Littérature générale

  • « Il est, au milieu du Grand Océan, dans une région où l'on ne passe jamais, une île mystérieuse et isolée ; aucune autre terre ne gît en son voisinage et, à plus de huit cents lieues de toutes parts, des immensités vides et mouvantes l'environnent. Elle est plantée de hautes statues monstrueuses, oeuvres d'on ne sait quelle race aujourd'hui dégénérée ou disparue, et son passé demeure une énigme.
    J'y ai abordé jadis, dans ma prime jeunesse, sur une frégate à voiles, par des journées de grand vent et de nuages obscurs ; il m'en est resté le souvenir d'un pays à moitié fantastique, d'une terre de rêve.
    Sur mes cahiers de petit aspirant de marine, j'avais noté au jour le jour mes impressions d'alors, avec beaucoup d'incohérence et d'enfantillage.
    C'est ce journal d'enfant que j'ai traduit ci-dessous, en essayant de lui donner la précision qui lui faisait défaut. ».
    Texte écrit en 1872, retranscrit et publié dans Reflets sur la sombre route en 1899.

  • Au programme : la cathédrale de monreale et son cloître paradisiaque, l'aventure d'un entomologiste pris pour un brigand, l'ascension du volcano, celle de l'etna, son histoire, les temples...
    Et la sublime taormine, qui ,emporte la préférence de guy de maupassant (1850-1893). cet ennemi (le la médiocrité est exalté par les formes majestueuses des temples antiques et par la pure sérénité des cloîtres. c'est que maupassant a fui la capitale pour retrouver dans l'aride campagne sicilienne une beauté idéale. il y parvient si bien qu'il devance ses guides et devient lui-même le meilleur des guides pour un périple très actuel

  • Il fallait au moins la plume raffinée de Gautier (1811-1872) pour décrire celle qu'il appelle " l'Athènes du Nord " avec l'élégance et le charme qui lui sont dus.
    Ébloui par les palais et les cathédrales aux teintes pastel, il glisse en traîneau sur la Perspective Nevski, traverse la Néva gelée, pénètre dans le Palais d'Hiver et assiste à la bénédiction du fleuve en présence du tsar. Gautier, le " fils du soleil ", s'émerveille devant les prestiges méconnus de la capitale des neiges.

  • Alors que sa fille est mourante, lamartine, partagé entre l'émerveillement et la douleur, nous emmène à jérusalem.
    Flamboyante prose poétique clamée d'un seul souffle, véritable peinture d'une ville envahie par la peste, ce récit romantique incroyable de modernité est un chant déchirant, une succession d'avalanches sombres et d'aurores incendiaires.

  • " Je veux commencer, non par le Lisbonne du dehors, mais par celui du dedans, m'introduire dans son intérieur, ou quand je ne le pourrai pas, écouter aux portes, puis raconter ce que j'aurai entendu. ".

    Rien n'échappe à l'oeil redoutable de Marie Rattazzi, princesse Bonaparte, sociologue et entomologiste. De la poussière des courses de taureaux à l'obscurité des bals de nuit, des trottoirs bondés de la capitale aux rives splendides du Tage, elle note conversations et tics de langage, décrit les passants et leurs vêtements, entre dans les boutiques et les cafés. Épluchant avec curiosité les petites annonces de rencontre qui paraissent déjà dans les journaux, Marie Rattazzi croque avec humour la parade amoureuse portugaise. Aussi drôle que méchante, cette insatiable curieuse s'attirera les foudres partout où elle passera et essuiera de nombreux procès, un exil et la censure.

  • « Me voici roulant dans cette part de Hollande admirée si fantastique il y a quinze jours, admirée aujourd'hui si belle, si verte, si puissante contre l'eau, sa parure et son danger ». Parti donner une série de conférences en Hollande, Verlaine parcourt en train les Pays-Bas, ses paysages d'eau ensanglantée, ses ombres de maisons piquées de lumières, ses rangées d'arbres si tristement splendides. Dans le silence des nuits où seuls se meuvent les bateaux, entre deux rues nouvellement inondées de gaz et d'électricité, le poète se perd dans les dédales de canaux, rêve des palais d'hiver où l'on patine, s'arrêtent dans les cafés tout en glace. Truculent, il boit petits et grands verres, croques gâteaux secs, absorbe nourritures froides et fume cigares en nombre.
    «Grandiosement » ! « exquisement » ! « inoubliablement » ! Verlaine invente toutes sortes de mots pour dire La Haye, Leyde, Dordrecht, Amsterdam.

