Sciences humaines & sociales

  • C'est au début du XIIIe siècle que l'université, une institution d'un genre nouveau en Occident, naît simultanément à Paris, Bologne et Oxford. A Paris, les années 1200-1245 marquent le premier essor institutionnel de l'université qui se dote de statuts, adopte des méthodes de travail qui lui sont propres, et acquiert non sans mal son autonomie et ses privilèges face à des autorités plus ou moins bienveillantes. Le milieu du XIIIe siècle représente le temps de la maturité intellectuelle et de la liberté de l'université, après plusieurs décennies de censure, et les maîtres commencent à enseigner tout Aristote. Cet ouvrage a pour ambition d'éclairer la lente genèse de l'université de Paris par l'étude des maîtres et des étudiants qui en ont été les acteurs, qu'il s'agisse de théologiens inquiets de l'hérésie et prompts à réformer les écoles, de maîtres anglais chassés de l'Angleterre pendant l'interdit, ou encore de juristes italiens familiers des pratiques associatives communales ou de l'expérience universitaire bolonaise.

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  • Au moment des premières Guerres d'Italie (1494-1525), à la cour de France, s'élabore une idéologie de l'assimilation de l'Italie par la France, la Franco-Italia, au sein de laquelle l'Italie appraît comme une nouvelle France peuplée d'Italiens francisés. Mais cette pensée révèle bien plus qu'une tentative d'absorption de l'Italie par la France. Elle met en lumière l'ampleur du bouleversement des structures sociales du royaume, illustrant par-là nature même de la pensée politique au début de la Renaissance, pensée pleine de contradictions et de doutes, fruit d'une période faite de bouleversements et d'inquiétudes.

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  • Bailli de Charles VI et poète, Eustache Deschamps (v. 1340 - 1404/5) mit son art de la forme lyrique au service d'un discours politique engagé. Sous sa plume, le sentiment national, né de l'histoire et du mythe des origines, se cristallise autour d'un sentiment dynastique enthousiaste et puise son exaltation messianique à la tradition des prophéties apocalyptiques. Mais c'est l'élaboration rhétorique de la personnification de la France qui fonde peu à peu l'image conceptuelle et sensible de la nation. Dans ce cadre national naissant, une vie de la Cité s'organise. Pour elle, le poète édicte des leçons de bon gouvernement, fondées sur une conception équilibrée du pouvoir, synthèse de son expérience vécue d'officier royal et des efforts des intellectuels du temps pour penser le pouvoir. Son efficacité poétique au service de la pensée politique explique le succès de Deschamps comme support de propagande : on retrouve ses compositions dans des manuscrits à connotation politique, qui montrent le rôle joué par son oeuvre pendant la deuxième partie de la guerre de Cent ans, dans les deux camps affrontés, et sans doute jusqu'à la fin du XVIe siècle et l'avènement de l'ordre politique des Bourbons.


    Thierry Lassabatère est docteur en histoire médiévale de l'Université de Paris-Sorbonne. Ses travaux et publications portent sur les liens entre la littérature, la société politique et l'exercice du pouvoir dans la France de la fin du Moyen Âge. Spécialisé dans la vision politique d'Eustache Deschamps et de ses contemporains, tels Philippe de Mézières et Christine de Pizan, il consacre actuellement ses travaux à Bertrand du Guesclin.

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  • La cour princire est un thme privilgi par les historiens depuis
    quelques annes car il fait se rencontrer histoire politique, histoire
    sociale et histoire culturelle. Dans ce renouvellement des recherches et
    des approches, la cour de France au Moyen ge est reste le parent
    pauvre. Or, partir du XIIIe sicle, sy sont mis en place des
    structures, comme celle de lhtel avec ses offices, mais aussi un
    crmonial et des rituels concernant aussi bien le baptme et les noces
    que les funrailles.

    Dans quelle mesure les solutions qui ont alors t adoptes ont-elles
    rencontr des chos dans les autres cours europennes? Quelles ont t
    les adaptations que le modle franais a connues mesure quil se
    diffusait, dans un jeu constant et complexe dinteractions? Telles sont
    les principales questions auxquelles ce volume entend rpondre.

    Lapproche est globale, puisquelle envisage la cour successivement
    comme un organisme, comme une socit et comme une rfrence culturelle.
    Sont ainsi examins aussi bien les ordonnances de lhtel que les
    traits dnonant la vie de cour, les rites de passages que les
    pratiques alimentaires, la mise en ordre par des crmonials que les
    btiments et la vie artistique. Et ceci sur une longue dure, du XIIe
    sicle au premier ge moderne, et dans une dmarche rsolument
    pluridisciplinaire, associant historiens, spcialistes de la
    littrature, archologues et historiens dart.

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  • Au XVIe siècle, les "statuts de pureté de sang", qui maintiennent les conversos dans des marginalités frappées d'infamie, dévoilent une histoire fondée sur une ségrégation raciale aux racines anciennes. C'est sous les Rois Catholiques que le système inquisitorial jette pour la première fois l'opprobre sur toute une catégorie sociale. L'Inquisition, dressant face à face vieux -chrétiens au sang pur et nouveaux-chrétiens au sang impur, donne corps à une guerre locale pour le pouvoir et s'érige en arbitre sur le terrain religieux autant que politique. Instrument efficace au service des opportunismes monarchiques, elle est mêlée de près à une reconstruction du royaume dont les judéoconvers font les frais. Pourquoi représentent-ils dans ces conflits l'éléme nt antisocial ? Les spécificités d'un groupe dynamique suffisent-elles à expliquer l'enchaînement de l'exclusion et de l'anathème ?

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