Sciences humaines & sociales

  • En avril 1454, le roi Charles VII ordonne la rédaction officielle des coutumes, sous son autorité royale.
    En se posant ainsi comme un bon législateur, réorganisateur du droit du royaume, Charles VII s'inscrit dans une longue tradition, au moins symbolique, qui veut que le roi soit garant de la justice et du droit, d'un point de vue moral comme juridique, qu'il soit donc une "fontaine de justice". Les modèles sont fournis par l'histoire, profane ou biblique, imaginaire ou réelle : Saint Louis ne fut pas seulement l'image d'un souverain rendant la justice devant son peuple ; il fut aussi législateur, promulguant de nombreuses ordonnances et patronnant des ouvrages à caractère éminemment juridique.
    Mais c'est sans doute avec Philippe IV le Bel et la montée en puissance des légistes qu'un tournant fut pris en France dans la conscience forte que le roi était par excellence, sous le regard de Dieu; le dispensateur de la justice, l'organisateur du droit. La justice devient ainsi l'une des grandes prérogatives royales, phénomène que favorisent l'uniformisation progressive des pratiques juridiques et du droit et l'affirmation toujours plus forte du pouvoir royal.
    C'est donc la figure du roi "fontaine de justice", et plus largement les relations entre justice et pouvoir royal, qui sont étudiées ici, d'un point de vue tant historique que juridique et littéraire, dans les sources documentaires, les textes théoriques et politiques, la littérature, au Moyen Age et à la Renaissance.

  • Pendant une soixantaine d'années, Bourges est le cadre d'un phénomène spectaculaire : de l'arrivée d'Alciat, en 1529, à la mort de Cujas, en 1590, l'enseignement qui y est donné par les plus grands humanistes du temps fait affluer de partout en Europe des auteurs remarquables et des étudiants destinés à devenir célèbres (parmi lesquels Calvin, Le Caron ou Du Fail), consacrant la ville et son université comme un des plus importants foyers de culture du XVIe siècle. Rabelais ne s'y trompe d'ailleurs pas et y fait étudier Pantagruel « bien long temps » en la faculté des lois.
    L'émergence et le déploiement d'une nouvelle pratique du droit (initiée par le commentaire d'Alciat du De verborum significatione consacré à l'étude du droit, non tel qu'il est prescrit, mais tel qu'il se dit) influencent plus largement les études littéraires et la littérature elle-même puisque, pour le droit comme pour les lettres, ce sont les questions du commentaire, de l'interprétation et de l'explication des textes qui sont au coeur de cette innovation pédagogique.

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  • Combien de Renaissances...? Une seule - celle qui débute à la fin du XIVe siècle en Italie et touche la France au XVIe siècle -, autrement dit " la " Renaissance ? Ou bien celle-ci fut-elle précédée de Renaissances médiévales, en particulier à l'époque carolingienne et au XIIe siècle ?.
    Plus généralement, peut-on affirmer l'unicité de la Renaissance, doit-on au contraire envisager l'existence d'une pluralité de Renaissances à travers les époques et les cultures, ou encore faut-il mettre en question le concept même de Renaissance, aussi confortable que trompeur en regard d'une réalité nécessairement plus complexe ? Ce livre se donne comme objectif de croiser les points de vue de spécialistes du Moyen Age et de la Renaissance sur ces questions, en particulier par la confrontation de leur perception à celle des contemporains des époques concernées.
    A travers l'interrogation sur la légitimité et la pertinence de la notion de Renaissance(s), sur la réalité et l'idée qu'elle recouvre, sur le mot, sa majuscule et son pluriel, ce sont des enjeux essentiels qui se font jour. De manière implicite, la réflexion porte sur les racines de l'Europe moderne chrétiennes, ou humanistes, ou les deux à la fois - mais aussi sur l'existence ou non d'un processus de civilisation unique dont la Renaissance serait un moment essentiel, et donc sur les questions du relativisme culturel et de l'universalité.

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