Le Regard

  • Le petit prince

    Antoine de Saint-Exupéry

    • Regards d'enfants
    • 1 February 2005
  • Robinson Crusoe

    Daniel Defoe

    • Regards d'enfants
    • 2 January 2003
  • Titeuf t.9 ; la loi du préau

    Zep

    • Regards d'enfants
    • 1 January 2003
  • Anselm Kiefer : biographie

    José Alvarez

    • Le regard
    • 14 October 2021

    Proche d'Anselm Kiefer depuis plus de vingt-cinq ans, étant son éditeur et ami, assidu de l'atelier, lieu favorable aux échanges multiples, mais aussi voyageant avec lui lors d'expositions ou autres séjours d'agrément, le moment m'a semblé favorable d'écrire sa biographie.

    Né en 1945, son enfance se déroula au milieu d'un champ de ruines. C'est dans le cadre de ses études en droit constitutionnel qu'il prit connaissance des vagissements du IIIe Reich. Cette révélation mortifère confortera, dès lors, sa liberté de penser et il n'aura de cesse de questionner ce qui a pu contaminer, dévoyer la kultur allemande.

    Ses recherches formelles seront dans un premier temps déterminées par la grande fracture du XXe siècle, l'infamie de l'holocauste, puis par un travail sur la spiritualité juive, la kabbale. S'ensuivra une production labyrinthique, guidée par la littérature, la poésie, la philosophie, l'histoire, l'étude des mythes, le destin des femmes, mais également le cosmos, le paysage...

    Kiefer n'en est pas moins un bâtisseur, un père de famille, un époux, un ami, un être au désespoir joyeux, dont la vie davantage que chez tout autre est intimement liée à son art, à son désir de s'inscrire dans le monde, de faire oeuvre, et dont l'aboutissement passera par une Fondation, afin de la pérenniser.

    Compte tenu des méandres de l'oeuvre, cette biographie n'emprunte pas les codes de la chronologie, mais s'arrête sur tel ou tel événement tout en suivant les différentes étapes, thématiques, afférant au parcours artistique de l'artiste.

  • Kirikou et la sorcière (édition 2001)

    Michel Ocelot

    • Regards d'enfants
    • 23 November 2004
  • Esthétiques du quotidien au Japon

    Jean-Marie Bouissou

    • Le regard
    • 20 September 2010

    Au Japon, encore plus étroitement qu'ailleurs, l'esthétique se conjugue au quotidien. De l'espace au corps, de la gastronomie à la mode, de la cérémonie du thé aux jardins, le Japon est le lieu même où se manifeste un art de produire et de vivre parfaitement original. Au travers d'articles écrits par des spécialistes de la culture japonaise, accompagné de dessins de Nicolas de Crécy et ponctué d'un entretien avec l'architecte Tadao Ando, cet ouvrage met en lumière les fondements et les ressorts de l'esthétique japonaise, de la vie de cour aux pratiques contemporaines, de l'artisanat à bien d'autres expressions de raffinement et de luxe.

  • Espagne

    Collectif

    • Le regard
    • 28 April 2005
  • Afin de célébrer la panthéonisation de Maurice Genevoix et rendre hommage aux morts de de la Première Guerre mondiale, le président de la République, Emmanuel Macron, s'est adressé à deux créateurs, l'un allemand vivant en France depuis plus de trente ans, l'artiste Anselm Kiefer, et l'autre français, alsacien-lorrain, le compositeur Pascal Dusapin. L'importance de cette commande publique est d'autant plus significative que, depuis un siècle, aucun artiste contemporain n'est entré au Panthéon de manière pérenne.
    Double choix judicieux s'il en est si l'on songe que, d'une part, l'oeuvre de Kiefer depuis ses origines se nourrit de l'Histoire, celle de l'Allemagne à jamais souillée par l'infamie du IIIe Reich, mais celle aussi des femmes de la Révolution, des reines de France ou encore des mythes de l'Antiquité - sans oublier que, à l'instar de Genevoix, Kiefer ne cesse de travailler sur une certaine mémoire traumatique. De Pascal Dusapin, d'autre part, nous connaissons ses admirables compositions et en particulier son Penthesilea créé en 2015, violent chant d'amour, âpres affrontements entre deux amants, Penthesilée et Achille, que l'Amazone finira par dévorer avant de se donner la mort.
    Dans le Panthéon, sanctuaire laïque de l'âme républicaine, Kiefer propose six vitrines « châsses » à l'intérieur desquelles s'écrit l'histoire de la Grande Guerre - celle de toutes les guerres. Dusapin, quant à lui, met en place un dispositif sonore ultra sophistiqué de manière telle que les voix, tour à tour chantées ou parlées, égrenant le nom des soldats, se répandent dans l'espace sans que la mélodie d'aucune d'entre elles ne prédomine.

