Memoire D'encrier

  • Annie Muktuk Et autres histoires Norma Dunning Traduit de l'anglais par Daniel Grenier J'ai appris quelques trucs importants au cours de mes trente et quelques années de vie. Ne tombe pas en amour. Baise-les lentement. Baise-les fort. Et ne les baise jamais deux fois. Le sexe, c'est ma matière forte. Ca me donne de la puissance. Ca m'apporte un étrange réconfort. Annie Muktuk, les hommes la désirent et se l'arrachent.
    Elle règne avec sa beauté légendaire et sa gloire chimérique sur le petit monde d'Igloulik. Des visages hauts en couleur prennent aux tripes. Josephee, se fiant à la ruse des Esprits, amène sa femme Elipsee sur le territoire dans l'Arctique pour la guérir du cancer. Husky, agent de la Compagnie de la Baie d'Hudson, vit rondement avec ses trois épouses, Tetuk, Alaq et Keenaq jusqu'au jour où ils partent ensemble en vacances dans le Sud.
    Ces récits drôles et crus disent le colonialisme, l'aliénation, mais aussi la tendresse, le sexe et l'humour. Annie Muktuk touche au coeur de ce que signifie être Inuit. Romancière inuit, Norma Dunning écrit les légendes de ses ancêtres et creuse les chemins de son identité. Elle vit à Edmonton où elle enseigne les savoirs autochtones. Acclamé par la critique, Annie Muktuk est son premier livre.

  • Abandon

    Joanna Pocock

    Parfois, tout ce que nous pouvons faire, c'est nous abandonner à nos circonstances, à nos désirs et à nos peurs, à notre besoin d'évasion, à nos échecs, à notre douleur, à notre état sauvage intérieur, à notre domestication et, de ce fait même, nous abandonner à l'essence qui est au centre de notre être. Alliant chronique, récit de soi et de la nature, Abandon raconte l'Amérique indomptée et ses paysages sauvages.
    A l'aube de la cinquantaine, l'auteure Joanna Pocock quitte sa vie londonienne pour le Montana. Elle observe le territoire, découvre l'imaginaire frontalier de l'Ouest américain et ses extrêmes. Elle traverse les forêts et les montagnes, dialogue avec les rivières, les loups et les bisons, relate ses expériences : maternité, deuil, crise climatique, réensauvagement, écosexe... Consciente de ce que l'humanité perd dans sa relation avec la terre, elle se met à l'écoute de ces communautés qui disent la fragilité de ce que c'est que vivre.
    En restituant l'Amérique dans sa démesure, Abandon aide à respirer. Née à Ottawa, Joanna Pocock vit à Londres, où elle enseigne la création liittéraire. Abandon, son premier livre, est acclamé par la critique.

  • Blanche est l'histoire d'une femme qui découvre un jour qu'elle est blanche dans le regard des autres. Comme elle sait très bien qu'on ne saurait réduire un être humain à la couleur de sa peau, elle s'interroge. Que signifie être Blanche dans le monde tel qu'il va ? Elle arpente l'univers des penseurs et artistes du monde noir. Elle écrit, hésitante et fragile, son chemin d'humanité. Catherine Blondeau vit à Nantes où elle dirige un théâtre.
    En 2019, elle a publié chez Mémoire d'encrier son premier roman Débutants.

  • Tisser

    Raharimanana

    Récit de l'auteur malgache Raharimanana qui entremêle légendes, mythes fondateurs et réalités contemporaines. Soucieux de restituer la mémoire trop souvent trahie par les récits, l'auteur reviste les luttes de libération, les formes de résistance et d'utopie. Il met en place une cosmogonie où tout se tisse dans une diversité de voix, de perspectives poétiques et politiques, rassemblant des formes singulières d'écriture et de transmission de la parole. Un enfant mort-né raconte la genèse du monde. Il fait appel aux mythes pour dire les dérives totalitaires et la quête de liberté. Fable contemporaine qui rétablit la relation entre les temps, passé et présent, les ancêtres et le monde contemporain, l'Esprit et le réel, le récit se donne à lire comme fibres à tisser l'humanité. Point de vue de l'auteur : "Tisser", c'est le récit de la vie. La vie faite de plusieurs fibres, chaque fibre ayant sa nature, sa force, mais unie à d'autres, forme le tout, le motif, le sens, la force, la délicatesse. Tisser, c'est se connaître comme fibre, et accepter de se lier à d'autres pour une existence plus vaste. Tisser pour moi, c'est avoir cette hauteur de vue, prendre soin de chaque fibre, chaque fil tout en se projetant sur le tissu à réaliser. * Dans ce récit, la politique comme la poésie ont les mots comme matériaux. La politique, celle qui est au service des citoyens, la politique doit tenir compte des uns et des autres, et justement "tisser" le juste milieu. La poésie, elle, renouvelle ou ravive, toujours l'essence des mots, remet le sens et la beauté au centre des échanges. La poésie est politique car elle interroge le monde, propose une vision, bouscule sinon révolutionne le langage.

  • Ayiti

    Roxane Gay

    Des récits qui disent la complexité de l'expérience haïtienne : la diaspora, la famille, le vaudou, l'humour, la résistance... Découvrons la voix désespérément libre et puissante de Roxane Gay.

  • Rien du tout, c'est l'espace où tout s'effondre, la forme, le genre, l'être. S'ouvre le trou noir, auquel il faut revenir pour naître. Ces fragments frôlent l'extinction, débordent, fuient, rejoignent la chute, les limites. Se mêlent et se contaminent générations, itinéraires, désirs. Dits d'insoumission afin de déboulonner assises et nations. L'écrit revendique sa survie, irrécupérable, jusqu'à la fin.

  • On se perd toujours par accident. Petites touches minimalistes : une corneille qui observe un chevreuil accro au sel de voirie ; le lac Ontario qui inonde Toronto pour refaire le monde à zéro ; des amants qui séjournent dans le dernier recoin de la forêt boréale ;
    Trois camarades qui recueillent de l'eau d'érable dans un quartier cossu ; et Kwe qui obtient son permis d'arme à feu en campagne ontarienne... Selon l'auteure, le fragment littéraire constitue un outil d'intervention décoloniale. Son écriture génère une réalité décolonisée qui échappe aux discours dominants et aux catégorisations consacrées.

  • Dans "Cartographie de l'amour décolonial", l'écrivaine et militante autochtone Leanne Betasamosake Simpson explore l'existence actuelle des peuples et collectivités autochtones, en particulier celle de sa propre nation nishnaabeg. Ses personnages s'efforcent de réconcilier leur désir de vivre une vie pleine de tendresse avec le combat qu'ils livrent quotidiennement pour survivre aux injustices passées et présentes causées par le racisme et le colonialisme.

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