Honore Champion

  • Au printemps 1543, Luther fit publier la suite de son pamphlet diffamatoire Des Juifs et de leurs mensonges, le traité Du Shem ha-meforash et de la généalogie du Christ, dans lequel il employait des formulations judéophobes parfois plus outrancières encore que dans l'écrit précédent. La raison de cette nouvelle surenchère dans la détestation des Juifs résultait de son intérêt pour un texte de la tradition des Toledot Yeshou, récit médiéval juif à caractère satirique tournant en ridicule et dénigrant la vie du Christ telle qu'elle est racontée par le Nouveau Testament.

    Luther prit pour prétexte la traduction en allemand de ce texte pour entamer une controverse non seulement critique mais aussi d'une extrême agressivité contre les traditions populaires juives et contre la Kabbale - la mystique juive. La deuxième partie de son écrit est notamment consacrée à la vierge Marie, que Luther entend disculper de tout soupçon d'adultère voire d'amours diaboliques.

  • Publié en 1648, sans nom d'auteur ni d'éditeur et aussitôt saisi et détruit presque entièrement par ordre peut-être de Mazarin, Le rappel des Juifs représente un important témoignage du courant de pensée qui en appelle à la tolérance en matière de religion. Il s'y ajoute une pensée eschatologique qui désigne, en le roi de France, le chef destiné à reconduire les Juifs sur la terre de leurs ancêtres. Ce caractère double de l'ouvrage marque sans doute la synthèse de deux périodes dans la pensée de La Peyrère.
    La destruction totale de l'ouvrage semble se justifier par le fait qu'il ne constitue qu'une longue analyse du chapitre 11 de la Lettre aux Romains de Paul où les Juifs ne sont pas condamnés de façon définitive mais en attendant leur conversion qui constituera précisément leur " rappel ". Le rappel des Juifs fait suite à un précédent livre du même auteur et qui a valu à ce dernier sa notoriété, Les Préadamites, où La Peyrère affirmait que les Juifs avaient été créés, bien après les païens, et pour être le Peuple élu de Dieu.

  • Les trente-deux années - de 1948 à 1982 - allant de l'indépendance de l'État d'Israël à la veille de la première guerre du Liban, sont marquées par une évolution du lien entre Israël et les Juifs de France. Ces derniers font montre de plus en plus d'empathie pour un État constamment menacé par ses voisins, par exemple lors de la guerre des Six Jours, en 1967, mais ils n'hésitent pas à critiquer parfois durement sa politique.

  • Quelle place occupent les Juifs de Biélorussie, l'une des régions les plus méconnues et les plus fascinantes des confins multiethniques de la Russie tsariste, dans l'histoire des Juifs d'Europe orientale ? En quoi ces Juifs se distinguent -ils des autres Juifs de l'Empire russe ? Que pouvait signifier le terme « Biélorussie » pour les Juifs de cette région et, plus largement, dans l'histoire ashkénaze, avant même l'émergence d'une nation biélorusse indépendante ? Quels rapports les communautés juives entretenaient-elles entre elles et avec la population locale et les autorités ? Autant de questions auxquelles répond cette étude originale, qui met en lumière une partie trop souvent oubliée de l'histoire des Juifs ashkénazes et renouvelle notre connaissance de l'empire russe et de ses minorités.

  • Ce livre est destiné à un large public afin de l'encourager à s'intéresser à l'histoire complexe des juifs de Pologne, de Lituanie, d'Ukraine, de Biélorussie et de Russie ainsi que leur contribution à la vie juive et à la culture des sociétés les entourant. Il s'articule donc autour des problèmes liés à la forme des relations entre les juifs et leurs voisins et à la complexité du processus d'adaptation de ces populations au monde moderne pendant les deux derniers siècles comme explication au destin tragique des juifs durant le XXe siècle. Cependant, tant les essais des nazis visant à anéantir les juifs que les efforts de Staline ayant pour but de détruire leur culture se sont soldés par un échec. Les juifs habitent toujours en Europe de l'est et la culture qu'ils ont créée suscite l'admiration.

    Texte traduit du polonais par Malgorzata Kobierska et de l'anglais par Patrick Hersant. Rédaction scientifique : Daniel Tollet.