  • Helmut Newton ; magnifier le désastre

    Dominique Baqué

    • Le regard
    • 5 September 2019

    On reconnaît immédiatement une photographie d'Helmut Newton. Comme s'il avait inventé un monde, le sien, à nul autre pareil, et une écriture photographique singulière, totalement maîtrisée, apollinienne, presque froide.
    Et, de Newton, l'imaginaire collectif a retenu une iconographie triomphante, solaire, faite de femmes en gloire, athlétiques, puissantes et désirantes, d'un érotisme glacé, de piscines californiennes à la David Hockney, de palaces fastueux, de fourrures et de bijoux. Bref, le monde des riches.
    Mais on sait moins le versant obscur, dionysiaque de l'oeuvre : la satire des riches et des puissants, l'élaboration d'un érotisme des ténèbres, où se jouent rituels SM, minerves, prothèses, enserrements du corps, et qui ouvre l'apollinisme apparent des images à la blessure dionysiaque. Jusqu'à la mise en scène des « doubles » à l'inquiétante étrangeté freudienne, des « écorchés », des vrais-faux cadavres, des meurtres. Jusqu'à la cruelle lucidité, enfin, de son regard sur le vieillissement des corps - y compris le sien, qui fut confronté à la maladie.
    Surtout, et d'autant plus qu'il en a très peu parlé et s'est toujours refusé à en faire son fonds de commerce, on ignore que le jeune Helmut est d'abord un Juif berlinois rescapé de l'extermination nazie, dont la vie a sans cesse rejoué la figure mythique du Juif errant et qui trouva dans Paris, sa ville d'élection, le lieu où s'enraciner enfin, après Singapour, l'Australie, Londres et Los Angeles.
    Et c'est précisément à l'aune de cette judéité, jamais revendiquée comme telle mais douloureuse, que l'auteur a voulu réexaminer le corpus newtonien : en témoignent ces corps de femmes puissantes qui s'avèrent la réplique du corps aryen glorifié par le nazisme, le fétichisme des uniformes, du cuir et des casques, la présence obsédante des chiens, ou encore les portraits de Léni Riefensthal, l'égérie du Troisième Reich.
    Mais, de ce désastre « germanique », Newton n'aura jamais fait la plainte amère ou rageuse : il a choisi, tout au contraire, de le magnifier.

  • L'expérience du regard au siècle des Lumières

    Daniel Arasse

    • Le regard
    • 30 November 2017

    Parmi les nombreux sujets auxquels s'est intéressé Daniel Arasse, il en est un auquel il convient d'accorder une attention particulière, car c'est sans conteste le plus méconnu.
    Il concerne le siècle des lumières à travers des écrits qui à ce jour ne sont plus disponibles ou extrêmement difficiles d'accès. Ces textes sont les suivants :
    « Diderot et Greuze ».
    « Les Salons de Diderot : le philosophe critique d'art ».
    « L'image et son discours, deux descriptions de Diderot ».
    « L'homme des lumières ».
    « Le roi ».
    « Le théâtre de la guillotine ».
    « Les transis », Andrès Serrano.

    Textes réunis par Catherine Bédard-Arasse. Réunis et présentés par Danièle Cohn.

