Les Carnets Ddb

  • Parmi les très nombreuses traductions françaises de La Divine Comédie de Dante, celle de Joachim-Joseph Berthier occupe incontestablement une place à part.
    En effet, ce dominicain, qui a été recteur de l'université de Fribourg (Suisse), entend proposer une traduction littérale qui permet, en respectant les conseils de traduction de Chateaubriand, de « suivre le texte, ligne à ligne, mot à mot », calquant ainsi le poème avec une exacte transparence.
    Toutefois, cette littéralité n'est pas la seule spécificité de cette traduction publiée en 1924. Convaincu que Dante le poète fut aussi un docteur, à savoir un philosophe et un théologien, Berthier considère que le « poème sacré » transmet un enseignement qui doit servir « pour le bien du monde qui vit mal », conformément à l'intention de Dante lui-même (Purgatoire XXXII, 103). L'étonnante beauté du poème est donc entièrement au service de la Vérité.

    Une édition dont les notes constituent un véritable guide de lecture pour (re)découvrir l'un des plus grands chefsd'oeuvre de la littérature.

  • "L'éducation a pris aujourd'hui une importance insoupçonnée : elle ne vise pas seulement à évoluer à l'intérieur de l'école, mais elle s'étend au-delà, pour s'allier à la science, à la sociologie... Les termes de nouvelle éducation , de pédagogie scientifique s'appliquent au mouvement ardent d'une réforme qui est le résultat d'une aspiration profonde, éprouvée par toute l'humanité... Oui, l'enfant nous a ouvert un monde nouveau et nous a révélé un homme meilleur.
    Cet homme, nous ne devons pas seulement l'instruire ; il nous faut le défendre tout comme le trésor le plus précieux de l'humanité ; et il nous faut le servir afin qu'il nous fasse ses révélations parce que nous avons besoin de lui". Publié pour la première fois en 1936 chez Desclée de Brouwer, ce livre reprend la grande conférence prononcée à la Sorbonne en juin de la même année par Maria Montessori (1870-1952).
    Avec des accents de profondeur et de sensibilité, la grande pédagogue italienne présente de manière ramassée les grandes intuitions de sa démarche. Maria Montessori (1870-1952) fut l'une des premières femmes médecins d'Italie. Elle est mondialement connue pour la pédagogie qui porte son nom. Son oeuvre en français est éditée chez Desclée de Brouwer.

  • Questions et réponses Nouv.

    « Se mettre en quête de quelque chose, c'est faire une recherche. Ensemble, nous allons chercher, trouver, découvrir la réponse juste », disait Krishnamurti à ses élèves.
    En dialoguant avec eux, en répondant aux questions qui prenaient leur source dans les complexités de la vie et les difficultés quotidiennes, il explique ici divers aspects de son enseignement, en apportant une compréhension profonde sur ce que sont les émotions, la vérité, l'espoir, le moi et son dépassement, le sens de l'action ou encore de la liberté.

  • D'où vient donc cette manie de tout quantifier, de sans cesse parler de nombres et de statistiques au point de les substituer à la réalité ?
    La faute à la science, diront certains... et pourtant, c'est d'abord comme instrument de mesure de la population et de la production qu'est apparue la statistique. De là à en faire un principe de gouvernement...
    La statistique est aujourd'hui un fait social total :
    Elle règne sur la société, régente les institutions et domine la politique. Un vêtement de courbes, d'indices, de graphiques, de taux recouvre l'ensemble de la vie. L'éducation disparaît derrière les enquêtes PISA, l'université derrière le classement de Shanghai, les chômeurs derrière la courbe du chômage...
    La statistique devait refléter l'état du monde, le monde est devenu un reflet de la statistique.

  • Au coeur du mystère du mal qui traverse notre monde, comment envisager la beauté ? Et, allant plus loin, comment la dévisager en vérité, sans fuite ni artifice ?
    À travers une méditation aux confins de l'Occident et de la grande tradition chinoise, François Cheng invite à cette authentique contemplation. Car par-delà la création artistique, la sainteté révèle la beauté de l'âme et se découvre l'autre mystère, celui du Beau qui justifie notre existence terrestre. Alors, nous ne pouvons entrer que pas à pas dans ce qui nous dépasse et nous transfigure. L'oeil ouvert et le coeur battant.

