L'harmattan

  • Après une entrée fracassante sur la scène politique lors du procès Blaise Diagne, l'ancien tirailleur sénégalais Lamine Senghor se lance corps et âme dans le combat anticolonisaliste jusqu'à sa mort prématurée en 1927. Ce livre rassemble pour la première fois ses écrits dispersés, dont La violation d'un pays (1927), allégorie anticolonialiste d'une violence étonnante.

  • Les dénonciations des scandales nés des relations entre la France et le continent africain ne sont pas neuves. Dès la conquête, ce qui se passait aux colonies était scandaleux : népotisme, corruption, prévarication, incompétence... tous les vices de la République se répandaient outre-mer, créant une vraie pétaudière ! Le réquisitoire d'A. H. Canu n'épargne personne, ni la Marine, ni le tout nouveau ministère des Colonies, ni le lobby colonial et son personnage emblématique Eugène Étienne.

  • Il n'est aux Antilles françaises nul récit d'esclave, seuls restent les témoignages des maîtres. Louis-Xavier Eyma est l'un de ceux-ci, dans ses nouvelles il présente l'univers plantationnaire. Son oeuvre, Les peaux noires (1857), s'inscrit dans le contexte de l'anthropologie contemporaine centrée sur les races humaines, sa fréquentation des Noirs et des gens de couleur remédiant sans doute à ce que le discours métropolitain avait de fantasmatique. Ce livre constitue une sorte d'ultime plaidoyer sinon en faveur de l'esclavage au moins de ceux qui le pratiquèrent.

  • Voici la première réédition des Veillées des Antilles de 1821, recueil de nouvelles sentimentales de Marceline Desbordes-Valmore, écrivain plus connu aujourd'hui pour sa poésie que pour sa prose. Elle figure parmi les nombreux romantiques qui se sont intéressés à la condition des Noirs au moment de la renaissance de l'abolitionnisme en France en 1820. Le souvenir du passé esclavagiste de la France sous-tend le recueil, inspiré de son voyage tragique aux Antilles en 1802 ; ces mêmes souvenirs transpercent dans ses lettres et des poèmes, dont un choix est inclus en annexe.

  • Avec le colonel Monteil et le capitaine Marchand, le lieutenant Baratier traverse la forêt vierge de la Côte d'Ivoire à la recherche de leur principal ennemi, le grand chef Samory. Le récit de cette aventure vouée à l'échec s'accompagne d'autres histoires militaires, dont les tirailleurs "sénégalais" sont les héros comme leurs officiers blancs, tous dotés d'un sens aigu de l'honneur et prêts à mourir pour la France.

  • Le regard extraordinaire que Lafcadio Hearn a porté sur la Martinique justifie amplement la présente réédition. L acuité de sa perspective s explique non seulement par ses origines hybrides et son statut d étranger, mais aussi par sa culture de francophile et sa profonde fascination pour les Tropiques. Hearn, fin portraitiste de la Martinique du XIX siècle finissant, propose un témoignage séduisant surtout par son savant mélange de registres, notamment ceux de l artiste, du folkloriste, du conteur et de l ethnographe.

  • En France entre le XVIe siècle et le XIXe siècle, la vision de l'individu doté d'une liberté formelle fut confrontée à l'existence de l'esclavage aux colonies, en particulier lorsqu'à partir de 1716 une exception au principe du sol libre fut octroyée aux planteurs qui souhaitaient amener en métropole leurs esclaves domestiques. Tout un appareil juridique dut être créé pour accommoder cette exception. Le présent ouvrage cherche à illustrer les différentes étapes que prit cette recherche d'un équilibre entre liberté et esclavage.

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  • Albert Baratier (1864-1917) , officier de cavalerie dans l'armée d'Afrique et dans l'armée métropolitaine, est acteur des grandes missions militaires confiées aux troupes coloniales en Afrique noire, en particulier celle du commandant Marchand, "de l'Atlantique à la mer Rouge". Précurseur échappant aux clichés réducteurs, soldat au destin brutalement interrompu, il est un témoin majeur de la constitution de l'empire colonial français et une des grandes plumes de la littérature militaire.