  • En 1983 était publié aux Editions du Regard le premier livre consacré à Pierre Chareau et la Maison de verre, dont l'auteur était Marc Vellay. Depuis, ce dernier a poursuivi ses recherches en mettant au jour l'ensemble des archives ayant trait à l'histoire de sa famille et de la Maison de verre, mais aussi aux relations tissées entre les commanditaires, ses grands-parents Annie et Jean Dalsace, l'architecte Pierre Chareau et son épouse Dollie, mais aussi Jean Lurçat, Jeanne Bucher, Jacques Lipchitz, Darius et Madeleine Milhaud et tant d'autres artistes et écrivains. Une constellation d'amis mus par une même passion artistique, un même désir de s'inscrire dans la modernité, tous étant portés par un art de vivre qui avant tout était une morale.
    Au fil des pages, des textes, des lettres et des photographies, pour l'essentiel inédites, qui composent ce livre, se dessine une époque, celle de l'entre-deux-guerres où une société des plus cultivées s'est épanouie à Paris, jusqu'à l'impensable fracture du XXe siècle, l'Holocauste.
    Une épopée que Marc Vellay restitue avec une infinie précision, un sérieux de chartiste, et le sentiment, toujours vif, d'appartenir à une histoire qui s'achève avec lui et dont il donne le plus poignant des témoignages.
    Dans son récit alternent, s'entrelacent, se révèlent autant de situations, de transactions, de personnes dignes d'intérêt ayant participé à un monde dont la richesse intellectuelle, culturelle, la force des caractères ne cessent de nous surprendre, nous éblouir.

    À travers ces portraits croisés, le lecteur se laisse prendre avec allégresse dans le tourbillon de la grande histoire et de l'histoire de l'art, de l'architecture, de la musique, de la littérature, tout en découvrant des familles partageant une égale quête de perfection.

  • Cédric t.14 ; au pied, j'ai dit !

    ,

    • Regards d'enfants
    • 1 January 2002
  • Histoires de la mode

    ,

    • Le regard
    • 12 April 2017

    Didier Grumbach sait de quoi il parle : il est né, a grandi et s'est affirmé dans le cercle qu'il ouvre ici pour nous. Il ne s'est cependant pas contenté de convoquer ses souvenirs. Depuis des années, il accumule les archives, rencontre les témoins, franchit les portes qui d'habitude restent closes. Et il nous propose enfin une histoire de la mode au XXe siècle conçue à la manière d'une saga, d'une affaire de famille, avec ses pères nobles, ses fils prodigues, ses enthousiasmes, ses passions, ses haines, ses coups de génie, ses échecs. Les aventures individuelles - nos « héros » s'appellent Dior, Saint Laurent, Kenzo, Sonia Rykiel, Prada ou Hermès - s'ordonnent selon une chronologie et une logique qui, jusqu'alors, n'avaient pas été établies.
    De la haute couture à l'explosion du prêt-à-porter, des confectionneurs, des stylistes et des créateurs, nous voyons tout à la fois évoluer les techniques, varier un marché, mûrir un art et changer une culture. Nous découvrons aussi comment les Français sont sortis de Paris pour aller à la rencontre de New York, de Tokyo et de Pékin.
    Ce livre est indispensable au connaisseur qui y trouvera mille références jamais rassemblées. Il est aussi l'outil d'initiation de l'amateur désireux de visiter les coulisses du plus séduisant des théâtres.

  • Le Caravage

    Roberto Longhi

    • Le regard
    • 1 September 2004

    « Selon une opinion communément admise, la meilleure façon de retracer le destin d'un artiste serait de disposer dans une belle évidence les jugements successifs que la critique lui a consacrés.

    Cependant, s'il est un cas caractéristique pour souligner qu'avec l'histoire de la critique officielle (j'entends, autorisée à s'exprimer par des publications), on ne retrouve presque jamais le sens du destin tangible d'un homme de l'art - et encore moins de sa valeur effective -, c'est particulièrement celui du Caravage.