  • Issue d'une famille juive décimée par la déportation, et par ailleurs professeure de Lettres en Classes Préparatoires, l'auteure voulait comprendre comment des êtres évolués, voire cultivés, avaient pu adhérer à un discours antisémite rétrospectivement sidérant.

    D'où cette enquête, fondée sur un panel de textes et d'images antisémites variés mais convergents. Elle s'articule aux travaux des historiens et les enrichit d'un éclairage différent.

    Sous le simplisme apparent des préjugés antisémites on découvre une extrême sophistication, une manipulation aussi habile que retorse de l'éloquence. Cette perversion des mots, des idées, des valeurs a enclenché l'engrenage des persécutions et exterminations.

    Le choix des mots et l'impact des images, la construction de l'argumentaire, la stratégie de la communication... tout s'emboîte, et explique la haine : ses sources, son fonctionnement, ses effets historiques et ses résurgences actuelles.

    L'enjeu de cet ouvrage ? Engager le lecteur à la lucidité, l'armer pour comprendre, mais surtout l'alerter : l'antisémitisme est toujours là. Il s'agit donc d'être vigilant pour le débusquer et le combattre.

  • La philosophie des Lumières dans l'exégèse de Moses Mendelssohn montre comment - à travers son commentaire hébraïque du Pentateuque - Mendelssohn (1729-1786) éclaire le Juif du ghetto en tant qu'homme (Mensch), puis prépare son émancipation en tant que citoyen (Bürger).
    Pour Mendelssohn, les Lumières se rapportent à une connaissance rationnelle permettant de réfléchir sur les choses de la vie humaine. Les thèmes de l'exégèse - le langage, l'optimisme, le didactisme, l'immortalité, l'éthique, la religion naturelle, la critique biblique et l'anti-Messianisme - forment une première partie qui s'intitule " L'homme. " Une partie médiane " L'homme et le citoyen " traite de la séparation de l'Église et de l'État et de l'intégration des Juifs. Une dernière partie " Le citoyen " vise uniquement l'émancipation sociale.

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  • Indianiste de réputation internationale, spécialiste du bouddhisme, Sylvain Lévi (1863-1935) occupa la chaire de langue et littérature sanscrites au Collège de France de 1894 à sa mort. Il fut un universitaire engagé, fidèle aux principes de la Révolution française et le défenseur intransigeant des droits civils et politiques de s juifs, conformément à la doctrine de l'Alliance israélite universelle qu'il présida à partir de 1920. Grand voyageur, il a entretenu une importante correspondance avec de nombreuses personnalités du monde politique et scientifique de son temps, ainsi qu'avec les membres de sa famille.
    Les lettres de cette édition ont été adressées par Sylvain Lévi à son neveu, l'écrivain Jea n-Richard Bloch, ainsi qu'à Jacques Bigart, secrétaire de l'Alliance israélite universelle. Malheureusement, en raison du pillage de ses domiciles par les nazis, seules les lettres de Sylvain Lévi ont été conservées. Elles abordent des problèmes politiques, éthiques et scientifiques ainsi que des préoccupations personnelles dans lesquelles le savant exprime ses colères, maltraite s es rivaux, et propose une vision très idéalisée du franco-judaïsme. Elles témoignent aussi de la vigueur de ses sentiments patriotiques au moment de la Grande Guerre. À travers des descriptions colorées et de piquantes anecdotes, elles illustrent la vie studieuse d'un orientaliste représentant la France à l'étranger et nous renseignent sur l'oeuvre de l'Alliance israélite universell e, le sionisme, le déclin de la colonisation britannique en Inde, l'ouverture du Népal à la modernité, les convulsions de la Chine et le Japon des derniers empereurs.
    La personnalité de Sylvain Lévi apparaît ainsi sous un regard nouveau qui permet de nuancer les positions très dogmatiques qu'il avait adoptées à l'égard des forces politiques apparues sur la scène internationale au début du XXe siècle.

