Manuella

  • « Ce qu'on commence à comprendre, c'est qu'ici tout communique. Les découpages, les romans, les vidéos, les photographies : ce sont toujours des portraits, et ces portraits, qu'ils soient ou non parlants, sont toujours des histoires contenues, du langage ramassé sur lui-même. Et derrière ces portraits, il y a une main qui décortique, ôte la graisse comme on dit, le surplus, l'inessentiel, qui rassemble, taille, coupe au bon moment, fait entendre tout ce qui est passé sous silence à la surface de quelques mots et, à la surface du silence, tout ce qui parle encore ».
    Bertrand Schefer.

    V. M. Tout cela nous ramène au palais des glaces, ce labyrinthe aussi attirant qu'angoissant.

    L. M. Palais des glaces, oui, où les miroitements des fictions minuscules, des récits possibles sont comme des éclats de mica qui projettent des lumières - d'étoiles mortes ? trop lointaines ? Où est-ce que, les relayant, ces éclats réactivent les récits et les remettent au présent, sans se soucier de ce qui est vrai ou faux, luxe ou toc dans ce palais où la transparence des glaces ne s'oppose pas à l'opacité des signes ?

    V. M. Dans le palais des glaces, à cause de l'effet boule disco, on ne sait plus très bien s'il s'agit de reflets, ou de reflets de reflets. J'aime cette idée du toc juxtaposé à de la « vraie » poussière d'étoiles, sans qu'on puisse faire la différence. La beauté des êtres est dans cet alliage entre minerai véritable et pâle imitation.

    Entretien avec Laurent Mauvignier.

  • Colette Brunschwig

    Collectif

    En mai 2017, la galerie Jocelyn Wolff (Paris) et Manuella Editions ont initié le projet d'éditer la première monographie consacrée à l'oeuvre peint et dessiné de Colette Brunschwig, que Jocelyn Wolff représente depuis 2016.
    Née en 1927 au Havre, Colette Brunschwig vit et travaille à Paris. Formée après-guerre à l'Académie Julian, puis, entre 1946 et 1949, chez Jean Sourbevie et André Lhote dont les ateliers sont intégrés à l'École des Beaux-Arts de Paris, Colette Brunschwig présente sa première exposition personnelle en 1952 à la galerie Colette Allendy. Elle y exposera régulièrement, jusqu'à la fin des années 1950, peintures et gouaches, alliant recherches formelles du trait, de la compression et de l'expansion de la matière picturale et de l'encre, et motifs abstraits, exploration d'un espace-surface dynamique, qui la rapproche des artistes de sa génération de l'École de Paris, mais dont, pourtant, elle se singularise.
    En dialogue direct ou indirecte avec Pierre Soulages, Nicolas de Staël, Arpad Szenes, André Marfaing, Yves Klein, Ung-No Lee, Pierrette Bloch, Marcelle Cahn, entre autres, Colette Brunschwig s'inscrit très vite sur la scène artistique et intellectuelle française des années 1950-1960, et au-delà.
    Sa proximité avec la pensée du philosophe Emmanuel Levinas, dont elle suit les séminaires à l'École normale israélite orientale, lui permet d'interroger son propre travail qui s'origine dans les traumatismes, les destructions de la Seconde Guerre mondiale, et pose la question du vide, de la dissolution de l'image et d'un possible recommencement. Tout comme sa rencontre avec l'art des peintres lettrés chinois des xie-xiie et xviie siècles lui apporte de nouvelles possibilités formelles, et lui permet d'approfondir sa réflexion sur les rapports entre écriture et peinture.
    Si Colette Brunschwig compte jusqu'à aujourd'hui de nombreuses expositions personnelles en galeries (Nane Stern dans les années 1970, galerie Clivages dans les années 1980-1990, etc.) et dans des lieux d'art en France et à l'étranger, si ses oeuvres sur papier et acryliques sont entrées dans les collections publiques (Musée d'art moderne de la Ville de Paris, MNAM, FNAC), aucune monographie n'est venue, à ce jour, rendre compte de la richesse formelle de cette oeuvre singulière, reconnue par la critique.
    Le projet de Manuella Éditions et de la galerie Jocelyn Wolff est de réparer ce manque, en publiant sa première monographie accompagnée de lectures critiques et philosophiques, richement illustrées et documentées, afin de montrer l'importance de cette oeuvre encore trop méconnue.
    Cet ouvrage monographique comprendra une importante iconographie 5 des oeuvres rendant compte de la multiplicité des pratiques (encres, gouaches, aquarelles, acryliques, lavis...) et des matériaux utilisés, quatre essais critiques (ceux de Romain Mathieu, Jeffrey S. Librett, Marjorie Micucci, Maël Bellec), ainsi que des documents d'archives des expositions et de l'atelier de Colette Brunschwig, des extraits de ses correspondances (avec Emmanuel Levinas, Pierre Soulages, René Char, Vladimir Jankélévitch, le critique et éditeur d'art Imre Pan, l'helléniste et philologue spécialiste de Paul Celan, Jean Bollack) et des textes de l'artiste (notamment sur Claude Monet et Malevitch).

