L'harmattan

  • Les auteurs décrivent le sujet encore largement méconnu la relation de couple, de sa pathologie et de sa thérapie.
    Quittant les chemins battus, ils se sont fondés sur une observation minutieuse et sans préjugés de la clinique. leurs résultats mettent au jour non seulement une foule de mécanismes relationnels jusqu'ici inconnus ou banalisés (restés dans l'ombre), mais aussi le fonctionnement psychique individuel aberrant qui les sous-tend. le lecteur est amené à les suivre pas à pas dans le questionnement sur la genèse d'une telle monstruosité, à traverser des apparences souvent très trompeuses pour parvenir aux territoires sombres, dangereux et destructeurs de la relation perverse du couple.
    Les réflexions des auteurs sont étayées par de nombreux cas cliniques minutieusement décrits afin d'en saisir aussi exactement que possible les rouages ou l'abord thérapeutique. en étendant leurs concepts aux institutions et à la société, ils soulèvent des questions qui dépassent le champ strictement clinique et interpellent aussi des lecteurs d'autres horizons.

  • Jean-Paul Descombey s'est attaché à étudier, essayer de comprendre et faire connaître la biographie de Schumann, la composition de ses oeuvres musicales, pianistiques, instrumentales et vocales, la constitution de l'extraordinaire couple de musiciens formé par Robert et Clara Schumann, pour se pencher finalement, mais en dehors de toute intention réductrice, sur la problématique mélancolique et addictive de ce créateur d'une oeuvre immense et merveilleuse.

  • Voici une réponse sans a priori mais sans concessions à l'essai de Michel Onfray sur l'oeuvre de Freud : l'auteur répond point par point à ses critiques. Le texte de M. Onfray n'étudie que la partie théorique de la psychanalyse en faisant l'impasse sur sa pratique. Ceci pousse l'auteur à débusquer tout un pan de l'activité théorique du psychanalyste : chaque séance doit être soutenue par une visée théorique. Chaque séance apprend quelque chose au psychanalyste.

  • Les rêves éveillent la curiosité ; ils constituent notre jardin secret. Evidemment, on n'a pas toujours le choix de l'oubli. Le rêve est-il point de départ d'une rêverie solitaire, ou plutôt point de départ d'un dialogue avec un psychanalyste ? Dans ce cas ce sont les associations du rêveur qui comptent, son monde intime qui se dessine. Ou encore le rêve comme point de départ d'un itinéraire biblique ou littéraire ? Grâce aussi aux recherches récentes, ce livre ouvre de larges perspectives.

  • Antonin Artaud a donné lieu à de nombreux commentaires et analyses comme acteur, metteur en scène du théâtre de la cruauté, poète. Interné pendant des années, il a déchaîné beaucoup de passions contre l'enfermement psychiatrique. Antonin Artaud fascinait à tel point qu'on l'a vu longtemps comme la victime expiatoire de la folie des autres et d'un monde qui sombre dans l'apocalypse. Ce livre tente d'approcher la nature de sa folie.

  • La Psychiatrie est-elle encore fidèle à ce qui a présidé à son acte de naissance : l'Humanisme, que les Lumières lui ont laissé en héritage? N'a-t-elle pas été la victime complaisante de ses mauvaises fréquentations ? Engagé dans le soin et l'accompagnement de personnes en souffrance morale, le psychiatre doit être extrêmement prudent dans l'importation de concepts étrangers à son domaine. "L'homme est fait pour rechercher l'humain" disait Eugène Minkowski. Si en sa présence on recherche autre chose, l'inhumanité menace.

  • Béla Grunberger, psychanalyste français d'origine hongroise, est né en 1903.
    Il a traversé le siècle, pleinement engagé dans ses tumultes. Il a sans doute été le premier après la guerre à revisiter le narcissisme. Son oeuvre se donne à lire dans deux importants volumes, Le Narcissisme (Payot) et Narcisse et Anubis (Des femmes). Béla Grunberger est parti du rôle moteur du narcissisme dans la situation analytique. Il s'est, en effet, attaché à montrer la face lumineuse de Narcisse, à l'origine des accomplissements les plus élevés de l'homme, mais aussi sa face sombre, soufflant le vent de la haine et de la destruction.
    A partir du narcissisme, il a proposé deux modèles de fonctionnement psychique représentés l'un par le Christianisme, l'autre par le Judaïsme. Son livre écrit avec Pierre Dessuant Narcissisme, Christianisme, Antisémitisme (Actes Sud) fait date. Réunis à l'initiative du poète Alain Suied, quatre psychanalystes français, J. Chasseguet-Smirgel, P Dessuant, A. Ksensée et P. Lévine-Nordmann, et la psychanalyste américaine M.
    Oliner parlent ici, avec lui, de Béla Grunberger.