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  • Depuis deux millénaires, le judaïsme rabbinique a façonné une image idéalisée d'un temple, pour un dieu et un peuple, propre à renforcer la cohésion et l'unité d'une communauté déchirée par les heurts des premier et second siècles de notre ère. Ceci ne reflète pourtant ni la richesse et la complexité du judaïsme antique, ni la pluralité des manières d'être, de se sentir, et de montrer son appartenance. Plusieurs temples furent ainsi construits alors même que celui de Jérusalem était en service, par des communautés se réclamant du même dieu, celui d'Israël. En Égypte, à Éléphantine par des soldats-agriculteurs, à Léontopolis par un grand prêtre exilé ; sur le Garizim, près de Naplouse, par les Samaritains, bien avant leur séparation d'avec le judaïsme de Jérusalem. Aux différents lieux et époques répondent la même construction, en contradiction formelle avec les prescriptions bibliques, et la relative tolérance des autorités de la capitale. Loin d'être aussi marginales qu'on put le penser, ces trois aventures éclairent un vécu religieux ; leur réexamen, et une large synthèse tentant d'en comprendre les motivations, aideront tant les spécialistes que les lecteurs curieux de ce judaïsme si loin et pourtant si proche.

  • En 1891, neuf ans après l'arrivée de la première vague d'immigrants sionistes en Palestine, A'had Ha'am, théoricien du sionisme culturel, effectue une tournée d'inspection des villages agricoles fondés par ces pionniers et en ramène un rapport stigmatisant l'arrogance des agriculteurs juifs qui offrent, écrit-il, « le spectacle de l'esclave qui devient roi ». Pressentant l'imminence du réveil national palestinien arabe, il les exhorte à traiter la population autochtone « avec amour et respect ». Seize ans plus tard, c'est au tour de l'enseignant hébraïste Yitz'haq Epstein de publier une mise en garde analogue et d'appeler, lui aussi, à fonder les rapports avec la population autochtone sur la justice et la fraternité. Nathan Weinstock présente ici les premières traductions intégrales de ces deux essais - dont devaient s'inspirer les partisans d'une entente avec le mouvement national palestinien, tels Judah Magnes ou Martin Buber - les replace dans leur contexte historique, rappelant, à l'encontre des idées reçues, maints aspects méconnus de la problématique israélo-palestinienne.

  • Dans cet ouvrage, sortent de l'oubli, des juifs baptisés clandestinement dans leur enfance et enlevés à leur famille, des juifs dénoncés sous prétexte qu'ils auraient exprimé la volonté de se convertir, des juifs « offerts » à la religion chrétienne. Entre le XVIe et le XIXe siècle, en Italie comme dans toute l'Europe, les baptêmes forcés représentaient un phénomène social et culturel de grande importance se situant à l'origine des nombreux préjugés antisémites. L'analyse de ce phénomène permet de comprendre les racines historiques de l'antisémitisme politique des XIXe et XXe siècles et soulève des questions cruciales concernant l'histoire de la société européenne, notamment les problèmes politiques et idéologiques dus à la cohabitation de différentes religions et au rôle joué par les autorités ecclésiastiques. L'ouvrage qui porte une attention particulière à la ville de Rome, s'appuie sur une documentation très riche, entièrement inédite, provenant principalement des archives du Saint-Office.

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  • Cet ouvrage traite de l'histoire du mouvement d'immigration en Terre Sainte des disciples du rabbin Eliahou ben Salomon, le célèbre Gaon de Vilna, au XIXe siècle. Il propose des analyses inédites du processus et de la genèse de ce mouvement en se fondant sur des faits historiques. Il évoque aussi les conditions de vie très difficiles des communautés juives de cette région dans le contexte mouvementé de l'Empire ottoman, avant de décrire en détail les démarches diplomatiques inattendues initiées par ces « pionniers de la rédemption » auprès des autorités ottomanes et de divers consulats occidentaux. Il aborde ensuite les projets agricoles, industriels et scolaires développés par les générations postérieures ainsi que l'édification intensive de nouveaux quartiers à Jérusalem. Au total, un tableau saisissant et inédit de l'histoire religieuse et politique du Yishouv en Terre Sainte au XIXe siècle est dressé, préfigurant l'avènement du sionisme politique. Cette étude constitue donc une clé de compréhension des enjeux et des problématiques de l'Israël d'aujourd'hui.

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  • Morceaux édités par Menahem Mendel Slatkine. Traduction : C. Darmon. Préface : D. Tollet. Avant-propos : M.-É. Slatkine. Présentation : C. Bontems.

