La Decouverte

  • Impact

    Alex Maclean

    Contrairement à d'autres effets du changement climatique qui ne sont pas vécus de manière tangible à grande échelle, l'élévation du niveau de la mer est un indicateur visible et implacable du réchauffement climatique, dont les conséquences se font sentir à l'échelle mondiale. Quelques-uns sont encore sceptiques, mais rien ne permet de nier que l'élévation du niveau de la mer, renforcée par les tempêtes et les ondes de tempête, provoque érosion, inondations, dislocations et entraîne des dommages catastrophiques le long des côtes, et bien à l'intérieur des terres. L'élévation du niveau de la mer est aussi un facteur de déstabilisation des marchés financiers et immobiliers, en particulier à cause du renchérissement des coûts d'assurance.
    Le livre se présente comme une sorte d'enquête pour montrer, d'une manière frappante et concrète, les perturbations environnementales, économiques et sociales liées à la montée des mers. L'auteur a documenté la côte est américaine (du Maine à la Floride) et le Golfe du Mexique (de la Floride au Texas) à titre d'exemple de notre vulnérabilité au changement climatique. Les images illustrent les différents états des territoires survolés au cours de différentes saisons, avant et après la survenue d'événements météorologiques majeurs (tempêtes, ouragans), lorsque la géographie et le paysage changent de façon spectaculaire.
    Alex MacLean a établi une liste de thèmes à photographier : les espaces naturels, et leur peuplement désordonné, les moyens de défense publics ou privés, mais aussi les projets d'infrastructure côtière tels que les aéroports, les centrales nucléaires, les autoroutes et les usines de traitement des eaux usées. La liste comprend également des zones naturelles telles que les « forêts fantômes » asphyxiées par les infiltrations d'eau salée.
    Pour raconter cette histoire, il était aussi important d'équilibrer le récit des risques et des destructions avec une vision plus positive. Le livre fait donc également état des stratégies de résilience comme les systèmes naturels pour dissiper les ondes de tempête, ou les aménagements de parcs et de « terres de conservation » pouvant accepter les eaux de crue sans subir de dégâts durables, toutes stratégies qui ont pour nous valeur d'exemple alors que la prise de conscience du phénomène de la montée des eaux n'est pas encore est loin d'être acquise en Europe. Le livre est introduit par une brillante prise de parole de Bill McKibben, un des acteurs majeurs de l'activisme en faveur du climat.

  • En 1984-1985, Robert Doisneau (1912-1994) participe à l'aventure mythique de la Mission photographique de la Datar. En utilisant une chambre au format 6 x 7 et en travaillant pour la première fois en couleur, le photographe bouleverse ses habitudes pour arpenter une nouvelle fois la banlieue parisienne, son territoire d'élection. Restées jusqu'alors inédites, ces images surprennent par le regard plasticien, teinté d'ironie et de désenchantement, que le photographe porte sur les débordements urbains des années 1980.

  • Répondant à une commande spécifique, à l'occasion de la célébration des 500 ans de la Renaissance, mise en oeuvre par la Région Centre-Val de Loire durant toute l'année 2019, le grand photographe du paysage qu'est Alex MacLean a survolé et photographié, en juillet 2018, les châteaux de la Région. Ce sont donc les merveilles architecturales de la Renaissance, ancrées dans des sites classés au patrimoine mondial de l'Unesco, qu'Alex MacLean a sublimées pour obtenir au regard la quintessence de ces temps où rois et mécènes furent à l'origine d'un extraordinaire renouveau de l'art et de la pensée.

