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  • La catastrophe nucléaire de Fukushima a durablement bouleversé les relations autrefois intenses entre les individus, leur communauté et les cycles de la nature. Comment vivre alors dans un nouvel environnement ? Telle est la question qu'évoque ce livre dans un dialogue à plusieurs voix : celle de la photographe Delphine Parodi, dont les diptyques, entre paysages intimes et portraits d'habitants, suggèrent l'altération de leur rapport au lieu et l'importance de la mémoire individuelle.
    Et celle l'écrivaine japonaise Yoko Tawada qui, par 24 poèmes rapportés de Fukushima, parachève un subtil équilibre entre visible et invisible. En donnant forme à ce qui reste une menace constante mais imperceptible, ce livre se veut un rappel universel à la conscience collective en temps de pandémie.

  • Lorsqu'elle était enfant, Shiraz Bazin-Moussi passait ses vacances d'été en famille sur les îles Kerkennah, un archipel tunisien rural et préservé, qui vit naître Farhat Hached, leader indépendantiste assassiné en 1952. Il y a quelques années, elle découvre que Google a oublié de "maper" une des îles de l'archipel et que celle-ci a disparu ! Depuis, l'oubli est réparé mais la photographe est retournée sur les traces de son enfance, à la recherche des images d'insouciance que sa mémoire a estompées, tout comme l'ont été les images officielles du récit national tunisien au temps de la colonisation, puis de la dictature.
    En utilisant le procédé du tirage Fresson, elle parvient à donner à ses photographies un caractère onirique et s'interroge aussi sur le rapport entre cartographie et pouvoir.

  • Chaque année, des milliers de photographies (tirages, négatifs, plaques...) entrent dans les collections publiques françaises. Musées nationaux ou régionaux, grandes institutions culturelles, Frac, centres d'art ou d'archives, bibliothèques... enrichissent leurs fonds sans pour autant donner à voir leurs acquisitions au public. Cette publication y remédie en opérant une sélection d'images, tant actuelles que patrimoniales. Du fonds Marc Riboud acquis par le musée Guimet aux photographies réalisées par Émile Zola, d'albums de photos de famille au portrait du dernier «cannibale» des îles Marquises ou à d'intenses clichés issus de la Première Guerre mondiale et des registres de déportation, +Photographie revisite l'histoire de cet art visuel, depuis ses origines jusqu'à ses champs contemporains.

  • Au royaume de Babok est une monographie très personnelle de l'artiste Olivier Rebufa, après une expérience intense de pratiques chamaniques. À l'origine de cette histoire exceptionnelle, celle qu'il nomme « sa seconde mère », une femme guinéenne, prêtresse, devineresse et guérisseuse, qui l'a reconnu comme son fils dans l'héritage de ses pratiques.
    L'originalité du livre tient à la mixité de ses images :
    Archives personnelles de l'artiste, photographies de ses oeuvres, autoportraits, expérimentations photographiques, le tout hybridé dans une mise en page jouant sur les codes graphiques des albums de famille, des livres de notre enfance, des carnets de travail...
    Les textes de François Bazzoli incarnent le récit d'Olivier Rebufa, créant ainsi un double fictionnel entre auteur et artiste.

  • ImageSingulières est un festival de photographie documentaire créé en 2009 à Sète.
    Chaque année un photographe est invité à porter son regard sur la ville et à produire une série d'images qui fait l'objet d'un livre. En 2020 la carte blanche est confiée à Clémentine Schneidermann. À la croisée de la mode et du documentaire, cette jeune artiste joue avec les codes des deux disciplines en mêlant réel et fantastique. À Sète, elle est partie avec audace sur les traces de Georges Brassens, originaire de « l'île singulière » et inévitable garant de la culture populaire locale. Les lieux qu'il a fréquentés, les groupies de la première heure, les derniers amis du poète-chanteur, ses sosies, rien n'échappe à la photographe qui métamorphose Sète avec humour et poésie.

