Sciences humaines & sociales

  • Dans le roman médiéval, la qualité esthétique est partout : elle est assignée aux demoiselles comme aux chevaliers, aux décors comme aux lieux d'apparition du Graal. Cette étude, qui envisage la beauté comme une question (est-il même pertinent de postuler une catégorie beauté ?), porte sur plusieurs romans du début du XIIIe siècle : le Perlesvaus, le Lancelot propre, la Queste del Saint Graal, le Bel Inconnu de Renaud de Beaujeu, Meraugis de Portlesguez de Raoul de Houdenc et le Roman de la Rose de Guillaume de Lorris. Il s'agit de déterminer si la représentation du beau ressortit à une conception unifiée.

    L'enquête associe à l'examen du corpus celui d'oeuvres vernaculaires du XIIe siècle ; elle y associe également l'observation de deux champs discursifs qui portent sur des réalisations singulières de la valeur esthétique : les arts poétiques et plusieurs textes théologiques. Il ressort que, sans être pour autant l'équivalent roman de la pulchritudo, la « beauté romanesque » est à la fois une res, dotée de caractéristiques sensibles relativement stables, et un signum, ouvert sur un aliud aliquid.

    Sur commande
  • La peste noire sévit à Florence. Nous sommes en 1348, dix jeunes gens et jeunes femmes, une brigata, se rencontrent par hasard dans l'Église de santa Maria Novella à Florence qu'ils décident de fuir pour se réfugier à la campagne et se consacrer à l'activité narrative. Le Décaméron débute par un constat d'échec. L'épidémie ne détruit pas seulement les corps, mais la société tout entière anéantie par la rupture de toutes formes d'équilibre. Cet ouvrage consacré au Livre des cent nouvelles se propose d'établir une corrélation entre les deux phénomènes, la fin d'une civilisation et le départ vers un horizon de création. Le Décaméron sera replacé dans son cadre historique (déclin du monde communal miné par la dénaturation des institutions, les faillites bancaires et les luttes entre factions), littéraire (émergence de sciences nouvelles au service des exigences d'une bourgeoisie marchande industrieuse, mais cultivant aussi le plaisir d'une lecture divertissante), philosophique, enfin (le monde de la certitude thomiste, de la systématisation s'efface au profit de l'incertitude d'un ockhamisme déstructurant). Reflet de l'ambiguïté d'un monde inquiet, le Décaméron n'est pas qu'une simple oeuvre de divertissement et de consolation écrite pour les femmes, mais une contribution, à travers la création d'un nouvel ars narrandi, à la définition d'un nouvel ars vivendi, fondement de toute refondation possible d'une société pérenne où l'homme, artisan de son destin, peut actualiser toutes les potentialités de sa nature, et affirmer sa centralité et sa dignité qui constituent le fondement même de l'umanesimo civile.

    Sur commande
  • Ce volume est l'occasion pour les amis, les élèves et les collègues de Dominique Boutet de lui rendre hommage et de souligner l'impact d'une recherche qui s'étend sur quatre décennies et touche à un nombre de domaines impressionnant.

    Son oeuvre critique est aussi cohérente que diverse : si elle couvre des genres et des thèmes variés, elle ne cesse jamais d'interroger les logiques profondes qui animent la production littéraire médiévale et de chercher à comprendre les conditions de sa constitution, au croisement des critères externes et internes. L'idéologie, moteur décisif dans l'émergence du fait littéraire médiéval, y est à l'honneur, non que les textes soient une simple caisse de résonance pour la société, mais parce qu'ils sont le moyen pour celle-ci de s'exprimer de manière singulière, contradictoire et polyphonique.

    Les auteurs de ce volume se sont montrés fidèles à cette exigence en explorant quatre grands domaines de prédilection de Dominique Boutet : la figure royale et ses significations, la chanson de geste sous toutes ses formes, l'intersection entre formes littéraires, conscience historique et conscience de soi, et les poétiques de l'ambiguïté et de l'entre-deux.

    Études réunies par S. Douchet, M.-P. Halary, S. Lefèvre, P. Moran et J.-R. Valette.

