Karthala

  • Née dans le sillage d'Hergé, la bande dessinée dite "franco-belge", qui s'est imposée par le biais des hebdomadaires Spirou et Tintin , a largement fait écho aux préjugés coloniaux. Le cas de Tintin au Congo , publié en 1930, est assez bien connu. Le présent ouvrage analyse la production franco-belge de manière plus générale, pour faire notamment ressortir des convergences.
    A travers la bande dessinée franco-belge "classique", se dévoile tout un imaginaire colonial, qui fait écho à l'idéologie officielle développée outre-Quiévrain, mais aussi à des romans ou au cinéma. Le lecteur observera cependant que le genre étudié, imprégné de valeurs catholiques et scoutes, cultive parfois un idéal de fraternité entre les peuples et de rejet des préjugés.

  • Les Africaines du XXIe siècle ne restent pas recluses sur des territoires connus : la maternité qui semble les définir et la cuisine où elles passent du temps.
    Pour faire face aux problèmes de survie quotidienne, elles se donnent le droit de penser par elles-mêmes, de concevoir, d'imaginer des solutions, de prendre des initiatives. Elles bravent les barrières et les obstacles en "attachant leurs pagnes". Au coeur de l'Afrique en crise, théâtre de mille conflits, elles sont prêtes à prendre leurs responsabilités et à jouer un rôle de premier plan y compris en économie et en politique.
    Dans une mosaïque de situations multiples, Tanella Boni nous offre ainsi un tableau contrasté des femmes africaines, comme le sont elles-mêmes les Afriques. Un avenir s'y dessine, celui du courage et de la recherche d'un destin qui ne soit pas écrit de toute éternité.

  • Fruit de deux ans et demi d'enquête sur le terrain, au Togo, l'ouvrage de David Guyot constitue la première contribution à une sociologie du métissage en Afrique.
    Mais l'intérêt de ce travail semble se situer au-delà du seul champ africaniste, en ce sens qu'il est peut-être avant tout une réflexion sociologique sur l'apparence corporelle : comment se construit la connaissance que nous avons des autres à travers en particulier la perception de l'identité corporelle. L'auteur s'aventure ainsi pas à pas sur ce terrain, rarement abordé en sociologie, des rapports complexes qui existent entre la culture et le biologique, entre la pensée et le corps, en évitant les écueils d'une théorie culturaliste.
    S'appuyant sur une méthodologie quantitative complexe, mais aussi sur une grande sensibilité interactionniste dont les références passent élégamment de Goffmann à Bourdieu, l'analyse invite ainsi le lecteur, au fil des pages, tant à déconstruire l'image convenue du métissage qu'à réfléchir à ce que l'auteur appelle le " racisme ordinaire ", celui, non nécessairement dramatisé, qui pourrait se trouver au fondement même de toutes les identités.

  • Parmi les personnes qui, la nuit, peuplent les centres d'hébergement d'urgence, les immigrés et, en leur sein, de nombreux sans-papiers sont en proportion considérable.
    Présence massive et néanmoins discrète qui force la curiosité : qui sont ces gens ? quelle est leur histoire ? comment se voient-ils et comment voient-ils la société d'accueil oú ils se trouvent exclus ? a partir d'entretiens effectués auprès d'africains hébergés en centres d'urgence emmaüs, cette étude tente de comprendre la façon dont ils répondent à leur situation spécifique et comment celle-ci les affecte.
    Se dessinent alors, au fil des paroles recueillies, leurs trajectoires individuelles qui rencontrent et révèlent les mouvements globaux de nos sociétés. contraints à faire face au vide relationnel qui est le lot de tous les sdf, mais aussi aux différents regards qui les jugent, ces individus développent alors, chacun à sa manière, des stratégies caractérisées par la pluralité. pluralité des appartenances, des références, ouverture au monde à travers les représentations que ces africains sdf se font d'eux-mêmes et de leur environnement.

  • Voici enfin un livre sur la Libye vue de l'intérieur et vécue en direct. En effet, Maria Graeff-Wassink qui en est l'auteure a résidé à Tripoli de mai 1982 à juillet 1985. Alors que la Jamahiriya révolutionnaire existait depuis dix ans déjà, elle y a assumé un double jeu de rôles : cumulativement comme épouse de l'ambassadeur de France à Tripoli et comme déléguée permanente d'une importante organisation internationale : la Fédération Mondiale des Villes Jumelées-Cités Unies - FMVJ. Ce double regard lui a permis d'aller à la rencontre de milieux libyens très divers et en pleine mutation, d'analyser le système jamahiriyen, ses utopies et ses problèmes, finalement d'aller à la découverte d'une « Libye derrière les rideaux ».