  • Ce second cahier de la Fondation Louis Vuitton est consacré à Gerhard Richter.
    Il présente le corpus des trente deux oeuvres de l'artiste dans la collection de la Fondation Louis Vuitton en les accompagnant d'un entretien inédit avec l'artiste et de textes critiques richement illustrés.
    L'entretien de Gerhard Richter réalisé par Dieter Schwarz met en perspective la carrière de cet artiste majeur de la scène contemporaine. Le peintre y évoque librement ses relations avec les artistes de sa génération, Blinky Palermo, Robert Ryman, Sol LeWitt, ou Joseph Beuys, son oeuvre picturale - des Tableaux gris aux 4900 Couleurs ou aux Strips (Bandes) -, mais aussi son travail sur les livres comme Atlas, Wald, ou Birkenau.
    L'ouvrage comporte également une préface de Suzanne Pagé et des textes du critique d'art Philippe Dagen, de Sébastien Gokalp et d'Olivier Michelon, notamment sur 4900 Farben.
    Richement illustré par plus de soixante représentations des oeuvres du peintre, ce volume offre un regard rétrospectif sur plus de cinquante ans de peinture. Il est publié à l'occasion de l'exposition de la collection Louis Vuitton à la Fondation du 20 février au 29 août 2019.

  • The medium is the message (Marshall McLuhan). C'est ce que Mathilde Roman explore dans ce livre alors que nombre d'artistes aujourd'hui jouent du «?médium?», avec tout ce que cela peut signifier, tant sur le plan politique, sociologique ou historique que sensible.

  • Judith Reigl, entretien avec János Gát Nouv.

    Ce livre constitue le troisième volume des entretiens avec les artistes lauréates du Prix d'Honneur AWARE.
    Lauréate du prix 2017, Judit Reigl parle avec passion et sincérité de son enfance, de ses années de formation en Italie, de sa peinture et de sa vie à Paris.
    Ce livre est le fruit de dix ans d'entretiens suivis avec Judit Reigl.

  • Comment Yves Klein (1928-1962) a-t-il suscité de l'intérêt pour son oeuvre, construit une communauté d'artistes, partagé une vision esthétique, et créé - avec Rotraut Uecker - l'unique couple franco-allemand de l'art contemporain dans les années 1960 ?
    Tous ces aspects de sa vie et de sa carrière passent par l'Allemagne.
    Ce livre décrit pour la première fois l'extraordinaire aventure outre-rhin de l'artiste français à partir de mai 1957. Ni sa position dans le monde artistique parisien de son vivant, ni son rayonnement international, ni même sa carrière mondiale posthume ne seraient concevables sans les artistes, galeries, collectionneurs, musées et autres institutions allemands.
    Robert Fleck mêle l'histoire de l'art, l'histoire des idées, la biographie et la sociologie du marché de l'art et des institutions artistiques, et l'analyse des mouvements et des courants artistiques d'avant-garde pour mieux retracer les étapes fondatrices de ce parcours.