    Sur commande
  • Dispersé dans un grand nombre de manuscrits et de fragments, Ségurant ou le Chevalier au Dragon est demeuré inconnu jusqu'à nos jours. Sa plus ancienne version a sans doute été composée en Italie, en français, entre 1240 et 1279 ; ses prolongements et ses réécritures s'échelonnent jusqu'au XVe siècle. Son protagoniste, Ségurant, nouveau héros à la cour du roi Arthur, se lance à la poursuite d'un dragon illusoire avant de disparaître de la mémoire littéraire. La présente étude expose la reconstitution philologique de cet ensemble narratif oublié à partir de l'étude détaillée de tous les manuscrits qui le conservent et en suggère une interprétation en l'inscrivant dans un arc chronologique allant des mythes scandinaves et germaniques jusqu'aux récits de chevalerie de la Renaissance de plusieurs pays européens.

    Sur commande
  • Cléomadès d'Adenet le Roi et Méliacin de Girart d'Amiens constituent ensemble une énigme de l'histoire littéraire du Moyen Âge. Nés d'un même conte oriental, ils forment deux romans distincts, exactement contemporains. En cherchant à percer ce mystère de la gémellité des textes, l'ouvrage explore des aspects encore mal connus du roman médiéval : le rôle du mécénat littéraire à la cour de France à la fin du XIIIe siècle, la dimension à la fois ludique et politique d'une écriture de l'émulation, les modalités de l'appropriation culturelle d'un matériau oriental atypique, les contours esthétiques mouvants du roman d'aventures en vers à l'orée de son déclin, les méandres de la postérité médiévale et post-médiévale de deux textes aussi singuliers qu'indissociables.

    Sur commande
  • Marie de France compose vers 1180, dans l'Angleterre normande des Plantagenêts, le premier recueil de fables en français, une oeuvre exceptionnelle par la richesse de son contenu.

    Le lecteur y trouve mêlés de la manière la plus étonnante aussi bien les classiques du genre que des fabliaux dépeignant les ruses de femmes adultères, aussi bien des aventures animalières proches du Roman du Renart que des apologues philosophiques atypiques, où l'on croise sorcière, dragon et lutin.

    Le présent ouvrage est la première monographie à s'intéresser à cette oeuvre dans son entier et à en détailler l'origine, les techniques et l'organisation.

    L'enquête menée sur les histoires des nombreux genres qui y sont rassemblés, de l'imitation de l'Antiquité aux emprunts à la littérature arabe, puis sur les coulisses du travail poétique et politique effectué par l'auteur permet de restituer à ce recueil unique sa position centrale dans la Renaissance du XIIe siècle et son statut d'oeuvre fondatrice de la littérature française.

    Sur commande
  • La construction de la réalite historique chez Jean Froissart ; l'historien et sa matière Nouv.

    Jean Froissart est un des chroniqueurs les plus célèbres du Moyen Âge, admiré généralement pour l'excellence littéraire de son oeuvre, moins pour l'exactitude des informations qu'il apporte. Vera Soukupová montre comment Froissart, préoccupé dès le début de sa carrière par les questions de l'impartialité et de la crédibilité de son propos, met en place des méthodes diverses et variées pour construire et asseoir l'autorité de son écriture. La réalité historique que Jean Froissart recrée dans ses Chroniques est authentifiée par un système référentiel de plus en plus complexe, renvoyant le lecteur aux sources, mais aussi à l'opération même de recherche des informations avec, au centre, la figure du chroniqueur, tout cela en vue d'authentifier le récit passionnant des grands événements qui ont ébranlé les royaumes occidentaux pendant presque tout le XIVe siècle.

    Sur commande
  • Le manuscrit BnF fr. 840 contient les oeuvres complètes d'Eustache Deschamps (v. 1340-1404), réunies à sa mort par le copiste Raoul Tainguy ; 35 autres manuscrits n'en ont transmis qu'une petite partie. La présentation des 1 500 pièces par Tainguy, selon une logique formelle et thématique imparfaite et sans organisation chronologique ou narrative, correspond à l'écriture discontinue de l'auteur. La variabilité des formes fixes, mais non figées, fait écho à une ouverture thématique théorisée dans L'Art de dictier : désormais l'inspiration lyrique ne se réduit plus au sentiment amoureux. Nos études statistiques sur le lai, le virelai, le rondeau et la ballade jusqu'au début du XVIe siècle dévoilent les normes implicites et les choix métriques propres à chaque auteur afin de cerner la particularité de Deschamps, notamment face à ses contemporains Guillaume de Machaut, Jean Froissart et Christine de Pizan. Les variations formelles servent son discours moral, qui révèle la cacophonie d'un monde pécheur et attachant.