    Elle a choisi de présenter ce vécu sous la forme d'une quinzaine de chapitres. S'y enchaînent, comme dans un scénario, des tableaux parfois drôles de la vie diplomatique et, dans un ordre chronologique, les événements significatifs de l'évolution politique, économique et sociale de la Libye révolutionnaire.

    Ce livre se lit comme un roman. Il jette sur la société libyenne une lumière différente et riche d'enseignements. Pour faire suite au présent ouvrage, l'auteure annonce un deuxième tome, en cours d'écriture, consacré à la période 1985-2011 durant laquelle elle a séjourné à de multiples reprises en Libye à la faveur d'occasions très variées.

  • Avec un courage, une détermination et une intelligencehors du commun, Nzingha, reine d'Angola au XVIIe siècle (1582-1663), s'efforça de repousser les Portugais qui voulaient envahir son royaume. Trop peu connue en Occident, la personnalité de la souveraine est devenue pour les Africains une incontournable héroïne, symbole de la résistance aux oppressions coloniales. L'ouvrage relate cette épopée fondatrice de l'identité angolaise qui n'a rien à envier à la chevauchée de Jeanne d'Arc et fait la lumière sur la personnalité d'une femme qui sut montrer toutes les qualités d'un chef d'État dans l'une des guerres les plus dures que connut l'histoire du continent.

    Les missionnaires, témoins de ce premier conflit colonial, en font le récit en présentant les Africains comme relégués dans les ténèbres de la barbarie. Au prisme de la culture chrétienne de l'époque, ils décrivent les Angolais comme des cannibales gorgés de chair humaine et de sang, véritables disciples de Satan qui aurait installé son empire au coeur de leur royaume. Si le chrétien du XVIIe siècle pouvait encore placer le Paradis terrestre, perdu par Adam, aux limites du monde asiatique, le discours théologique, lui, indiquait son symétrique infernal en Afrique.

    Ces premiers récits initient une longue série de discours racistes qui vont perdurer jusqu'au début du XXIe siècle. Dans cette trajectoire, l'auteur dénonce les contre-sens toujours véhiculés par le pessimisme de bon nombre de nos contemporains sur un continent qui, bien au contraire, est porteur de vastes espoirs.

  • Jacques Giri nous introduit dans le monde de la Coopération en partant de son itinéraire personnel. Il a en effet consacré l'essentiel de sa vie professionnelle à l'aide au Développement, en premier lieu dans les pays de l'Afrique au sud du Sahara. Son récit commence dans les années 1950, au sortir d'une solide formation scientifique à l'Ecole polytechnique, puis à l'Ecole des Mines. C'est une période charnière du XXe siècle où le monde connaît le grand basculement de la décolonisation et la naissance d'un ensemble de pays qu'on appellera pour un temps le Tiers monde. C'est le temps de la conférence de Bandung et celui de l'avènement d'une grande espérance pour les pays dominés.

    Du Gabon au Sahel, de la Thaïlande aux Philippines, Jacques Giri découvre les réalités des pays du Sud, qui, pour certains d'entre eux, deviendront des pays émergents. Enquêtes de terrain, missions spécialisées et l'écriture d'une dizaine de livres vont faire de Jacques Giri un acteur et un penseur de référence sur les questions du développement. Son passage pendant dix ans au ministère de la Coopération et ses activités dans le cadre des aides onusiennes et européennes lui fournissent l'occasion de nous livrer de savoureuses et pittoresques histoires sur les événements et les hommes.

    Au fil de ses investigations personnelles, Jacques Giri nous offre ainsi une histoire de la Coopération internationale de ces cinquante dernières années. Il propose en conclusion une lecture des nouvelles relations Nord-Sud, issues de l'effondrement des blocs et de la montée fulgurante des pays émergents.

    De cet ouvrage d'histoire et de mémoire se dégagent des vues clairvoyantes et le sentiment qu'en ces premières années du XXIe siècle, les hommes peuvent reprendre leur destin en main et trouver de bonnes décisions pour surmonter la crise financière, réduire la pauvreté et mieux partager les biens mondiaux.