  • Si Pierre Soulages est aujourd?hui l?un des peintres les plus connus en France, son ?uvre abstraite, aussi célèbre soit-elle, demeure souvent énigmatique.
    Mieux connaître ce travail qui a traversé le siècle constitue l?objectif de ce livre écrit par l?historien d?art Robert Fleck, avec un entretien d?Hans Ulrich Obrist, dans un dialogue constant avec l?artiste.
    À travers un travail de documentation approfondie mené par Robert Fleck, à partir de ses lectures et des archives inédites de l?artiste, on redécouvre son extraordinaire parcours qui croise tous les grands courants artistiques du siècle.
    Prenant son essor à Paris en 1946, son travail est montré dès 1947 en Allemagne, puis à New York et à la première Documenta de 1955. Il rencontre l?expressionnisme abstrait des artistes américains et allemands, connaît la concurrence directe avec Jackson Pollock, avant une éclipse relative entre 1964 et 1989 qui favorisera le renouvellement pictural qui aboutira aux tableaux intégralement noirs, puis leur dépassement dans l??uvre tardive des dernières années, qui engage de manière inattendue un dialogue direct avec les expériences visuelles de l?âge numérique.
    Le livre aborde ainsi largement son séjour en Amé- rique après-guerre, ses rencontres artistiques et Hartung, Francis Picabia, Fernand Léger, Sonia Delaunay, Joseph Delteil, Leopold Sendar Senghor, Nathalie Sarraute et bien d?autres.
    Le dernier chapitre, ainsi que l?entretien avec Hans Ulrich Obrist nous invite à une rencontre intime avec le peintre lors de la visite de son atelier à Sète.

  • Toujours de l'audace !

    Dorothy Iannone

    • Manuella
    • 18 October 2019

    Dorothy Iannone est née en 1933 dans la sage ville de Boston. Son premier éclat consiste dans le procès qu'elle engage en 1961 pour lever l'interdiction du roman de Henry Miller Tropique du Cancer aux États-Unis. D'abord influencée par l'expressionnisme abstrait, elle trouve sa voie en mêlant récit et figuration.

  • Au cours de son séjour à la Villa Medicis, l'écrivain Ryoko Sekiguchi a rencontré un mystérieux K. W. adepte de séances de spiritisme. Cuisinière émérite, Ryoko lui propose aussitôt d'inviter les fantômes à dîner. Avec le photographe Felipe Ribon, amateur de bonne cuisine, elle se lance dans la conception de repas pour les fantômes. Commence alors une aventure culinaire et spirituelle dont ce livre est le récit.
    L'une par les mets et les mots, l'autre par les images, ils conçoivent ce traité sur l'art de la table, l'art d'inviter et de recevoir les fantômes. Un art qui réclame beaucoup d'attention et de délicatesse. Car les défunts entreprennent un long voyage pour revenir et il faut les accueillir avec respect. Il s'agit donc tout d'abord de s'interroger sur ce qu'ils peuvent avoir envie de manger, puis de réaliser les plats et de créer un environnement favorable.
    Il faut ensuite inviter le fantôme pour qui le dîner est destiné, en espérant qu'il viendra et qu'il appréciera les odeurs, les couleurs, les textures de ce qui lui est offert. Tout cela est consigné par Ryoko, non sans humour, sous forme de notes, de recettes, de préceptes, de souvenirs personnels et de récits de traditions japonaises. Concocter des bons petits plats est une façon généreuse d'entrer en communication avec ceux qu'on a aimé.
    C'est une façon conviviale de leur témoigner notre amour. Les invoquer pour les rendre présents à nous-même, les laisser vivre encore en nous. Qui ne pense à sa mère, à sa grand-mère quand l'odeur chaleureuse du plat enfourné s'échappe de la cuisine ? Si ce traité roboratif de savoir vivre avec nos défunts nous invite à réfléchir à la place que nous leur faisont dans notre civilisation, il dit aussi toute la simplicité jubilatoire de faire la cuisine et d'être entièrement dévoué au plaisir des autres.
    Les photographies de Felipe Ribon mettent en scène cette fantasmagorie littéraire et restituent le mystère de cette présence/absence.