    Sur commande
  • Bâtard conquérant, né de la rencontre entre le vulgaire et le savant, le roman est l'héritier d'une généalogie impossible, toujours à réinventer. Le genre s'est pourtant développé dans un contexte bien particulier et dans une période relativement brève, dès la deuxième moitié du XIIe siècle, alors que le nom de la langue vernaculaire, opposée au latin, en vient de plus en plus souvent à désigner une certaine forme d'écriture narrative dont les caractéristiques vont s'affirmer au cours du siècle suivant. Ce genre, qui s'est imposé comme une forme narrative dominante dès le Moyen Âge et qui - phénomène unique - s'est maintenu dans la nouvelle typologie des genres modernes, s'est d'abord défini à l'aune du latin et de la culture classique, puis redéfini dans le contexte particulier d'une Europe polyglotte. En partant du mot roman et du sens que lui donnaient les auteurs médiévaux jusqu'à la matérialisation de la chose dans l'histoire du livre médiéval, la réflexion sur cette nouvelle forme narrative permet d'interroger aussi bien le problème de la théorie des genres dans le contexte particulier de la « littérature » médiévale que la question des dominantes esthétiques de la première écriture romanesque. Loin d'être un genre sans histoire qui évoluerait de manière linéaire depuis sa naissance médiévale jusqu'à la maturité romantique, le roman se caractérise plutôt par sa dimension fondamentalement autocritique, voire constitutivement antiromanesque. Le romancier serait donc, d'aussi loin qu'il se manifeste, à la fois créateur et destructeur, habité par une méfiance tenace à l'égard de cette langue sans passé qui donne son nom au genre de l'avenir.

    Sur commande
  • Sous le titre de Guiron le Courtois, on désigne une nébuleuse de textes en prose largement inédits, dont les rédactions s'échelonnent entre les années 1235-1240 et le début du XVIe siècle ; cette oeuvre se présente comme une suite rétrospective du Lancelot-Graal et du Tristan en prose. Au terme de la version de base de Guiron le Courtois, le copiste du manuscrit de Paris, BnF, fr. 350 s'adresse à des lecteurs supposés considérer son livre " ensemble ou par pièces " : la formule pose la question de l'unité de l'oeuvre. De fait, cette version apparaît comme la juxtaposition de deux pièces majeures, que l'on peut intituler, du nom de leur héros, Roman de Meliadus et Roman de Guiron. Au cours des siècles, les remanieurs ont augmenté ces deux romans de suites, de ligatures et de commencements. Selon quelles cohérences ces différentes pièces trouvent-elles à s'articuler ? À partir de l'étude d'une vingtaine de manuscrits, cet ouvrage traite la question d'un triple point de vue codicologique, narratologique et idéologique. Grâce aux apports de l'anthropologie et de l'histoire, il tente de resituer les pièces de Guiron le Courtois dans leurs rapports, apaisés ou conflictuels, à d'autres productions sociales et discursives de la période médiévale. L'enjeu est de montrer que le texte littéraire a toute sa légitimité dans une histoire culturelle des représentations.


    Agrégée de Lettres Classique et docteur de l'Université Paris IV Sorbonne en Études Médiévales, Sophie Albert poursuit des recherches sur le roman arthurien en prose des XIIIe-XVe siècles.

    Sur commande
  • Spécialiste des Passions dramatiques d'expression française jouées tout au long du second Moyen Âge, Jean-Pierre Bordier s'est plus largement intéressé aux formes théâtrales cultivées en Europe durant les Xe-XVIe siècles. Pour donner à lire ces jeux par personnages bien plus divers que ne le laisserait attendre leur commune imprégnation de la doctrine chrétienne, Jean-Pierre Bordier s'est fait tour à tour philologue, linguiste, anthropologue, littéraire, historien. Et à ces approches diverses d'un même champ d'étude, il a joint une constante et fructueuse ouverture à d'autres registres d'expression (récits courtois, littérature hagiographique, poésie satirique, écriture allégorique...).

    Cette variété éclairante se retrouve dans l'hommage que lui rendent ici une trentaine d'anciens élèves, collègues et amis. Le théâtre des XIIe-XVIIe siècles a la part belle mais non l'exclusivité. Aux contributions centrées sur le théâtre proprement dit, s'ajoutent en effet celles qui, autour de la notion de théâtralité, s'intéressent à la présence d'une « qualité théâtrale » dans des textes variés. Sans rompre totalement avec un apparentement au théâtre, un troisième volet explore d'autres voies de la révélation, privilégiant la « littérarité » comme signe et manifestation du sens.