  • Eva Thomas qui, en 1986, fut la première femme à témoigner de l'inceste à visage découvert à la télévision, adressait dans ce livre, bien avant la révolution metoo et metooinceste, des questions dérangeantes à une société sourde et aveugle face à ces crimes. À sa voix s'en mêlaient d'autres : celles des victimes d'abord, mais aussi celles des magistrats, des psychanalystes et des professionnels concernés.
    Le livre analyse l'incroyable efficacité de la loi pour les victimes d'inceste quand la justice rétablit la vérité des faits. Sans reconnaissance des actes subis, les victimes, niées une deuxième fois, peuvent difficilement se reconstruire.
    Aujourd'hui le viol incestueux et les violences sexuelles dans l'enfance sont enfin entendus dans leur ampleur et leur violence. Il est temps de les reconnaître dans les actes.
    Eva Thomas, fondatrice de SOS Inceste, a été institutrice, puis rééducatrice et psychopédagogue dans les écoles. Elle a longtemps milité pour l'allongement du temps de prescription et participe aujourd'hui à la réflexion collective sur l'inceste et les violences sexuelles. Son livre Le Viol du silence vient d'être réédité aux éditions Fabert.

  • Philosophe autant que dramaturge emblématique des Lumières, Lessing donne avec cet essai un pendant magistral à sa dernière pièce. Peu avant la mort de l'auteur, L'Education du genre humain est ainsi l'épilogue à la querelle théologique sciemment déclenchée trois ans plus tôt comme occasion publique d'une réflexion sur les valeurs conjointes de la Révélation et de la raison en matière de religion.
    Les vérités révélées par une instance divine peuvent-elles avoir pour but d'éduquer, d'âge en âge, la raison humaine, de façon que celle-ci finisse par atteindre sa pleine autonomie ? Ce texte essentiel mérite le nom de chef-d'oeuvre philosophique parce qu'il force à mettre en oeuvre, par la finesse et le brio de sa composition, ce que les Lumières veulent toujours promouvoir avant tout : la nécessité de penser par soi-même, loin des oppositions binaires.
    Traduction de Marc de Launay (CNRS, UMR 8547, Archives Husserl).
    Présentation et commentaire de Charlotte Morel (CNRS, UMR 8547, Transferts culturels).

  • L'écrivain britannique C.S. Lewis a bâti avec Narnia un monde fantastique surprenant, peuplé de faunes, de chevaux ailés, de sorcières..., ainsi qu'un véritable mythe dont le lion Aslan est le coeur. Mais, tout comme Le Seigneur des Anneaux, cet univers magique reflète d'une manière poétique et imaginative plusieurs aspects du message chrétien.
    Philippe Maxence nous propose ici une exploration fascinante en trois parties, qui peuvent être lues à la suite ou indépendamment les unes des autres. La première partie intéressera ceux qui veulent se faire une idée rapide de la genèse de l'oeuvre, connaître son auteur et ses conceptions ainsi que ses liens avec son grand ami Tolkien. Le lecteur qui cherche uniquement les reflets de la foi chrétienne dans Les Chroniques de Narnia pourra aller directement à la deuxième partie. Et celui qui souhaite découvrir dans le détail les différentes créatures qui peuplent cet univers se reportera directement au Dictionnaire, en troisième partie.

  • Le pouvoir exerce une fascination, parce qu'il engendre la puissance et peut opérer de vraies transformations. Qu'est-ce qu'avoir du pouvoir ? Qu'est-ce qui fonde le pouvoir qu'un homme peut exercer sur d'autres hommes ?
    Pour répondre à ces questions, Charles Pépin s'attarde sur le pouvoir de l'homme politique, du chef d'entreprise, d'un ami qui sait se faire écouter, du prêtre par rapport à ceux qui se confient à lui, du professeur dans sa classe...
    Et même d'une oeuvre d'art.
    Une réponse s'impose alors dans chacun de ces cas : avoir du pouvoir, c'est être capable de le transmettre.

  • Le Livre de la Voie et de la Vertu (Tao Te King) est attribué à Lao Tseu (Ve-IVe siècle av. J.-C.).C'est comme une superbe prose classique. Elle jaillit comme le souffle de l'univers entre le Ciel et Terre.
    La Voie, comme leur principe unique, produit tous les êtres. Elle les contient, elle les soutient, elle les régit, maintenant leur cohérence intime et leur cohérence globale. D'un seul mouvement du coeur, contemplons le repos de cette Mère, observons les enfants qui sortent d'elle. Tel est le monothéisme si vivant des Chinois.
    Le Taoïsme sécrète l'optimisme, désarme l'agressivité, élude les difficultés, avec la grâce du naturel propre à l'esprit chinois.

  • « Je suis venu dire un seul mot et ce mot je le dirai. Mais, si la mort devait m'en empêcher, alors il sera dit demain. Car demain ne laissera aucun secret dans le livre de l'Eternité. ».

    Dans ces textes, Khalil Gibran nous propose une invitation à la méditation et à la réflexion. Le fil conducteur de ces poèmes, nouvelles, pièces de théâtre, maximes et manuscrits est l'amour, aux couleurs nuancées par les larmes et les sourires.
    Khalil Gibran livre ses réflexions sur l'art et la beauté, appelle à la renaissance du Moyen-Orient, parle de son amour pour Salma Karamé et pour l'humanité et chante l'essence du mysticisme.
    C'est toute l'âme de ce visionnaire « porteur de souffle » qui se découvre.