    Si l'on prête attention à la critique que nous appellerons « apparente », celle-ci, durant plus de deux siècles, jugea certes que le Caravage possédait un grand talent - on ne le nie pas - mais était apparu pour détruire la peinture. Imaginez donc qu'il prétendait nous présenter le monde tel qu'il est, et sans l'embellir ! Attitude déraisonnable ! Mais c'était tout ce que l'on pouvait attendre d'un homme qui se montra un mauvais sujet dans la société : garnement, querelleur, ferrailleur, tant et si bien qu'il finit très mal. Très célèbre cependant, ajoutait-on, les dents serrées, et soutenu on ne sait comment par la faveur de la fortune et même par les exclamations de triomphe des gens du peuple qui s'entassaient pour contempler sa Vierge de Lorette avec ses pèlerins déguenillés aux pieds crasseux.

    Devant cette rengaine, on en vient d'emblée à se demander pour quelles raisons ces critiques officiels manifestaient un tel empressement à dire 1a vérité sur le Caravage. En définitive, des écrivains à lire entre les lignes - dans le meilleur des cas -, tout en poursuivant la quête de cette autre critique qui ne fut jamais écrite pour l'impérieuse raison qu'en ces temps de censure de la Contre-Réforme, elle n'aurait pas obtenu l'imprimatur. Je ne doute pas qu'il en ait été de même d'une autre, encore meilleure, formulée oralement ; c'est-à-dire, avant tout, celle exprimée chaque jour de la bouche du peintre et qui, non imprimée, nous a été rapportée au moins une fois, par la plume du greffier dans les actes du procès de 1603 ou, à mi-voix et les lèvres pincées, dans les antichambres de cardinaux sceptiques et connaisseurs tels que Del Monte ou Scipione Borghese, et jusqu'à celle, hurlée et braillée à l'auberge, dans les tablées d'artistes, de marchands, de dilettantes ou dans les ateliers de la via Margutta, où s'inventaient ce nouveau vocabulaire de l'art qui passera ensuite dans la critique ingrate. »

  • Antonio Seijo

    Antonio Seijo

    • Le regard
    • 16 September 2021

    Issue d'une dynastie de joailliers installés en Andalousie depuis le XIXe siècle, Antonio Seijo est lui-même créateur de bijoux. Son activité se déploie entre Genève, Paris, Londres et Marbella.

    Créateur de bijoux, certes, mais aussi fabuliste, car outre la connaissance héréditaire du métier de joaillier, Antonio Seijo s'adonne à l'écriture avec une même créativité. Pétri de culture, de lectures, d'images, de mythes et autres contes et légendes, il les restitue, les met en scène dans ses créations avec une foisonnante liberté d'esprit.

    Ce livre, composé de ses écrits et de ses créations dont elles sont indissociables, donne au lecteur la sensation de naviguer entre songe et réalité, dans l'univers d'un créateur authentique et dont le mode d'expression n'est autre que le bijou issu de la fable, du souvenir intime ou de l'amour, de l'intérêt, qu'il voue à ses proches, à ses collectionneurs.

    Les différents thèmes développés dans cet ouvrage représentent l'illustration de son infinie originalité : Fenêtre ouverte sur le paradis ; La Déesse Hathor, Fleur de lotus, Égypte don du Nil, Le Collier du Pharaon et Maât, Les Eaux primordiales, Stella nova, L'Amitié un rêve bleu et blanc, Le Dieu Baâl, Cristellina, Le nouveau monde...

  • Toundra

    ,

    • Le regard du vivant
    • 1 October 2020

    Partez en immersion avec le photographe Olivier LARREY et l'aquarelliste Yves FAGNIART à la rencontre des animaux emblématiques de l'arctique européen, de l'Islande au Spitzberg. Ce livre d'exception imprimé sur du papier d'art est l'oeuvre de deux regards croisés de deux artistes qui ont su immortaliser sur le vif et avec beauté de nombreuses scènes dans des conditions climatiques parfois difficiles.
    Le photographe, Olivier LARREY a réalisé un travail photographique autour du noir & blanc pour donner des lectures simplifiées des scènes de vie. Les images ont été réalisées à l'occasion de 14 voyages, entre 2011 et 2019. D'ours en renards, de phoques en morses, toute la grande faune de l'arctique est présentée dans cet ouvrage. Ce grand voyage a aussi été l'occasion de tourner un film avec Tanguy Dumortier, réalisateur et présentateur de l'émission "le jardin extraordinaire" en Belgique.
    Ouvrage d'art bilingue français / anglais.
    Livre + Film de 46 min.

