La Decouverte

  • D'altermondialisme en « printemps arabe », d'Indignados espagnols en Occupy Wall Street américains, de Wikileaks aux Anonymous, un vent critique refait surface à travers des mouvements sociaux vivaces. Au regard de cette nouvelle période, cet ouvrage fait l'hypothèse qu'un des enjeux principaux de la galaxie critique aujourd'hui consiste à réexaminer les « logiciels » de la critique et de l'émancipation.
    L'effort de clarification théorique proposé ici se situe au croisement de différents registres intellectuels et culturels : sociologie critique, philosophie politique, critiques sociales issues des mouvements sociaux et cultures ordinaires. Il suggère également de prendre appui sur certaines tensions dynamiques au sein des théories critiques contemporaines (Foucault, Bourdieu, Rancière). Ce livre vient ainsi dessiner une vision globale renouvelée du monde, à distance tant des charmes nostalgiques des lectures totalisatrices d'antan que de l'émiettement « postmoderne » du sens. Une approche globale des sociétés actuelles, adossée à des engagements anticapitalistes, libertaires et altermondialistes.

  • Tous les hivers, à la venue du grand froid, l'attention du public se porte sur les personnes qui vivent et qui meurent à la rue. C'est tous les ans l'occasion de témoignages sur les « maraudes » qui les prennent en charge. Pourtant, le Samusocial de Paris est à l'oeuvre toute l'année, jour et nuit.
    Ce livre en décrit les dispositifs d'intervention. Il suit le travail des équipes mobiles - un chauffeur, un infirmier et un travailleur social - qui sillonnent la capitale en camion et prodiguent attention, écoute et soin aux sans-abri. Il accompagne les activités de la plate-forme téléphonique du 115, de l'équipe psychiatrique, des accueils de jour, des centres d'hébergement d'urgence et des services de lits infirmiers. Jamais n'avaient été ainsi décrites les activités des métiers du domaine sanitaire et social. Cette « ethnographie morale » du don de care et de reconnaissance met en lumière les trésors de dévouement, de patience et de sollicitude dans les interactions entre professionnels et patients-usagers, mais aussi les tensions qui traversent cette relation d'assistance.
    Au-delà du travail proprement ethnographique, ce livre - appeléà devenir un classique de l'enquête de terrain - retrace la constitution du problème public de la « grande exclusion » au début des années 1990 et restitue les péripéties qui ont scandé la transformation de la question SDF, depuis la mobilisation des Enfants de Don Quichotte de 2006.

  • Pourquoi l'émergence, au XXe siècle, d'une pensée " sociologique " est-elle somme toute si récente ? Comment est-on passé d'une approche normative de la conduite de l'homme avec ses congénères, incarnée par le discours religieux, mais aussi, à certains égards, par l'économie politique, au projet d'une science positive du social ? Les essais rassemblés ici dégagent trois axes de la genèse de la sociologie.
    Le premier, le mieux connu, est politique : il inscrit la sociologie en opposition avec une autre science sociale qui lui préexistait, l'économie politique. Le deuxième est épistémologique : il vise à déterminer un objet propre à la sociologie, le " social " ; le moment organiciste de la sociologie, si décrié, est toujours vivace aujourd'hui, sous les traits de l'opposition entre holisme et individualisme méthodologique.
    Le troisième est cosmologique : la genèse d'une science du social n'est concevable que dans une société qui a pris conscience de la finitude de l'espace et du temps de l'humanité. On trouvera dans ces pages une manière originale et particulièrement éclairante de cheminer à travers l'histoire de la sociologie : non par l'étude des " grands auteurs " et de leur système, ni en imposant une grille de lecture préconçue, mais en suivant pas à pas, avec une érudition jamais ennuyeuse - joyeuse, au contraire -, les mille et une efflorescences de quelques grands débats qui ont traversé le XIXe siècle et qui sont encore les nôtres.