  • Voyage au mont Tamalpais

    Etel Adnan

    • Manuella
    • 9 November 2013

    « Un jour, devant une caméra de télévision, on me posa cette question : «Quelle est la personne la plus importante que vous ayez jamais rencontrée ?» Et je me souviens d'avoir répondu : «Une montagne.» Tamalpais était au centre de mon être. » C'était le Mont Tamalpais qu'Etel Adnan voyait de sa fenêtre à Sausalito, près de San Francisco, et dont elle a fait de si nombreux tableaux.
    Voyage au Mont Tamalpais nous entraîne dans « cette aventure de vivre avec une montagne ».
    Plus qu'une rencontre avec un site naturel, une montagne au pied de l'océan, aussi beau soit-il, c'est avant tout une rencontre avec l'esprit du lieu.
    La lumière et les couleurs changeantes, la brume, le brouillard et la neige sont sources d'émerveillement, de nouvelles sensations esthétiques et d'élévation spirituelle.
    Etel Adnan nous livre une méditation sur la beauté de la nature et la puissance des éléments, qui se transforme en célébration du monde.
    Le Mont Tamalpais, c'est la montagne magique d'Etel Adnan, qui la voit comme « le chef de la tribu humaine ».

  • Les voies du curating

    Hans Ulrich Obrist

    • Manuella
    • 22 September 2015

    Hans Ulrich Obrist partage ici sa passion pour le métier de curator dont il est l'un des pionniers et qu'il a contribué à inventer.
    Se fondant sur sa propre expérience - depuis la première exposition qu'il a organisé dans la cuisine de son appartement de Zurich en 1991, jusqu'à son projet « Conversations » qu'il mène depuis plusieurs années avec de nombreux artistes, créateurs, penseurs et acteurs du monde des arts - il poursuit sa réflexion sur la nature même du curating, ses origines et ses spécifités.
    Convoquant les artistes dont il se sent proche, parmi lesquels Gerhard Richter et Gilbert & George, mais aussi des personnalités qui l'ont influencé, comme Diaghilev ou Pontus Hulten, se référant à la création des premiers musées publics au xviiie siècle, il traverse les siècles et les continents, nous emmène d'une exposition à l'autre, et signe un essai brillant, créant des liens entre les époques et les artistes.
    Les Voies du curating nous éclaire sur une pratique animée par la cutiosité, la mobilité et le questionnement permanent. Une pratique qui est tout sauf une posture figée. Autant de chemins qui contribuent à dessiner une façon d'être au monde pour mieux penser et inventer l'avenir.

  • Caractérisée par son aspect éphémère, l'exposition d'oeuvres d'art finit toujours par disparaître pour ne rester dans la mémoire qu'à travers les traces que sont les catalogues et les archives.

    Parmi ces archives les vues d'exposition jouent un rôle à la fois singulier et déterminant.

  • Eugénie Paultre, jeune philosophe et jeune peintre, interroge dans ce livre le curateur Hans Ulrich Obrist à propos de son parcours et de sa relation à l'art. Au fil de ces cinq conversations qui s'étendent d'octobre 2014 à juin 2017, il évoque les nombreuses personnalités qui l'ont influencé dès ses débuts et montre comment ce sont les rencontres avec les artistes, les écrivains (Fischli et Weiss, Gerhard Richter, Christian Boltanski, Edouard Glissant, Etel Adnan...), mais aussi avec les commissaires d'expositions, tels Harald Szeemann ou Kasper König qui lui ont permis de forger sa vocation.
    Ce recueil d'entretiens dresse un panorama des pratiques artistiques contemporaines et montre comment celles-ci ont évolué sur plus de trente ans. Il offre aussi des pistes pour comprendre le climat artistique d'aujourd'hui après la période de mondialisation intense qu'a connu le monde de l'art durant ces dernières années.
    Ce livre est enfin celui de l'intervieweur « interviewé », de celui qui après avoir interviewé des centaines d'artistes, d'architectes, d'écrivains et de musiciens, accepte de se livrer avec sincérité dans le renversement des rôles que lui propose Eugénie Paultre.

  • La vie de Jacqueline De Jong fait penser à un roman : multipliant les expériences professionnelles (assistante de Willem Sandberg, célèbre directeur de musée, l'une des rares femmes de l'International Situationniste, éditrice puis directrice de revues d'art), l'artiste sillonne l'Europe et ses capitales, où elle croise les avant-gardes sans jamais tout à fait s'y confondre (Nouveaux Réalistes, figuration narrative, pop art européen, débuts de la performance...), se nourrissant des différentes cultures sans que sa singularité s'en trouve aucunement diminuée.