  • Pendant plus de vingt-cinq ans, l'auteur s'est penché sur l'institution de la chefferie africaine et l'a étudiée dans tous ses aspects : juridiques, sociaux et politiques.
    Il en a également retracé les aspects économiques et religieux. Le point central de cet ouvrage est l'analyse de la situation actuelle de la chefferie africaine à l'exemple du Togo. Cette analyse place le lecteur au coeur des démêlés conflictuels de l'Afrique contemporaine. Elle nous brosse de cette institution un tableau qui, tout en tenant remarquablement compte de la dimension historique, de la richesse des facettes et des attenants de la chefferie, constitue une histoire et une analyse de l'Etat africain à notre époque et depuis l'époque coloniale.
    C'est une histoire du Togo, une histoire contemporaine en même temps qu'une analyse des immenses difficultés auxquelles se voit confronter l'Etat africain postcolonial.

  • La Succession.
    En Côte d'Ivoire, on en parle dès les premières années de l'indépendance. Le président Houphouët-Boigny lui-même y avait fait allusion, tandis que Philippe Yacé, secrétaire général du Parti démocratique africain de Côte d'Ivoire, avait révélé que beaucoup demandaient ce qui arriverait " après le Président Houphouët-Boigny "... C'était en 1965.
    La conviction profonde de Jacques Baulin, l'auteur de ce livre, c'est que Félix Houphouët-Boigny a cherché à préparer le terrain pour un dauphin qu'il avait choisi depuis fort longtemps en la personne de Henri Konan Bédié.
    Celui-ci sera couvé un quart de siècle durant, pour des raisons qui restent brumeuses et en dépit d'innombrables vicissitudes qui, sous d'autres cieux, auraient amplement suffi à une élimination politique. Ce livre se présente comme le récit argumenté et détaillé de cette prodigieuse stratégie de F. Houphouët-Boigny pour promouvoir l'ascension de Henri Konan Bédié à la présidence de la République de Côte d'Ivoire.
    Lors de sa première édition sous la marque Eurafor-Press, en 1989, la classe dirigeante ivoirienne n'ignora pas le livre de Jacques Baulin.
    Pour tourner l'interdiction de vente dans les librairies d'Abidjan, beaucoup d'Africains venaient s'approvisionner directement chez l'auteur, à Paris. Avec cette nouvelle édition introduite par Gilbert Comte, eux-mêmes, leurs fils et leurs filles pourront redécouvrir cette tranche d'histoire en une période pleine de défis et d'inconnues pour leur pays !

  • Après son livre Destination Madagascar, Jean-Pierre Hammer nous présente Ravao, potière malgache des Hauts Plateaux. C'est une plongée dans la vie quotidienne d'un petit village aux maisons en briques de latérite, cette terre rouge qui a donné son surnom à la Grande Ile de l'Océan Indien.
    Un livre chaleureux, fraternel et pittoresque riche en photos surprenantes, pour tous ceux qui désirent découvrir - loin des clichés touristiques - un coin de vie et d'artisanat authentiques à Madagascar...

  • Le 19 mars 2000, le Sénégal réussissait dans la paix un changement de régime politique après des élections au suffrage universel.
    Pour beaucoup, ce pays, qui dispose d'une élite intellectuelle, artistique et politique réputée et de nombreux cadres de haut niveau, est devenu un pays politiquement émergent. Mais qu'en est-il de son émergence économique ? Dans Le Sénégal, un lion économique ?, Mamadou Lamine Diallo, en observateur averti, nous rappelle les acquis et les points forts du Sénégal, et aborde les conditions de son entrée dans l'économie de marché.
    Emprunté à l'imagerie développée dans Afrique 2025. Quels futurs possibles pour l'Afrique ? (publié chez Karthala par Futurs africains), le titre de l'ouvrage rappelle les images du dragon et du tigre qui ont caractérisé les pays émergents d'Asie. Inspirant le respect, pour la modernité de son modèle politique, le Sénégal saura-t-il emprunter résolument les chemins de la compétitivité et développer, pour ce faire, les indispensables conditions économiques et sociales ?


