Sciences & Techniques

  • La respiration fut précocement reconnue comme indissociable de la vie tant dans des textes de philosophie que de biologie et médecine. Cependant, mobilisant des mécanismes complexes et internes, elle est longtemps restée peu accessible à des études directes et a donné naissance à des théories diverses qui se sont succédées et ont parfois coexisté. À travers l'examen d'ouvrages médicaux des XIVe-XVe siècles (Practicae et commentaires au Canon de la médecine d'Avicenne notamment), cet ouvrage précise les conceptions médiévales relatives à la respiration, en envisageant l'anatomo-physiologie et la pathologie (étiologie, diagnostics, pronostics) étendue à la thérapeutique. Pour chacun des aspects, sont examinés les implications lexicographiques, les héritages, évolutions et aspects polémiques liés aux transmissions et traductions de textes grecs et arabes, les réalités de la pratique médicale.

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  • « La construction chinoise officielle du temps quotidien discret à partir d'un temps mathématique caché, linéaire et continu ».

    La recherche sur les calendriers chinois traditionnels (104 av. J.-C.-1644) dont cet ouvrage rend compte a permis de mettre en évidence un ensemble de résultats inattendus. Contrairement à l'idée admise selon laquelle le temps du calendrier chinois serait foncièrement cyclique et discret, il apparaît au contraire qu'il possède une structure éminemment révisable, instable et provisoire, donnant même souvent l'illusion de l'aléatoire tant sa structure locale paraît imprévisible d'une année sur l'autre. Elle prouve aussi que le temps quotidien discret du calendrier chinois se construit, contre toute attente, à partir d'un temps mathématique linéaire et continu, mettant en oeuvre une forme particulière de zéro ainsi que des modes de représentation des nombres non décimaux, jamais décrits auparavant par les historiens des mathématiques. Les diverses composantes du calendrier peuvent ainsi être situées sur l'échelle du temps avec un degré de précision souvent très grand bien que purement fictif.

    De 104 av. J.-C. à 1644, le calendrier luni-solaire chinois a été réformé officiellement une cinquantaine de fois, non seulement à cause des changements de dynastie mais aussi et surtout en raison de la croyance chinoise en l'indétermination foncière des mouvements célestes. Tout calendrier était inéluctablement voué à s'écarter plus ou moins rapidement des apparences astronomiques qu'il était censé représenter. Pour rendre compte globalement de la complexité inhérente à un aussi grand nombre de réformes, le calendrier chinois est analysé ici en s'appuyant sur les notions de structure de surface et de structure profonde empruntées à la linguistique. La première s'applique au calendrier concret, conçu comme un arrangement de mois lunaires et de jours énumérés de multiples façons, et la seconde aux techniques secrètes de calcul sous-jacentes, celles dont le Bureau d'astronomie avait le monopole et qui ne furent rendues publiques dans des traités spécialisés qu'une fois devenues caduques.

    En mettant en relation les aspects discret et continu du temps du calendrier, cet ouvrage explique comment calculer les composantes lunaires, solaires et non astronomiques de calendriers chinois officiels de la période considérée. Lorsque cela est possible, il analyse aussi en détail toutes les conséquences des techniques de calcul chinoises sur la structure du calendrier. Enfin, il propose des exemples de calcul du calendrier d'années lunaires données en les confrontant, le cas échéant, au contenu de calendriers authentiques.

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  • Galien de Pergame (129-ca 216) a systématisé l'ensemble du savoir médical ancien et sa doctrine s'est maintenue jusqu'à l'époque moderne. Son oeuvre tentaculaire a aussi innervé la pensée philosophique, logique et théologique. Toutefois, Galien a fait l'objet de critiques de la part de ses contemporains, puis de ses successeurs. Après le triomphe du galénisme à la fin de l'Antiquité, les penseurs islamiques ont introduit les premières brèches dans ce système. Ces attaques, relayées en Occident latin et à Byzance, ont connu une ampleur nouvelle à la Renaissance avec la remise en cause et la déconstruction de l'autorité galénique.

    Dans ce livre est proposée une histoire dynamique de la réception de Galien à travers différents cas d'anti-galénismes. Les études qui y sont réunies portent sur des textes peu connus, voire inédits. Elles recensent les critiques contre Galien, tout en explorant différentes facettes de sa pensée médicale et philosophique. Ce parcours permet ainsi de suivre les changements de paradigmes épistémologiques qui s'opèrent au fil des siècles, mais aussi de mieux cerner, par la négative, ce que fut le galénisme durant sa longue tradition.

    Ont contribué à cet ouvrage : Susan P. Mattern, Anna Motta, Matyáš Havrda, Pauline Koetschet, Philippe Vallat, Joël Chandelier, Nicoletta Palmieri, Danielle Jacquart, Vivian Nutton et Fabrizio Bigotti.

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  • Michel Adanson (1727-1806) est un naturaliste français connu pour avoir laissé un immense projet encyclopédique, ainsi qu'une méthode naturelle de classification appliquée principalement aux végétaux. Ses Familles des plantes (1763-1764) posent toujours de redoutables problèmes d'interprétation. Lors du bicentenaire de la parution de l'ouvrage, les partisans de la taxinomie numérique s'« approprièrent Adanson », en voyant dans sa méthode un pur essai combinatoire déductif. Or, sa démarche n'a manifestement pas consisté à établir des groupements naturels au terme d'un gigantesque et exhaustif calcul. En étudiant la genèse et le développement de cette méthode, nous avons ainsi tenté d'en dégager les véritables principes.
    Et c'est en effectuant ce trajet que nous nous sommes aperçus du poids déterminant des influences subies par Adanson : influence de Buffon, de Linné, influence aussi des concepts dominants de la philosophie et de la physique du milieu du XVIIIe siècle. La méthode naturelle adansonienne, réputée pour son originalité, est d'abord la résultante d'une somme d'influences plus ou moins consciemment intégrées par l'auteur. Quoi qu'il en soit, le transfert de concepts physiques et philosophiques dans le champ de la taxinomie a finalement produit une oeuvre très singulière. Il y a, dans les Familles des plantes, des idées ayant incontestablement fait entrer la botanique dans la modernité.
    L'ensemble de notre étude nous a permis d'assigner à l'oeuvre botanique de Michel Adanson la place déterminante qui lui revient, entre le « système sexuel » de Linné (1735) et le Genera plantarum d'Antoine-Laurent de Jussieu (1789).

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