  • Il n'existait pas d'atlas des cartes des environs de Paris. Cette situation est d'autant plus troublante que, depuis quelques années, chacun a pris conscience des enjeux, politiques, sociaux et économiques, que représente ce vaste territoire, qu'il prenne le nom de région Île-de-France, de banlieue de Paris, de Grand Paris ou encore de Métropole du Grand Paris.
    L'intérêt de la publication de cet ensemble cartographique est donc évident, aussi bien pour les professionnels de l'urbanisme que pour les historiens et les politiques et pour le grand public. Les premiers y trouveront une matière à réflexion inédite, et évidemment importante pour les travaux qu'ils mènent actuellement autour des enjeux de la région parisienne. Les seconds pourront y retrouver les étapes concrètes de la construction physique de la région (passage du rural à l'urbain, développement des axes structurants, aménagement volontariste du territoire, développement des réseaux de transport en commun, etc.).
    Le grand public, enfin, découvrira un ensemble cartographique de toute beauté qui n'a rien à envier à la beauté des plans de Paris. Il pourra surtout y trouver ses propres repères et sonder les éléments d'inscription de l'identité francilienne, forgée en termes géographiques depuis la fi n du XVIe siècle. Cette série cartographique aidera tous les lecteurs à mesurer le perpétuel dialogue entre la ville et son environnement.

  • La Ville engendre, le plus souvent à ses marges, d'extraordinaires bâtiments qui sont le fruit de circonstances foncières et industrielles particulières. C'est le cas de ce bâtiment majeur, long de 612 mètres construit à la fin des années 1960 sur un terrain de plus de 5 hectares. Lors de sa réception, en 1969, les qualificatifs ne manquent pas pour vanter la plus importante réalisation en Europe en matière de réception, stockage et distribution de marchandises. Pour sa part, son architecte, Marcel Forest, parle de « socle pour des constructions futures », posant son bâtiment sur une trame de poteaux massifs, « alignés comme des soldats qui font leur travail » pour paraphraser Le Corbusier. De leur côté Floris Alkemade et Milena Wysoczynska, les architectes qui ont opéré la reconversion, parlent d'une structure sans fin et intemporelle qui les faisait halluciner.

    Tout est donc hors-norme dans cette histoire, y compris la complexité de passer d'une génération à une autre, de changer la destination des lieux, pour que le bâtiment soit le socle d'une aventure contemporaine et la clé de l'urbanisation d'un territoire déshérité. Cette aventure peu commune est l'objet du texte de Camille Picard qui a porté le projet jusqu'à son aboutissement pour la Caisse des dépôts. L'auteur livre les clés, côté maîtrise d'ouvrage, de ce que peut être une aventure urbaine, depuis la redécouverte des potentialités du lieu jusqu'à l'aboutissement d'un nouveau quartier, relié à la ligne de tramway qui court le long des boulevards des Maréchaux, et équipé d'une nouvelle gare, Rosa Parks, pour relier les quartiers de la Porte d'Aubervilliers séparés par les importantes coupures ferroviaires du faisceau de la gare de l'est. Pour la première fois, sur une opération d'une telle envergure, l'histoire est racontée de l'intérieur, comme une enquête, et met en scène la panoplie des innombrables métiers et des personnages (politiques, financiers, juristes, aménageurs, promoteurs, urbanistes, architectes) qui sont nécessaires à la réalisation d'un projet urbain d'envergure.

    Le texte de Camille Picard est accompagné d'un texte des deux architectes, en forme de manifeste sur l'héritage culturel et le modernisme en architecture. L'ouvrage est également illustré de photographies qui racontent l'avancement du chantier. En fin d'ouvrage, l'écrivain Claude Eveno propose une visite du quartier, une ballade de jour et de nuit, à la rencontre des habitants qui se sont installés, à la découverte des cafés et des lieux marchands. Comment un territoire des limites s'est intégré au coeur de la ville.