  • Et si la sociologie, bien comprise, n'était rien d'autre qu'une philosophie morale et politique avec des allures de science ? Une telle proposition, qui constitue la trame de cet ouvrage, autorise des perplexités bien légitimes. La sociologie n'a-t-elle pas en effet gagné ses galons en rompant avec les spéculations abstraites des « philosophies sociales » ? Et, à l'inverse, la philosophie morale et politique n'a-t-elle pas pris sa revanche en s'émancipant de ces sciences sociales qui avaient exercé sur elle une telle emprise depuis les années 1950 ? Pour autant, n'avons-nous d'autre choix qu'entre une sociologie spécialisée et éclatée, vouée au culte du « terrain », et une philosophie morale et politique désincarnée, célébrant les vertus d'une conception purement formelle de la justice et de la démocratie ?
    Depuis quelques années, les théories contemporaines de la reconnaissance, du care et du don, le renouveau de l'École de Francfort et la redécouverte du pragmatisme, en redonnant toute leur place aux sentiments sociaux et à la relation humaine, ont fortement contribuéà redessiner les frontières et nous invitent aujourd'hui à une nouvelle alliance. Dans leur sillage, ce livre plaide pour un « enveloppement réciproque » (Merleau-Ponty) entre philosophie et sociologie, qui puisse redonner sa vitalitéà l'ambition d'une science sociale générale, réconciliant respect des faits et souci des fins. Il vient rappeler que la sociologie « ne mériterait pas une heure de peine » (Durkheim) si elle ne renouait pas avec l'orientation normative de ses pères fondateurs et s'interdisait de contribuer au questionnement de la société sur elle-même.
























































































































































    Et si la sociologie, bien comprise, n'était rien d'autre qu'une philosophie morale et politique avec des allures de science ? Une telle proposition, qui constitue la trame de cet ouvrage, autorise des perplexités bien légitimes. La sociologie n'a-t-elle pas en effet gagné ses galons en rompant avec les spéculations abstraites des « philosophies sociales » ? Et, à l'inverse, la philosophie morale et politique n'a-t-elle pas pris sa revanche en s'émancipant de ces sciences sociales qui avaient exercé sur elle une telle emprise depuis les années 1950 ? Pour autant, n'avons-nous d'autre choix qu'entre une sociologie spécialisée et éclatée, vouée au culte du « terrain », et une philosophie morale et politique désincarnée, célébrant les vertus d'une conception purement formelle de la justice et de la démocratie ?
    Depuis quelques années, les théories contemporaines de la reconnaissance, du care et du don, le renouveau de l'École de Francfort et la redécouverte du pragmatisme, en redonnant toute leur place aux sentiments sociaux et à la relation humaine, ont fortement contribuéà redessiner les frontières et nous invitent aujourd'hui à une nouvelle alliance. Dans leur sillage, ce livre plaide pour un « enveloppement réciproque » (Merleau-Ponty) entre philosophie et sociologie, qui puisse redonner sa vitalitéà l'ambition d'une science sociale générale, réconciliant respect des faits et souci des fins. Il vient rappeler que la sociologie « ne mériterait pas une heure de peine » (Durkheim) si elle ne renouait pas avec l'orientation normative de ses pères fondateurs et s'interdisait de contribuer au questionnement de la société sur elle-même.














































































































    Et si la sociologie, bien comprise, n'était rien d'autre qu'une philosophie morale et politique avec des allures de science ? Une telle proposition, qui constitue la trame de cet ouvrage, autorise des perplexités bien légitimes. La sociologie n'a-t-elle pas en effet gagné ses galons en rompant avec les spéculations abstraites des « philosophies sociales » ? Et, à l'inverse, la philosophie morale et politique n'a-t-elle pas pris sa revanche en s'émancipant de ces sciences sociales qui avaient exercé sur elle une telle emprise depuis les années 1950 ? Pour autant, n'avons-nous d'autre choix qu'entre une sociologie spécialisée et éclatée, vouée au culte du « terrain », et une philosophie morale et politique désincarnée, célébrant les vertus d'une conception purement formelle de la justice et de la démocratie ?
    Depuis quelques années, les théories contemporaines de la reconnaissance, du care et du don, le renouveau de l'École de Francfort et la redécouverte du pragmatisme, en redonnant toute leur place aux sentiments sociaux et à la relation humaine, ont fortement contribuéà redessiner les frontières et nous invitent aujourd'hui à une nouvelle alliance. Dans leur sillage, ce livre plaide pour un « enveloppement réciproque » (Merleau-Ponty) entre philosophie et sociologie, qui puisse redonner sa vitalitéà l'ambition d'une science sociale générale, réconciliant respect des faits et souci des fins. Il vient rappeler que la sociologie « ne mériterait pas une heure de peine » (Durkheim) si elle ne renouait pas avec l'orientation normative de ses pères fondateurs et s'interdisait de contribuer au questionnement de la société sur elle-même.

