La Difference

  • " J'espère bien faire entendre, même si ce n'est que pour quelques personnes, le bruit d'une goutte d'eau qui tombe sur un pétale de rose. " Kim Tschang-Yeul est l'un des artistes contemporains coréens les plus connus. Il naît le 24 décembre 1929 en Corée du Nord, occupée alors par les Japonais, puis par les communistes en 1945. Il fuit en Corée du Sud dès 1946 et entre aux Beaux-Arts de Séoul, lorsque la guerre de Corée éclate. Enrôlé, il est fait prisonnier. À la fi n de la guerre, il abandonne ses études et exerce divers métiers tout en continuant sa formation en autodidacte. Ce n'est qu'en 1965 qu'il quitte la Corée pour Londres puis New York avant de s'installer à Paris en 1969, où il développera son thème de prédilection : la goutte d'eau. Des années 70 à aujourd'hui, son travail est présenté et reconnu partout dans le monde. En 2004, le musée du Jeu de paume à Paris lui a dédié une exposition personnelle.

  • À une certaine puissance d'affirmation se reconnaît l'artiste Aurèle (né en 1963). Un mot pourrait sans doute définir son rapport au monde qui anime aussi bien son travail que sa vie : l'action. L'oeuvre d'Aurèle revêt l'apparence d'une lutte : autant une lutte pour l'art qu'une lutte pour la vie.

    Artiste engagé enragé, Aurèle a créé une oeuvre qui véhicule un message d'urgence et de résistance face aux fléaux d'une époque et dont le chien perdu est le symbole. Aurèle développe, depuis plus de vingt-cinq ans, le même projet radical de transmettre les errances modernes.
    Son but : mobiliser les générations présentes et les générations à venir face aux guerres, aux épidémies, aux catastrophes écologiques, aux excès politiques et médiatiques, à la précarité et l'exclusion, aux inégalités, au problème de la surconsommation. Dans le monde d'Aurèle, l'art affronte le réel et devient par là même un véritable « miroir de la modernité ».

  • Raza

    Alain Bonfand

    " Mon inspiration est née de ce que disent certains peintres ou écrivains, ou même des musiciens : Regarde avec tes oreilles, entends avec tes yeux. " Né en 1922 à Barbara en Inde, Sayed Haider Raza étudie la peinture à l'école des Beaux-Arts à Nagour avant de poursuivre sa formation à Bombay. En 1950 il vient étudier en France, s'éprend du pays, s'y installe et épouse Janine Mougillat, artiste, avec qui il vivra jusqu'au décès de celle-ci en 2002. Une fondation portant son nom a été inaugurée à Gorbio, petit village sur les hauteurs de Menton.
    Première grande monographie en France sur l'oeuvre de Raza, le plus important artiste indien vivant, dont les oeuvres se trouvent dans tous les grands musées du monde. À la croisée de deux mondes : la tradition indienne des mandalas et l'art abstrait occidental.

    " Sur la scène artistique, Raza occupe une place exceptionnelle ; par son enfance, sa première formation artistique, sa vaste culture [...] il appartient à son pays d'origine. Par ses attaches de quarante années de vie passées en France, il est de France, de l'école dite "de Paris", qui a su intégrer des artistes venus de tous les horizons de la planète en leur permettant de découvrir directement l'ensemble de l'art occidental. Peu à peu s'est précisée, à travers les années, [...] une oeuvre plastique à part entière. Le Bindu, le grand point noir, est bien ce d'où naît la genèse de la création, d'abord la lumière, puis les formes et les couleurs, mais aussi les vibrations, l'énergie, le son, l'espace, le temps. "

  • Né à Paris en 1922, Bernard Dufour se destine tout d'abord à être ingénieur agronome mais en 1942, il est envoyé en Allemagne pour faire son Service du Travail Obligatoire. Au cours de ce séjour, il fréquente l'Université de Heidelberg où il redécouvre l'histoire de l'art. De retour en France, il copie les grands maîtres au Louvre et, dès 1948, la Galerie Maeght lui consacre une exposition personnelle.
    Après avoir développé une oeuvre abstraite, Bernard Dufour se tourne, à partir des années soixante, vers une peinture figurative. Se concentrant de plus en plus sur le nu, et prenant pour modèle son propre corps et celui de sa femme, il explore le registre de l'intime et de l'érotisme. Son audace plaît ; il participe à diverses manifestations (la Documenta à Kassel, 1959, la Biennale de Venise, 1964...) et de grandes expositions lui sont consacrées. Depuis 1962, il vit et travaille à Foissac dans l'Aveyron. Première monographie sur l'oeuvre de Bernard Dufour. Une oeuvre qui explore l'art du nu et de l'érotisme et qui, souvent, fit scandale.

    Sa vie et son oeuvre ont inspiré Jacques Rivette pour La Belle Noiseuse (1991) avec Michel Piccoli, dans le rôle du peintre, Jane Birkin, dans celui de sa femme. Les toiles qui composent l'atelier et la peinture pour laquelle pose Emmanuelle Béart sont de Bernard Dufour.

    Une salle Bernard Dufour a été inaugurée au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris en octobre 2008 : elle contient une vingtaine de ses toiles dont la célèbre Holger Meins 75, où l'on voit le cadavre supplicié de l'un des membres de la bande à Baader, Holger Meins, décédé d'une grève de la faim en prison, en 1975, et le corps nu d'une femme au-dessus d'excréments.

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