La Decouverte

  • Le thème de la « conciliation » entre vie professionnelle et vie familiale ou vie privée a fait l'objet de multiples travaux, européens et internationaux, comme en témoignent notamment les nombreuses publications de la Commission Européenne et de l'OCDE sur ce sujet. L'expression même ne va pas de soi, tant l'image qui lui est bien souvent accolée est celle de la conciliation du « rôle de mère » et de « travailleuse ». Certes, les statistiques indiquent qu'encore aujourd'hui ce sont bien aux femmes (en tant que mères, grand-mères, filles ou belles-filles) qu'incombe ce numéro d'équilibriste. Mais c'est une chose de constater que les femmes ont cette double « vie », c'en est une autre d'affirmer qu'elles sont les seules à pouvoir, et d'autant plus à devoir, le faire. Là est bien toute l'ambigüité du terme « conciliation », qui peut implicitement être entendu comme les arrangements qui permettent aux femmes de mieux articuler leurs temps. Or, les hommes, qui sont aussi pères, grands pères, fils et beaux fils, devraient être tout autant concernés. Pourtant leur investissement dans la famille n'évolue pas suffisamment rapidement pour entrevoir un possible rééquilibrage des tâches familiales et donc une hypothétique égalité professionnelle. Au-delà du rôle de chaque membre de la famille, la conciliation mobilise également l'État qui, dans certains pays européens, joue un rôle considérable (notamment en versant des allocations et en offrant des services aux familles). Entre l'État et la famille, émergent de nouveaux acteurs, qui complètent ou suppléent les rôles assignés à l'Etat et /ou aux familles : les entreprises, les associations, les collectivités territoriales...

  • Ce numéro de Travail, genre et sociétés apporte à la connaissance et à la discussion des théories écoféministes, une approche historienne et sociologique, insistant sur l'indissolubilité de la théorisation féministe et d'une expérimentation politique radicale empiriquement observable.
    Dans les enquêtes présentées ici, la société moderne capitaliste n'est pas seulement dénoncée comme invivable en théorie, mais en pratique. L'écoféminisme se présente comme une action directe qui permet de faire dévier de son cours la vie quotidienne, à distance des institutions : savoir créer des cercles affinitaires de femmes pour occuper une zone militaire, connaître les plantes médicinales pour s'entresoigner, renouer avec le maraîchage, s'organiser de manière horizontale en mettant à disposition son savoir - de sorte à battre en brèche le monopole des habilitations professionnelles -, constituent autant d'actes de résistance qui permettent de gagner du terrain face à la marchandisation des ressources et des savoirs. En cela, l'écoféminisme se rapproche de modes d'action anarchistes, zapatistes, altermondialistes dont s'inspire en France le mouvement des « zones à défendre » (zad), qui ont en commun de proposer des actions préfiguratives : l'organisation même de la vie collective pendant l'action militante met en oeuvre les principes qu'elle promeut, en incluant les tâches reproductives dans la répartition horizontale des actions politiques nécessaires.

  • Poser la question du genre dans une perspective franco-américaine offre une clé de lecture particulièrement pertinente pour comprendre ces rapports complexes entre les deux sociétés. Deux sociétés où, par exemple, les femmes et les mouvements féministes ont eu à affronter le poids des logiques « naturalisantes » et de domination masculine, pour faire advenir les promesses de l'universalité des principes démocratiques - l'égalité de tous et toutes devant la loi, la liberté qui exige que les femmes puissent exercer leurs droits. Si dans les deux pays, l'émancipation des femmes s'est développée à l'aune d'un ordre sexué qui leur était défavorable, américaines et françaises ont été confrontées à des contextes différents. Ce numéro propose des approches par l'histoire, le droit, la sociologie, la démographie, l'économie. Il témoigne de la richesse de ce regard croisé entre les deux pays qui en dernière instance renouvelle notre compréhension du statut des rapports sociaux de sexe et des logiques de genre dans la constitution et dans la construction de nos sociétés démocratiques.