  • Que signifie "être d'ici" ? Partant du constat d'une société toujours plus fragmentée socialement et territorialement, le collectif de photographes LesAssociés a mené à l'échelle de la région Nouvelle-Aquitaine, une enquête qui vise à élargir cette question identitaire. Et si, à l'heure des nouveaux ensembles - régions, Europe -, nos identités étaient multiples ? D'ici, ça ne paraît pas si loin invite à trois voyages - géographique, temporel et affectif -, autour de trois questions : quelle ruralité à l'ère des métropoles ? quel horizon pour chacun ? d'où se raconte l'histoire qu'un territoire inspire ? S'incarnant dans une géographie abstraite qui dépasse les frontières du Sud-Ouest, ce livre mêle textes et images en renouvelant les idées de faire culture et de faire société.

  • Espinha est une invitation à pénétrer l'univers de Shinji Nagabe, un photographe brésilien qui a grandi dans une famille japonaise traditionnelle. Guidé par cette double culture, il pratique une photographie surprenante, combinaison de poses formelles et statiques qui évoquent l'univers pictural japonais avec des couleurs tropicales et des accessoires typiques du culte syncrétiste brésilien.
    Journaliste de formation, Shinji Nagabe a gardé le goût d'une quête documentaire et crée une symbiose entre réalité et fantaisie. Les symboles du candomblé africain et du carnaval brésilien s'entremêlent avec mystère. Immergé dans plusieurs États brésiliens, le photographe travaille avec la complicité d'enfants puisant l'inspiration de ses mises en scène dans l'histoire et les fables fantastiques.

  • Faux bourgs

    Yohanne Lamoulère

    Depuis 2009, Yohanne Lamoulère photographie Marseille, où elle vit. Elle tente de saisir les mutations de cette ville qui fascine autant qu'elle dérange, traque ses soubresauts et ses possibles. Au fil des ans, elle y a enraciné ses obsessions photographiques : les jeunes, les quartiers périphériques, les représentations de soi dans l'espace public, le rapport identitaire que l'on entretient avec son territoire, le déterminisme social et la capacité de certains à y échapper - le tout largement inspiré de la tradition photographique documentaire, sans a priori ni effet spectaculaire ou démonstratif. Mais au-delà même de Marseille, son travail vise à montrer comment des individus, jeunes pour la plupart, inscrivent aujourd'hui leur quotidien dans les marges urbaines.

  • L'Oiseau noir perché à droite dans ma tête est un récit autobiographique qui mêle des photographies faussement disparates et des textes issus du journal intime de Jean-Christian Bourcart. Photographies et textes sont mis en dialogue, se répondant parfois directement, parfois de façon plus subjective. Alternant fragments narratifs issus de voyages lointains (Madagascar, Chine, Japon, Nicaragua...), reflets de vie intérieure (rêves, sentiments, fantasmes), regards sur la société américaine dans laquelle il vit, et scènes de vie familiale - tantôt sombre et douloureux, tantôt lumineux et doux -, le livre témoigne de l'évolution de l'auteur dans une période de transition.
    En transposant ainsi sa propre vie, il suggère la possibilité d'explorer de nouveaux territoires de l'expérience humaine.

  • Circulation(s)

    Audrey Hoareau

    Le festival Circulation(s), qui fête ses dix années d'existence, est dédié à la jeune photographie européenne, avec pour but d'en faire émerger les talents. De mars à juin 2020, il présente une grande exposition, au Centquatre à Paris, qui réunit 42 photographes issus de 16 nationalités. Engagement social, explorations visuelles de la science, interrogations politiques sur le Brexit ou la montée des nationalisme : les jeunes photographes interrogent le monde avec des écritures originales qui mêlent approches conceptuelles et documentaires.
    Catalogue du festival, ce livre est un outil très clair qui s'adresse à la fois aux amateurs de photographie et aux professionnels. Le travail de chaque artiste est présenté avec une sélection d'images, une biographie et une analyse de sa production.

