Mare & Martin

  • Demeuré longtemps dans l'ombre de Hegel dont il est le contemporain, Arthur Schopenhauer ne bénéficiera que d'une gloire posthume et influencera, à la fin du XIXème siècle, des penseurs importants à l'instar de Nietzsche ou Freud.
    Son apport majeur, qui est loin d'être dérisoire, est d'avoir renversé la perspective à partir de laquelle la philosophie occidentale pensait jusqu'à présent l'individu. Considéré comme un être libre et doué de raison, voici que l'homme est regardé, avec Schopenhauer, comme l'otage de la Volonté, concept derrière lequel le philosophe allemand range notamment les passions et les émotions. En définissant la souffrance comme constitutive de l'essence de la vie et en affirmant la thèse révolutionnaire de l'assujettissement des fonctions intellectuelles aux fonctions affectives, Schopenhauer nous livre une vision irrationaliste du monde dont cet ouvrage tire parti pour revisiter la pensée juridique moderne.
    Le présent essai propose de voir dans le désenchantement éthique et moral qui caractérise le libéralisme politique et le positivisme juridique l'ombre portée du pessimisme schopenhauérien.

  • Que peut apporter la science-fiction au droit et à la justice ? Le présent ouvrage fait une incursion dans les disciplines classiques du droit public, du droit privé et des sciences criminelles. Il y sera notamment question d'organisations juridico-politiques, d'exploration et d'exploitation de l'espace, de la condition future de l'homme, du statut des robots, des interactions possibles avec d'autres formes de vie intelligentes...

    L'aptitude de la "SF" à embrasser le monde réel à travers des mondes imaginaires, sa capacité à les faire interagir au- delà des rationalités directement compréhensibles constituent pour la science du droit un laboratoire exceptionnel, un terrain créatif sans équivalent. Parce que le droit a le besoin vital de se renouveler, la science-fiction présente l'immense avantage de cumuler des vertus épistémologiques et paradigmatiques. Elle ouvre des champs infinis d'investigations, ne cessant d'interroger tout à tour nos formes sociales, nos moeurs, notre histoire, nos désirs pour l'avenir, notre place au coeur de la nature et du cosmos et, par conséquent, notre droit dans ses dimensions aussi bien prescriptives que relationnelles.

    L'homo juridicus est de la sorte indissociable de l'univers spéculatif de la science-fiction car le droit, s'il se décline pour l'essentiel au présent, est aussi une discipline qui parie sur l'applicabilité de ses créations dans le futur.

    Geoffray Brunaux, Anne-Blandine Caire, Arnaud Coûtant, Fabrice Defferrard, Pierre-Jérôme Delage, Nicolas Dissaux, Thomas Hochmann, Franck Laffaille, Sébastien Le Gai, Nathalie Nevejans, Catherine Puigelier, Dominique Thirion.

  • Dans notre société qui se préoccupe de développement durable, il peut paraître naïf de vouloir s'intéresser à l'éphémère. Pourtant, il n'y a là aucun paradoxe. La volonté de laisser intacts aux générations futures les biens, les matières premières et les choses naturelles n'exclut pas qu'on puisse s'attacher à protéger les manifestations éphémères de l'activité humaine.
    L'impératif de sécurité juridique y encourage, alors qu'en même temps, le phénomène de l'accélération du temps et le développement des technologies de l'information et de la communication sont de nature à fragiliser les situations acquises.
    L'éphémère renvoie à la notion de fragilité et de précarité. Est éphémère ce qui ne dure qu'un instant, en raison de sa nature évanescente (recette, parfum, renommée...) L'éphémère concerne aussi ce qui est perçu comme un intervalle, en vue de préparer une situation future (promesse, loi expérimentale, période d'essai...) L'éphémère renvoie enfin aux notions d'urgence : si l'on ne fait rien rapidement, ce à quoi on est attaché risque de disparaître de manière irrémédiable.
    Dans cet ouvrage, les auteurs se sont efforcés de montrer comment le droit peut prendre en compte l'éphémère pour le protéger ou s'en protéger.