  • Dès la seconde moitié du XIXe siècle, aux États-Unis comme en Europe, espaces libres et jardins publics occupent une place prépondérante dans l'aménagement des villes. Les concepts de parkway américain, de gardencity anglais ou de «système de parcs » en France seront autant de manières d'exprimer et d'expérimenter une nouvelle relation entre la ville et la nature. C'est dans ce cadre que s'est engagée la planification des nouvelles villes marocaines entre 1912 et 1930, période durant laquelle furent réalisés les plans directeurs d'aménagement et d'extension des principales cités du royaume.
    L'étude des projets paysagers à Rabat, Marrakech, Meknès, Fès et Casablanca permet de mieux comprendre le contexte de création des parcs et jardins publics au Maroc sous le protectorat. Ces jardins, aujourd'hui objets d'une attention particulière (réhabilitations, classements), restaient encore mal connus malgré la renommée internationale d'urbanistes, d'architectes et de paysagistes français tels que Henri Prost, Albert Laprade et Jean Claude Nicolas Forestier.
    Ode visuelle à l'art des jardins et à la création des villes, l'ouvrage est jalonné de plans historiques inédits, de somptueux dessins et de photographies anciennes. Il a également bénéficié de campagnes de prises de vue photographiques en couleur qui rendent hommage au savoir faire des grands créateurs de jardins méditerranéens.

  • La Chaire UNESCO en paysage et environnement de l'université de Montréal (Cupeum) développe depuis une quinzaine d'années des partenariats avec des villes et des métropoles de différentes régions du monde dans le cadre de l'Agenda 2030 du programme de développement durable des Nations unies. Cette démarche de mise en valeur et de développement territorial s'exprime notamment au travers des WAT_UNESCO (Workshop_Ateliers terrain), rendez-vous annuels de réflexion sur le devenir des villes.
    Le WAT_UNESCO Évry 2017 a réuni, à l'initiative de l'université d'Évry-Val-d'Essonne et en partenariat avec la Ville d'Évry, des professeurs et des étudiants de quatre institutions universitaires (Canada, France, Italie, Tunisie). Il s'agissait de mettre en oeuvre une réflexion interdisciplinaire et interculturelle et de mener un travail collectif face à une situation urbaine qui, sans être unique dans le paysage urbain français ou international, n'en questionne pas moins la place et le rôle d'un pôle universitaire au sein de l'espace public. Dans le cas évryen, le programme de recherche a permis de cerner les atouts identitaires de la ville universitaire, les ressorts souhaitables de sa manifestation dans le débat public, la perméabilité possible des flux, le tissage possible des liens entre l'université et les espaces naturels de la ville. L'exemplarité des réponses obtenues a valeur de modèle pour susciter une mutation réelle de nos façons de partager la ville.

  • Les grandes séquences de la vie de Jacques Henri Lartigue (1894-1986) recoupent celles de l'histoire balnéaire française, de la découverte du monde marin à celle du tourisme de masse. Ce dandy du XXe siècle est le chroniqueur attentif d'un mode de vie privilégié où les élites urbaines françaises et internationales découvrent les bienfaits du bon air marin et de l'héliotropisme. À cette description sociale correspondent le renouvellement de l'ensemble du littoral français et la naissance d'un patrimoine urbain et paysager, depuis la Belle Époque jusqu'au Mouvement moderne en passant par la période Art Déco, dont Lartigue, aux bras de ses femmes, fait une description intuitive et avisée.

  • Ces vues aériennes du monde entier, magnifiquement illustrées par Steve McDonald, offrent des perspectives saisissantes de villes comme New York, Londres, Paris, Istanbul, Tokyo, Melbourne, Rio, Amsterdam, et bien d'autres. L'ouvrage comprend également des mandalas en immersion architecturale, créés à partir de ces paysages urbains, à colorier pour méditer et voyager en imagination.

