Arts et spectacles

  • La photographie désigne à la fois un procédé technique, une pratique et l'objet qui en résulte. Petite-fille de la camera obscura de Léonard de Vinci et fille de la révolution industrielle, la photo a investi la plupart des champs de l'activité humaine. Comme l'anticipait déjà Baudelaire, notre monde est devenu « un vaste magasin d'images ». Il est à la merci de la panoplie toujours plus étendue de nos appareils photo : aujourd'hui les pixels ont remplacé le bitume de Judée et autres sels d'argent.
    La photographie a toujours séduit et fasciné, elle a suscité des débats et généré des oeuvres de fiction. Partons donc à la découverte de cet art, qui épouse et suspend simultanément le cours du temps, sur les traces d'écrivains, de philosophes, de poètes ou de photographes...

  • Salle d'archéologie égyptienne transformée en scène de crime, épisodes romanesques dans un centre d'art contemporain, fantasmes de nuit passée au milieu de tableaux célèbres... nombre d'écrivains situent leurs intrigues au musée. Mais que nous en disent-ils vraiment ? Musée mausolée, élitiste, fruit de la colonisation, collections fétichisées ou expositions à la solde du marché de l'art ? A moins que le musée ne devienne lieu de vie et de sociabilité...
    Des pages hautes en couleurs croquent autant les gardiens que les visiteurs, les galeristes ou les artistes. Cette anthologie prend le parti de la diversité des musées - ethnographiques, littéraires, de beaux-arts, d'histoire, de sciences, d'art contemporain, ou encore imaginaires ! Visites en compagnie de Marcel Proust, Catherine Lépront, Philippe Forest, Jean-Michel Ribes, Emile Zola, Jean-Philippe Toussaint, Lydie Salvayre, JMG Le Clézio, Nathalie Sarraute, Georges Perec, Orhan Pamuk, Laurent Gaudé, Arno Bertina, Cécile Guilbert, Jean Echenoz et bien d'autres...

  • La sculpture est la seule forme d'art plastique que l'on puisse apprécier les yeux fermés. Elle suppose le toucher, éveille le désir irrépressible de caresser, d'effleurer ce qui se présentent sous nos yeux, d'en éprouver la texture, de dessiner les courbes à notre tour, cherchant ainsi le chemin emprunté à l'origine par l'artiste.
    Dans la sculpture, tout est affaire de corps, de chair, de désir. La quête même d'un désir primal, instinctif, l'envie enfantine de plonger ses mains dans la terre jusqu'au coude, de la malaxer, puis de l'animer. Le travail technique est aussi important que l'acte de conception et de création. Il élude tout hasard, le ciseau du sculpteur ne pouvant se permettre de rater sa cible.
    Le sculpteur doit se soumettre à la loi de la matière pour ensuite tenter de lui supplanter la sienne. Quel est donc cet acte de sorcellerie qui donne vie à l'inanimé ? Quel est donc ce regard intérieur si singulier qui exige de se représenter une forme avant même qu'elle n'existe ?
    Les écrivains ont tenté d'approcher cette énigme, de s'en saisir en suivant les mouvements qu'impose l'observation d'une statue. Les textes choisis ici abordent les facettes multiples de ce mystère: tant la plongée dans la sensualité de la technique que la force des émotions suscitées par les oeuvres, ou encore les témoignages des artistes eux-mêmes

  • Ce jour -là

    Willy Ronis

    C'est à partir de cinquante photos qu'il a choisies que Willy Ronis dessine ici son autoportrait.
    A quatre-vingt-seize ans, sa mémoire est toute fraîche. Il se souvient de chaque instant, de chaque mouvement de la lumière, celle des rues de Paris, celle des bords de la Marne, ou encore celle d'une petite ville du Sud, quand il vivait là-bas avec sa femme, Marie-Anne, et son fils Vincent. Une photo, c'est un moment pris sur le vif, mais c'est aussi l'histoire d'un jour. Ce jour-là : un autoportrait à la manière d'un Je me souviens.
    Pour lui, on sent bien que la photo a joué le rôle d'une mémoire ineffaçable et c'est avec émotion que ce livre feuillette à la fois son être le plus intime, son talent de photographe et son talent de conteur. Partout, sur un visage, dans l'ombre d'un couple derrière un rideau, dans le corps d'un enfant, dans le mouvement d'un bal, dans une foule comme dans un escalier de Montmartre un matin d'hiver, il nous raconte une histoire, un scénario, un poème.