    C'est avec un humour et une liberté de parole inégalables que Jacqueline De Jong raconte comment elle a découvert l'acrylique ou comment elle a transformé la patate en oeuvre d'art ou fait passer la peinture en trois dimensions.
    Attention, la traversée sera pleine de surprises : c'est celle de l'art de la seconde moitié du vingtième siècle qu'on effectue en sa compagnie.

    Jacqueline De Jong a été lauréate du prix d'honneur AWARE (Archives of Women Artists, Research and Exihibition) en 2019. Ce prix symbolise la nécessaire reconnaissance de grandes artistes femmes dont l'oeuvre et la carrière ont trop souvent été méconnues ou redécouvertes tardivement dans le cadre de rétrospectives partielles. Ce prix s'accompagne de la publication d'un long entretien qui est l'occasion d'entrer dans les détails de leur vie, de leur parcours et leurs rencontres.

  • Ce livre dresse un panorama de la performance française depuis son essor dans les années 1960, jusqu'à aujourd'hui.
    Ces 12 entretiens avec 12 artistes qui ont marqué l'histoire du médium sont autant de témoignages sur le contexte de création de ces oeuvres. Le choix de ces artistes majeurs dans leur domaine permet de rassembler et de confronter une pluralité de définitions, de formes, d'intentions, et d'inviter à une lecture multiple du médium tout en ouvrant à la compréhension de ses contextes. Car à travers l'histoire de la performance, c'est aussi une partie de l'histoire de l'art qui se raconte.
    Ces grands entretiens illustrés sont précédés d'une large introduction, qui explore l'histoire de la performance et met en perspective ses enjeux artistiques, théoriques, esthétiques et philosophiques.
    Complété de plusieurs index (artistes, lieux, publications), il est conçu comme un ouvrage de référence, inédit en France, et un outil de travail pour les artistes, les historiens d'art et tous ceux qui s'intéressent à l'histoire trop méconnue de ce médium.

  • « Aimer : cet instant, cette personne, cette couleur, cet arbre, cette montagne, ce passage du vent, cette mer, ce ciel - ce ciel au-delà du ciel. Aimer - c'est certainement là le secret d'une peinture, d'un poème, d'une sculpture... C'est simple à dire, plus périlleux à vivre. Il faut s'avancer et, noblement, tenir son âme et son coeur grands ouverts, prêts à tout accueillir et à répondre de cette rencontre par une immense attention. L'art autorise et induit une telle disposition. Plage de temps silencieuse, il est fait par nature pour recueillir le tracé d'une main aimante, incarnée dans des lignes unissant les couleurs et les formes pour se souvenir, encore et toujours, d'une harmonie primordiale. Et prouver, amoureusement, que le monde résiste, que le monde tient bon... »

  • Conversations

    Collectif

    Ce livre réunit 79 conversations avec des artistes, des écrivains, des architectes, des musiciens, des philosophes, des photographes, des designers, des scientifiques et des cinéastes, menées depuis le début des années 90 par hans ulrich obrist.
    En suivant le modèle encyclopédique de l'entretien conçu comme un fructueux échange d'idées, ces conversations dessinent un paysage de trajectoires, de pensées, de projets, de faits et de récits qui produisent une histoire inédite de l'art et de la culture au tournant du xxe et du xxie siècle.

  • Entre recherche, art et politique, ce livre est une contribution à la bataille qui s'engage au début du XXIe siècle pour reconstruire des futurs, dans une époque hantée par des idéologies de fin du monde.