  • Dans tous les pays du Sud, l'exploitation du travail des femmes est structurellement renforcée par des systèmes patriarcaux toujours à l'oeuvre. Et les migrations, internes ou internationales, participent de cette surexploitation des femmes puisqu'elles recourent, autant que les hommes, à des migrations de travail pour nourrir leur famille. Si la mondialisation « à marche forcée » a pour effet de paupériser les plus pauvres, il va sans dire que les femmes sont les premières atteintes en raison des dégâts provoqués par la désorganisation des économies mondiales. Les rapports très inégalitaires qui perdurent entre hommes et femmes doivent être soumis à la critique, non seulement en référence avec une éthique égalitaire mais aussi parce que progressivement on prend conscience qu'ils sont contre-productifs, en termes de croissance économique et de développement.

  • Avec la pandémie de la Covid-19, la représentation de la hiérarchie sociale des métiers a été symboliquement ébranlée, puisque des activités et des services méprisés et dévalorisés comme les caissières, les aides à domicile, les aides-soignantes, les personnels de nettoyage se sont révélés être indispensables pour la survie de nos sociétés.
    L'articulation des rapports sociaux permet de comprendre pourquoi ces travailleuses se trouvent reléguées au plus bas de la hiérarchie dans la division sexuée et raciale du travail. Cette position qu'elles subissent est parfois renversée par les femmes elles-mêmes pour dénoncer des conditions inhumaines d'exploitation du travail, le racisme et le sexisme, et revendiquer dignité et application de leurs droits. D'ordinaire frappées d'invisibilité, les travailleuses racisées comme leurs mobilisations marquent temporairement l'espace de leur présence. Élaboré aux États-Unis, à partir des années 1970, par des théoriciennes se revendiquant du « black feminism », le prisme de l'intersectionnalité a produit un profond renouvellement sociologique et historiographique dans les recherches anglo-saxonnes portant sur le travail et les migrations. En France, l'approche intersectionnelle a été importée, débattue et mise en pratique plus tardivement - à partir des années 2000 -, principalement autour de la question des migrantes, pour éclairer la situation de personnes « dominées » dans la division du travail.
    L'enjeu de ce dossier est de mettre le concept d'intersectionnalité à l'épreuve du réel en proposant des contributions de différentes disciplines (histoire, sociologie, science politique) qui s'appuient sur des enquêtes ou des archives se rapportant à des terrains d'investigation variés allant de la France métropolitaine à la Réunion, en passant par Dubaï et les États-Unis. Il s'attache à aborder les processus de racialisation en tant que rapport de pouvoir à l'oeuvre dans le monde du travail et la manière dont ils s'articulent avec les rapports sociaux de sexe et de classe, en particulier. En d'autres termes : comment les processus de racialisation segmentent- ils la main-d'oeuvre et comment les personnes réagissent-elles à ces inégalités ? Il questionne également l'usage du concept pour aborder la position des dominant·e·s tandis qu'une nouvelle génération de chercheur·e·s analyse la blanchité comme un avantage structurel pour les classes supérieures. Enfin, dans une acception large du travail (productif, domestique, militant, etc.), il ambitionne également de montrer comment l'intersectionnalité est un concept critique qui peut renouveler les stratégies et modes d'organisation des mobilisations sociales.

  • Enseigner le genre à l'université pose-t-il un (ou des) problèmes spécifiques ? Qui n'a pas fait l'expérience de l'agressivité que suscitait souvent un cours sur le genre ? Qui ne s'est pas heurté au refus passionné de tel ou telle, prétendant que c'était un concept contraire au bon sens ? Qui ne s'est pas entendu dire, aussi rationnelle et argumentée qu'ait été la présentation que c'était de l'« idéologie » et pas un enseignement « scientifique » ? TGS fait le point sur toutes ces questions.