  • Marcher créer

    Thierry Davila

    • Le regard
    • 14 March 2007


    ce livre part d'un constat: une partie de l'art actuel accorde au déplacement un rôle majeur dans l'invention des oeuvres.
    en ce sens elle ne fait que participer de l'histoire générale de l'art dans laquelle la figure de l'homme qui marche est essentielle. la façon cependant dont cette question est aujourd'hui traitée par les artistes est suffisamment singulière pour mériter une analyse à part entière. c'est ce à quoi s'applique cet ouvrage qui n'est pas un panorama de la fonction plastique du nomadisme mais un choix opéré à partir de recherches contemporaines (essentiellement gabriel orozco, francis atys, le laboratoire stalker) exemplaires de cette question dont il met en évidence les règles et les mécanismes d'action.
    apparaît alors un univers oú le déplacement est non seulement le moyen d'une translation spatiale mais également un fait psychique, un outil de fiction ou encore l'autre nom de la production. cette cinéplastique qui fait de la ville son théâtre d'opérations, ces déplacements aux multiples résonances tracent le visage d'un monde oú le réel est un processus. c'est le côté " chinois " de ces artistes et de leurs oeuvres.


  • Gigantesque

    Herjia

    • L'autre regard
    • 16 January 2020

    Leur village dévasté par le monstre Gigantesque, un père et son fils sont contraints de s'exiler vers d'autres contrées. Les voilà jetés sur les routes et les mers, devant affronter maints périls et maintes difficultés ! Migrants malgré eux, seront-ils accueillis, rejetés, persécutés... ?
    La métaphore du monstre nous rappelle combien sont nombreuses les victimes des guerres, de la famine, du réchauffement climatique... obligées de fuir leurs pays, et combien l'exil est une souffrance...

  • Si La Photographie plasticienne. Un art paradoxal se proposait d'examiner les conditions de possibilité de " l'entrée en art " de la photographie, autour des années soixante-dix, et constituait le medium photographique comme l'un des plus puissants opérateurs de déconstruction du modernisme, Photographie plasticienne, l'extrême contemporain se donne pour enjeu l'examen attentif des différents pôles photographiques, souvent contradictoires, de ce qui serait " l'après post-modernisme ", emblématisé par les années quatre-vingt-dix : les tropes du banal et de l'intime, la photographie érudite ; l'esthétique de l'idiotie, le sérieux de l'objectivisme issu de l'école de Düsseldorf ; les fictions prométhéennes du post-human, le renouveau de plus en plus affirmé d'une photographie documentaire qui ne doit plus rien à un photojournalisme frappé d'obsolescence, mais peut a contrario se comprendre en écho aux stratégies iconiques du retrait ". Dans un champ photographique éclaté, qu'il serait illusoire de vouloir unifier au détriment des différences et des fractures, l'auteure a conjointement mis en exergue les questionnements propres à l'extrême contemporain : soit l'impossibilité du paysage et la crise de l'urbanité, l'émergence de " non-lieux " et la tentative pour inventer des lieux où vivre, d'une part ; l'inquiétude du sujet vis-à-vis de lui-même, d'autre part, comme si le portrait, loin d'être une évidence, achoppait sur une identité toujours plus précaire, qui fut déjà soumise à l'implacable déconstruction structuraliste du sujet. Au terme du parcours, c'est à une lecture subjective - et revendiquée comme telle - des oeuvres que le lecteur sera convié : constituer l'admiration comme passion joyeuse, active, nietzschéenne enfin.

