Honore Champion

  • Cette Introduction présente un choix de grands axes pouvant être mis à profit dans l'analyse de la musique tonale. L'auteur investit ces structures fondatrices à travers des regards sur Beethoven, Chopin, Schumann et au-delà ; de plus, il procède lui-même à une redéfinition du mode mineur. Ainsi, les différentes approches adoptées - théorique, analytique, méthodologique - s'entrecroisent afin de s'éclairer les unes les autres tout au long de huit chapitres devancés par des prolégomènes. Ce livre sera utile aux élèves des conservatoires, aux musicologues, aux interprètes, comme à toute personne désireuse d'articuler sensibilité et raison - saveur et savoir - à propos d'un corpus et d'un principe d'organisation représentatifs de la pensée musicale européenne. La bibliographie de l'ouvrage permettra au lecteur aussi bien d'approfondir sa connaissance de telle ou telle théorie ou méthode analytique que d'en découvrir d'autres.


    Henri Gonnard, musicologue, est maître de conférences à l'université de Tours. Ses travaux portent d'une part sur la théorie et l'analyse de la musique occidentale, d'autre part sur les rapports de cette dernière avec la littérature, les autres arts et l'histoire des idées, du romantisme au surréalisme. Les compositeurs qu'il a le plus étudiés sont Schumann et ceux de la première moitié du XXe siècle, Debussy en particulier (presses de l'université de Paris- Sorbonne et de celle de Grenade, éditions Leo S. Olschki, Cahiers du CIREM, Musurgia, etc.). Chez Champion, il a déjà publié La musique modale en France de Berlioz à Debussy.

  • Que signifie l'intérêt que de nombreux écrivains africains - René Maran, Senghor, Mongo Beti, C.A. Diop, Soyinka, V.Y. Mudimbe, Kagame, P. Hountondji, Mamoussé Diagne, Djibril Samb, Souleymane B. Diagne, etc.- portent aux littératures et à l'histoire de l'Antiquité grecque et romaine ? Quels en sont les enjeux ? Faut-il y voir la marque d'une "occidentalisation " de leur art et de leur pensée ou, au contraire, un processus d'appropriation d'un savoir longtemps interdit ?
    Ces questions constituent le point de départ du présent ouvrage dans lequel l'auteur examine d'abord la " bibliothèque antique " des écrivains africains, telle qu'elle apparaît dans leurs oeuvres et dont les contours et les contenus varient considérablement d'un auteur à l'autre.
    La notion de bibliothèque, qui d'ailleurs est traversée par une profonde contradiction entre le principe de la collection et le projet de constitution d'un savoir, permettra ensuite d'envisager les différents usages auxquels donnent lieu les textes qui la constituent : usages rhétoriques et esthétiques, usages historiques et usages philosophiques.
    Mais la relation que l'on peut établir entre littératures africaines et Antiquité ne se limite pas aux usages -et aux lectures, autorisées ou non- que les écrivains africains font de ce corpus, dans la mesure où la connaissance des littératures africaines peut contribuer à renouveler notre vision des cultures et des littératures du monde antique. C'est ce qui sera souligné notamment à travers la question des disciplines dont relèvent respectivement ces deux grands domaines du savoir ou à propos de problématiques comme le bilinguisme grec-latin à Rome, le fait colonial ou le rapport à l'Autre.


    Bernard Mouralis est professeur émérite à l'Université de Cergy-Pontoise où il a dirigé l'UFR de Lettres et Sciences Humaines ainsi que le Centre de recherches Texte/Histoire. Il a auparavant exercé dans plusieurs universités africaines (Abidjan, Lomé) ainsi qu'à l'Université de Lille III. Ses travaux portent sur la littérature de langue française de l'Afrique subsaharienne, la relation franco-africaine, la théorie de la littérature.

  • Cet ouvrage est destiné en priorité aux candidats au CAPES de lettres modernes et aux agrégations de lettres modernes et de grammaire. Il sera aussi d'un intérêt certain pour les étudiants inscrits dans un cursus de lettres et, de façon plus générale, pour tous les curieux et amoureux de l'histoire des mots français. Sous forme de fiches, classées par ordre alphabétique, on trouvera traités plus de trois cents mots usuels ou caractéristiques de la civilisation médiévale (baron, chevalier, vassal, lige, cortois, etc.) ou susceptibles de faire l'objet d'une question aux concours parce qu'ils sont représentatifs d'un aspect lexical et sémantique. Les fiches sont organisées selon le modèle standard attendu par les membres des jurys (étymologie, sens en ancien français, paradigmes morphologique et sémantique, évolution ultérieure des sens et des emplois jusqu'en français moderne).