  • Reprenant les questions ouvertes par le célèbre Homo ludens de Huizinga, par Caillois, Winnicott ou Henriot, Roberte Hamayon dégage des éléments cruciaux et mal perçus d'une anthropologie générale du jeu et de la chance.

    Jouer, voilà une évidence bien embarrassante : la notion est unanimement reconnue universelle, applicable à l'animal comme à l'homme, mais rien ne définit ce qui est commun à toutes ses manifestations, de l'amusement enfantin à l'action théâtrale, de la compétition sportive à la spéculation boursière.
    Sur le terrain d'anthropologue de l'auteur (Mongolie, Sibérie), jouer a une place au plus haut niveau : les fêtes nationales s'appellent « Jeux », faisant écho à leur façon aux jeux du cirque de la Rome antique comme aux jeux Olympiques d'aujourd'hui. Ces Jeux, porteurs d'une identité et d'une éthique, se veulent aussi action sur l'avenir. Leur examen fournit l'occasion d'un parcours à travers les multiples dimensions du jouer. Partant de la lutte et de la danse, passant par l'apprentissage, l'interaction, l'émotion et la stratégie, ce parcours croise aussi bien la chance et la croyance que l'ambiguïté des rapports à la fiction et à la réalité. Il s'achève sur deux caractéristiques du jouer, sa marge et sa structure de métaphore.
    Restauré dans son unicité, jouer apparaît comme une modalité de l'action à part entière. Si « jouer n'est pas faire au sens courant » comme disait Johan Huizinga, n'est-ce pas faire autre chose, ailleurs, autrement ?

  • Des journalistes aux travailleurs sociaux en passant, bien sur, par les ethnologues ou les sociologues, on ne compte plus les professions amenées à recourir à l'enquête de terrain.
    Qu'observer ? comment ? que restituer de ce qu'on a vu ? sous quelle forme ? pour répondre à ces questions, il ne manque pas de guides ou de manuels. mais le mieux n'est-il pas d'écouter directement ce qu'ont à nous dire certains de ceux qui ont compté parmi les meilleurs enquêteurs de leur temps ? à les lire, ces questions de méthode, qui paraissent souvent si arides et ennuyeuses, deviennent soudain passionnantes.
    L'enquête de terrain rassemble une série de textes, pour la plupart classiques et jamais traduits en français, sur le travail de terrain en sociologie et en anthropologie. la première partie donne un aperçu de l'invention du travail ethnographique en grande-bretagne, jusqu'à la révolution malinowskienne, et sur la pratique de l'enquête des chercheurs de l'école de sociologie de chicago et du rhodes-livingstone institute en rhodésie.
    La deuxième partie est consacrée aux principaux moments de la querelle de l'explication et de l'interprétation en anthropologie. la troisième présente un choix d'expérimentations et d'innovations en sociologie, des années 1950 à aujourd'hui. chacune de ces parties s'accompagne d'une présentation qui en situe le contexte historique et intellectuel et permet au lecteur de se repérer parmi les différents auteurs et courants.
    Une éclairante postface, véritable guide d'enquête à elle seule, fait le tour des problèmes discutés dans la littérature méthodologique et offre un vaste panorama des recherches empiriques fondées sur le travail de terrain en france et à l'étranger. mieux qu'un manuel, l'enquête de terrain couvre ainsi un siècle de réflexion sur le travail de terrain. il s'adresse aux étudiants et aux chercheurs en sciences sociales et à tous les professionnels qui recourent à ces outils d'investigation.