  • Figure majeure quoique totalement singulière de l'art américain, Cy Twombly est ce peintre qui a choisi le dessaisissement et l'exil en terre marocaine puis italienne, contre la prédominance de l'expressionnisme à la Pollock, mais aussi et surtout contre la critique et la culture américaines.
    Féru de littérature gréco-latine, de poésie et de mythes, Twombly est un artiste raffiné et hédoniste, dont l'oeuvre est traversée par de multiples références à Platon, Virgile et Ovide, mais aussi à ces mythes fondateurs que sont Orphée, Narcisse, Léda et le cygne, la naissance de Vénus, mais encore à la poésie romantique de Keats et à celle de Rilke.
    Des toiles blanches aux sombres « tourbillons », des « gribouillis » à l'expansion chromatique des dernières peintures, sans oublier la sculpture et la photographie qui accompagnent son parcours, Twombly a incarné une oeuvre à la fois épurée et sensuelle, placée sous le double signe grec et nietzschéen d'Apollon et de Dionysos.
    L'érotisme irrigue un corpus qui chante l'existence et la chair , depuis les trois « Fuck » adressés rageusement à la critique américaine et les représentations phalliques qui scandent toiles et dessins jusqu'à l'épanouissement poignant des roses - les ultimes peintures.

  • Diego Giacometti ; sculpteur de meubles

    Daniel Marchesseau

    • Le regard
    • 13 December 2018

    Artiste plasticien suisse - 1902-1985 - créateur de mobilier et d'objets, Diego Giacometti, collabore durant de longues années avec son frère le sculpteur Alberto Giacometti. En 1929, au Salon des Indépendants, il rencontre avec son Alberto, Jean-Michel Frank qui les invite à concevoir des objets pour sa boutique, luminaires, vases et petit mobilier qu'ils réalisent ensembles. Il en sera de même pour Elsa Schiaparelli.
    A partir des années 60, l'essentiel de ses créations est réalisé pour des clients privés, Hubert de Givenchy, Aimée Maeght, Pierre Matisse... Au début des années 80, lors de l'installation du musée Picasso à Paris, à l'Hôtel Salé, Il reçoit une commande de l'Etat pour la conception d'un ensemble de meubles et de luminaires, réalisés dans ses matériaux de prédilection, le bronze et le plâtre. Il est assisté par Philippe Anthonioz.
    D'une exceptionnelle poésie, l'univers de même que le style de Diego Giacometti est aisément reconnaissable : le bronze est souvent à patine verte, le plâtre laissé à l'état naturel, les lignes sont fortes et nerveuses, travaillées en motifs végétaux, avec des décors à figures d'animaux.
    Sans prétendre à l'exhaustif, ce livre, présente néanmoins une part très importante de l'oeuvre de Diego Giacometti. Célébré comme étant l'un des meilleurs spécialistes de l'artiste, Daniel Marchesseau, en fait l'exégèse et s'attarde sur le travail de l'un des créateurs de meubles les plus singuliers du XXeme siècle, internationalement reconnue.

  • Daniel Hourde

    Dominique Baqué

    • Le regard
    • 30 September 2021

    Anachronique, hors mode, la très riche oeuvre de Daniel Hourdé, polymorphe et polysémique, tout à la fois tragique et ludique, s'inscrit éthiquement dans le lignage du christianisme, et formellement dans celui du maniérisme.
    Dessins, installations, sculptures : l'oeuvre est multiple, mais c'est sans nul doute la sculpture qui se situe au coeur de son travail.

    Géants sublimes dont les corps athlétiques et nerveux évoquent la tradition des « écorchés », motifs récurrents de la Croix et de la couronne d'épines, de la Chute et de la Rédemption, squelettes, tout semble inviter à une méditation sur la Vanité du monde.

    Pourtant, cette mélancolie qui irrigue l'oeuvre se voit sans cesse remise en cause par l'insertion de motifs ludiques, de titres drolatiques et d'emprunts à la culture Pop.
    L'orange, couleur fétiche de l'artiste, dynamise une oeuvre complexe qui célèbre tout à la fois le tragique et la farce, l'effondrement et le rire.

    Et, comme l'art et la vie ne font qu'un chez Daniel Hourdé, c'est dans un vaste atelier éminemment théâtral, tout à la fois cabinet de curiosités, cocon, lieu magique et mortifère, palais baroque, bunker - que vit et oeuvre l'artiste, tel le dandy de Huysmans.
    « Ma maison, c'est un peu mon laboratoire intime où je garde, un peu prisonniers c'est vrai, tous les égarements de mon imagination ».

empty