  • si le pouvoir politique en europe et en asie du sud-est a historiquement récupéré les symboles religieux pour fonder sa légitimité de médiateur entre le monde terrestre et le monde céleste, rien de tel ne s'est produit dans la version sunnite de l'islam moyen-oriental.
    très tôt, la conscience musulmane, iconoclaste et farouchement égalitaire, a suspecté dans l'état une structure idolâtre ; très tôt elle a cherché à lui dénier toute prétention à jouer le rôle de médiateur, ou à prétendre refléter un ordre autre
    que l'ordre mondain. comment cette entreprise a-t-elle été menée jusqu'à son terme et par quels moyens ? avec quelles conséquences ? c'est en croisant les trois histoires de l'état dans ces trois aires culturelles, ainsi que les théologies politiques qui les ont accompagnées, que la réponse est venue en même temps que la certitude qu'aucun état ne peut se constituer dans un vide religieux total, entendu un iconoclasme total.
    la surenchère actuelle sur " l'état
    musulman " est la pièce maîtresse où se joue le drame obscur de la conscience arabo-musulmane dans sa quête impossible de fixer l'état sur un socle religieux inexistant, parce que sapé par l'iconoclasme. dans les aires occidentale et malaise, anciennement travaillées
    par l'idéologie indo-européenne et indo-bouddhiste, le lien religieux, nonobstant ses métamorphoses, a été maintenu.
    et c'est en cela que réside leur capacité réelle d'organiser aussi bien l'exercice du pouvoir que celui de la liberté. au moyen-orient, la rupture du lien religieux a rendu la liberté fatale au pouvoir et le
    pouvoir fatal à la liberté.

  • Deux mondes s'affrontent à La Réunion jusqu'en 1939.
    Les maîtres du jeu économique (gros propriétaires fonciers, la plupart usiniers, moyens propriétaires, gros commerçants, quelques membres des professions libérales) usent de la fraude pour rester les maîtres du jeu politique qu'ils contrôlent depuis que le suffrage universel masculin existe. La couche des défavorisés composée de tous les petits (planteurs, colons, ouvriers des champs, haleurs de pioche, coupeurs de canne, dockers, cheminots, ouvriers d'usines, becqueurs de clé) est confrontée à la même réalité de misère et souhaite que les réformes sociales entreprises en métropole trouvent droit de cité à La Réunion.
    En adoptant en 1936 le slogan " La Réunion - département français ", les travailleurs syndiqués du second monde, soutenus par des fonctionnaires, manifestent un fort désir de changer leurs conditions de vie. Les forces conservatrices ont plus que jamais peur de perdre leur ascendant sur eux et surtout de devoir payer de nouveaux impôts. L'épreuve de la Seconde Guerre sert-elle finalement la cause des plus humbles ? C'est ce que tente d'analyser Prosper Eve dans cet ouvrage.

  • Autrefois, les féticheurs ne faisaient de mal à personne, mais si tu allais les provoquer, ils te le faisaient payer.
    C'était ce qu'il y avait de bien dans le fétichisme. A présent, la plupart des jeunes sont ignorants, ils font des querelles aux autres, ils prononcent des malédictions : " Je vais te tuer ! ", alors qu'ils ne connaissent rien. Ce genre de personnes, si tu leur transmets de bonnes connaissances, il tuent beaucoup de gens qui ne leur ont rien fait. C'est pourquoi les vieux ne veulent pas donner de bonnes connaissances, et beaucoup meurent en emportant leur savoir.
    Un jeune qui ne fait pas de mal aux autres, il peut obtenir des connaissances auprès des vieux, petit à petit. Et si ces vieux ont confiance en lui, s'ils voient que c'est quelqu'un de simple, il peut apprendre beaucoup. Mais des jeunes comme ça, il n'y en a plus beaucoup aujourd'hui. Dès qu'ils ont un tout petit peu de connaissances, ils s'en vont n'importe où vendre des remèdes, gagner de l'argent, et ne tiennent plus du tout compte de toi, qui leur as donné ces connaissances.
    Le savoir s'apprenait autrefois dans le respect, ce n'était pas une question d'argent. Maintenant, c'est l'argent qui compte, c'est ce qui fait que beaucoup de choses n'ont plus de force, et qu'il y a partout des gens qui ne disent que des mensonges. Ce qui fait l'intérêt de ces chroniques, c'est surtout qu'elles donnent à voir in situ, et sans la présence d'aucun observateur étranger, forcément perturbateur, comment, dans un village des environs de Ségou, on vit avec les maléfices, les malédictions, la sorcellerie, les amulettes, et tous autres procédés, croyances ou objets " magiques ".
    Comment ceux-ci se mêlent aux jeux de pouvoir, d'argent, d'amour, aux relations de famille et de travail, à la maladie et à la mort. Mais aussi comment ils soulignent et parfois révèlent, au-delà des enjeux et calculs individuels, et au-delà du village - qui pourrait être autre et autre part - les principes fondamentaux, les éléments obsessionnels de la société malienne

