Honore Champion

  • En mettant en scène une société de conteurs-devisants, l'Heptaméron est, de tous les recueils de nouvelles français qui s'inscrivent dans la lignée du Décaméron, le plus proche de son modèle. Il en diffère cependant notablement et constitue une oeuvre éminemment singulière dans son genre. Du fait, d'abord, qu'elle se donne comme issue d'un débat liminaire qui l'inscrit dans une perspective spirituelle. En raison, ensuite et surtout, du rôle central, unique dans le genre, dévolu aux dialogues, pivot dynamique de l'oeuvre porteur de tous les grands thèmes qui sont au coeur de l'oeuvre poétique et dramaturgique de Marguerite. Sous des dehors plus enjoués, l'Heptaméron est en effet habité par la même quête de la Vérité que celle qui sous-tend l'ensemble de l'oeuvre de Marguerite. Mais elle y est plus complexe et plus problématique, devant se frayer une voie dans les replis obscurs des âmes - celles des personnages que les nouvelles mettent en scène - et confiée à un groupe d'hommes et de femmes qui, n'ayant pas été « appelez au conseil privé de Dieu », sont voués à n'entrevoir la Vérité, selon le mot de Paul, que « dans un miroir et de façon confuse ».

  • Cet ouvrage présente de manière thématique, l'oeuvre de Pierre de Bourdeille, abbé commendataire de Brantôme. Gentilhomme d'épée, combattant des Guerres de Religion, hôte assidu de la Cour des Valois, où il fut le " sigisbée " de la reine Margot, inféodé aux Guise avant de suivre Catherine de Médicis, puis François d'Alençon, il fut aussi un grand voyageur (Italie, Écosse, Malte, péninsule ibérique) et put ainsi engranger force renseignements tirés de son expérience, de ses conversations et de ses nombreuses lectures. Ce qui nous valut, au soir de sa vie, de captivants " Mémoires " dictés à son secrétaire. Il se plaît le plus souvent à narrer les exploits, les rivalités et les amours des rois, reines, grands capitaines, seigneurs et dames de plus ou moins haute volée. Il loue en termes hyperboliques la beauté féminine, comme la vaillance des soldats, des Espagnols en particulier, ou réfléchit aux graves problèmes du couple ou de la conduite de la guerre, dans une prose prolixe, mais le plus souvent savoureuse, émaillée d'anecdotes et de bons mots. Étienne Vaucheret, professeur d'université, docteur ès Lettres, a consacré de nombreux articles à Brantôme et édité aussi de cet auteur le Discours sur les couronnels (Vrin, 1973) et le Recueil des Dames, Poésies et Tombeaux (Pléiade, 1991).


    Étienne Vaucheret, professeur d'université, éditeur de plusieurs oeuvres de Pierre de Bourdeille et de nombreuses communications concernant ce mémorialiste périgourdin, nous présente ici une étude thématique des " Discours " de celui-ci. Gentilhomme d'épée au temps des Valois, courtisan et grand voyageur, il s'est plu, à la fin de sa vie, à dicter ses "Mémoires ", fruits de son expérience, fortement marquée par l'idéalisation de l'Espagne, de ses conversations et de ses lectures, qui contiennent de sérieuses réflexions sur la conduite de la guerre ou les problèmes du couple, mais narrent surtout dans une langue savoureuse émaillée d'anecdotes et de bons mots les hauts faits ou les aventures sentimentales des dames et seigneurs du XVIe siècle.

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  • Ce livre se propose d'étudier l'influence de saint Augustin sur l'écriture et la pensée des Essais et de déterminer l'originalité de Montaigne dans son interprétation et son adaptation de la Cité de Dieu.

    Les nombreuses éditions de la Cité de Dieu à la Renaissance résultent de différentes interprétations de l'oeuvre d'Augustin, et ce sont notamment les commentaires de Jean-Louis Vivès sur la Cité de Dieu qui contribuent à stimuler l'écriture des Essais. Certaines idées morales de Montaigne, comme la théorie des passions, l'opinion sur le suicide ou la notion de bonheur, font écho à l'anthropologie d'Augustin. Par ailleurs, Montaigne rejoint la théologie augustinienne dans sa critique du rationalisme et sa mise en avant de la primauté de la foi chrétienne.

    Tout en prenant en considération les contextes historique, culturel et idéologique de la Renaissance, ce travail montre non seulement l'importance de saint Augustin dans la formation des Essais, mais aussi la nouveauté de Montaigne dans l'histoire de la réception de la Cité de Dieu à la fin du XVIe siècle.