    Études réunies par Catherine Croizy-Naquet, Stéphanie Le Briz-Orgeur et Jean-René Valette.

    Sur commande
  • Pour La Bruyre, le jeu trouverait son origine dans l'incapacit de l'homme rester seul. De fait le statut du jeu est paradoxal. D'une part, jouer c'est se situer en dehors des rgles et contraintes qui encadrent la vie quotidienne. Mais, d'autre part, tous les jeux se conjuguent avec le "Vivre ensemble ". Les jeux disent la socit en mme temps que la socit dit les hommes. C'est dire que tout jeu fait partie d'un complexe plus tendu et n'existe jamais comme fait isol. Le Moyen ge a beaucoup jou, mme si les tmoignages restent souvent discrets et peu abondants. De fait, c'est une vritable invasion ludique qui semble caractriser cette priode. travers cet ensemble de vingt-six articles ce sont toutes les grandes catgories de jeux mdivaux qui sont successivement parcourus. Ce sont les checs, le " roi des jeux et jeu des rois ", avec une attention toute particulire apporte au Livre du jeu d'checs du dominicain Jacques de Cessoles. Ce sont les jeux de hasard avec le jeu de ds, omniprsent en dpit d'un imposant arsenal rpressif forg par les autorits civiles ou ecclsiastiques. Plus tardivement ce sont les jeux de cartes dont le succs s'explique la fois par des progrs techniques et par la combinaison de hasard et de la rflexion. Ce sont enfin les jeux sportifs, en tte desquels le jeu de paume affirme sa place croissante. Les jeux sont la fois un miroir de la socit et une mmoire de cette socit.Ils sont porteurs de mille et une interprtations qui, toutes, touchent au vcu des hommes, qu'il s'agisse du pouvoir, des croyances, de l'ducation, de l'amour, du travail, du loisir, en un mot de la vie et de la mort. Incontestablement, le savant nerlandais J. Huizinga avait raison : "Tout jeu signifie quelque chose ".



    Jean-Michel Mehl est Professeur mrite d'Histoire mdivale l'Universit de Strasbourg. Il a consacr l'ensemble de ses recherches l'histoire des jeux et sports du Moyen ge. On lui doit notamment Les Jeux au royaume de France du XIIIe au dbut du XVIe (Paris, Fayard, 1990), Jacques de Cessoles, Le Livre du jeu d'checs ou la socit idale au Moyen ge, XIIIe sicle (Paris, Stock, 1995) ainsi qu'une soixantaine d'articles dans diverses revues tant franaises qu'trangres.

    Sur commande
  • La littérature vernaculaire ne mentionne la Mesnie Hellequin qu'allusivement. Mais des éléments fragmentaires sont récurrents d'une occurrence à l'autre ; c'est sur ces récurrences que l'on peut fonder une investigation soucieuse de percer son secret. Au départ était le mystère d'un nom qui a dû opérer tel un charme, dans une chaîne de transmissions pour nous obscure. Ce nom , à partir du XIIe siècle, des clercs l'ont écrit, épelé, ont tenté d'en fixer les contours, en recoupant diverses traditions fragmentaires : cortèges nocturnes souvent aériens, chevauchées armées et chasses furieuses, revenants solitaires encapuchonnés, ou encore défilé grotesque de masques carnavalesques. L'objectif de cette étude est donc précis : retrouver les traces mythiques, donc voilées, de la Mesnie Hellequin dans la littérature médiévale qui n'a pas tant oublié que poétisé cet héritage ; explorer la fécondité et l'évolution des différents motifs qui en émanent, et identifier enfin des résurgences modernes et contemporaines de la figure, certaines illustres, d'autres plus secrètes car masqués pour toujours

    Sur commande
  • L'auteur anonyme de l'Ovide moralisé sait traduire fidèlement les récits de métamorphoses, dont le spectacle le fascine tout autant qu'Ovide, mais il peut infléchir subtilement son modèle latin pour préparer ses moralisations, et élargit la conception de la métamorphose : tout ce qui est humain se transforme et meurt. L'allégorèse débute par des relais sensibles, qui offrent à la fable un sens littéral acceptable et conduisent par étapes aux sens spirituels, parmi lesquels la tropologie est privilégiée : puisque l'ici bas est éphémère, l'homme doit chercher la voie de la réunion à Dieu. La "pédagogie" de la métamorphose conduit à l'exaltation de la figure du Christ, médiateur entre l'homme et Dieu. L'auteur, un érudit franciscain, fournit à ses frères prédicateurs un recueil de matériaux pour illustrer le dogme chrétien : la mythologie offre des images fortes faciles à mémoriser.