  • Si demeures et édifices rivalisent volontiers de pertinence et de splendeur, ils cristallisent également les passions. Cette anthologie n'a pas pour vocation d'opposer les déclarations d'intentions ni de dresser un inventaire des styles et des tendances, mais de rendre hommage, à travers une polyphonie de témoignages, à une discipline qui s'impose aux regards de tous, donnant la parole à quelques-uns de ceux qui contribuèrent à créer les espaces dans lesquels s'est forgée l'histoire des hommes. De ce choeur de voix se détachent notamment celle de Leon Battista Alberti, Alvar Aalto, Walter Gropius, Georges Eugène Haussmann, Victor Hugo, Friedensreich Hundertwasser, Alfred Kubin, Adolf Loos, Lewis Mumford, Le Corbusier, Christian de Portzamparc, Jean Prouvé, Camillo Sitte, Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc, Frank Lloyd Wright...
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  • La peinture accompagne l'histoire de l'humanité et jalonne les étapes de notre vie. Mais elle ne reflète pas forcément la réalité : figurative ou abstraite, elle crée et choisit, librement. Après le règne de l'imitation viendra celui de l'imaginaire souhaité par Baudelaire. Gustave Moreau peuple ses tableaux de créatures issues de songes ou de cauchemars. Mystères et symboles sont inscrustés dans les pigments. Sublime destin : la peinture devient parfois personnage de roman, tel le démoniaque et séduisant Dorian Gray d'Oscar Wilde... La peinture est aussi merveilleux sujet d'écriture : les expositions suggèrent des catalogues et les oeuvres des volumes par milliers!
    Balade dans le monde fascinant de la peinture, à la fois technique et art, dans un musée virtuel et infini en compagnie de Pascal Quignard, Wassily Kandinsky, Denis Diderot, Léonard de Vinci, Julia Kristeva, Ambroise Vollard, Louis Aragon, Daniel Arasse, Henri Michaux, Jean-Noël Vuarnet, Marcel Proust et bien d'autres...

  • Vieux comme le monde, l'art de la danse touche à l'enchantement du sensible, à l'essence du divin, au surnaturel, au Mystère, aux forces de la Nature et à notre nature. La danse est énergie, flamme et souffle, séduction et possession, extase et ravissement... Selon le lieu où elle s'exprime, l'endroit d'où on la regarde, qu'elle soit folklorique ou traditionnelle, classique ou contemporaine, la danse a mille visages. Elle est le fruit de métissages, prend des formes variées, répond à de multiples fonctions. Du ballet classique au bal populaire, du menuet aux Ballets russes, des entrechats aux recherches chorégraphiques les plus avant-gardistes, balade en compagnie de Mme de La Fayette, Molière, Gustave Flaubert, Karen Blixen, Thomas Mann, Yasunari Kawabata, Marie Nimier, Colum McCann, Eduardo Manet, Margaret Mitchell, Nijinski, Martha Graham, Pina Bausch, Merce Cunningham, et bien d'autres.

  • Nul besoin d'apprendre à en tirer des sons, il suffit d'en effleurer les touches pour qu'il se mette à chanter. Juste. En cela, le piano se distingue des autres instruments. Mais aussi en ce que ses quatre-vingt-huit touches, offertes en un regard, suggèrent toutes les combinaisons possibles, innombrables, passées et à venir, de la musique occidentale. Complet, imposant, solitaire, le piano est l'instrument du virtuose et l'outil du chef d'orchestre, capable de condenser toute la complexité d'un opéra, d'une symphonie. Aussi le piano fascine-t-il, et pas seulement les musiciens : Flaubert, Fontane, Feydeau, comme Tolstoï, Zola, Sand ou Verlaine ont composé, non pas pour, mais sur et avec lui. Interprètes et compositeurs eux-mêmes ont cédé au plaisir d'en parler.
    Mozart d'abord, puis Berlioz, Schumann, Liszt et bien d'autres encore. Tout le XIX e siècle a résonné de ce nouvel instrument, massif, lascif, magique. Le XX e siècle est resté sous son charme, Vian, Sagan, Colette ou Duras en témoignent. Quant aux écrivains du XXI e siècle, tels Echenoz ou Barnes, ils continuent à en porter l'écho.

  • Pour ou contre la mode ? Faut-il condamner cette obsession du paraître à la suite d'un La Bruyère ou d'un Molière ? Fustiger les folies et les dépenses qu'elle entraîne ? Ou juste résister à ses appels saisonniers et pratiquer la "démode" prônée par Sonia Rykiel ? Si la mode n'était qu'affaire de chiffon et de vanité, elle n'aurait pas trouvé tant d'écrivains pour la célébrer. Reflet social d'une époque, elle repose aussi sur l'idée de l'élégance, du raffinement comme l'ont montré Baudelaire, Barbey d'Aurevilly ou encore Barthes.
    Les grands couturiers sont souvent ceux qui parlent le mieux de la mode, eux qui ont su pour certains révolutionner les silhouettes, faire entrer les femmes dans la modernité et la libérer, à l'instar de Madeleine Vionnet, Chanel ou Saint Laurent. Aimer la mode, c'est avoir le goût du beau pour soi et pour les autres, aimer les couleurs, l'harmonie... et la vie, à l'image d'un Christian Lacroix ou d'une Rose Bertin, couturière de Marie-Antoinette.