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  • À partir de découvertes et de la réévaluation des traditions manuscrites et imprimées, les meilleurs spécialistes reprennent ici sur nouveaux frais le dossier de la circulation de la Servitude volontaire de La Boétie. Les sept études ici recueillies mettent en scène toute une série de possesseurs, de lecteurs et de producteurs réunis autour d'un texte dont la circulation n'implique pourtant pas simplement la réception. Il s'agit de rendre compte de la mouvance d'un texte facilement adaptable à la recontextualisation, au regard de la tyrannie de Marie Stuart ou de la cause des Malcontents en France. Ainsi la primauté autrefois accordée à un seul manuscrit (BnF Fonds français 839) cède-t-elle le pas à une pluralité de traditions, soulignant la souplesse de la Servitude volontaire à l'échelle européenne.

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  • Tout en témoignant d'une imprégnation rhétorique persistante, les Essais revendiquent leur méfiance quant à l'art oratoire et mettent en avant leur naturel. Cet ouvrage interroge le sens du discours de condamnation de la rhétorique, tantôt en montrant ce que Montaigne doit à l'art, tantôt en exhibant les lieux de résistance de la nature, tantôt en pensant enfin la signification de ce hiatus entre théorie et pratique. Il donne la parole aussi bien à des acteurs importants du « tournant rhétorique » dans les études montaignistes qu'à des critiques plus distants de celui-ci. Cependant, qu'elles se revendiquent de la rhétorique, de la littérature ou de la philosophie, leurs analyses sont en dialogue avec les travaux de M. Fumaroli et les ouvrages publiés sous l'impulsion de ce tournant rhétorique (La Rhétorique de Montaigne, dir. Fr. Lestringant, H. Champion, 1985 ; Montaigne et la rhétorique, dir. J. O'Brien, M. Quainton et J. J. Supple, Paris, H. Champion, 1995).

    Actes du colloque international tenu à l'University of Chicago (Paris) les 7 et 8 avril 2017. Sous la direction de P. Desan, D. Knop et B. Perona.

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  • Depuis 1544, Délie, de Maurice Scève, affiche le paradoxe d'un discours amoureux épris de lumière et de vérité, mais cultivant l'obscurité. Pourtant, sa résistance à l'interprétation s'atténue si l'on renonce aux approches obvies (néo-platonisme, pétrarquisme, etc.), que déjoue finement le détail du texte, pour emprunter une voie nouvelle en y étudiant de près l'usage de la métaphore, révélateur privilégié de l'univers de représentation du poète.
    Après une définition pragmatique du trope en question, l'enquête montre des enseignements statistiques a priori déconcertants ; c'est ensuite l'univers topique des comparants, exploré sur le double plan de leur thématique et de leur mode d'apparition, qui dessine les pleins et les déliés d'un imaginaire singulier ; les lignes de force, les irrégularités, et même les lacunes, en termes de distribution, de valeur sémantique et d'intertextualité, vont peu à peu faire émerger un " jeu " spécifique de la métaphore, et ses vertus dialectiques.
    Matériau essentiel, et non simple ornement, d'un édifice voué aux " silentes clameurs " de l'adoration et du combat, la métaphore scévienne met un système d'identifications au service de la reconquête d'une identité, et dévoile un sujet qui ne concentre l'expression que pour s'épanouir dans l'inscription.



    Xavier Bonnier, ancien élève de l'E.N.S. de Fontenay - Saint-Cloud, agrégé de lettres modernes, est maître de conférences à l'université de Rouen. Ses recherches portent sur la poésie renaissante et la transmission des motifs analogiques de l'Antiquité à l'époque classique

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  • Dans son souci de promouvoir la dignité de la littérature de langue vulgaire, la Renaissance restaure la catégorie antique du lyrique. Comme Horace, Ronsard définit son identité de poète lyrique et construit sa poétique à travers l'imitation des illustres lyriques qui l'ont précédé. En 1550, fidèle à la poétique musicale et variée de Pindare et au modèle de subjectivité autobiographique horatien, Ronsard cherche à inventer dans ses odes la poésie lyrique française. Puis, sous l'influence de la découverte du pseudo-Anacréon notamment, il promeut une nouvelle conception de la poésie lyrique, ouverte à des formes variées et reposant davantage sur la voix que sur la forme musicale. Dès lors, la voix ronsardienne fait résonner dans l'oeuvre un écho lyrique qui met fin à une conception purement générique et hypertextuelle de la poésie lyrique. La primauté de la voix assure l'autorité du poète et se manifeste dans la mythologie, dans l'imaginaire de l'inspiration et dans la polyphonie énonciative. Elle participe à l'institutionnalisation de l'oeuvre de Ronsard comme modèle d'un lyrisme nouveau. Forme, genre et mode, la catégorie du lyrique ronsardienne se situe au carrefour des poétiques lyriques antiques et modernes.