    Sur commande
  • La Chanson d'Aiquin, longtemps tenue pour un rameau mineur, voire suspect, de la geste carolingienne, reste bien méconnue. Or la présente étude y découvre un système sémiotique servant une signification globale, originale et cohérente. L'auteur relance d'abord l'enquête sur les rapports d'Aiquin et de l'Histoire, dont il montre la complexité et l'intelligence, entre souvenirs réels de la période viking de la Bretagne et adaptation politique au contexte de la fin du XIIe siècle. Puis, utilisant et testant les outils d'analyse de la technique épique, il se livre à une étude systématique des formes de la Chanson (vers, laisse, formules et motifs), mettant en évidence les faiblesses, mais aussi les aspects singuliers, parfois raffinés, de son art narratif, rhétorique et lyrique. Enfin, une troisième partie conjoint étude des stéréotypes et approfondissement de l'interprétation, montrant qu'Aiquin exalte non seulement l'autonomie de la Bretagne, mais encore une morale du contemptus mundi finement instillée dans l'ensemble du poème.

    Sur commande
  • Le présent recueil réunit 26 articles publiés en une trentaine d'années, deux inédits et trois compte-rendus dont le centre d'intérêt est le premier roman français, le Roman de Thèbes, avec des excursus vers les autres romans d'Antiquité, notammentle Roman d'Eneas, et la récriture que représente la section Thèbes de l'Histoire Ancienne jusqu'à César.
    Sont abordés ici les problèmes de la translation et de l'adaptation, ainsi que les rapports entre histoire et roman, la réception de l'Antiquité, le syncrétisme ; l'esthétique est prise en considération avec le baroque et le maniérisme. Pour les sources, non seulement Stace et ses gloses, mais Ovide et Virgile sont ici exploités. Pour la technique littéraire, sont en visagés en particulier les prologues, les monologues, la description et les portraits, et la versification avec la répétition par inversion. L'ouvrage comporte des études de personnages comme Amphiaraüs, Adraste, Capanée, Étéocle, Tydée et d'autre part Jocaste, Argie, Déiphile, Salamandre. On y trouvera enfin des considérations philologiques sur l'étymologie d'anachronisme, les mot s vitre, nu, et l'onomastique.

    Sur commande
  • Avec une nouvelle édition des textes latins d'après le ms. Troyes Bibl. mun. 802, par Eric Hicks

    Sur commande
  • Actes du colloque de Perpignan du 17 au 19 octobre 2013. Sous la direction de Paul Bretel, Michel Adroher et Aymat Catafau.

    La dévotion à la Mère de Dieu a produit dans tous les domaines de l'art et de la pensée des monuments qui comptent parmi les plus beaux et les plus émouvants des derniers siècles du Moyen Âge. Les journées d'études organisées en octobre 2013, sur les représentations de la Vierge dans les arts et les littératures du Moyen Âge, furent expressément placées sous le signe de la pluridisciplinarité ; elles ont réuni des chercheurs venus d'horizons divers. Historiens, historiens de l'art, spécialistes des littératures française, anglaise, occitane, catalane se sont employés à défricher des champs encore peu visités et à approfondir de nouvelles thématiques. Le manteau protecteur de la Vierge du Bon Secours, que l'iconographie médiévale présente volontiers grand ouvert au genre humain, invitait à rassembler sous ses plis fédérateurs la diversité des perspectives suscitées.

    Le thème de cet ouvrage, La Vierge dans et les arts et les littératures du Moyen Âge, est ambitieux et cohérent dans sa diversité même. L'étude des représentations littéraires ou artistiques de la belle Dame y est nourrie et éclairée par l'histoire de la spiritualité et du dogme marials.