    Bien qu'il ne couvre qu'une courte période, allant de 1788 à 1790, le Journal d'un rabbin lituanien du XVIIIe siècle présente un intérêt majeur pour la connaissance de la vie juive dans la Lituanie d'après le Premier Partage de la Pologne (1772). Tous les aspects de cette vie dans une bourgade juive y sont abordés : les rapports sociaux entre riches et pauvres, la place des femmes, le rôle des organes communautaires et caritatifs, le rôle des institutions d'enseignement. Surtout, le lecteur y découvre une communauté dirigée par la religion, par la plus grande fidélité possible à la Torah - la loi juive. Bien qu'à cette époque, le judaïsme askhénaze fût en pleine mutation du fait de la naissance du hassidisme et l'opposition du gaon de Wilno à ce courant favorisant la prière au détriment de l'étude, de la prolongation du mouvement sabbataïste messianique, dirigé par le pseudo-messie Jacob Frank et l'apparition des Lumières « berlinoises », la communauté de Radoshkovitchi semble isolée, à l'écart de toute cette agitation. Elle n'entretenait que de faibles contacts avec l'extérieur liés à la collecte des impôts, au passage de prédicateurs itinérants ou d'émissaires du gaon ; c'était surtout grâce à un marchand de livres itinérant qui apportait à la fois la culture et les nouvelles que notre rabbin savait ce qui se passait dans le vaste monde. Des Partages de la Pologne, des réformes de la Grande Diète (1788-1791) pas un mot.

    L'ouvrage doté de nombreuses notes de bas de pages pour éclairer le lecteur non spécialiste du sujet est en outre augmenté de trois glossaires.

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  • Quelques semaines à peine après l'invasion allemande, en septembre 1939, l'historien Emanuel Ringelblum prit l'initiative de réunir une équipe de collaborateurs afin de fonder les archives clandestines du ghetto de Varsovie. Simultanément, il entreprit sa chronique de l'agonie des Juifs reclus dans le ghetto.

    Après la liquidation des survivants du ghetto à la suite de l'insurrection du mois d'avril 1943, Ringelblum - réfugié en « zone aryenne » dans un abri clandestin - poursuivit sa chronique du désastre en rédigeant une série d'études bouleversantes relatives à l'extermination de la plus grande communauté juive d'Europe.

    Le présent volume met enfin à la disposition du lecteur francophone ces essais demeurés quasiment inconnus jusqu'ici dans la mesure où ils n'étaient disponibles qu'en langue yiddish ou en traduction polonaise.

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  • Pressentant le désastre imminent, l'historien Emanuel Ringelblum a réuni, quelques semaines après l'invasion allemande en 1939, une équipe de collaborateurs pour fonder les archives clandestines du ghetto de Varsovie et conserver à l'intention des générations à venir la trace des développements appréhendés. Après la destruction du ghetto qui suivit l'Insurrection d'avril 1943, Ringelblum - réfugié en « zone aryenne » dans un abri clandestin - poursuivit son travail. C'est en polonais qu'il rédigea son étude sur les Relations judéo-polonaises au cours de la Seconde Guerre mondiale. Le texte figure, en yiddish, dans le second volume des Ksovim fun geto (Écrits du Ghetto) publié en 1963 par l'Institut Historique Juif de Varsovie ; l'édition non altérée en langue polonaise sur laquelle notre volume est basé date de 2018. Cette étude capitale, minutieusement documentée et dénuée de tout sectarisme, unique en son genre, n'a encore jamais paru en français. Elle est de nature à bouleverser quantité d'idées reçues.

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  • Voici une collection de petites pièces inédites propres à bousculer le portrait convenu de " savant épistémologue " rigide et guindé qu'a retenu la tradition française dans la mouvance de Gaston Bachelard. Ces Mélanges de pièces disparates rédigées par un philosophe qui nous a habitués à un style sérieux, érudit et un peu abscons, réservent bien des surprises... un rêve, un petit conte, un mini-drame, des rapports sur la situation économique des colonies juives en Palestine, des réflexions sur le monde au sortir d'une guerre mondiale.
    Le philosophe apparaît, à la lecture de ces textes, non seulement comme un esprit qui s'interroge sur la théorie de la relativité, mais également comme un homme sensible, concerné par le sort de son prochain et de l'humanité.


