Sciences humaines & sociales

  • En prenant pour exemple le grave préjudice qu'il a subi lui-même de la part de quelques groupes d'individus disposant de relais médiatiques et de la toute-puissance des réseaux sociaux, Gilles Freyer démonte les mécanismes des dérives sectaires qui rongent la société. Il suffit de quelques personnes déterminées, intérêts privés, officines idéologiques et groupes identitaires, pour abîmer le tissu social, dissoudre la confiance mutuelle, abolir la parole vraie.
    Le cancérologue dissèque ces maladies sociales de manière clinique, froidement, objectivement, mais passionnément, comme tous les chercheurs. L'auteur pourrait se définir comme archéo-progessiste. Selon lui, nous devons nous servir de nos connaissances et de nos valeurs humanistes, pour refonder une société qui dérive, pour restaurer la pensée libre et le dialogue constructif, pour envisager à nouveau l'avenir comme un progrès et non comme une inquiétude.
    Non, l'obscurantisme aggravé par les moyens techniques modernes ne doit pas recouvrir nos vies d'une chape de plomb. La déforestation de la pensée ne doit pas être considérée comme une fatalité mais comme une épidémie qu'il est urgent de circonscrire.

  • Les textes rassemblés dans cet ouvrage, issus du colloque de Saint-Étienne de 2010, mettent en lumière l'importance politique et idéologique qu'a eue La Revue socialiste, fondée et dirigée par Benoît Malon de 1885 à sa mort en 1893. Le passé de Benoît Malon, il a été membre de l'Internationale et de la Commune, son absence d'ambition partisane et son goût de la synthèse lui permettent de faire de sa revue un véritable laboratoire d'idées, un lieu d'échanges ouvert à tous, avec une dimension européenne.

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  • Les monstres suscitent la peur et, chez ceux qui osent y réfléchir, la controverse au sujet de leur génération.
    Pour Aristote, le monstre est contre nature au sens général de ce qui va contre les règles générales de la nature ; l'époque classique, au contraire, y voit un prodige de Dieu. Comme l'atteste son étymologie - monstrum - le monstre se montre et c'est en cela qu'il suscite l'étonnement et l'interrogation au sujet de sa nature. Alors, est-il véritablement contre-nature ou est-il d'une autre nature ? Le statut du monstre s'inscrit désormais dans le problème de l'ordre et du désordre.
    Le XIXe siècle tentera de ramener le monstre à l'ordre, en hiérarchisant à partir du normal la petite déviance pour aller jusqu'à la monstruosité la plus avérée. C'est aux travaux d'Étienne et d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire que nous devons cette grande classification des monstruosités. Cependant, une telle méthode reste-t-elle suffisante pour ramener le monstre du désordre à l'ordre ? Il faudra attendre les travaux d'Étienne Wolff, avec la production expérimentale des monstruosités, pour comprendre que le monstre doit s'appréhender comme du normal empêché ou dévié.

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  • Pierre Nogaret (1718-1771) est probablement le plus " surveillé " des menuisiers en sièges du XVIIIe siècle, car, depuis près de trente ans, il fait avec ses nombreux confrères l'objet d'un recensement systématique auprès des musées et des collections privées comme du marché de l'art. Cette mise en fiches systématique a permis de cerner mieux les spécificités propres à chacun de ces artisans en établissant notamment l'importance des combinaisons de tracés des gabarits pour rendre à chacun ce qui lui revient. C'est ainsi que François Canot, Sébastien Carpantier, Bernard Chélant, Jean-Nicolas Cheneaux, François Geny, François Girard, Jean Godo, François Gros, Martin Jardin, François Lapierre, Claude Levet, Nicolas Parmantier et d'autres encore trouvent désormais une place légitime aux côtés du maître incontesté qu'était Nogaret. Alors que Bernard Deloche développait les applications de son système expert, Jean-Yves Mornand poursuivait ses recherches d'archives afin de fixer les points de repères objectifs (localisation de l'atelier de Nogaret, radiation de la maîtrise de Canot, etc.). Ils livrent ainsi aujourd'hui le résultat de ces recherches dans un ouvrage qui prend le parti délibéré d'être davantage un outil documentaire qu'un livre d'art au sens habituel du terme. Mais l'art du siège à Lyon a connu une deuxième heure de gloire avec l'exceptionnelle production d'André Sornay (1902-2000) qui a su marquer son travail d'une originalité telle qu'elle atteint aujourd'hui une renommée mondiale équivalente, voire supérieure, à celle dont jouit l'oeuvre de Nogaret. C'est pourquoi il fait l'objet d'un chapitre propre ainsi que quelques uns de ses confrères (Chaleyssin et Krass notamment) qui, pour avoir été moins originaux, ont également marqué cette période extrêmement féconde de la production lyonnaise. Cet ouvrage constitue l'outil indispensable du professionnel, du collectionneur et de l'amateur à qui il fournit les informations indispensables pour une identification satisfaisante des productions lyonnaises en matière de sièges.