    Sur commande
  • Depuis la redécouverte de la poésie provençale du Moyen Âge par le romantisme, la poésie du Nord de la France, séparée de son modèle provençal de plus d'un demi-siècle et née sous des auspices sociologiques très différents de ceux du Midi, a toujours été sujette à une certaine dépréciation. Les jugements portés sur la soi-disant École Sicilienne, influencés surtout par la lyrique provençale, mais aussi par celle du Nord, ont souffert de préjugés semblables. Pareillement, la Seconde Rhétorique du Moyen Âge tardif semblait être destinée à jouer un rôle inférieur en comparaison de la grande poésie lyrique italienne de l'époque. C'est que, contrairement à cette dernière qui s'est ouverte à la 'modernité', la lyrique française est restée fidèle à la tradition rhétorique et courtoise. Les études rassemblées ici, fruit d'une trentaine d'années de réflexion sur ce sujet, se proposent de cerner la spécificité historique et générique et de faire valoir l'originalité tout autre des deux grandes époques du lyrisme français du Moyen Âge en ancien et en moyen français, en insistant surtout sur la nouvelle fonction sociale de la poésie courtoise et post-courtoise du Nord de la France.

    Sur commande
  • La poésie fait le souverain ! Penser la fonction politique du texte poétique au XIIIe siècle dans les territoires occitans confrontés à la croisade albigeoise, telle est la fonction assumée par le continuateur anonyme de la gesta letrada de Guilhem de Tudela. Située dans le champ de la littérature médiévale, cette étude bénéficie des apports interdisciplinaires de la théologie chrétienne, ainsi que de l'histoire politique et militaire. L'exégèse menée ici permet au lecteur de comprendre le jeu argumentatif de l'auteur : dans le champ du religieux comme du politique, le poème façonne une réalité nouvelle. Les comtes de Toulouse et leurs soutiens ne sont plus que de bons défenseurs de l'orthodoxie, protecteurs des populations et garants des traditions. Ils soutiennent des valeurs séculaires honnies de l'alliance formée par les clercs et les Français. L'Anonyme insiste sur un attachement à la terre qui vaut lien du sang entre les Méridionaux, leur seigneur raimondin et les territoires placés sous la garde d'un Dieu protecteur. L'argumentation repose sur deux postulats : la trahison du suzerain français et de ses barons, associés à un clergé menteur de faux prédicateurs. Le discours politique se fonde sur les aspects religieux de l'argumentation, car l'auteur a bien compris que seule la démonstration de la catholicité des Raimondins pouvait assurer le succès de l'entreprise de reconquête : il élabore l'idéologie d'une contre-croisade.

    Sur commande
  • Les fictions épiques et romanesques des XIIe et XIIIe siècles peignent un univers largement guerrier, invitant le lecteur à porter un regard différent sur un phénomène que les récits modernes ont révélé sous son jour le plus absurde et rejeté aux rives de l'inénarrable. La littérature médiévale tient en effet sur la guerre un discours complexe, qui appelle à réfléchir sur la manière dont elle rationalise et interprète la violence collective. C'est à quoi s'attache ce livre, qui articule une réflexion poétique et l'analyse des représentations idéelles. Il éclaire ainsi la multiplicité des points de vue sur la guerre, son étrange labilité narrative, ainsi que son rapport à l'ordre du monde et à celui de la destinée. Le sens que donnent à l'action guerrière des oeuvres majoritairement adressées à une élite laïque se comprend en les replaçant dans un dialogue avec les vues cléricales contemporaines et en tenant compte des spécificités des formes littéraires, de leur écriture de l'Histoire, et de la façon dont elles organisent le temps.

    Sur commande
  • En quoi la Table Ronde est-elle redevable à cette somme de l'Antiquité chrétienne qu'est La Cité de Dieu de saint Augustin? On a souvent relevé la dimension eschatologique de l'histoire arthurienne et souligné le paradoxe, voire le blasphème qui consiste à ancrer une histoire profane dans la matière évangélique. Or ce que fait Augustin dans son opus magnum en offre un modèle : rassembler Histoire sainte et histoire profane dans un même récit montrant la Providence à l'oeuvre pour conduire les hommes au salut. Histoire et essai théologique à la fois, La Cité de Dieu permet de penser l'autorité des Écritures et celle de l'historien, la destinée des héros païens, la possibilité d'un tragique chrétien - que le Moyen Âge littéraire exprime par le terme de mescheance - ou encore la lutte des deux cités, celle de Dieu et celle des hommes, inextricablement mêlées ici-bas.

    Sur commande
empty