  • " Tout ce que le poète et le peintre peuvent rêver, la nature l'a créé en cet endroit.
    Ensemble immense, détails infinis, variété inépuisable, formes confuses, contours accusés, vagues profondeurs, tout est là, et l'art n'y peut rien ajouter. " Pour abriter ses amours avec Chopin, George Sand entraîne son amant et ses deux enfants sur l'île de Majorque pendant l'hiver 1838. Dans la pittoresque chartreuse de Valldemosa, la romancière jouit de la solitude et du spectacle de la nature. Mais, avec les habitants scandalisés par sa conduite, George Sand découvre un milieu hostile.
    Troisième épisode d'Un hiver au midi de l'Europe, publié par La Revue des deux mondes en 1841.

  • "Dans vingt ans, Berlin aura quatre millions d'habitants :
    Et ce sera Chicago." "Dans vingt ans ", c'est-à-dire en plein krach de 1929 et entre deux Guerres mondiales. Pour l'heure, Berlin est encore une ville nouvelle colossale, ultra moderne, traversée d'infatigables tramways électriques et de larges voies à l'ombre de parcs. Architecture spacieuse, urbanisme avant-gardiste, revendications féministes et syndicales : il souffle un vent révolutionnaire sur la capitale prussienne. Jules Huret, un des premiers reporters modernes, saisit l'instantané de Berlin à la Belle Époque ; une Metropolis avant la chute.
    Allers et venues d'ascenseurs, téléphones tonitruants, nuit éclairée comme en plein jour, la ville n'en est pas moins hantée par le spectre d'une guerre entre la France et l'allemagne - un "cauchemar" qu'on veut à tout prix éviter. - et par l'antisémitisme, dont Jules Huret dresse ici l'état des lieux.

  • Albert thomas, jeune étudiant, gagne en 1898 un prix d'excellence peu banal offert par la compagnie des wagons-lits : un billet pour le transsibérien.
    Ses impressions de voyage forment un témoignage exceptionnel sur cette ligne mythique encore inachevée à l'époque, mais transportant déjà des milliers de moujiks partis à la conquête du grand est sibérien.

  • C'est un rêve d'enfant que pierre loti (1850-1923) exauce lorsqu'il fait le voyage d'angkor en 1901.
    En révélant au célèbre voyageur le sens de son existence de ce périple devient un pèlerinage, sagesse que le crépuscule de la vie seul pouvait rendre lisible. les pensées mélancoliques du voyageur et les descriptions de ce site incomparable, témoin ultime de la civilisation khmère, se mêlent intimement pour créer un texte magnifique qui signe la naissance d'angkor à la littérature occidentale

  • Printemps 1910.
    Les reporters se pressent à buenos aires pour ne rien perdre d'une exposition universelle plus splendide qu'aucune autre. et jules huret, comme les autres, s'émerveille des beautés de la ville. mais dans les faubourgs, auprès des prisonniers et des fous, le maître du reportage met à nu la " reine du plata " et nous emmène au coeur de la capitale argentine.

  • Rio de janeiro est-elle vraiment la capitale " la mieux illuminée du monde " comme le prétendent ses habitants ? captivé par les couleurs et les effets de lumière qui subliment la ville divine, le romancier symboliste paul adam promène son regard d'esthète dans les quartiers riches et populaires, en quête de ces forces vives qui renouvèlent chez les cariocas " l'esprit de la méditerranée ".

  • Victor Hugo vécut presque vingt ans dans les îles Anglo-Normandes. Poursuivi par la police de Louis-Napoléon Bonaparte après le coup d'État du 2 décembre 1851 auquel il s'était publiquement opposé, il s'est enfui avec sa famille à Bruxelles en 1852, puis la même année partit pour l'île de Jersey et enfin, en 1855, à l'île de Guernesey où il demeura jusqu'à son retour d'exil en 1870. C'est dans cet exil «fructueux» qu'il a construit une grande partie de son oeuvre. Qui d'autre que lui pouvait parler de ces lieux aimés malgré la contrainte avec tant de vigueur et de justesse dans un roman magistral qui se voulait un hommage particulier aux habitants de ces îles.

    Texte extrait de Les Travailleurs de la mer, publié en 1866


  • pierre loti parcourt le rajasthan en 1900 alors que la famine décime la population.
    des palais de contes de fées aux visions bouleversantes du peuple à l'agonie, son récit magnifique confronte la misère et la beauté qui se côtoient dans les villes des brahmanes. récit extrait de l'inde (sans les anglais), publié en 1903.

  • "Pampelune reste morne et silencieuse tout le jour : mais, dès que le soleil est couché, dès que les vitres et les lanternes s'allument, la ville s'éveille, la vie tressaille partout, la joie étincelle, c'est une ruche en rumeur.
    "Avec sa compagne juliette drouet, victor hugo retrouve les émotions de son enfance dans les pyrénées espagnoles. de réminiscences en visions sublimes, le poète accomplit en Navarre un voyage intérieur. récit extrait d'alpes et pyrénées, publié en 1890.