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  • Professeur honoraire d?Histoire contemporaine à l?Université Lumière Lyon 2, Jean Lorcin, spécialiste d?Histoire économique et sociale, a enseigné l?Histoire de l?Allemagne et de la Russie-URSS au XXe siècle. Il lui a paru essentiel de compléter cette expérience de l?Europe centrale et orientale par la prise en compte de l?entre-deux que représente la Pologne. Il y était d?autant plus disposé qu?il a été responsable des relations scientifiques entre Lyon 2 et l?Université de Lódz, lui permettant ainsi de prendre conscience de la situation politique, économique et sociale d?un pays d'abord sous l?état de guerre, en 1984, puis fraîchement libéré en 1991.
    Autant de souvenirs qui l?ont poussé à aborder ce sujet, tant les liens entre la France et la Pologne sont anciens et étroits. D?autre part, l?enseignement de l?Histoire allemande et soviétique lui a permis de se distancier d?une historiographie purement polono-polonaise dont Daniel Beauvois a montré les limites au lendemain de la libération du joug soviétique. Comme lui, Jean Lorcin n?a pas voulu s?immiscer dans les querelles internes, ou encore mettre en concurrence les insurrections du ghetto de Varsovie en 1943 et de la ville de Varsovie en 1944.
    Il s'est efforcé de s?en tenir à l'histoire « sincère » pour reprendre l?expression de Seignobos, d?une Pologne encore inquiète, agitée, mais représentative d'une Europe de l?Est qui se veut désormais centrale, à un moment décisif pour l?avenir de l?Union européenne. Il lui a paru utile de consigner dans un ouvrage de synthèse le fruit de son expérience. La lecture d?une surabondante littérature historique lui a permis de compléter son information qui s?appuie en particulier sur la consultation des archives diplomatiques polonaises, françaises, allemandes et pontificales publiées à ce jour.

  • Gilbert Romeyer Dherbey, qui avait succédé à Pierre Aubenque à la chaire de philosophie antique de Paris IV, et qui a su maintenir très haut le rayonnement international du Centre de recherches sur la pensée antique, plus familièrement appelé Centre Léon Robin, n'est pas seulement un aristotélisant subtil et exigeant. Il a toujours refusé une pure érudition qui oublierait de se relier à une pensée philosophique.
    Et par là même, peut-être, il déborde le cadre strictement universitaire de la spécialisation, d'abord, non seulement à l'intérieur du domaine grec, avec notamment son approche des présocratiques, mais surtout comme éditeur et interprète reconnu de Maine de Biran, et aussi par son goût de la littérature, que trahit une élégance stylistique heureusement toujours féconde. C'est pour rendre hommage au professeur et à l'homme, que nous nous sommes réunis à Lyon, au printemps 2008, autour de lui, son propre professeur de khâgne, M Gourinat, son camarade de toujours, J-F Marquet, ex-collègue de Paris IV, le maître des études hégéliennes qu'est B Bourgeois, les collègues, les amis, les anciens élèves, que sont B Saint Girons, M Protopapas, A-G Wersinger, A Devarieux, J-J Duhot, J-F Mattéi, J Frère, M Rashed, A Villani, F Baghdassarian.