  • Les personnes sans enfant, et parmi elles, les femmes, constituent désormais un pourcentage non négligeable de la démographie nationale de nombreux pays européens et nord-américains, pouvant aller jusqu'à 20% de la population totale. La spécificité actuelle de ce phénomène est qu'elle est le fait de personnes et de femmes qui ne sont contraintes ni par leur statut de célibataire par exemple, ni par leur engagement dans les ordres religieux. Elle devient un choix, parfois même une cause. Celles et ceux que les anglo-saxons appellent désormais childfree, et non plus childless, trouvent en effet dans le contexte social et culturel contemporain un écho plus accueillant que ne pouvait l'être une pratique jugée hier asociale.

    Quoique la qualification de « volontaire » soit sujette à discussion dans maints cas, notamment lorsque les personnes se trouvent sans enfants après en avoir retardé l'échéance, le phénomène mérite d'être interrogé sous divers éclairages - démographiques, sociologiques, psychologiques, économiques également - et situé dans les contextes nationaux dans lequel il émerge.

    Une dimension en particulier est développée ici, à savoir les rapports réciproques entre la présence féminine dans la sphère professionnelle et l'accroissement du nombre de femmes sans descendance. Le renoncement à la maternité ou son refus sont-ils la condition sine qua non pour que se réalise l'égalité de carrière entre hommes et femmes ? Le choix professionnel précède-t-il celui de ne pas avoir d'enfant ou bien ce dernier donne-t-il à l'investissement professionnel des opportunités accrues ?

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  • Travail, genre et sociétés est une revue semestrielle à vocation pluridisciplinaire et européenne, créée par le groupement de recherche Marché du travail et genre en Europe (Mage - CNRS) et publiée sous la direction de Margaret Maruani. Elle a pour vocation de confronter les points de vue de chercheurs (sociologues, économistes, juristes, historiens, etc.) sur les inégalités entre hommes et femmes au travail et, plus largement, sur la place des femmes dans la société. 20 numéros sont parus à ce jour (depuis 1999). La revue a été éditée par L'Harmattan (jusqu'en 2004) puis par Armand Colin (de 2005 à 2008).

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  • La fin de la parenthèse qu'a constituée le modèle de la « femme au foyer » et la présence croissante des femmes sur le marché du travail constituent un des changements majeurs ayant affecté la société française au cours des dernières décennies.
    Il ne faut bien sûr pas surestimer l'« inactivité » passée des femmes, la définition restreinte de la notion d'activité, en droit comme en statistique ne prenant pas, ou mal, en compte le travail réalisé dans la sphère domestique ou sans statut salarié. Une part non négligeable des femmes reste d'ailleurs encore aujourd'hui éloignée du marché du travail. Toutefois, l'activité professionnelle féminine a indéniablement progressé.
    La situation des femmes et des hommes et, plus largement, les rapports de genre à l'extérieur comme à l'intérieur de leur ménage, s'en sont trouvés profondément modifiés et ce, tout particulièrement dans les classes populaires, par ailleurs marquées par la diminution et la fragilisation des emplois ouvriers à dominante masculine, dans un contexte de désindustrialisation et de chômage de masse.
    C'est à l'examen de la recomposition des conditions et modes de vie des ménages populaires sous l'angle du genre que s'attachent les différents articles de ce dossier.

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  • La problématique « gender and trade unions » existe depuis plus de vingt ans dans le champ des relations industrielles anglaises ou américaines, alors qu'en France, ce thème est resté relativement en friche après quelques travaux pionniers dans les années 1970. Ce dossier de TGS vise à faire dialoguer des enquêtes sur des stratégies syndicales envers les femmes ancrées dans leur contexte sociétal, et à montrer l'apport d'une sociologie du genre sur les pratiques et organisations syndicales.

