Littérature générale

  • Nous aurions dû rester des singes...

    Gaël Dérive

    • Indigene
    • 6 January 2015

    Gaël Derive, 40 ans, docteur ès sciences, est aujourd'hui l'un des experts les plus actifs et les plus engagés sur les questions de dérèglement climatique. Après avoir travaillé dans les laboratoires de recherche (CNRS, IRD, INRA), il s'implique dans l'un des premiers Plans Climat français des collectivités. Il est l'auteur de deux films remarqués pour leur vision à la fois pragmatique et humaniste du sujet : L'Odyssée du climat (2009) et Une planète et une civilisation (2012).
    "La planète se moque de posséder une banquise et de grands espaces vierges totalement englacés. La planète se moque d'être recouverte d'un océan plus haut de un ou dix mètres..." Mais pour l'espèce humaine, la terre représente tout, une ressource, une protection. L'auteur a osé sortir des rapports scientifiques pour aller éprouver les effets déjà bien réels du dérèglement climatique auprès de Satu, éleveur en Ethiopie ; Nipa, rizicultrice au Bangladesh ; Donildo, chasseur en Amazonie ; Jeannie, l'Inuite de l'Arctique ; Tsering, cultivatrice au Népal et Karakaua, pêcheur aux îles Kiribati. De ces rencontres, le scientifique revient bouleversé, avec cette certitude : si l'on veut éviter à l'humanité de demain la précarité alimentaire, l'absence d'eau potable, l'errance climatique et l'extension des violences, il faut se saisir de cette crise comme d'une chance pour construire des modèles économiques et sociaux qui nous permettront de "prospérer sans croissance". Faute de quoi, peut-être eût-il mieux valu rester des singes...

  • Le courage de la non-violence

    Jean-Pierre Barou

    • Indigene
    • 16 May 2012

    Lors d'un débat télévisé, on opposa Stéphane Hessel au dalaï-lama, arguant que l'un résiste, l'autre médite. La non-violence reste incomprise en Occident qui n'y voit que passivité. Qui a dit : " Là où il n'y a la choix qu'entre la lâcheté et la violence, je conseillerai la violence " ? Gandhi, incitant à la résistance contre le nazisme, à sauver sa conscience ! Mais s'il faut déconseiller les interventions militaires en Afghanistan, en Lybie, c'est parce qu'elles auraient pu être évitées si nos années de lâcheté n'avaient pas fabriqué les tyrans. Comme disait Camus de la non-violence : " Il y faut une grandeur que je n'ai pas. " C'est à cette grandeur que ce livre est dédié.

  • Camus et sa critique libertaire de la violence

    Lou Marin

    • Indigene
    • 18 February 2010

    Alors que l'écrivain le plus lu des Français fait l'objet de récupérations éhontées, tant de la part de Nicolas Sarkozy que des philosophes de Cour en passant par les publicistes tout terrain, il nous a paru essentiel de rappeler l'attachement viscéral, indémenti de Camus à ce qu'il appelait " le génie libertaire " - ce que nient ou minimisent tous ses biographes.
    Il lui doit d'avoir pu résoudre son horreur de la violence, sans jamais taire en lui le désir d'une révolution non sanglante, dans la lignée de la non-violence de Gandhi, au service de la vie aujourd'hui meurtrie par une société étatiste, industrielle. Plus que jamais brille la phrase de l'anarchiste russe Lazarévitch : " Nous sommes en présence d'un des rares écrivains qui n'acceptent pas de se laisser corrompre.
    "

  • Sartre et la violence des opprimés

    Yves K

    • Indigene
    • 25 February 2010

    Dans un texte aujourd'hui tenu à l'écart de ses oeuvres complètes, Sartre prend position en faveur du terrorisme suite à l'attentat, en septembre 1972, aux Jeux Olympiques de Munich, d'un commando palestinien contre des athlètes israéliens : " C'est une arme terrible, mais les opprimés pauvres n'en ont pas d'autres ", écrit-il. Le travail mené pendant ses huit dernières années de vie avec le jeune et brillant intellectuel juif, Benny Lévy, lui permettra de dépasser cette position, insoutenable, au nom d'une " unité des consciences ", résolvant alors le dilemme de toute une vie : trouver une fin morale à l'Histoire. Tout cela était soigneusement caché, souvent pour des raisons d'intérêt idéologique. Au-delà des vaines oppositions entre un Camus idéal et un Sartre diabolisé, il nous a paru plus fécond de rappeler, dans sa vérité parfois périlleuse, le parcours jusqu'au bout de celui qui fut l'inspirateur de toute une génération d'hommes et de femmes engagés.

  • Le refus de parvenir

    Marianne Enckell

    • Indigene
    • 20 March 2014

    Refus de parvenir - pas de « réussir » : l'expression date d'il y a un siècle, mais plus que jamais, à travers la critique des sociétés du paraître, de l'argent, cette posture reprend tout son sens : refus des privilèges, des distinctions, de la promotion individuelle, qu'elle soit syndicale, politique ou universitaire. Le leit-motiv des syndicalistes révolutionnaires se traduit aujourd'hui, par des projets visant à vivre l'égalité dans la liberté, à construire un monde sans domination. Marianne retrace une longue histoire de rencontres sans argent ni hiérarchie, de dons et de services sans calculs, de coopération sans compétition. Elle porte les voix et les rêveries, fragiles mais néanmoins tenaces, de ses compagnes et compagnons, à conserver et à transmettre.

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