  • L'auteur livre ici le récit d'une marche dans le massif sauvage du Cézallier en Auvergne pendant l'automne 2015 sur des chemins de randonnée qu'il arpente en solitaire. Le vent, la pluie et le froid sont vaincus par l'enchantement au contact d'une nature devenue une compagne aimée.
    Lors des étapes en des gîtes, il cherche à rencontrer les rares habitants de la région. Accueilli dans leur vie familiale, il trace d'eux, paysans ou aventuriers, des portraits truculents d'où se dégage un humour généreux. De courtes citations liées aux événements vécus accompagnent sa marche : l'Ecriture sainte, avec également Homère, Virgile, Dante, Rimbaud, Claudel, ou les Auvergnats Pascal et Teilhard de Chardin... Parfois, d'une langue lyrique, il s'élance en des éloges inspirés sur la marche, les pieds ou le sacré (qui prend une dimension inattendue.) A travers la sensibilité de l'auteur, l'Auvergne apparaît sous un jour nouveau. Sa personnalité si singulière fait d'elle un monde à part depuis des siècles. Avec des paysages parmi les plus beaux de France, elle est habitée par un peuple fier et riche de vie intérieure qui préserve un contact intime avec la terre et les animaux dans l'esprit de saint François d'Assise.
    Comment résister à l'envie de découvrir volcans, forêts ou pâturages que l'auteur offre avec un enthousiasme communicatif ?

  • La paix est une science, un art, une culture. Et pour Maria Montessori, qui qualifiait sa pédagogie d'« éducation à la paix », elle s'apprend. Car ce qui se joue au niveau de la famille, de la classe, du quartier, se retrouve aussi dans les rapports entre les nations.
    En favorisant les potentiels de l'enfant, en lui apprenant l'autonomie, la coopération et le respect de l'autre, on contribue à bâtir le citoyen qu'il deviendra. Dans ces textes plus que jamais d'actualité, Maria Montessori souligne l'importance de construire dès l'enfance une culture de paix.

  • L'Ennéagramme est un formidable outil de connaissance de soi et des autres. C'est à sa découverte et à sa pratique que Marielle Bradel convie son lecteur, en analysant les neuf types de personnalité qu'il regroupe.
    Chacun pourra y trouver une aide précieuse pour grandir, changer son regard sur soi et sur les autres, vivifier sa relation de couple et pacifier sa manière d'être avec son entourage.
    Emaillé d'exemples concrets et de témoignages, ce livre offre une initiation à un véritable art de vivre, où les différences ne sont plus vécues comme un obstacle à la relation mais comme une richesse.

  • L'éternité reçue

    Martin Steffens

    Ce livre est à la fois sauvage et réfléchi. Sauvage parce qu'il exclut d'emblée les paix morbides, qui, sous couvert d'apprivoiser la mort, empoisonnent la vie. Il clame en premier lieu que nous ne sommes pas faits pour mourir. Mais ce cri oblige à une méditation plus profonde. Nous devons mourir à notre désir de maîtrise.
    Ce consentement à la mort se nomme amour. Mourir à soi-même, c'est tuer ce qui, dans notre vie, est obsédé par la vie. Ces « petites morts », lues à partir de la pensée de Simone Weil, indiquent un chemin de dépossession et de plénitude. À l'heure où nous serons dessaisis de tout, c'est notre propre vie qui nous sera redonnée. Il faudra bien l'éternité pour prendre la mesure de cette étrange nouvelle.

  • Depuis la première édition de ce livre, en 2017, tout confi rme et rend plus urgent son diagnostic.
    Car tous les maux de l'époque sont redoublés par le mal analysé ici, que la démocratie est la seule à a ronter : la violence intérieure entre les humains. Avec ses formes précises : cynisme, racisme, ultralibéralisme.
    Que ce mal soit « chronique » ne veut pas dire qu'on ne peut rien faire, bien au contraire. Car s'il peut atteindre des pics mortels, il peut également connaître des progrès vitaux, avec les bons remèdes. On pourra ainsi répondre à tous les maux du moment.

  • Plus le monde menace de s'écrouler, plus il faut abreuver les populations de promesses exorbitantes. Tel est le rôle du transhumanisme, qui prétend nous « augmenter », nous doter de capacités faramineuses. Ces promesses sont autant de leurres, destinées à nous faire accepter l'artificialisation croissante de nos vies.
    Se détourner ? Cela n'est pas si simple. Le transhumanisme nous trompe parce qu'il joue en nous sur des ressorts puissants. Se donner une chance de désamorcer la fascination qu'il exerce, et le malheur qu'il propage, réclame de mettre au jour ce qui, dans nos façons de vivre et nos modes de pensée, nous rend si vulnérables à ses illusions.