  • Sale boulot, boulots sales : le concept de dirty work tel qu'il est décrit par Everett C. Hughes désigne à la fois des activités professionnelles jugées dégradantes, dégoûtantes ou humiliantes, souvent en bas de l'échelle de la division du travail et certaines dimensions moins valorisantes présentes dans toutes les activités professionnelles, même les plus prestigieuses, et dont on essaie généralement de se débarrasser en les transférant au personnel subalterne?et/ou aux salarié·e·s récemment arrivé·e·s ou moins intégré·e·s - précaires, sous-traitant·e·s, non. Ce numéro revient sur cette notion classique de sociologie du travail dans le cadre d'une réflexion sur les inégalités de genre en s'intéressant spécifiquement aux boulots sales dans lesquels les travailleurs et travailleuses sont directement en contact avec la salissure, les déchets, les fluides corporels. La variété des métiers étudiés permet de rendre compte des expériences multiples. Les articles invitent à poursuivre les travaux mobilisant la notion de sale boulot sous l'angle du genre dans d'autres secteurs professionnels qui ont explicitement les attributs des boulots sales (gestion de la mort, travail dans les égouts ou les abattoirs par exemple), mais aussi de les comparer aux secteurs hautement valorisés de l'espace social.

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  • Ce dossier tente de retracer le parcours de la réflexion collective (mais non unanime) menée récemment sur cette articulation théorique sexe et genre et le double impact de la prise en compte du genre dans les recherches de terrain en ergonomie ou psychologie du travail : découverte au niveau micro de résultats inédits qui enrichissent le corps des connaissances disciplinaires en évitant l'écueil d'une "science borgne" d'un côté et, de l'autre, apports éventuels de ces connaissances dans l'interprétation de phénomènes plus macroscopiques observés dans l'emploi ou la santé au travail.
    Rédigé par des auteures membres d'un groupe de travail permanent, international et interdisciplinaire : Genre, activité, santé (GAS), ce dossier est constitué de quatre articles qui offrent des aperçus internationaux : Une rétro-prospective sur l'évolution de cette question au Québec (passage du sexe au genre et principaux résultats obtenus). Les recherches sur le travail des femmes y ont été stimulées depuis les années 1980 avec les opportunités offertes par une législation sur l'égalité professionnelle et ses difficultés d'application.
    Elles sont soutenues depuis lors par les syndicats. Des résultats contrastés sur l'évolution de l'impact de l'introduction des femmes dans un milieu de travail majoritairement investi par les hommes. Les exemples sont pris dans les transports urbains en France et au Portugal. Les stratégies de femmes de secteurs de la sous-traitance pour faire reconnaître par les entreprises clientes les spécificités de leurs conditions de travail et de leurs contraintes familiales et leur faire admettre des alternatives organisationnelles avec un résultat positif pour les femmes comme pour les hommes.
    Les exemples proviennent du secteur du nettoyage industriel en Belgique.

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  • Le ménage est depuis longtemps l'unitéélémentaire de la statistique publique et de nombre de politiques publiques. Mais cette « unité» est bien sûr composée d'individus. Et selon le niveau que l'on adopte, ménage ou individu, les analyses que l'on conduit ne fournissent pas les mêmes résultats. Faut-il alors étudier les ménages ou les individus ? En fait, c'est surtout l'articulation de ces deux niveaux qui pose question, ou plutôt devrait poser question car, faute de données mais aussi parce qu'elle est particulièrement complexe, cette articulation demeure encore souvent impensée. Avec elle, c'est la fonction du ménage, creuset des liens sociaux les plus élémentaires, et les rôles sexués en son sein, les représentations et positions des femmes et des hommes, qui risquent de rester dans un angle mort. Ce dossier se propose de revenir sur ces questions en apportant un éclairage qui puise dans différentes disciplines des sciences sociales : la démographie, la socio-histoire de la statistique et l'économie.

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  • Un tour du monde des engagements et une controverse autour de La France féministe ou antiféministe ? constitutent les deux temps forts de ce numéro 32 de la revue TGS.