  • C'est à florence, dans l'église santa croce, que stendhal éprouve pour la première fois une violente émotion esthétique reconnue plus tard comme un trouble typique du voyageur.
    Confronté à la " beauté sublime ", l'amateur d'art chavire de l'extase au vertige. en hommage à l'illustre écrivain, la psychiatrie moderne donnera à ce dérèglement des sens le nom de " syndrome de stendhal ".

  • " L'oeil cherche les limites du fleuve ; il va, s'enfonce à l'horizon, et ne trouve pas. Le Tage est un bras de mer puissant qui a ses tempêtes, ses eaux profondes et, comme la mer, sa masse sans bornes.
    (.) Ses spectacles ont d'innombrables magies. ".


    Dans le sillage des grands explorateurs, la républicaine et féministe très engagée Juliette Adam (1836-1936) s'embarque sur le Tage. Le mythe de Vasco de Gama, les Indes lointaines et les caravelles intrépides : au gré des miroitements de l'eau, la splendeur passée du Portugal ressurgit nourri de cette mélancolie rêvée d'un souffle enfui.
    L'épopée résolument contemporaine de cette femme politique, éditrice d'Octave Mirbeau et de Pierre Loti, s'interroge également sur la condition féminine, les moeurs, l'architecture, l'économie. Reflets d'un fleuve. Réflexion d'une société.

  • "En remontant le Mississippi à l'aide des engins de navigation de ces temps primitifs, vous aperceviez, en même temps que les flèches blanches de la vieille cathédrale de Saint-Louis, à votre droite, au-dessous de la levée, l'habitation des Belles-demoiselles avec sa véranda immense et sa toiture de cyprès peinte en rouge, cachée parmi les saules comme un oiseau dans le nid. Cette maison était plus qu'aucune autre rapprochée du fleuve et le large perron, qui descendait vers vous d'une façon tout hospitalière, semblait vous tendre cordialement les bras." Les premières oeuvres de George Washington Cable offrent une vision inoubliable de la Louisiane multiculturelle du début du xixe siècle, une région aux idéaux aristocratiques ancrés dans une économie agricole de plantations qui favorise le conservatisme. Après avoir étudié son histoire coloniale, Cable attribue le déclin de l'aristocratie créole (descendants des colons français et espagnols du delta du Mississippi) à une fierté raciale autodestructrice.

  • La toute neuve mandalay vous ouvre les portes fleuries de son incomparable pagode.
    Laissez-vous enchanter par les jardins flottants et les dômes dorés, puis descendez l'irrawaddy jusqu'à rangoon au son des clochettes dans le vent. bouddha veille sur votre voyage au pays de la sérénité.

  • Le premier chrétien qui ait réussi à entrer dans Tombouctou sans y laisser la vie était-il un conquérant, un colonisateur, ou un explorateur scientifique ? Venait-il y faire du commerce ou de la politique ? Aussi extraordinaire que cela puisse paraître, le jeune homme qui pénétrait dans Tombouctou en 1828 n'était rien de tout cela. au péril de sa vie et au prix de nombreuses souffrances, René Caillié entreprit ce voyage au coeur de l'Afrique occidentale sans autre but que d'être celui qui entrerait dans la cité mystérieuse.

  • " Déterminant pour toute ma carrière, le voyage du Beagle fut de loin l'événement le plus important de ma vie. " Ce voyage n'a cependant pas été déterminant que pour la carrière de Charles Darwin : il l'est pour la science dans son ensemble, ainsi que pour la pensée sociale de l'Occident.
    Lorsqu'il embarque sur le Beagle le 27 décembre 1831, ce jeune homme de 22 ans n'est pas un croyant aveugle dans les dogmes de l'église, mais il n'est pas pour autant en rupture avec ceux-ci. c'est un naturaliste passionné et disposant d'une solide formation de terrain en entomologie et botanique, qui sait observer, récolter, conserver, identifier et nommer. Ses études de médecine lui ont apporté les connaissances nécessaires en anatomie, physiologie et dissection.
    Son séjour dans les contrées hostiles de la Terre de Feu va tout simplement révolutionner la science moderne.

  • Diplomate et nouvelliste, Arthur de Gobineau (1816-1882) est passé maître dans l'art d'entrelacer un récit documentaire pittoresque et une histoire d'amour.
    Son souvenir des Cyclades lui donne ici l'occasion de nous faire croire au paradis originel et - mais quelle conversion ! - à la possibilité de le mériter. Akrivie Phrangopoulo est une nouvelle extraite du recueil Souvenirs de voyage.

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