  • "Qui s'attendrait à voir l'Opéra-Comique s'emparer de la question de l'esclavage ? En 1842, alors que s'avivent les débats autour de la situation des esclaves dans les colonies et de la répression de la traite négrière, Eugène Scribe écrit un opéra-comique dans lequel « un jeune homme élevé en France, loin de ses parents, qu'il ne connaît pas, a lieu de croire qu'il est d'une famille noble. Il revient dans la colonie et par bonheur retrouve sa mère. Mais il est reconnu par un esclave et vendu au profit du gouvernement suivant le code noir. » (Edith E. Lucas) L'opéra-comique aurait-t-il contribué à bouleverser les consciences ? - - "

  • "La Case de l'oncle Tom, drame de Philippe Dumanoir et Adolphe D'Ennery (Paris, théâtre de l'Ambigu-Comique, 18 janvier 1853), est l'une des trois adaptations théâtrales, en France, du roman d'Harriet Beecher Stowe. Participant de la « tommanie » qui, après les États-Unis, a gagné l'Europe au cours de l'année 1852, c'est la pièce qui, de l'avis de tous, véhicule le mieux l'esprit abolitionniste du roman - et c'est elle qui jouit du succès et de la faveur du public. Théophile Gautier en témoigne parmi d'autres. Or, tout en se réclamant de l oeuvre originale dont ils ont conservé le titre, les deux dramaturges ont pris bien des libertés avec la fiction romanesque. Où réside alors la proximité avec le roman américain ?"

  • "Cet ouvrage met en scène un dialogue entre « Timée », ancien administrateur colonial à la retraite, et « Ergaste », jeune aspirant à la carrière coloniale. La forme dialoguée permet à Hardy, à travers les questions innocentes d'« Ergaste », de corriger ses présuppositions sur la nature du colonialisme à la française et le travail de l'administrateur, et d'esquisser un portrait plutôt idéalisé de l'oeuvre colonisatrice de la France, le tout à fort caractère autobiographique."

  • Félix Eboué, Grand Commis et Loyal serviteur est un des derniers ouvrages publiés par René Maran (1887-1960). Maran y retrace l'itinéraire et la personnalité de son ami Félix Eboué (1884-1944), utilisant beaucoup de lettres inédites. Né à Cayenne, administrateur des colonies en Afrique centrale, secrétaire général des Gouvernement de la Martinique et de la Guadeloupe, puis en 1939, gouverneur du Tchad, Félix Eboué fut nommé en 1941 par le général De Gaulle Gouverneur général de l'AEF et Compagnon de la Libération.

  • Arrivés en Guadeloupe en 1840, l'abbé Casimir Dugoujon s'élève contre le système esclavagiste, dénonçant les châtiments, sévices physiques et humiliations morales que subissent les esclaves. Contraint de quitter la colonie, il publie en 1845 des Lettres sur l'esclavage dans les colonies françaises avant d'être nommé en 1848, préfet apostolique de la Guadeloupe. Dugoujon exprime alors sa désapprobation quant à la nouvelle politique coloniale mise en oeuvre dès le lendemain de l'abolition de l'esclavage. Voici un corpus inestimable sur la période de l'esclavage mais aussi sur celle de l'abolition.

  • En dépit de l'Angleterre qui a aboli la traite négrière en 1807 et imposé à l'Europe au traité de Vienne de l'imiter, l'infâme trafic se poursuit illégalement entre l'Europe, la côte d'Afrique et la mer des Caraïbes. En France, des « amis de l'humanité » fondent en 1822 un Comité pour l'abolition de la traite des Noirs. Grâce au Journal de la Société qui dénonce le commerce du « bois d'ébène » et rend compte des pétitions, nous pouvons suivre les étapes du combat abolitionniste jusqu'à la loi de mars 1831.

  • Faire disparaître la traite négrière d'abord, abolir l'esclavage ensuite, la leçon des abolitionnistes anglais a été entendue par les membres de la Société de la Morale chrétienne : le Comité est devenu en 1828 Comité pour l'abolition de la traite et de l'esclavage et, plutôt que de se référer encore à l'exemple anglo-saxon, il recueille les expériences ou les témoignages venus des colonies françaises pour faire pièce au lobby esclavagiste des planteurs.

  • C'est une femme, Charlotte Adélaïde Dard, qui la première a offert une vision de l'Afrique noire au public français du 19ième siècle. Elle est sans doute aussi une des seules à avoir survécu à un naufrage et à le rapporter dans un livre. Ouvrage hétéroclite, composé de scènes sentimentales et personnelles, de relations de faits historiques et politiques, de descriptions géographiques et anthologiques du Sénégal, ce livre décrit la classe moyenne colonisatrice à laquelle l'auteure appartient, les conditions matérielles et politiques de la colonisation en Afrique au 19ième siècle, et les rapports entre Noirs et Blancs.