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  • Qu'est-ce que le genre fait voir de la construction de la ville (que les urbanistes et les élu-e-s appellent la « fabrique métropolitaine ») ? Il s'agit dans ce numéro qui rassemble sociologues, géographes et urbanistes, de dresser un état des lieux des déplacements, des espaces privilégiés ou évités par les unes et les autres mais aussi de voir dans quelles mesures les mots d'ordre contemporains pour la ville de demain (« ville durable », « urbanisme de proximité »), reposent en partie sur une vision assez classique des rôles sexués.
    Le territoire de la ville révèle ainsi un système social de sexes dans lequel le caractère construit des pratiques sexuées est déterminant. Enfin, ce numéro ambitionne à un niveau plus théorique d'établir en quoi la perspective de genre éclaire l'appréhension du fait urbain.

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  • Consacré à une analyse des usages contemporains des technologies biomédicales dans différents contextes historiques et culturels, ce dossier vise à rendre compte du déploiement des savoirs et des pratiques médicales dans le domaine du suivi du développement sexuel des adolescent-e-s, du contrôle et de la limitation des naissances, des techniques d'accouchement, de la sexualité féminine et de la réparation clitoridienne. Plaçant au coeur les interventions biomédicales sur les corps féminins, il s'intéresse à la façon dont des biopolitiques sont ou non à l'oeuvre dans ces pratiques médicales. Au-delà de la qualification technique de ces interventions, il vise à rendre compte de leurs significations sociales et politiques et de la façon dont elles s'articulent avec des projets d'émancipation ou dont elles contribuent, au contraire, à réitérer des normes sociales, de genre et de "race".
    Dossier coordonné par Tania Angeloff et Delphine Gardey.

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  • Les femmes dirigeantes sont par définition des femmes qui dans différents contextes professionnels et organisationnels ont dépassé le plafond de verre. Le plafond de verre, ses modalités et sa persistance dans les organisations ont fait l'objet de nombreuses recherches dans les pays anglo-saxons et de plusieurs recherches en France mais un faible nombre de ces recherches ont porté sur les femmes dirigeantes en tant que telles. Le débat et les dispositions sur la parité et sur la question de l'accès de femmes à la décision ainsi que la loi sur les quotas de femmes dans les conseils d'administration ont conduit cette catégorie de femmes minoritaires à apparaître désormais comme une catégorie d'analyse légitime : au-delà de l'intérêt anecdotique pour le destin et le parcours de quelques femmes « privilégiées », et compte tenu du phénomène maintes fois souligné de « dualisation » de la situation des femmes sur le marché du travail, l'accès des femmes aux sphères du pouvoir, qu'il s'agisse du pouvoir politique ou du pouvoir économique, s'inscrit dans l'histoire de l'accès des femmes à l'égalité.
    L'objectif de ce dossier est de rassembler des articles s'adressant à un titre ou à un autre à la question des processus, des parcours et des contextes qui ont conduit les femmes dirigeantes concernées à occuper les postes et positions qui sont les leurs aujourd'hui et ce dans ces différents contextes que sont la fonction publique, le secteur de la finance , les conseils d'administration, mais aussi les organisations patronales et les orchestres !

    Sophie Pochic, avec Fanny Le Mancq et Alban Jacquemart.
    Femmes hauts fonctionnaires en France, l'avènement d'une égalité élitiste.
    Valérie Boussard .
    « Celles qui survivent ». Les dispositions improbables pour devenir femme dirigeante.
    Anne-Françoise Bender, Marie Josée Scotto et Rey Dang.
    Les femmes membres des conseils d'administration en France.
    Marion Rabier.
    Défendre la cause des femmes ou celle des patrons ? Le ciel de plomb des organisations patronales.
    Hyacinthe Ravet.
    Cheffes d'orchestre, le temps des pionnières n'est pas révolu !