  • 25 balades en Provence pour découvrir la pierre sèche à travers l'architecture (bories, cabanes, bergeries.), les murs ou les sentiers caladés. Les itinéraires, classés par secteurs géographiques et par niveau de difficulté physique, sont détaillés étape par étape et illustrés par des photos précises. Ils permettent de découvrir à la fois la beauté des paysages naturels et les aménagements ingénieux que les hommes ont réalisés au fil des siècles. Cartes IGN et schémas explicatifs
    accompagnent les descriptions des balades (Vaucluse, Bouches-du-Rhône, Alpes-de-Haute-Provence). Des textes documentaires sur la pierre sèche (techniques
    de construction, géologie, incidence environnementale.) complètent les randonnées.

  • Idriss, un sans-papier malien, raconte son amitié avec Ahmed, un Algérien. Leurs promenades en banlieue parisienne sont l'occasion de rendre palpables leurs solitudes.
    Tous deux clandestins, dans l'impossibilité de retourner chez eux, ils sont enfermés dehors et les émotions qu'ils taisent tournent en boucle jusqu'à ce qu'Ahmed déraille. Incarcéré après une plainte pour viol, il va se suicider en prison.
    Anissa Michalon photographie la communauté malienne de Montreuil, à mi-chemin entre un travail documentaire et esthétique. Après qu'un jeune Malien se soit donné la mort en prison, elle s'est rendue dans son village africain d'origine pour apprendre la nouvelle à sa famille. Arno Bertina transpose cette histoire vraie dans un récit fictionnel qui fait contrepoint aux photographies.

  • 30 ans après sa disparition à la fin du XIXe siècle, un baleinier retrouve les traces d'une expédition polaire suédoise. Ces traces, Hélène Gaudy en a fait son matériau de travail. Elle est à l'origine d'une exposition d'art contemporain explorant le décalage entre le voyage et ce que le voyageur désire en montrer. Dix-sept auteurs ont écrit à partir des oeuvres. Dans ce rapport texte/image décalé, ils réinventent l'expérience du déplacement au prisme d'un monde confronté à l'impossibilité d'une exploration réelle et à la disparition des terres vierges. Ils interrogent la façon dont les mythes engendrés par le voyage en suscitent de nouveaux, s'adaptant à l'évolution de la société et aux nouvelles façons d'arpenter le monde. Ce livre rassemble leurs textes accompagnés d'une photographie.

  • "Les jeunes du Clos appellent "Champ" cette réserve d'espace non affectée, indécise, entre Stains et Saint-Denis.
    Pour eux, il s'agit d'un monde en suspens, sorte d'alvéole acquise à l'imprévisibilité et au biologique : ils y sont mal à l'aise, ils n'y entrent pas comme ça, il leur faut une raison supérieure, un cas de force majeure, quelque chose à planquer ou un assaut du désir a vivre au revers d'un buisson, couchés dans l'herbe drue, toi Jane moi Tarzan." Pierre, feuille, ciseaux mais aussi îlot, parcelle, lisière.,.
    De mot en mot, au gré d'analogies et de fictions embryonnaires, apparaît un territoire composite fait de mystérieuses friches et de zones maraîchères, vestiges agricoles d'un autre temps. On y croise une vieille dame ex- chef de bande de la Cité-Jardin, une fillette qui conserve ses trésors dans une boîte à chaussures, on y, trouve des centaines de téléphones portables qui recèlent des milliers de textos, une perle noire soigneusement enfouie au tond d'une commode, un cahier de couture et d'amples chorégraphies pour rejouer son existence aux yeux du monde.
    Fidèle à son écriture puissante et aux thèmes qui la mobilisent, Mayas de Kerangal s'appuie sur les photographies de Benoît Grimbert pour construire un récit en forme de jeu de piste.