  • Ce livre rassemble les derniers textes de Krishnamurti et aborde les thèmes qui lui sont chers : les vertus du doute et la liberté de l'esprit, les rapports de la pensée et du temps, la méditation, l'intelligence de l'amour, l'écologie... En poète, en marcheur infatigable, il livre les réflexions apaisantes que lui inspire l'observation de la nature, qui prépare à ouvrir son esprit. Cette leçon de vie s'achève par une réflexion sur la mort. « La mort n'est pas une chose horrible, une chose à éviter, à différer, mais plutôt une compagne de chaque jour. De cette perception naît alors un sens extraordinaire de l'immensité. »

  • On oublie vite. Est-ce que déjà ne s'efface pas, en moi, la trace de ces jours-là ?
    J'écrivais, sur mon lit, de petites notes. Ça me venait comme ça, comme une parole qui m'était dite en même temps que je la disais. C'était une parole de consolation. Peut-être touche-t-elle, en moi, en chacun, à des choses trop proches pour qu'on ait envie de discourir dessus. Pudeur oblige.
    Il ne reste qu'à dire simplement, sans rien ôter ni ajouter, sans réfléchir ni arranger.
    En peu de mots.

  • Songes du temps

    Sylvie Germain

    « Penser, vivre, être présent au monde, c'est essayer d'écouter-voir ce qui monte du fond des temps, se laisser troubler par des songes venus d'ailleurs, d'infiniment plus loin que soi, et cependant nous concernant au plus intime. ».
    En méditant sur les fêtes, en parcourant les saisons d'un hiver à un autre, de l'Avent à la Toussaint, en s'arrêtant aux bords des jours les plus ordinaires comme des plus irradiés de mystère, en traversant aussi quelques nuits, étoilées ou obscures - Sylvie Germain donne au poids du temps un relief inédit.

  • Dans cet petit ouvrage nous est offerte, pour chaque jour de l'année, une pensée, une fulgurance de la poète française Marie Noël dont l'oeuvre, marquée par une spiritualité tourmentée et rebelle, se redécouvre aujourd'hui dans toute sa force et sa singularité.
    Souffle de la création, épreuves et espérances toujours vives, solitude tantôt recherchée, tantôt haïe, amour et compassion: toute l'âme humaine, dans ses fragilités et ses forces, est présente. Les mots de la poète nous accompagnent, jour après jour, sur notre chemin.

  • Extraite des Frères Karamazov, la Légende du Grand Inquisiteur - précédée ici de la Révolte d'Ivan - constitue l'un des passages majeurs de l'oeuvre romanesque de Dostoïevski. À travers une mise en scène saisissante, elle oppose la douce figure du Christ de l'Évangile à celle de l'Inquisiteur médiéval, symbole d'un pouvoir absolu sur les corps et les âmes que l'écrivain russe ne cesse de dénoncer.
    Guerres, totalitarismes, intégrismes... cette parabole n'a pas fini de hanter la conscience moderne par sa force et son actualité. Comme le souligne Michel del Castillo dans sa présentation, elle « ne montre rien d'autre qu'un pari désespéré, proprement insensé, contre l'absurdité du monde, contre le mal, contre le réalisme froid des Églises, contre la tiédeur et le conformisme ».

  • Quand la vieillesse ne prend pas des allures de sagesse, mais dévaste les capacités mentales, psychiques ou corporelles, doit-on lire ce déclin comme une simple destruction des facultés et des acquisitions d'une existence ? Ce dépouillement n'est-il pas au contraire l'occasion d'une lente et dernière transformation ?
    C'est le pari que fait Aude Zeller, en relatant les six dernières années de vie de sa mère et l'accompagnement dont elle a bénéficié. Ce récit comble un vide dans notre connaissance de la vieillesse : le savoir psychanalytique et la spiritualité chrétienne s'y épaulent de façon très féconde.

  • Ce texte posthume, dont Nietzsche avoual'importance dans son orientation vers la philosophie, fut dicté à l'un deses amis en 1873. L'auteur de La Naissance de la tragédie y expose une conceptiondu langage qui restera la même tout au long de son oeuvre.
    Il s'y attaque à laprétention philosophique d'élaborer un système comme une «pyramide deconcepts». Contre l'idée d'un discours entièrement rationnel, il faitvaloir les droits de la métaphore, cette force instinctive qui produit desimages, bien avant que l'homme ne songe à établir une rigueur théorique fondéesur les distinctions lexicales et les conventions morales.
    Le philologue est ainsi devenu philosophe, mais son style sera celui d'un«poète-prophète».

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