  • Les pratiques thérapeutiques de la lecture remontent à la plus haute Antiquité. Leur résurgence au XIXe siècle est contemporaine de la naissance de la psychiatrie. Elle précède l'émergence de la notion moderne de psychothérapie. Aussi, décrire les usages de la littérature, attachés aux méthodes contemporaines de lecture thérapeutique, conduit à redéfinir ce que recouvre la notion de psychothérapie et à réinterroger les fondements philosophiques de la thérapeutique. Ainsi envisagés, ces usages n'entraînent pas a priori de grandes réflexions sur la littérature. Pourtant, dans la mesure où, pour en parler, leurs praticiens doivent expliciter leurs propres méthodes et clarifier leurs visées, le questionnement de ces usages conduit à interroger leur statut épistémologique et introduit par conséquent à une réflexion plus générale sur la littérature. On est ainsi mené à redéfinir la lecture comme un dispositif transitionnel de partage et l'expérience littéraire comme une épiphanie du sensible, ouverture à la fois aux sens et au sens.

  • À l'heure du narrative turn, du storytelling et de la prolifération des formes narratives peut-on postuler l'existence d'un canon qui serait le Récit ? Suivant en cela l'orientation actuelle des études culturelles, cet ouvrage tente de répondre à cette question en évitant de l'enfermer dans les limites des études littéraires. Sylvie André met en résonnance sinon en cohérence, les apports de l'anthropologie en matière de tradition orale et d'analyse culturelle avec ceux de la narratologie, de la sémiotique ou de l'histoire littéraire occidentale pour envisager la possibilité de l'existence d'un modèle narratif. Celui-ci doit rendre compte de l'existence de systèmes stables de récits institutionnalisés (mythes, récits héroïques, récits axiologiques) en même temps que de leur évolution dans l'Histoire. Il devra intégrer les fonctions sociales, le rôle cognitif mais aussi les dimensions esthétiques et fictionnelles des récits, quel que soit le type de société dans lequel ils apparaissent.

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  • Passion partisane, inspiration prophétique, haute culture, puissance de l'image. : l'oeuvre d`Agrippa d'Aubigné vibre encore, au-delà de son temps d'apparition (1616), de toute son intensité poétique. Les sept études ici réunies portent essentiellement sur les livres II et III des Tragiques (Princes, La chambre Dorée) que d'Aubigné désigne comme d' " un style moyen satirique en quelque façon ", et qui sont, dans l'ensemble de ce poème mystique, un moment de violente attaque contre les grands de ce monde, responsables du règne du Mal sur terre. Dans la diversité de leurs approches, ces contributions veulent éclairer les aspects historiques, symboliques et poétiques de ces deux livres moins connus d`une oeuvre difficile, qui projetait à la face du XVIIe siècle naissant les " tragédies " vécues par les Protestant et légitimait leur révolte.

  • Ce livre retrace l'aventure critique du roman africain contemporain, et interroge l'enjeu de sa modernité dont la scénographie repose sur un triptyque : un sujet, un monde, un langage. Expérience d'un sujet aux prises avec un langage. Expérience d'un discours aux prises avec une histoire. Expérience d'une autonomie conjuguée avec un affrontement à l'histoire. Au terme, quelques-une s des plus grandes voix du roman africain se seront fait entendre.
    À l'intersection d'une rhétorique et d'une sociologie, il s'agit de retrouver ici, loin des mythes et des stéréotypes de lecture, les tensions et blocages du roman africain, ses paradoxes et contradictions, sa force d'intervention et son pouvoir de fascin ation. Au plus près des textes et de leur mise en dialogue, et dans le rapport si complexe qu'ils entretiennent à l'histoire. Histoire d'un sujet lyrique, qui se dit et qui se pense. Histoire d'un monde qui se transforme et que le roman s'efforce de sonder.

  • À l'issue des tragédies le pire est toujours sûr, mais avec Beckett il devient le principe régulateur de la scène. Loin de l'absurde désespérant dans lequel on l'a enfermé, son théâtre organise avec une exactitude mathématique la dégradation des identitéshumaines et langagières. Le pire dégage une présence minimum et active, celle de la voix et la lumière, du regard et du tracé. L 'exténuation infinie des possibles y offre l'épreuve d'une vibration inquiète entre une image qui sombre et une parole qui expire.

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  • Pendant des dizaines d'années, on a le plus souvent lu Les Amours de Ronsard un peu dans l'esprit de Chamard qui les considérait comme une "oeuvre savante à l'excès" rachetée cependant par quelques beaux vers et par la sincérité d'une "passion de jeunesse éclose un jour d'avril dans une âme de vingt ans".
    Critique datée, c'est le moins qu'on puisse dire. Les choses ont heureusement changé. Ce qui retient aujourd'hui l'attention du lecteur des Amours, c'est la puissance, la variété, la musicalité extraordinaire de cette suite de poèmes (presque tous des sonnets) par lesquels le jeune Ronsard faisait ses débuts de pétrarquiste, rivalisant de façon éclatante avec le maître toscan tout en marquant sa différence, son originalité, tant par rapport à Pétrarque lui-même qu'aux imitateurs italiens et français du Canzoniere.
    Ce volume propose une lecture des poèmes à Cassandre fondée sur la réflexion critique de ces dernières décennies et aussi sur l'admiration qu'inspirent ces vers superbes, admiration que nul n'a mieux exprimée, peut-être, qu'Etienne Pasquier s'écriant dans ses Recherches de la France: "Lisez la Cassandre de Ronsard, vous y trouverez cent Sonnets qui prennent leur vol jusqu'au Ciel, vous laissant à part les secondes et troisièmes Amours de Marie et d'Hélène.
    Car en ses premières, il voulut contenter son esprit, et aux secondes et troisièmes vaquer seulement au contentement des Sieurs de la Cour." Le texte examiné est celui de l'édition de 1553 commenté par Muret.