  • Donner à voir des réalisations d'architectes français qui se produisent sur la scène internationale, telle est l'ambition de ce livre qui, en toile de fond, tente d'apporter une réponse à la question : comment caractériser la culture architecturale française quand elle s'exprime ailleurs que dans l'Hexagone ? À travers les projets des palmarès du Grand Prix AFEX, l'ouvrage dresse, en une cinquantaine d'oeuvres, un panorama de la production française dans le monde ces dix dernières années. Il est aussi un hommage au travail réalisé depuis deux décennies par l'AFEX au service des architectes et de l'architecture. Un engagement qui a rendu pour chacun la planète plus proche, plus accessible, et peut-être meilleure.
    La présence de l'architecture française dans le monde a autant bénéficié de l'influence importante de Le Corbusier en Inde, particulièrement à Chandigarh, que, sur un plan prosaïque, du savoir-faire mondial des entreprises françaises de BTP et des maîtres d'oeuvre institutionnels passés à la maîtrise d'oeuvre privée (Aéroport de Paris, SNCF). S'est développée une architecture française à l'export. Paul Andreu ouvre la voie. Bâtisseur de l'essentiel des bâtiments de l'aéroport Charles-de-Gaulle, il a construit quelques-uns des grands aéroports internationaux des années 1980-1990, comme ceux de Abu Dhabi, Jakarta, Le Caire, Dar-es-Salam, Shanghai.
    Cette présence a profité à de nouvelles générations comme l'agence Architecture Studio (auteur du Parlement européen de Strasbourg) qui s'est installée très tôt en Chine où elle établira le plan-masse des jeux olympiques de Pékin en 2008 et au Moyen-Orient. D'autres, victimes temporaires d'un désamour national comme Dominique Perrault (université pour femmes Ewha à Séoul), ou bénéficiant déjà d'une aura internationale, ont suivi comme Jean Nouvel (Louvre d'Abu Dhabi), Christian de Portzamparc (La Cité des arts à Pékin), etc. Le Grand prix 2016 a été attribué à la jeune agence DGT pour le nouveau Musée national de Tartu en Estonie.

    Sur commande
  • La naissance d'Architecture-Studio est associée aux courants esthétiques qui ont agité l'univers de l'architecture dans la France des années 1970 et 1980. Depuis, l'agence s'est développée en France et sur la scène internationale. Aujourd'hui, Architecture-Studio réunit des architectes de 25 nationalités qui façonnent l'ADN de l'agence et influencent son travail. Avec la création à Venise en 2011 de la CA'ASI, une maison ouverte aux jeunes architectes et artistes du monde entier, l'agence continue à engager des débats et à chercher de nouvelles voies. Philip Jodidio, nourri de nombreux entretiens avec les associés d'Architecture-Studio, esquisse ici leur position sur les enjeux environnementaux et sociaux et sur la place de l'architecture dans le contexte de la mondialisation.

    Sur commande
  • Ce livre retrace l'histoire d'une cité modèle de la banlieue résidentielle et met en perspective les transformations d'un territoire de l'entre soi bourgeois, métamorphosé par l'urbanisation. Nogent-sur-Marne est en effet l'exemple d'une forme citadine typique des grandes agglomérations de la veille Europe, où les résidents ont veillé à préserver l'esprit originel de la villégiature. Dans le Grand Paris des années 1900, ou dans celui des années 2000, la ville incarne la vie résidentielle dans une métropole où s'enracinent les disparités sociales et les ségrégations territoriales. Mais Nogent, comme toutes les villes bourgeoises des bords de Marne, fut aussi l'eldorado des classes laborieuses porté à l'écran en 1929 par Marcel Carné. On l'oublie parfois mais cette ville a aussi été la cité d'accueil de populations venues d'ailleurs, à jamais attachées à la « Ritalie nogentaise » de François Cavanna.
    L'histoire de ce territoire révèle également l'ambivalence des relations qu'entretiennent les banlieues avec leur capitale. Lorsque la banlieue rouge entretient un rapport conflictuel avec sa puissante voisine ombrageuse, la ville de Nogent s'efforce de devenir un véritable « petit Paris », qui célèbre chaque année la fête du « Petit vin blanc » où se pressent toutes les vedettes du moment, de Line Renaud et Annie Cordy à Yvette Horner. Ce livre s'inscrit dans la tradition des monographies communales mais il dévoile aussi les contrastes et les dynamiques qui font et défont les mondes de la ville métropole.

    Sur commande
empty