    Camille de Toledo a invité Aliocha Imhoff et Kantuta Quiros, deux théoriciens de l'art, fondateurs de la plate-forme curatoriale « le peuple qui manque », à élaborer collectivement une pensée pour des temps ouverts, des « temps potentiels » pour lutter contre cette réalité de la finitude, de la mélancolie, de l'absence d'espoirs

  • Saisons

    ,

    Saisons est une célébration de la nature " qui reste immobile au coeur des tempêtes ", " qui ne sait pas ce qu'est l'inquiétude " et qui pourtant passe sans bruit, aussi fragile que la destinée humaine. Source de connaissance, la nature a son langage qu'Etel Adnan comprend et retranscrit. Ainsi elle la rend présente à notre conscience, nous remet au coeur des rythmes et de la polyphonie du monde. Car " la nature aide à devenir humain.
    " L'observation des éléments - le soleil, le vent, la pluie - est l'occasion d'un dialogue intérieur entre l'esprit et les sens, d'une méditation percutante sur le monde. L'auteur nous livre ses intuitions sur les mythes et l'Histoire, les guerres et l'amour, le silence et le langage, la mort et la renaissance. Tels des haïkus, les fragments qui composent ce recueil claquent sur la page comme autant de moments de révélation.
    Sa foi en l'homme, en la transcendance de l'esprit et en l'énergie de la création est servie par une écriture colorée et limpide. Elle témoigne d'une confiance inaltérable et la puissance des mots et la force de l'amour. Saisons donne des raisons d'espérer et invite à faire oeuvre de résistance dans la fureur du monde actuel. " Penser, ce n'est pas contempler, mais rendre compte. "

  • Dans les salons du Train Bleu, Robert Crumb et Hans Ulrich Obrist mènent une discussion à bâton rompu. Le maître de l'underground américain évoque son enfance, sa passion pour le cartoon et Walt Disney, comment il a découvert les surréalistes à l'adolescence et notamment Dali et Chirico.
    Robert Crumb s'est toujours tenu à l'écart des réseaux traditionnels de production et de commercialisation, préférant la liberté créatrice à l'assujetissement économique.
    Face aux difficultés qu'il rencontre à faire circuler son travail, il crée ses propres réseaux et défend résolument la culture underground comme seul terrain d'expression possible.
    Ces expériences fondatrices ont façonné un personnage à la parole libre et, au-delà de l'auteur de bandes dessinées cultes, on découvre un homme surprenant qui déplore la déshumanisation de l'architecture, la professionalisation et la standardisations des métiers artistiques à laquelle il oppose la chaleureuse proximité des amateurs.
    Collectionneur compulsif depuis l'âge de 9 ans, il possède plus de cinq mille 78 tours. Les muiques du monde entier antérieure aux années 30 sont soigneusement classées dans son atelier du Sud de la France. Car en musique aussi, il préfère la sincérité, l'incarnation authentique dans un terroir à la technique fabriquée qu'on veut nous imposer.
    Ainsi se trace le portrait inattendu d'un homme qui a traversé toutes les tribulations politiques et artistiques de la deuxième moitié du xxe siècle, un portrait qui éclaire son oeuvre d'un jour nouveau.

  • Depuis le milieu des années 1990, Hans Ulrich Obrist s'entretient régulièrement avec Ai Weiwei.
    Artiste, poète, architecte, commissaire d'exposition, expert en antiquités chinoises, éditeur, urbaniste, collectionneur, bloggeur, Ai Weiwei ne cesse d'élargir le concept d'art.
    Avec une oeuvre en déplacement et en renouvellement permanent, Ai Weiwei met la critique de la société, de l'histoire et de la politique chinoise au coeur de son travail.
    En 2005, il crée un blog sur lequel il s'exprime en toute liberté et qui sera consulté chaque jour par des centaines de millier de personnes, jusqu'à son interdiction en 2009.
    Depuis Ai Weiwei est menacé par les autorités chinoises jusqu'à son arrestation en avril 2011.
    Au cours de leurs échanges, ils ont évoqué toutes ces dimensions de son travail et ce qui les relie entre elles.
    Ce recueil est une introduction à la pensée et à l'oeuvre artistique extraordinairement complexes de Ai Weiwei.
    Dans l'un de leurs entretiens, il décrit son approche de la manière suivante : « En fait, nous faisons partie de la réalité, et si nous n'en prenons pas conscience, nous sommes totalement irresponsables. Nous sommes une réalité productive. Nous sommes la réalité, mais faire partie de la réalité implique de produire une autre réalité ». Il s'agit d'un manifeste artistique et politique. Ai Weiwei nous rappelle combien l'action culturelle et politique est essentielle à notre époque.
    Ai Weiwei s'exprime ici avec le ton très libre qui le caractérise. Il parle avec énergie et humour de son travail, de son pays, de ses parents, de son enfance. Il revient sur sa collaboration avec les architectes Herzog et de Meuron pour le stade olympique de Pékin, évoque ses projets. Au fil des mots apparaît un personnage habité par l'énergie de la création, un personnage toujours en mouvement que rien ne semble pouvoir arrêter. Un homme exemplaire qui oppose sa liberté à toute forme de bêtise et d'oppression.