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  • Malgré les efforts de Gambetta, malgré le courage des soldats, la guerre de 1870-1871 provoque l'effondrement de la France. Ce drame national est considéré ici au prisme de l'histoire du mouvement républicain et du mouvement ouvrier : tous deux en 1870 se rejoignent pour défendre la patrie en danger. Les différentes communications portent sur l'attitude du parti républicain face à la guerre, et sur ses personnalités émergentes : Gambetta ; Martin Nadaud, Jousserandot, Garibaldi ; sans oublier les républicains stéphanois et les soldats de la Garde nationale. L'étude de Marc Vuilleumier consacrée à l'Internationale montre la complexité des attitudes des dirigeants du mouvement ouvrier international. À travers ces destins d'hommes dans la guerre, des éclairages nouveaux apparaissent. On retrouve ainsi Benoît Malon, l'un des jeunes responsables de l'Internationale à Paris, dénonçant d'abord la guerre depuis sa prison puis, libéré le 4 septembre 1870, se ralliant à la politique de la patrie en danger. Et sa compagne, la romancière André Léo, qui écrit dans Le Siècle : la voix d'une femme dans le tumulte du début de la guerre. L'Histoire trouve également ses prolongements dans la littérature : poètes et romanciers expriment une vérité magnifiée par l'écriture. Au moment où la France commémore le Centenaire de 1914, les interrogations auxquelles durent faire face les républicains de 1870 prennent tout leur sens : comment, pour l'Internationale ouvrière, concilier attachement à la paix et volonté de défendre le territoire de la patrie ? Les textes rassemblés dans cet ouvrage sont issus du 5e colloque organisé en 2013 à Montbrison (Loire) par l'Association des Amis de Benoît Malon.

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  • Devint un objet de scandale en soutenant la cause des chômeurs et des ouvriers, en défiant son administration, en refusant de jouer les jeunes filles rangées. Elle combattit Franco, les armes à la main, au côté des Républicains espagnols, puis elle choisit de travailler en usine, dans les conditions les plus rudes.
    Son engagement et la révélation de la foi la conduisirent à négliger délibérément sa propre santé au profit de son engagement social et spirituel. Elle nous laisse l?exemple lumineux d?un courage extrême au service de la justice sociale.

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  • Les vingt textes rassemblés dans cet ouvrage publié à l'initiative de l'Association des Amis de Benoît Malon mettent en lumière la montée en puissance de l'opposition républicaine et ouvrière à la fin du Second Empire : émergence des hommes, affirmation des idées, progrès électoraux, naissance des mutuelles, coopératives et chambres syndicales, grèves et émeutes.
    Les répressions, parfois sanglantes, contribuent à amplifier ce mouvement. Cette période fait ici l'objet d'éclairages croisés : philosophique, idéologique ou littéraire, sans négliger les zones d'ombre comme l'antisémitisme dans le mouvement ouvrier. Nous avons ainsi l'opportunité de comprendre et d'approfondir une histoire qui nous appartient et qui explicite le présent.

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  • La France, qui a vu naître les Droits de l'Homme et du citoyen, connaît une crise économique, sociale, culturelle et démocratique qui s'est amplifiée à partir de la crise mondiale de 2008. La notion de Liberté s'individualise, l'idéal d'Égalité est remis en cause et la Fraternité n'est plus le ciment de notre société. Le modèle républicain et démocratique se voit donc menacé par le désengagement des citoyens à l'égard des questions politiques.
    À nous de replacer l'éducation et la participation au centre du projet de reconstruction d'une citoyenneté responsable, à nous de garantir le renforcement de la société civile, essentielle au fonctionnement démocratique, à nous de défendre la sphère publique face à un marché sans régulation.
    À partir de son parcours professionnel et associatif, Gilles Le Bail propose une analyse, et dessine les bases d'une société où l'homme pourrait en redevenir le moteur et l'acteur responsable qu'il n'aurait jamais du cesser d'être.

  • Il sera question de l'infect qui souille, crée le désordre et met le monde et les hommes en crise. Gérard Carret me parlait depuis près de quatre ans de son projet de "Psychanalyse de l'infect". Inutile de préciser que c'est le genre de titre que l'éditeur apprécie. Le manuscrit fini m'est parvenu en février 2020. Le confinement, mis à profit pour éditer ce livre singulier, ne pouvait que conforter la pertinence de ce projet.
    Gérard Carret, en bon scientifique, aurait pu nous présenter une analyse clinique et "objective" de l'infection. Quoi de mieux en effet pour conjurer le sort ? Pourtant, il vient un moment où même les mots de la science ne peuvent plus nous protéger : notre objectivité se dissout dans l'angoisse. C'est à ce moment que la philologie doit venir renforcer l'approche épistémologique, car les mots que nous pensions être des objets deviennent acteurs et mutants : ils représentent nos affects, nous voici dominés par la panique, les angoisses, la régression.
    Il fallait une anamnèse, un retour aux sources, un examen historique des concepts d'épidémie, d'infection, au moyen d'une solide bibliographie, il fallait un approfondissement de tout ce qui a été dit et pensé sur la maladie infectieuse dans l'histoire. Cela nous permettra de mieux appréhender les tragédies sanitaires actuelles et à venir.

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