Généralités sur l'art

  • L'origine de la peinture est l'un des premiers textes de Félibien (1660). Il y esquisse une théorie de l'art qu'il développera dans son oeuvre majeure que sont les Entretiens... (1666-1688) et dont la publication correspond à la naissance de la critique d'art en France. Jusqu'au milieu du XIXe siècle il connaît un grand succès dut à l'aisance de sa prose, mais aussi parce qu'il inaugure une réflexion discursive sur les beaux-arts, où tout en cette matière, restait à inventer. Mais il demeure par ailleurs intéressant à lire parce qu'il conçoit que l'art, par essence, a quelque chose à dire. La perfection des oeuvres ne consiste dans aucune observation de règle qui s'apprenne, mais dans la puissance d'engendrer des effets qui se font connaître seulement dans la sensibilité qui les reçoit.

  • Ce livre repose sur l'analyse de quelques pièces d'une seule série de sculptures, des bronzes paradoxaux car filiformes, aériens de Robert Groborne et pourtant concerne tout l'oeuvre de cet artiste protéiforme - qui grave, sculpte, dessine, peint, photographie, etc -, le principe d'engendrement par variation qui le régit donnant d'entrer dans le tout depuis le fragment. Groborne sculpte comme il grave, en augure : il découpe la spatialité, instituant un lieu sis par la forme qu'il crée ; ainsi délimite-t-il une ouverture dans le grand ouvert indéterminé de l'espace et définit-il un intérieur à l'intérieur de l'extérieur. Geste de sacralité en fraternité avec les constructions de l'architecte où bâtir, habiter et passer sont entrelacés pour fonder le monde humain que tout art institue.

  • Cet ouvrage s'origine dans une phrase par laquelle Rembrandt dissuadait les visiteurs de son atelier de s'approcher de ses tableaux: «L'odeur de la peinture pourrait te faire du mal». On peut formuler l'hypothèse que Rembrandt parlait ainsi d'une conception «toxique» de sa peinture, alors inacceptable pour une partie de ses contemporains. Le Boeuf écorché est exemplaire d'une manière nouvelle, faite d'une pâte épaisse, triturée par de larges mouvements de brosse. Le tableau fait alors surgir le questionnement du rapport faussé entre la peinture et la beauté, de l'inadéquation entre l'art et le goût, et il s'agit de s'interroger sur la force unique d'une oeuvre capable de provoquer, chez qui la contemple, un vacillement de la raison.

  • Nasser Assar

    Collectif

    Il n'existe aucun ouvrage de synthèse sur l'oeuvre de Nasser Assar, juste un grand nombre d'articles éparpillés dans des revues. Il nous a donc paru nécessaire trois ans après la disparition de l'artiste, de lui consacrer un livre présentant un panorama complet de son oeuvre à partir d'un large choix de reproductions qui respecte son parcours et ses équilibres, introduit par quatre textes d'auteurs qui furent ses amis de longue date : Y. Bonnefoy, P. Jaccottet, R. Munier et J.-P. Avice.
    À quoi s'ajoutent un long entretien avec J. Thélot ainsi que des extraits de deux carnets de notes prises par le peintre où l'on observe l'étendue de la culture d'un artiste qui, toute sa vie, veilla à conserver une totale indépendance vis à vis du marché et des courants promus par les grandes galeries.

  • Cet ouvrage revient sur la réception du célèbre tableau de T. Géricault, évoquant notamment ses défenseurs comme le comte de Forbin ou encore Victor Hugo.

  • Andoche Praudel est artiste plasticien. Baldine Saint Girons philosophe. L'un parcourt l'Europe, depuis des années, appareils photographiques en main, à la recherche des sites des grandes batailles évanouies, celles d'avant l'invention de la photographie, qui ont façonné son histoire. L'autre parcourt les oeuvres à la recherche de ce que rencontre l'homme qui le dépasse infiniment: le sublime. Praudel photographie Waterloo, Azincourt, Bouvines, Austerlitz, autant de vocables saturés d'imaginaire auxquels il donne une terre.
    Saint Girons parcourt ces grandes images ombrées de lumière, d'espace et se saisit de cette occasion pour renouveler la pensée de la photographie: sur le site historique émotion et savoir se croisent et, à partir du moindre support ou trophée, définissent la scène.

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