  • " La tolérance est le premier article de mon catéchisme, et je mourrais content si je voyais la persécution et le fanatisme décrédités ".
    Toute sa vie, Voltaire sera fidèle à cette profession de foi et son inlassable combat pour imposer la tolérance est, à n'en pas douter, l'enjeu le plus élevé de sa croisade contre l'Infâme. L'obscurantisme et les superstitions mènent inévitablement à la barbarie. Si le patriarche de Ferney était pris de fièvre le jour anniversaire de la Saint-Barthélemy, l'injuste supplice imposé au protestant Jean Calas après une parodie de procès ne pouvait le laisser indifférent.
    Il consacre toute son énergie, tout son talent à la réhabilitation du défunt et de sa famille, et compose le " Traité sur la tolérance ", à l'occasion de la mort de Jean Calas. Publié en 1763, l'ouvrage transcende le cas particulier du martyr de Toulouse pour atteindre à l'universalité : " Il ne faut pas un grand art, une éloquence bien recherchée, pour prouver que des chrétiens doivent se tolérer les uns les autres.
    Je vais plus loin je vous dis qu'il faut regarder tous les hommes comme nos frères. Oui ! Mon frère le Turc ? Mon frère le Chinois ? Le Juif ? Le Siamois ? Oui sans doute ; ne sommes-nous pas tous enfants du même père, et créatures du même Dieu ? ". La question, hélas, reste d'actualité à l'aube du XXIe siècle et l'émouvante prière à Dieu de la fin du " Traité sur la tolérance " rencontre les préoccupations de la Ligue des droits de l'homme.

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  • Le Moyen Âge, c'est le berceau de notre littérature en langue vulgaire.
    Mais il ne se pense ni comme un temps originel ni comme un âge intermédiaire, " moyen ". Tendu entre un héritage antique païen et une culture chrétienne, il se pense proche de la fin des temps, tout en croyant à un progrès de la pensée. Les médiévaux, tout en revendiquant l'héritage de l'Antiquité, se désignent eux-mêmes comme des modernes. La littérature naissante se nourrit de ces contradictions et combine tous les apports, gréco-romains, celtiques, germaniques, arabes, pour offrir une production originale, modelée par des poétiques neuves, qui se construisent empiriquement, à l'écart de la Poétique d'Aristote qui ne sera redécouverte qu'au XVIe siècle.
    Le présent ouvrage s'efforce de retracer les contours de cette littérature, en en dégageant le contexte historique et social, en dessinant les évolutions qui marquent ces quatre siècles. Il met en évidence le jeu des poétiques, des idéologies et de l'imaginaire, un jeu complexe qui permet à la littérature médiévale de créer et d'entretenir des mythes qui lui sont propres, comme ceux de la chevalerie courtoise, de Tristan et d'Iseut, d'Arthur et de Charlemagne, mais aussi des fées, de la Roue de Fortune ou de la Danse Macabre.
    Il invite le lecteur à explorer les moyens qu'utilise pour se construire une littérature qui doit se créer autour d'une langue nouvelle qui tente de se donner ses lettres de noblesse, et qui y réussit merveilleusement.

  • Études réunies par Anne-Marie Chouillet, avec la collaboration de Sylviane Albertan-Coppola, Marc Buffat, Roselyne Rey.


    Le Neveu de Rameau allie la profondeur de l'interrogation philosophique à la jubilation de l'écriture. Les études réunies ici, tout en tenant compte de l'abondante littérature critique qui lui a été consacrée apportent leur éclairage propre à l'analyse de la satire, de l'art du dialogue, de la pantomime et de la confrontation des points de vue sur la morale. Dans leur diversité d'approche, elles rendent compte de la foisonnante richesse d'une oeuvre irréductible à une lecture univoque.

    Elles sont accompagnées d'une introduction et de notices sur les personnes et les oeuvres mentionnées dans le texte, aussi bien théâtrales que musicales, qui permettent de le replacer dans son environnement historique et social et élucident les obscurités liées aux nombreuses allusions à l'actualité de l'époque.


    L'ensemble constitue un excellent instrument de travail aussi bien pour aborder le Neveu de Rameau que pour en approfondir l'étude.

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