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  • C'est pour leur éviter des risques « inconsidérés » qu'on a longtemps interdit l'accès des femmes à certaines activités professionnelles. Le goût de l'aventure, la saveur de l'exploit, en un mot la prouesse qui déconsidère le risque : tel était l'apanage censé revenir uniquement aux hommes. Pourtant, hier comme aujourd'hui, certaines pionnières font entendre une autre histoire. Ces pisteuses-secouristes, reporters de guerre, officières, ces artistes de cirque en formation comme ces cochères parisiennes du début du siècle dernier sont autant de figures de femmes prenant le risque d'exercer un métier où elles sont ultra-minoritaires. Pis, par leur présence même, elles feraient courir à leurs collègues - hommes - des risques accrus. C'est à ces expériences de pionnières que s'intéresse ce nouveau numéro de Travail, Genre et Sociétés.

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  • En science politique, l'analyse des comportements politiques attentive au sexe est désormais systématisée et problématisée, comme le rappelle le parcours de recherche de Janine Mossuz-Lavau en ouverture de ce dossier. On sait ainsi que les différences historiquement constatées entre les femmes et les hommes dans l'usage et l'orientation du vote sont davantage contingentes, voire tendent à disparaître. Les écarts demeurent en revanche marqués en ce qui concerne le rapport à la politique instituée, et notamment l'intérêt pour la politique et le sentiment de compétence. Le « gender gap », ce concept qui désigne la différence de comportement entre les sexes en de nombreux domaines, est devenu une catégorie routinisée pour commenter les résultats électoraux, qu'il convient alors d'interroger à nouveaux frais.
    Pour son premier numéro consacré au vote, et en l'occurrence aux votes pour l'élection présidentielle de 2017 en France, Travail, genre et sociétés publie les premiers résultats d'une recherche collective, ALCoV (analyses localisées comparatives du vote), financée par l'Agence nationale de la recherche. Elle s'appuie sur une analyse longitudinale, fine et intensive du vote sur plusieurs scènes territorialisées, croisant questionnaires à la sortie des urnes, dépouillement des listes d'émargement, entretiens panélisés et observations de la campagne électorale. Cette démarche permet d'analyser les attitudes des citoyenne·s face aux transformations structurelles de la démocratie en France (crise du consentement, abstentionnisme, choix « radicaux »), dans la configuration politique inédite de l'élection présidentielle de 2017. Elle privilégie une analyse des comportements politiques ancrée dans les logiques sociales qui les produisent et permet ainsi de renouveler la compréhension des dimensions genrées de la formation des choix électoraux.

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  • En privilégiant une approche sociologique et une perspective de genre, ce numéro s'intéresse ici plus spécifiquement au vêtement porté au travail, qu'il s'agisse ou non d'un uniforme réglementaire.
    Les fonctions et les significations variées de l'uniforme professionnel - le confort, la protection, l'autorité, le grade, le prestige, l'appartenance à un collectif professionnel -, peuvent se retrouver, de façon moins explicite, dans les usages de vêtements de travail non imposés.
    Observer les habits des travailleuses et des travailleurs en activité et la façon dont ils sont portés permet d'enquêter sur les normes qui traversent les groupes professionnels et la manière dont ces normes sont mises en oeuvre ou éventuellement subverties ou transgressées. Que signifie, par exemple, le fait de revêtir une tenue professionnelle initialement conçue pour l'autre sexe dans les métiers quasiment non mixtes ? Dans quelle mesure un uniforme assure-t-il son rôle d'« uniformisation » des individus et de dissimulation des différences sociales ? Les habitus de genre conduisent-ils les travailleurs des deux sexes à porter de manière différente un même vêtement de travail ? Par-delà l'opposition entre « cols bleus » et « cols blancs », quels attributs vestimentaires soulignent (ou invisibilisent) des distinctions sociales et statutaires au sein d'un espace professionnel ?

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