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  • Le juriste est familier du droit mis en mots. Cette littérature prend différentes formes, les plus fréquentes étant la loi, le jugement, l'acte notarié ou administratif, voire l'adage. L'énoncé du droit ne peut cependant se circonscrire à sa lettre. Il se traduit aussi et peut-être même avant tout par des représentations, à savoir : des images, des mises en scènes, des récits littéraires ou filmiques, des formes, des gestes, des supports ou des signes.

    Historiens du droit, historiens de l'art, philosophes se rencontrent pour étudier ces différentes figures du droit depuis l'antiquité jusqu'à la dématérialisation du monde numérique. Leur regard embrasse les représentations classiques (peinture sculpture, livre) ou plus originales voire inédites (cinéma, site internet, objet artisanal, transparence architecturale).
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    Loin de pouvoir se réduire à une simple illustration de la règle, l'esthétique du droit porte un langage autonome performatif qui peut être, selon les cas, discours ou action. Pourtant ce droit, visuel et visible, passe le plus souvent inaperçu. Renouer avec les représentations du droit, c'est éclairer les rapports entre le droit et ses formes, c'est faire du droit autrement.

    Stéphane Boiron - Claude Bontems - Luisa Brunori - Franck Carpentier - Antoine Garapon - Nathalie Goedert - Ninon Grangé - Valérie Hayaert - Joël Hubrecht - Yvon Le Gall - Ninon Maillard - Franck Monnier - Jacques Péricard - Jacques de Saint Victor - Philippe Sturmel - Pascal Texier.

  • La chair renvoie ontologiquement à l'origine et à la finitude de l'homme. C'est un sujet encore largement méconnu, alors que le "corps", qui a pour finalité la mise en relation avec l'autre et le monde, a été amplement traité.

    Comment, de l'Antiquité à nos jours, l'homme a-t-il rendu compte des représentations symboliques véhiculées par la chair ? Celles-ci traduisent-elles une universalité de la conception de l'existence charnelle, ou au contraire ces représentations sont-elles d'abord culturelles ?

    Le champ d'investigation relatif à la chair se décline presque à l'infini. De l'autel du sacrifice à la table du repas en passant par l'étal du boucher, de la flétrissure de la chair du condamné à l'impassibilité de la chair des saints, de l'Incarnation à l'union charnelle, de la chair magnifiée par l'art à la chair fragile mise au tombeau : autant de perspectives croisées susceptibles d'éclairer une anthropologie juridique de la chair.

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  • Le procès, destiné à trancher les conflits et à rétablir la paix sociale, s'accompagne d'un rituel, le rituel judiciaire, lequel participe d'une symbolique universelle de l'acte de juger, par- delà les différences de systèmes judiciaires existant notamment entre les pays francophones et ceux régis par la common law. Le procès a ses usages, son espace délimité, sa temporalité qui lui est propre, ses acteurs et leurs costumes. C'est à travers son rituel que la justice se met en scène selon des formes qui n'appartiennent qu'à elle.

    Parallèlement à ce rituel, la procédure est régie par la loi afin d'aboutir au prononcé du jugement et à la manifestation de la vérité judiciaire. S'ensuivent alors des commentaires et des discours savants visant à éclairer, critiquer, approuver ou désapprouver la décision, et faisant débattre la doctrine. Mais en plus de la communauté des juristes, d'autres acteurs s'intéressent à la justice, de ses grandes affaires criminelles jusqu'aux moindres faits divers.

    Le jugement engendre des discours, récits et représentations de formes diverses, qu'il s'agisse de la chronique judiciaire, d'oeuvres littéraires, théâtrales ou cinématographiques, etc. Ce sont ces autres discours, récits et représentations, disant une vérité autre à propos du droit et de la justice, que cet ouvrage se propose de mettre à l'honneur.

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