  • Il n'est peut-être pas de réforme plus urgente que celle de l'Université.
    Mais pas de réforme non plus qui semble aussi irrémédiablement vouée à l'échec. N'est-ce pas là l'effet du profond fossé qui s'est creusé entre l'idéal sur lequel s'est édifié l'Université et sa réalité actuelle ? L'idéal était celui d'un lieu délivrant une culture désintéressée et un savoir ayant valeur universelle. La réalité est aujourd'hui celle d'un savoir " utilitaire ", dont on ne retient que l'efficacité pragmatique.
    S'abolit ainsi la différence entre science et technique, nature et société, être et devoir être. Si l'on veut une vraie réforme de l'Université, on ne fera donc pas l'économie d'une réflexion épistémologique approfondie sur cet écart béant entre l'idéal et la réalité.
    Tel est le propos de cet ouvrage, où l'auteur analyse le mécanisme de cette confusion du pouvoir et du savoir dans le savoir-faire.
    Les essais ici réunis visent à susciter une prise de conscience, nécessaire à la reconstruction raisonnée des sciences humaines et sociales comme disciplines de réflexion et de formation. Ce qu'elles étaient à l'origine, lorsqu'elles inscrivaient leur projet de connaissance et de formation dans le cadre des humanités. C'est cet esprit et cette dynamique qui doivent et qui peuvent, démontre l'auteur, être restaurés, tout en les adaptant aux exigences de notre époque.
    Michel Freitag est le sociologue et le philosophe par excellence de la société postmoderne.
    On connaît peu de réflexions contemporaines qui atteignent cette cohérence et cette puissance réflexive : on croit parfois lire un habermas dont l'inspiration serait plus hégélienne que kantienne.
    En dehors d'articles publiés dans la Revue du MAUSS, son oeuvre est pourtant mal connue en France : cette coédition franco-québécoise permet de réparer cet oubli et de présenter au lecteur français, à partir d'une analyse aiguë de la crise de l'Université, les principaux moments d'une théorie systématique de la postmodernité.

  • Esiècle, on devrait dire, à coup sûr, qu'elle a été, qu'elle est encore une pensée du symbolique. Qu'on pense simplement à l'analyse par Claude Lévi-Strauss de la « fonction symbolique » ou à l'opposition établie par Jacques Lacan entre le réel, l'imaginaire et le symbolique. Or, montre ici de façon lumineuse Camille Tarot, c'est dans le creuset de l'École sociologique française que l'acception moderne du terme a été forgée, et c'est grâce à la lente et subtile évolution que Marcel Mauss a fait subir aux analyses durkheimiennes du sacré, de la religion et des représentations collectives, qu'il en est venu à prendre toute sa portée.
    C'est l'histoire passionnante de cette invention du concept de symbolique que nous livre le présent ouvrage, dans un style à la fois limpide et époustouflant. Au-delà d'une reconstitution sans précédent de la pensée des deux plus grands représentants de l'École, Durkheim et Mauss, elle nous offre, en prime, une histoire de l'ethnologie, des sciences du langage et des sciences de la religion jusqu'au premier tiers du XXesiècle. Ainsi des liens intelligibles sont-ils à nouveau établis entre la pensée française des cinquante dernières années et ce qui l'a précédé. Et peu à peu, on se prend à rêver d'une reprise du dialogue entre philosophes, ethnologues, psychanalystes, sociologues, spécialistes de la littérature ou de la religion, qui trouveront tous ici également matière à nourrir leurs réflexions. Car ce que Camille Tarot nous restitue comme s'il y était, comme si nous y étions, c'est l'exceptionnel travail collectif de la pensée accompli au jour le jour par et autour de Durkheim et Mauss. Avec modestie et avec ambition. Avec rigueur mais avec passion. Un livre capital pour la compréhension de l'histoire des idées.

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