  • La liste est longue des auteurs dont les oeuvres témoignent d'une relation privilégiée au jazz, musique afro-américaine née au début du xxe siècle.
    De cette musique en mouvement perpétuel qui fait la part belle aux éclats de l'improvisation collective, les écrivains ont su capter l'esprit, emprunter la pulsation et le phrasé; ils ont aussi décrit et commenté librement ses manifestations proprement musicales. sur fond de swing, be-bop, free et cool jazz, évocation de figures devenues mythiques : john coltrane, miles davis, charlie parker, thelonious monk, duke ellington, sidney bechet, billie holiday, etc.
    En compagnie de jean cocteau, michel leiris, jean-paul sartre, boris vian, jack kerouac, chester himes, hubert selby jr, henry miller, georges perec, jean echenoz, françoise sagan, francis marmande, michel butor et bien d'autres.

  • Jean Seberg

    Collectif

    De son Iowa natal au Paris de la Nouvelle Vague, Jean Seberg (1938-1979) a incarné un idéal féminin pour toute une génération. À la fois Américaine et Française, elle connaît son premier triomphe avec le personnage de Jeanne d'Arc qu'elle incarne dans le film d'Otto Preminger (Saint Joan, 1957) - elle a à peine 18 ans. De ce moment-là, son destin est scellé : de Bonjour Tristesse (1958, de Preminger et d'après le roman de Françoise Sagan) à À bout de souffle (1960, de Jean-Luc Godard, avec Jean-Paul Belmondo pour partenaire), elle devient célèbre grâce à sa fraîcheur, sa beauté et sa spontanéité.

  • Enregistre son premier single, That's All Right (Mama) : le rock'n'roll vient de naître ! Musique de Blancs bâtie sur des fondations noires - gospel, blues, rythm'n'blues -, aux États-Unis puis en Europe le rock va servir de truchement fédérateur aux aspirations d'une génération contestant les fondements de la société occidentale : l'argent, la guerre, la religion, la morale, la sexualité...
    En se diffusant, le rock s'adapte, se chante dans toutes les langues, se ramifie : hard, heavy metal, pop, punk, new wave, rockabilly, grunge... Pages d'histoire, portraits souvenirs et paroles de rockers, en compagnie de Nik Cohn, Antoine de Caunes, Iggy Pop, François Bon, Bob Dylan, Nick Cave, Leonard Cohen, Serge Gainsbourg, Freddie Mercury, Jim Morrison, Keith Richards, Sting et biens d'autres.

  • Quand il publie ses mémoires, en 1860 à 22 ans, Jules Léotard est en pleine gloire. Il vient d'être sacré à Paris, Berlin, Londres, New York, le « roi des trapézistes » par une presse qui l'encense et le moque. Les femmes se battent sous le praticable où il pratique son art, dans l'espoir d'approcher « le style mâle » et le « corps sublime » que le jeune homme entraîne assidûment depuis l'enfance.
    Le Toulousain a commencé au gymnase Amoros, puis est formé par son père au « système gymnique » qu'il a mis en place. Sa spécialité est rapidement trouvée : le trapèze volant, dont il est l'inventeur moderne et le représentant d'époque le plus virtuose, enchaînant dans les airs, à cinq mètres au dessus des têtes, les numéros, les pirouettes, les sauts et les cabrioles. A vous coupez le souffle, paraît-il. A 21 ans, Léotard monte à Paris et débute au Cirque de l'impératrice.
    Le Second Empire aime ces spectacles du corps, où la peur et le brio, la mort et la vitalité, sont mis en scène dans leurs rapports délicats, avec un éclat inédit propre à la fête impériale. C'est en Prusse, puis à Londres chez Barnum, que Léotard devient une vedette internationale. Il triomphe à son retour à Paris, où il est l'attraction la plus fameuse du Cirque Napoléon, puis du Cirque des Champs-Elysées. Les foules se pressent, ses admiratrices se pâment devant ses jeux de jambes, et leur galbé surtout, habilement et sensuellement souligné par la tenue mise au point par le trapéziste lui-même : un maillot et un collant noir moulant.
    Considéré comme l'homme le plus attirant de son temps, il laisse cette trace de tissu révélatrice à la postérité : aujourd'hui encore, le juste-au-corps des trapézistes ou des acrobates se nomme un « Léotard ». L'admiration va donc à l'artiste, à son corps, autant qu'à son art, le brio des numéros volants. Les mémoires de Léotard oscillent entre le récit d'une vie d'exercices, du quotidien du cirque, et les commentaires souvent drôles et ironiques sur la fabrication d'une gloire et ses effets parfois déroutants. Léotard aime à camper en victime des femmes fanatisées par son apparence, mais il vit de cette célébrité : il adore ce quart d'heure de gloire que lui procurent son art autant que son corps. Il repousse le vedettariat autant qu'il l'espère, il le met en scène autant qu'il s'en méfie, et l'écrit, surtout, avec une plume habile et artificielle, sans doute taillée par un nègre talentueux.