    Eva Telkes-Klein et Bernadette Bensaude-Vincent ont codirigé la publication de la correspondance de Meyerson, où les réflexions scientifiques et philosophiques se mêlent aux considérations sur la guerre ou sur le nationalisme polonais.

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  • Au Moyen ge, entre le Xe et le XVe sicle, Juifs et Musulmans consacrrent des biens, aussi bien mobiliers qu'immobiliers, de sorte que le loyer d'une boutique, la rcolte d'un champ, l'habitation d'une maison, la consultation d'un codex du Livre Saint ou d'un trait d'exgse profite perptuellement des bnficiaires bien dsigns, des personnes ou des tablissements publics. Les Juifs firent en sorte que ce procd 3/4 travers lequel tait assur l'enseignement du culte, l'entretien d'une synagogue ou l'assistance quotidienne des plus dmunis 3/4 s'insre essentiellement dans une dynamique communautaire, qu'il serve le groupe, son resserrement, sa perptuation. Ainsi les mots heqdesh/qodesh, qui dsignent indistinctement une fondation pieuse juive, traduisent-ils cette porte organico-collective des diffrentes conscrations. Pour les Musulmans, les fondations pieuses, 3/4 waqf ou habous tant les termes qui servent les reconnatre, 3/4 mettent en avant l'initiative singulire, dvoilent d'une manire plus prononce des mcanismes de comptition ou d'imitation, des stratgies individuelles qui laissent apparatre tous les enjeux politiques, conomiques et sociaux qui caractrisent la socit musulmane mdivale. Ici, plus que dans le cadre de la communaut juive, le waqf se prsente comme un indicateur de la hirarchie sociale, et ce par la dynamique mme de l'ensemble de ces enjeux.



    Hmida Toukabri est chercheur en Histoire du Moyen ge. Il s'intresse en particulier aux relations judo-musulmanes l'poque mdivale. Auteur des Juifs dans la Tunisie mdivale, le prsent ouvrage est son deuxime livre.

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  • La notion d'élitisme dans l'Antiquité est un champ d'étude privilégié et fécond pour la compréhension des relations entre culture, sociétés et religions. C'est à partir de ce constat que l'équipe de recherche La Bible et ses lectures (UMR 8167, Orient et Méditerranée) du Département de recherche en Théologie et Sciences religieuses de l'Université Catholique de l'Ouest a approfondi son étude durant les quatre années d'un plan de recherche. Après une première publication sur Les élites dans le monde biblique (Bibliothèque d'Études juives no 32), les membres de l'équipe, historiens, exégètes, et théologiens, ont concentré leur attention sur le cas des élites paradoxales.
    Le monde biblique regorge en effet de cas où l'élite en place est contestée au nom de valeurs qui la dépassent ; il présente aussi de multiples exemples de formation d'élites contestataires qui " débordent " des cadres institutionnels. Cherchant à mettre en évidence la multiplicité des lieux institutionnels ainsi remis en cause, l'équipe a orienté ses recherches vers ces franges qui font passer au premier plan des valeurs de transgression : au niveau social, exemplaire, moral, spirituel ou intellectuel.
    Le présent ouvrage s'attache donc à l'étude de ce " jeu ", de cet écart constitutif entre une élite de droit (fondée sur des critères bien définis) et une élite de fait qui repose sur des valeurs plus ou moins subversives de l'ordre établi.

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  • Peut-on être à la fois féministe et nationaliste ? Les doctrines nationales, si elles ont toujours glorifié les femmes et leurs vertus, ne leur ont en réalité assigné qu'un rôle de reproductrices et d'éducatrices. L'émergence du sionisme, l'un des derniers avatars des nationalismes apparus tout au long du XIXe siècle, est concomitante à la fois de la modernisation des mondes juifs d'Europe centrale et orientale et de la remise en cause de la voie de l'assimilation. Or, ces évènements déterminants pour l'histoire du peuple juif n'ont pas seulement marqué le destin de sa partie masculine. De très nombreuses jeunes femmes juives ont en effet participé aux questionnements identitaires qui ont traversé le judaïsme à la fin du XIXe siècle. Certaines d'entre elles ont pris fait et cause pour le projet d'émancipation collective porté par l'idéologie sioniste. Cependant, la plupart de ces femmes se sont libérées de la tutelle masculine, accédant ainsi à un statut individuel bien peu conforme au modèle conçu pour la future femme nationale. Comment assument-elles un tel décalage ? Quels parcours se dégagent de ces expériences ?