  • Cahier photos couleur de 16 pages.
    Ce livre propose de découvrir le football en Afrique du Sud, à travers le quotidien d'un club de football africain amateur : le Mighty 5 Star, club réputé de Kayamandi, township de la ville très rugbystique de Stellenbosch, située dans la province du Cap occidental. Reconnu comme l'un des trois sprots nationaux depuis 1994, célébré par la coupe du monde 2010, le football est un symbole de la culture de la majorité noire du pays.
    Menée entre 2005 et 2009, cette enquête ethnographique décrit comment ce sport participe diversement à organiser la vie du township. Comme beaucoup d'associations oeuvrant dans ces quartiers pauvres, il tisse des solidarités mais il suscite aussi, de par son essor actuel, l'espoir d'une ascension sociale.

  • Le Tchad est l'un des derniers États africains à être entrés dans le cercle restreint des pays pétroliers. C'est en effet le 15 octobre 2003 que fut mis sur le marché le premier baril de pétrole en provenance du bassin de Doba dans le Logone Oriental. Remadji Hoinathy nous livre ici un ensemble d'informations sur la découverte des gisements, sur les étapes qui ont abouti à la création, dans les années 1990, d'un consortium de compagnies pétrolières, sur la mise en place des infrastructures et du pipeline Tchad-Cameroun, sur la coopération internationale qui a accompagné l'évolution du projet auprès du gouvernement tchadien et, notamment, de la Banque mondiale. L'auteur a focalisé son étude sur le canton de Béro situé au coeur du bassin. Il observe et analyse le changement social survenu depuis le lancement du projet. Dans la zone, les installations pétrolières et leur entrelacement avec les champs, les villages et les troupeaux sont les premières réalités qui attirent l'attention. L'argent est arrivé de manière substantielle grâce aux compensations versées aux paysans et aux salaires mensuellement perçus par ceux qui travaillent pour le projet. Dans une économie agraire, avec des niveaux de revenus relativement peu élevés, cela a bouleversé nombre de manières de faire. Une institution comme le mariage, caractérisée par le versement de compensations matrimoniales, a connu des modifications profondes. Cette monétisation n'a pas épargné les réseaux de parenté et les rapports de pouvoir dans la société. Fondé sur une démarche ethnographique et plus largement socio-anthropologique, le livre s'appuie sur des entretiens approfondis, des observations participantes, des interviews libres ou semi-directives. Cette enquête permet non seulement de découvrir les nouvelles logiques sociales du Tchad, mais aussi de comprendre les changements de vie en milieu rural et pétrolier.

  • Au tournant des années 1960, le monde connaît de grands changements dont le moindre n'est pas celui de la décolonisation. Après l'Asie, les peuples d'Afrique accèdent à l'indépendance. Plus largement, les femmes et les hommes aspirent à prendre davantage en main leur destin. Les sociétés antillaises sont particulièrement parties prenantes de ce mouvement. À côté d'une prise de parole plus libre, se fait sentir le besoin de débats, d'informations et de formation. C'est dans ce contexte, qu'à l'initiative de personnalités martiniquaises (enseignants, médecins, travailleurs sociaux et médico-sociaux) est créé le Centre d'études, de documentation, d'information familiale et de formation, bien connu sous le nom de CEDIF.

    Face à des questions nouvelles comme celle de la limitation des naissances, les couples et les familles ont besoin de formation. L'article 2 des statuts du CEDIF décrit l'un de ses objectifs comme celui « d'aider les familles de la Martinique à résoudre les problèmes psychologiques et sociaux susceptibles de nuire soit à l'harmonie du foyer, soit à l'éducation des enfants ».

    À partir de 1965, le CEDIF travaillera dans trois directions : la formation à la connaissance de soi et à la relation aux autres ; la conscientisation et la responsabilisation qui entraînent une nouvelle conception de la relation d'aide ; les questions autour de l'éducation à la vie et à la sexualité ; les techniques de dynamique de groupe et de conduite de réunions. Il interviendra au sein d'institutions, comme l'Éducation nationale, les associations sociales et médicales, et même l'Église catholique. De nombreuses personnes formées par le CEDIF poursuivent aujourd'hui les mêmes objectifs, en dépit de la disparition de l'association CEDIF en 2000.