    Historien et écrivain, Noël Herpe a découvert ce texte en réalisant en 2009 un documentaire sur l'histoire du collant.

  • Textes choisis et présentés par Jean-Pierre Beal et Jacques Perciot

  • Ce serait pour dire que nos émotions devant ou à la lecture d'une oeuvre d'art, tiennent à beaucoup de choses loin de la compréhension.
    Ce serait pour dire aussi que le critique doit, s'il veut faire ouvre véritable de critique, se méfier avant tout de lui-même. " Etrange testament d'un Homme condamné à l'exil par l'aveuglement critique, mais qui savait l'importance dé son oeuvre, Racontars de rapin a été écrit par Paul Gauguin aux Marquises, à la toute fin de sa vie, dans un style volontiers barbare. Méconnu, ce texte de " contre-critique " a longtemps été négligé par les institutions et la critique.
    C'était prévisible : " Peut-être M. Brunetière lira ceci. Il sourira, dédaigneux et dira : " Que M. Gauguin aille d'abord à l'École Normale et nous discuterons ensuite. " - Aura-t-il raison ? " Privilégiant l'émotion et l'instinct plutôt que les idées et la culture, Racontars de rapin véhicule sous son apparent désordre quelques enjeux majeurs de la critique contemporaine, littéraire aussi bien qu'artistique.
    Un siècle après la mort de Gauguin, le 8 mai 1903, est-on enfin capable de l'entendre ? Ce serait pour dire qu'il y a urgence.
    B.L.

  • Il arrive que les musiciens souffrent d'un trouble fonctionnel dramatiquement handicapant : on parle de dystonie de fonction. Quel que soit l'instrument qu'ils pratiquent, tous peuvent être frappés par cette fatalité. Le pianiste ou le guitariste rencontrera des difficultés avec sa main droite, le violoniste avec la gauche. Pour l'instrumentiste à vent, clarinettiste, flûtiste ou tromboniste, les anomalies surviendront au niveau des muscles péribuccaux. Une dystonie de fonction est de nature à mettre fin à la carrière d'un artiste. Cela s'accompagne d'une intense souffrance psychique. Pour certains, c'est une véritable mise à mort symbolique.

    Physiothérapeute, musicienne et analyste jungienne, Aude Hauser-Mottier soigne tout particulièrement la dystonie de fonction, un blocage incontrôlable acquis lors de l'exécution de mouvements rapides. Le dysfonctionnement dont souffre l'artiste n'est jamais uniquement d'origine physique, il est aussi psychique et se trouve exacerbé par un stress de performance. Raison pour laquelle Aude Hauser-Mottier traite ses patients par une rééducation physique combinée à une forme d'analyse fondée sur l'interprétation des rêves.
    Ce recueil raconte de manière simple et vivante sept cas cliniques : on y rencontre un violoncelliste rongé par la culpabilité, un pianiste hanté par des rêves de pianos, une galeriste qui rend vie et sens à son métier, une ancienne cantatrice désorientée qui entreprend de littéralement réorchestrer son existence...

  • Je suis gaucher.
    Vous vous en fichez ? vous avez tort. il y a là-dessus de quoi penser des pages et des pages. je n'ai pas dit écrire, ce n'est pas mon jour de clavier, j'ai plutôt une envie de dessiner. je n'aime pas ma main droite, celle qui écrit - en vieille contrariée qu'elle est - à la plume et tant moins bien que toujours mal. je préfère " l'autre main ", celle que les professeurs ont laissée intacte, qui de dextre à senestre dessine, peint et grave.
    Des deux mains en même temps, je peux sans effort d'attention particulier faire diverger une phrase à partir d'un point central. dans le sens usuel avec la maladroite et dans le sens inverse avec l'instinctive - la gamme ascendante et descendante du pianiste - et je me demande : si mes bras s'allongeaient indéfiniment comme dans un rêve, oú cela s'arrêterait-il ? à quels horizons ? vers quelle jonction ?.

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