  • Grand Prix de la littérature coloniale en 1925, ce récit est une histoire vraie. L'auteur, commerçant et prospecteur minier, a tenu un journal intime pendant un séjour prolongé en Afrique Equatoriale. Ayant laissé son épouse en France, il raconte son "mariage à la mode du pays" avec Mambu qui révèle une sensibilité et une subtilité bien attachantes mais peu courantes dans la littérature coloniale.

  • "Pendant l hiver 1936, l auteure de ce reportage noue des amitiés parmi les Tunisiennes qui lui demandent de plaider la cause de leur émancipation ; celle-ci en revanche est contestée dans son principe même par la plupart des hommes de leur pays. Lucie Paul-Margueritte a le courage de ses opinions : ""Mon opinion est que l évolution de la Tunisienne se fera et, tout au fond de vous-même, vous la voulez tout en la redoutant. Cette évolution se poursuivra en dépit des nationalistes et des traditionnalistes.""

  • Découvrez Ecrits sur la littérature coloniale, le livre de Marius-Ary Leblond. Le nom de plume Marius-Arp Leblond cache deux cousins originaires de la Réunion, Georges Athénas (1877-1953) et Aimé Merlo (1880-1958). Au début du XXe siècle, ils se font praticiens, mais aussi historiens, critiques et théoriciens d'une catégorie littéraire à construire : la littérature coloniale de langue française. Introuvables depuis longtemps et réunis ici pour la première fois, leurs écrits sur la littérature coloniale présentent un intérêt triple. Les historiens de la littérature apprécieront des renseignements bio-bibliographiques : le critique littéraire trouvera des jugements pertinents sur maints ouvrages de l'ère coloniale, nourris de contacts personnels avec leurs confrères d'outre-mer et de convictions esthétiques partagées. Quant à la " théorie " coloniale, elle garde pour nous un intérêt documentaire incontestable : matière à déconstruire pour l'historien ou le théoricien de la postcolonialité, elle laisse apercevoir les rouages d'une logique devenue opaque, qu'il convient d'élucider.

  • L'année 1789 a été caractérisée par un débat serré pour et contre la traite et l'esclavage des Noirs, et par la publication d'un grand nombre d'ouvrages les concernant. Le long roman de Lavallée a le mérite de plaider la cause antiesclavagiste en mettant

  • Ce livre retrace l'assassinat du capitaine Cazemajou et de son interprète français, Olive, à Zinder, sur ordre du sultan Ahmadou May Roumji. Comment la décision de tuer a-t-elle été prise ? Pour quels motifs plausibles ? Quels tensions et désaccords existaient aussi bien parmi les sujets du sultan que parmi les Français ? Abdoulaye Mamani propose sa vision de l'affaire.

  • Maïotte décrit avec truculence l'intimité de l'aristocratie blanche de Saint-Pierre. Alternant burlesque et tragique, cette histoire dévoile sa mentalité à travers ses interactions avec les domestiques noirs et les étrangers à l'île. Jenny Manet évoque le mieux le génie et l'esprit du pays et de la culture de l'époque. Dans Maïotte, les descriptions " ethnographiques " du spiritisme ou du quimbois, du carnaval ou encore des marchandes, soulignent la richesse et la complexité de cette fin de siècle.

  • Albert Sarraut fut l'un des maîtres-penseurs du colonialisme de la période de l'entre-deux-guerres. Cet ouvrage de 1931 est l'un des meilleurs exemples de la justification du colonialisme français : il touche à tous les impératifs coloniaux de la France, du tournant du siècle aux débuts de la décolonisation. C'est essentiellement Sarraut qui façonna le langage avec lequel les Français parlaient de leur empire colonial.

  • L'action de Le Tremblement de terre de la Martinique, de Lafont et Desnoyer (1840), se situe dans un hors-texte d'interventions et d'expansion coloniale que la France mène à l'époque. Elle souligne les différences et les liens entre la législation et l'opinion en France et en Martinique sur l'abolition de l'esclavage. Elle emploie la géographie de la Martinique de manière symbolique pour mettre en scène les tensions raciales qui risquent à tout moment de mener à un séisme d'une tout autre nature qui entraînerait, lui aussi, la ruine de la colonie.

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