  • La psychanalyse est une théorie de l'appareil psychique qui met en lumière la double vie de l'être humain : celle du corps et celle de l'esprit. C'est aussi une éthique qui rappelle que notre destin, c'est de "croître en humanité". Souvent combattue, calomniée et trahie, la psychanalyse n'en fait pas moins partie de notre culture. Elle apporte un éclairage spécifique dans des domaines aussi différents que la médecine, la pédagogie, le travail social, l'analyse politique... La psychanalyse reste un discours qui permet de lire "autrement" ce qui se joue en nous et hors de nous.

  • Choc des cultures ! Ronde infernale des mots armés : racisme, esclavage, colonialisme, ethnocide, eugénisme, dégénérescence, xénophobie, ségrégation, multiculturalisme, appartenance, identité nationale, discrimination, intégration, libertés individuelles... Différences culturelles à promouvoir (indianité, négritude...) ou droit à la fluidité identitaire, au métissage universel ? Psychiatrie coloniale et Frantz Fanon, la psychanalyse entre deux. Merah, Breivik se veulent les défenseurs de la pureté culturelle, paranoïa apocalyptique...

  • La mémoire est vivante, sensible aux effets que le présent exerce sur elle. Avec le temps, elle travaille et fournit des récits diversement composés, des variations du roman familial, comme si l'on était plusieurs, successivement, à l'intérieur de soi. La psychanalyse est le lieu où l'on peut observer électivement le phénomène : ces modifications s'y produisent de façon plus rapide, sollicitées par la marche de la cure, comme a pu l'observer l'auteure. Mais elle a constaté aussi que chacun, pour peu qu'il soit attentif à ce qui évolue en lui, à ses remaniements internes, peut en prendre conscience au long des années.

  • Au moment où la barbarie prend des formes planétaires inédites, la figure de celle qui a été pionnière de la psychanalyse en Argentine, Marie Langer (1910-1987) mérite d'être mieux connue du public français. Les valeurs qu'elle a défendues, les combats qu'elle a menés pour la liberté, la prise en compte de l'influence de la société sur l'individu, les droits des femmes ou encore la nécessité du dire, sont toujours d'une criante actualité. La conviction profonde de Marie Langer pourrait se résumer ainsi : la psychanalyse est l'une des meilleures armes de la civilisation contre la barbarie et l'oppression des minorités.

  • La voix est une des caractéristiques fortes de l'identité d'une personne et reste le support essentiel de toute communication, du moins la base des formes d'expressions les plus complexes. Quelle est alors sa place dans le développement psychologique du jeune enfant ?
    L'auteur apporte ici une proposition sur le rapport qui lie la voix au soi et à son émergence, au travers de l'élaboration de ce qu'il nomme "le soi vical virtuel", au cours de la petite enfance.
    Le soi est une notion assez floue : après avoir évoqué diverses approches notamment analytiques du concept, l'auteur en étudie le fondement. Il en rappelle la nature à la fois singulière et multiple, puis aborde son émergence dans le cadre de l'échange de ces o,yeractions précoces que les échoïsations supportent ce développement, montrant que c'est, d'abord et en premier lieu, dans les échanges et reprises vocales que la mère et le bébé le construisent.
    Avant que l'image prenne l'avantage pour que le moi se dessine, comment le soi s'actualise-t-il donc dans l'échange vocal ? L'auteur émet ici l'hypothèse que c'est dans le silence de la séparation des voix pourra éclore la voix propre du sujet.

  • Dans un monde aux multiples et diverses sollicitations sociales, la conscience peut être prise à défaut. Elle peut manquer d'attention et ne pas déceler les modes de répétition du politique. Les analyses qui pensent les discours permettent de constater des réplications dans les répétitions : celles-ci sont autant de continuités idéologiques dans les représentations politiques. Elles permettent de révéler les représentations qui font la vie sociétale. Par la représentation, les discours réactualisent un donné d'existence sociale et en même temps ignorent, occultent d'autres réalités. Consciemment ou pas, ils laissent dans l'ombre et détournent notre regard. Les analyses de ce livre sont envisagées dans un continuum idéologique des discours des quatre dernières campagnes présidentielles, de 2002 à 2017.

  • L'histoire tragique de gens typiques de notre temps qui traînent leur vie de castration, d'inhibitions oedipiennes et qui encombrent leur psyché de désirs sexuels inconscients, de leur Moi névrotique, mais ils comprendront, petit à petit, que l'amour s'amène avec sa peine. S'ils élucident le "projet" de Fatima, peut-être apprendront-ils aussi que l'amour et le bonheur ne sont pas le but du voyage mais une façon singulière de voyager.

  • Cet ouvrage s'efforce d'explorer ce qui se passe dans la cure psychanalytique des enfants névrosés et de montrer que peut y être accompli avec eux un véritable travail analytique, comparable à celui qui est réalisé dans la cure classique des adultes névrosés. Il s'intéresse également à l'application du traitement analytique aux enfants qui présentent des pathologies non névrotiques et non exclusivement psychotiques et soutient qu'un modèle très différent de celui de la névrose doit y être utilisé pour parvenir à modifier favorablement et durablement les perturbations de leur fonctionnement psychique.