  • Pik-nik

    Arko Datto

    Dans l'est de l'Inde, pendant les mois d'hiver où le soleil est supportable, le piquenique est pris très au sérieux. Familles, amis, voisins et collègues déménagent de la nourriture en excès et toute une panoplie de marmites et de bouteilles de gaz, et s'en vont au bord des rivières cultiver l'art de la cuisine en plein air. Pas un pique-nique digne de ce nom sans de monstrueuses sonos qui diffusent à plein volume les succès des derniers films indiens. Les hommes boivent, se bagarrent et dansent, les femmes et les enfants assistent au spectacle, les groupes de chaque sexe ne se mélangeant pas. Au soleil couchant les bus repartent, laissant derrière eux les reliefs de leurs agapes...
    Ce livre rassemble des images de ce phénomène réalisées par Arko Datto, un photographe de Calcutta.

  • La révolution tunisienne s'est achevée laissant derrière elle un vide que les jeunes Tunisiens portent en eux. Émancipés et troublés, dans un pays tiraillé entre progressistes laïques et conservateurs religieux, leur identité est bousculée. Inscrits malgré eux dans une histoire qui les dépasse, ils se retrouvent ballottés entre le monde des incertitudes et celui des combines. Dans le sud-est du pays, les entreprises ont disparu depuis longtemps. L'économie locale, asséchée et essoufflée, a reçu le coup de grâce suite aux attentats de 2015 et 2016. Au début de la révolution, les mots d'ordre étaient ceux de dignité et de justice sociale. Désormais abandonnés à leur sort, les jeunes Tunisiens vivotent et leur désespoir est immense.

    Pour tenter de comprendre ces jeunes d'aujourd'hui et celui qu'il était quelques années en arrière, avant de s'installer en Belgique pour y étudier et y vivre, le photographe Kamel Moussa interroge l'univers familier de sa ville et son pays d'origine, avec une volonté de regard neuf, pour tenter de saisir des instants qui lui ont échappé.

    « Cette nouvelle société m'est à la fois étrangère et tellement familière. Comme eux, j'ai abandonné avec amertume les espoirs nés au moment de la révolution. Sans vraiment savoir si je suis à la redécouverte d'une famille, d'une Tunisie ou d'un héritage perdu, je vois à travers ces portraits une vulnérabilité, une fragilité de la jeunesse tunisienne. Des années se sont écoulées depuis mon départ vers l'Europe, mais à chaque fois que je reviens dans mon pays natal je me pose la même question : que serais-je devenu si j'étais resté ici ? »

  • Ghana

    Denis Dailleux

    Denis Dailleux est reconnu pour le portrait passionné qu'il fait de l'Égypte et de ses habitants depuis plus de quinze ans. En quête de nouveaux espaces de création, il se rend régulièrement au Ghana depuis 2009. Les pêcheurs du port de James Town, ancien quartier d'Accra, la capitale, sont devenus l'un de ses sujets favoris. Il trouve au sein de cette communauté une source inépuisable d'images : marines aux ciels changeants, ballets des pêcheurs, mouvements orchestrés des femmes et des enfants sur le port... Il y explore avec grâce de nouvelles relations au corps et à l'espace, à la vie et à la mort, à la mer, aux éléments, qui renouvellent sa photographie. La sérénité, l'évidence picturale de ses images réenchantent un monde aujourd'hui menacé et sont, à ce titre, d'autant plus précieuses.

  • Au début des années 1990, le ministère de la Culture souhaite dresser un état des lieux de la France et missionne des photographes pour sillonner le pays. À Gilles Favier échoit Marseille, et sa banlieue « sensible ».
    Il se fixe à La Renaude, enclave du nord de la ville divisée en deux où résident les familles arabes et la communauté gitane. Il y restera un an et demi, réalisant au format 6x6 une série de portraits en noir et blanc d'une grande qualité. Pour interroger ce corpus d'images plus de deux décennies après leur réalisation, l'écriture de Philippe Pujol, lauréat du Prix Albert Londres en 2014, s'est imposée. S'appuyant sur le témoignage de personnes photographiées qu'il a retrouvées, il questionne les enjeux de ce quartier dans la grande tradition du journalisme littéraire.