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  • À la suite de son ouvrage sur les Juifs de France sous la Restauration, l'auteur présente leurs conditions de vie sous la Monarchie de Juillet (1830-1848). L'ouvrage dégage les aspects démographique, politique, religieux, judiciaire ainsi qu'économique etsociologique des juifs français. Il montre en particulier l'abrogation du serment more judaico, l'égalité de traitement d u personnel de tous les cultes, l'expansion des écoles sous l'impulsion de Guizot, la construction de nouvelles synagogues. Mais aussi les accusations d'usure et les émeutes antijuives de 1830 et de 1848. Le judaïsme français se modernise et s'adapte au monde environnant, au détriment de la foi traditionnelle.

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  • Née dans ce qui était alors le royaume de Hongrie et écrivant dans les divers territoires constitués par le traité de paix de Trianon (1920), toute une génération d'auteurs juifs, fauchée par la Shoah, fut aux prises avec une " question juive " qui jetait le doute sur leur authenticité d'hommes et d'écrivains. Au coeur même des exils intérieurs imposés par la montée des fascismes, ces hommes, piégés par la hantise identitaire qui travaillait alors cette partie de l'Europe, éprouvés autant qu'inspirés par la " mélancolie de l'inappartenance " (K. Pap), se frayèrent une voie vers un " royaume " symbolique : celui, inaliénable, de la " Littérature ".

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  • Traduit ici pour la première fois du yiddish en français, le Portrait de Sabbataï Zevi a été rédigé à Amsterdam au cours de la première décennie du XVIIIe siècle par Leyb ben Oyzer (Rosenkranz), chamash (bedeau) de la synagogue ashkénaze et ma'amin (notaire rabbinique). L'auteur s'y est efforcé de reconstituer l'extraordinaire aventure de Sabbataï Zevi (1636-1676), le kabbaliste de Smyrne qui se proclama Messie en 1666 - annonçant qu'il entendait s'emparer de la couronne du Sultan, rassembler les Juifs dispersés aux quatre coins de la terre et marcher sur Jérusalem à la tête de ses partisans pour reconstruire le Temple - nouvelle qui déclencha une vague d'enthousiasme indescriptible qui embrasa toutes les communautés juives, tant en Orient qu'en Europe. Il se trouva également un certain nombre de Musulmans et de Chrétiens pour se montrer sensibles au charisme du pseudo-Messie, de sorte que l'extraordinaire agitation suscitée par le mystique juif amena le Sultan à le placer devant l'alternative : se convertir à l'islam ou encourir la peine capitale.

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  • Le Code Théodosien (438 ap. J.-C.), premier modèle de codification en Occident, comporte une rubrique spéciale consacrée aux juifs. Cette circonstance, ajoutée au fait que les juifs de l'Empire romain ont bénéficié d'un certain nombre de privilèges, conduit certains à affirmer qu'ils ont été traités différemment des autres citoyens romains. Le pouvoir, de propos délibéré, aurait élaboré pour eux un statut personnel exorbitant du droit commun, pour des raisons religieuses et ethniques. Sous la pression des chrétiens désormais maîtres de l'idéologie de l'Empire, les juifs, à partir des IVe et Ve siècles, auraient été placés à l'écart du corps civique.

    Le présent ouvrage, consistant en une étude diachronique des textes de droit restitués dans leur contexte historique et dans la culture juridique de l'époque et recherchant les motivations réelles des décisions impériales, aboutit à une conclusion tout autre. Il montre que ces décisions n'obéissent pas à une ligne idéologique univoque mais naissent d'un contexte contentieux dans lequel s'entrecroisent de nombreuses logiques, juridique, politique, économique, fiscale et diplomatique. L'Empire romain n'a pas été « antisémite ». Il a appliqué, avec les juifs, les logiques immanentes de son droit et de ses institutions.

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