  • Ce livre est une partie d'un volume beaucoup plus ample de 1898 qui, en plus de Thomas de Quincey et Gérard de Nerval, opposait Ernst Theodor Amadeus Hoffmann et Edgard Allan Poe. Cette partie choisie par l'auteur suffit à mettre brillamment en lumière "l'irritante, humiliante et redoutable question, si souvent posée et jamais résolue, des rapports du génie et de la folie".

  • Alain Delbe poursuit l'étude de la dimension psychique de la voix, entamée par la publication en 1995 de son essai Le Stade vocal, aux éditions L'Harmattan. Il y présentait une conception de la construction de la subjectivité et de l'accès au langage centrée sur un stade où l'enfant reconnaît sa voix comme lui appartenant. Il s'est proposé ici d'approfondir cette exploration selon deux nouveaux axes : le premier concevant la voix comme un signifiant, et le second basé sur le dégagement d'un Moi vocal.

  • Jade, figurante prédestinée d'une histoire familiale, ô combien cruelle, décide de partir sur le lieu de ses origines, Hué. Psychanalyste, elle part explorer un monde inconnu qui résonne encore du bruit de la guerre. Accompagnée de l'auteur dans ce périple, ils parviennent au bord du "trou noir", de l'angoisse de non-origine et plongent dans l'inconscient originaire et ses mythes. Ils iront sur les lieux saints du bouddhisme, puis au Vietnam. Mais une rencontre vient vivifier leur recherche...

  • Une nouvelle perspective sur le social, c'est-à-dire sur les rapports sociaux, est proposée ici. Elle fait sa place à la subjectivité collective et individuelle. elle montre également comment l'investissement simultané dans le concret, le matériel, le corps, et dans le symbolique et l'imaginaire noue, dans l'échange réciproque, le social et le lien social. Cet investissement contribue également à créer et à recréer les actes et les oeuvres de la vie quotidienne et politique.

  • Une analyste voudrait transmettre à ses jeunes collègues ses années d'expérience, dire en même temps sa gratitude envers les Anciens, si inventifs. Les moments de quelques vies sont ici contés dans un style clair. Qu'on ne les lise pas comme des anecdotes ! Le respect inspire ces lignes. Des incidents imprévisibles, survenus dans la cure, comme autant de signes de vie, du dehors ou du dedans de la maison de l'analyste, le "cadre" étant strictement respecté, ont eu un effet mutatif. Des situations sont teintées d'humour et d'autres sont tragiques. La conviction d'une originalité de chacun, présente dans le premier ouvrage, Le Sentiment d'identité (L'Harmattan, 1987), se trouve ici plus élaborée. Le patient travail d'élaboration est centré sur la relation transférentielle et contre-transférentielle : de l'emprise à la surprise. Le lecteur lira ici l'oeuvre d'une vie de femme, d'analyste, d'écrivain.

  • La montée vertigineuse de cas d'anorexie a certainement une relation avec ce que les psychanalystes appellent "le déclin de la fonction paternelle" qui est en train de caractériser notre société. En regardant dans un miroir, l'anorexique vous dira que son corps est beaucoup plus gros qu'il ne l'est réellement. L'auteur se penche sur la relation problématique que l'anorexique entretient avec son image du corps réfléchie dans le miroir et en propose un nouvel éclairage.

  • La transversalité de la psychanalyse témoigne avec les neurosciences et le sociopolitique de « l'intelligence du corps » mise en forme par la notion d'empathie qui porte en elle-même la limite du soi et de l'autre, du singulier et du collectif. Peut-on parler du corps, ou des corps définis, dont la diversité des approches relationnelles interroge la sensibilité ? Si la conception de l'archaïcité fait sortir d'un dualisme psyché/matière, de quelle sensibilité s'agit-il ? Les auteurs se retrouvent autour des concepts qui animent le Collège International de Psychanalyse et d'Anthropologie (CIPA).

  • Ce livre tente d'apporter une contribution scientifique originale concernant l'enfant adopté (au sens générique). Après avoir brossé quelques caractéristiques psychanalytiques essentielles et fait référence aux fantasmes des origines et à la recherche de filiation chez l'enfant adopté, l'ouvrage débouche amplement sur le concept d'abandonnisme.

  • "Les attentats terroristes de Paris et Bruxelles ont placé la panique au premier rang de la scène publique. Ces meurtres de masse ont tétanisé le corps et désorganisé l esprit de maints rescapés et proches des victimes. Certains individus entretiennent un tout autre rapport avec la panique. Ils font des crises d angoisse paroxystique en l absence de toute expérience stressante ou catastrophique. De quels rouages inconscients ces foudroyants assauts de subjectivité sont-ils le fruit ? L expérience du divan peut-elle permettre de déconstruire l horreur panique ?"

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