  • Denis Dailleux, qui vit au Caire, ne cesse de montrer le peuple égyptien, dont il est tombé amoureux voilà quinze ans. « Mère et fils » est certainement sa série la plus personnelle et la plus troublante. Avec pudeur et délicatesse, il nous emmène dans l'intimité de familles où l'amour absolu que le fils voue à sa mère résonne comme une ode universellement touchante.
    Il pose un regard tendre et sans faux-fuyant qui laisse entrevoir les frontières ténues entre protection et domination, tendresse et soumission, qui régissent les rapports mère/fils, et peut-être plus largement, les rapports entre les femmes et les hommes dans le monde méditerranéen.
    Ces vingt portraits photographiques d'une subtilité rare sont ici accompagnés d'un texte d'un texte littéraire de Philippe Mezescaze qui connaît bien l'oeuvre de Denis Dailleux.

  • Depuis 1997, le photographe Franck Pourcel voyage en Afrique de l'Ouest sahélien et saharien, c'est-à-dire au sud de l'Algérie, au Burkina-Faso, au Mali, au Niger et au Sénégal.

    De l'océan au Sahara, dans les dunes du Sahel aride, sur le fleuve Niger, à flanc des monts Bagzane de l'Aïr ou dans le Ténéré, des hommes et des femmes vivent sur ces territoires où la poussière se soulève sans cesse, se déplace, et se redépose, nimbant les corps et modifiant le paysage. Nomades ou sédentaires, les Mossi, Haoussa, Peuls ou Touaregs voyagent, pêchent, luttent, attendent, cherchent de l'or, tannent les peaux, célèbrent une naissance, chassent l'âme des morts et tentent de s'extraire de cette poussière, traversant les déserts avec l'espoir d'un avenir meilleur.
    Ce récit photographique aux multiples temporalités nous fait partager le destin de peuples confrontés à la fragilité de leur quotidien.

  • Les absents

    Bruno Fert

    « Les Absents » - en référence aux « présents absents », catégorie légale qui désigne les Arabes israéliens ayant fui ou été expulsés de leur maison en 1948, mais résidant toujours dans les frontières de l'État d'Israël - est un voyage dans le temps, un périple aux origines de la question des réfugiés. Bruno Fert est parti sur les traces des villages et des villes palestiniens, photographiant avec une dimension à la fois documentaire et sensible les vestiges de ces localités fantômes. Ses images, fruit d'une enquête visuelle sans précédent, sont accompagnées par deux textes, l'un du grand historien et essayiste palestinien Elias Sanbar, l'autre de l'essayiste israélienne Tamar Berger.
    Ensemble, ils tentent de dénouer l'histoire complexe d'un conflit géopolitique sans fin.

  • ImageSingulières est un festival de photographie documentaire créé en 2009 à Sète. Chaque année un photographe de renom est invité à porter son regard sur la ville et à produire une série de photographies qui fait l'objet d'un livre. De grands photographes (Anders Petersen, Stéphane Couturier...) ont ainsi donné naissance à une collection remarquable qui révèle autant de facettes de la photographie actuelle.
    En 2019 la résidence est confiée à Vanessa Winship. Connue pour ses travaux au long cours aux États-Unis (She dances on Jackson) ou en Anatolie (Sweet Nothings), elle est l'auteure d'une oeuvre documentaire à la fois classique et contemporaine questionnant le lien entre humain et territoire.

  • Le photographe iranien Payram fuit son pays pour la France en 1983, chassé par la révolution islamique. Depuis plus de trente ans, il apprivoise sa condition d'exilé par le biais d'une expérimentation intime de la lumière, à la fois physique et métaphysique. Car si la lumière est par définition le matériau fondamental du médium photographique, chez Payram elle en est aussi le sujet, le support même du sens et la trace de l'indicible. Posées devant nous par quelqu'un qui sait qu'il ne sera plus jamais de là d'où il est parti, ni jamais tout à fait de là où il est parvenu, ces traces nous ouvrent le chemin de nos propres interrogations existentielles. Il y a beaucoup de lumière ici présente le travail de Payram réalisé à la chambre sur du plan-film Polaroïd 55, instantané et unique.

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