure, la mort d'un enfant dans une terre d'accueil et son souvenir lancinant à travers la vie banale de tous les jours.

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