  • Curating qu'on traduit souvent par commissariat d'exposition n'a pas de véritable équivalence en français. Il signifie monter une exposition, exposer les oeuvres des artistes, mais plus précisément il pose la question de la forme de l'exposition. Que veut dire en effet organiser une exposition d'art contemporain ? Est-ce qu'il y a une forme spécifique à l'exposition, qui serait celle du musée ou de la galerie conçue comme un cube blanc, le fameux « white cube », où on installerait les oeuvres ?
    N'y a-t-il pas d'autre formes que l'exposition peut prendre ? Créations d'espaces, dispositifs, ou paradigmes du théâtre ou de la performance, ou même de l'opéra, ce sont toutes ces pistes que ce petit livre se propose d'explorer, dans un esprit aussi informé que critique, avec trois protagonistes, un penseur, un praticien et une artiste, qui se trouvent au coeur de ces questions et interrogent au quotidien cette pratique et ce médium qu'est l'exposition.

  • Le maître de l'éclipse

    Etel Adnan

    • Manuella
    • 15 September 2014

    Née à Beyrouth, Etel Adnan habite maintenant à Paris, après avoir longtemps vécu aux Etats-Unis. Citoyenne du monde, elle a cette conscience particulière de ceux qui sont traversés par plusieurs cultures. Le conflit déchirant qui oppose sa culture arabe d'origine avec sa culture occidentale d'adoption, les ravages de la guerre au Liban, en Irak et dans tout le Moyen-Orient, loin de la détruire, nourrit une réflexion sur le sens du monde et la place de l'humain dans les tourments de l'histoire.
    Les douze chapitre qui constituent ce récit sont autant de rencontres avec des êtres aimés ou des inconnus croisés par hasard. Déterminantes ou insignifiantes, chacune de ces rencontres est l'occasion de remémorations autobiographiques et de méditations sur le temps, les civilisations, la guerre, l'amour, l'art...
    Sa foi en l'homme, en la transcendance de l'esprit et en l'énergie de la création est servie par une écriture généreuse et limpide habitée par la polyphonie du monde.

  • Écrivain et artiste plasticienne, Etel Adnan est née à Beyrouth en 1925 d'un père syrien et d'une mère grecque. Elle a vécu en nomade entre Londres, Paris et les États-Unis, passant de l'Orient à l'Occident, des langues anciennes aux langues modernes, de la littérature à la peinture, ne cessant jamais de voyager entre Beyrouth, la Californie et la Grèce.
    Auteur de nombreux romans, essais, poèmes et pièces de théâtre, parmi lesquels Seasons (2008) et Paris mis à nu (2011), son oeuvre est écrite en anglais, en français et en arabe. Dans cette conversation, elle nous parle de sa façon d'écrire - dans le saisissement de l'inspiration -, du rapport particulier qu'elle entretient avec la création, de ses rencontres avec de grands poètes arabes tels Mahmoud Darwich, Adonis, Alaa El Aswany. En femme de son temps - elle qui a écrit contre la guerre du Vietnam -, elle donne sa vision des révoltes arabes. Elle définit son identité non comme un territoire géographique, mais comme un monde intérieur qu'elle cherche à nous faire partager.
    Célébrée par la revue Melus « comme l'écrivain arabo-américaine la plus célèbre et la plus accomplie d'aujourd'hui », elle est, à 85 ans, en passe d'être reconnue par un large public. Ses toiles et ses dessins vont être exposés à la Documenta 13 de Kassel en juin 2012.

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