    À travers les documents qui relatent les activités du CEDIF, le lecteur pourra retrouver, avec cet ouvrage, l'esprit et la méthode d'un organisme qui a marqué la Martinique et la Guadeloupe et dont les lignes de force sont toujours d'actualité.

  • Jean Boniface Assélé, général d'armée, a dirigé la police nationale pendant vingt ans.
    Plusieurs fois ministre dans les cabinets Léon Mebiane, on lui reconnaît son franc-parler et surtout le courage de dire la vérité au président de la République. Homme sensible et généreux, il est très populaire, surtout à Libreville où on le voit à la tête de la mairie. Fidèle des fidèles au Président Bongo, Jean Boniface Assélé répond de façon claire au livre de Monsieur Zacharie Myboto dans lequel ce dernier a non seulement dit des contrevérités mais également diabolisé le Président Bongo.
    Une telle traîtrise de la part de quelqu'un devenu immensément riche grâce à Bongo ne pouvait rester sans réaction. Jean Boniface Assélé est marié. père d'une nombreuse famille et président d'un parti politique, le Centre des libéraux réformateurs. Il possède un grand lycée privé d'où sont sortis beaucoup de cadres gabonais et un complexe sportif qu'envieraient les grands clubs européens.

  • Le refus du droit à la citoyenneté a souvent été au coeur des conflits qu a connus l Afrique postcoloniale. Sur la base des résultats d études menées dans plusieurs pays africains, Bronwen Manby montre comment les lois sur la nationalité sont utilisées pour exclure et réduire au silence certains groupes sociaux ou empêcher des opposants d accéder au pouvoir, comme on l a vu, par exemple, à travers le cas d Alassane Ouattara en Côte-d Ivoire ou celui de John Modise au Botswana. Mais ce livre va plus loin : il démontre que ces lois ont aussi servi de moyens de contrôle sur la terre et d exploitation de marchés commerciaux ou d accès aux fonctions publiques. Il met en évidence, avec des données précises, les effets dramatiques des décisions juridiques et des politiques qui entendent fonder la nationalité sur un principe ethnique ou racial. Bronwen Manby souligne l urgence et la nécessité de changer les textes sur la nationalité, partout où ils continuent d alimenter des politiques d exclusion et de susciter des conflits, entravant ainsi les processus démocratiques et renforçant la domination de certains groupes sociaux sur d autres. Cet ouvrage est un outil indispensable à la compréhension, sur la longue durée, des dynamiques politiques et sociales de l Afrique contemporaine.

  • Nos sociétés vivent de profondes mutations économiques et sociales. La famille n'échappe pas à ces transformations . Les rôles des parents ne s'apprennent plus essentiellement par modelage et transmission entre les générations, de valeurs ou de compétences éducatives. En conséquence, les parents éprouvent parfois un sentiment d'isolement et d'impuissance face à l'inconnu et la nouveauté.Souvent démunis, certains recherchent des points de repères, des informations, voire un accompagnement. Si les actions de soutien à la parentalité se multiplient, qu'en est-il du champ de l'éducation familiale ? Une connaissance plus fine des processus éducatifs mis en oeuvre dans les familles permet une meilleure approche des professionnels de l'éducation et de la santé. L'éducation touche plusieurs structures et il est important que toutes ces instances qui accompagnent l'enfant puissent obtenir des réponses à leurs questions notamment sur le champ des relations entre les parents et leur enfant.

    Quelles formations proposées aux professionnels et aux parents ? Quel support d'analyse le champ de l'éducation familiale peut-il apporter aux politiques sociales en direction des familles ? Cet ouvrage regroupe des articles de grands chercheurs et professionnels de terrain, tous spécialistes du domaine de l'éducation familiale au Québec, en France métropolitaine et dans la zone océan Indien : Réunion, Mayotte et l'île Maurice. Les thèmes abordés permettent d'obtenir des réponses sur cinq champs d'interventions :

    - L'étude des processus éducatifs mis en oeuvre par les parents en direction de leurs enfants :l'éducation familiale.

    - Les relations entre les différentes instances participant à l'éducation des enfants (structure d'accueil ou mode de garde, famille, école, institutions, etc.).

    - Les formations de parents et les interventions en direction des familles pour aider dans leur fonction éducative :soutien à la parentalité.

    - Les formations d'intervenants chargés de coopérer avec les familles.

    - L'analyse des politiques sociales en direction des familles.

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