    Benedikte Andersson, maître de conférences à l'université Charles de Gaulle-Lille 3, est spécialiste de la poésie de la Renaissance. Elle a soutenu sa thèse en 2002 à l'université Sorbonne Nouvelle-Paris 3. Elle travaille notamment sur le lyrisme, la construction de la subjectivité poétique et le genre de l'élégie.

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  • Les Lettres turques d'Ogier Ghiselin de Busbecq ont longtemps été considérées comme un récit de voyage objectif en terreottomane au point de servir de source aux historiens. L'objet de cette étude est de montrer qu'elles constituent en réalité uneoeuvre littéraire. Grâce à la plasticité de la lettre et du récit de voyage qu'il combine dans son oeuvre, Busbecq reprend et adap te librement tous les lieux communs véhiculés au sujet des Turcs. La description des lieux et des hommes, le récit et l'analysedes événements politiques sont présentés sous la forme d'une bigarrure subtile ; la variété des motifs et leur entrelacement créent l'illusion de la réalité et dissimulent de fréquentes falsifications des faits. La fictionnalisation de l'histoire répond à des intérêts idéologiques spécifiques mais aussi à l'élaboration d'un autoportrait flatteur.

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  • Chapitres oubliés, abandonnés, délaissés. par qui? Montaigne ou la critique ? Un peu des deux. Dans les Essais, une vingtaine de chapitres sont en effet assez peu retouchés au fil des éditions, tout comme si Montaigne les avait laissés pour compte, sans pour autant les supprimer de son livre. Ces enfants pauvres des Essais sont la plupart du temps passés sous silence au profit de chapitres abondamment augmentés ou retravaillés par Montaigne. On aime en effet l'idée d'un Montaigne au travail et qui revient sans cesse sur ses écrits, les modifie, les rature, les augmente de nouvelles citations, de nouveaux commentaires. La matérialité du livre met pourtant devant les yeux de Montaigne (et du lecteur) ces chapitres délaissés. Tout comme si l'auteur était conscient de l'état sous-développé d'une vingtaine de chapitres mais n'avait pourtant pas trouvé grand-chose à leur ajouter. À peine quelques citations, deux ou trois lignes, quelquefois absolument rien, cela durant plus de dix ans (de 1580 à 1592). On pourrait d'ailleurs blâmer Montaigne lui-même d'avoir perçu un rapport étranger envers ses premiers écrits : «de mes premiers essays, aucuns puent un peu à l'estranger » (III, 5, 875). C'est cet étranger en Montaigne, cet autre, auteur de chapitres oubliés, qu'il nous a semblé intéressant de mettre en avant et de présenter dans ce livre.

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  • Pierre angulaire d'une définition aristotélicienne de l'humain, le cannibalisme était pour les Anciens ce qui distinguait l'homme de la bête, le Grec civilisé du Scythe barbare. Mais, que ce soit à travers les grands mythes de vengeance antiques (Thyeste, Térée) ou par le biais d'un héritage médiéval (motif du coeur mangé, symbolique de la chasse courtoise, les portraits stigmatisés du Juif, de la sorcière et de l'homme sauvage), l'imaginaire occidental entretient des rapports complexes d'identité et d'opposition avec cet Autre pas tout à fait autre qu'est le cannibale. L'enjeu de la définition de l'humain par le cannibalisme trouve toute sa pertinence en Europe à l'époque des Grandes Découvertes qui, en l'espace de quelques décennies, concentrent les peurs et les fantasmes alimentaires de l'Européen sur « le Cannibale » du Nouveau Monde.
    Ce travail sur les figures du cannibalisme dans le théâtre anglais de la Renaissance s'efforce de situer un corpus littéraire dans le contexte d'une réflexion sur le même et l'autre, l'humain et l'inhumain, en accordant un intérêt particulier aux frontières et aux croisements de ces notions.

  • Quelques années après la Saint-Barthélemy, Simon Goulart (1543-1628), pasteur réfugié à Genève, publie les Mémoires de l'Estat de France sous Charles IX, à la fois réquisitoire juridique, récit historique, réflexion politique et mémorial religieux.L'étude des structures méthodologiques, rhétoriques et idéologiques qui donnent sa cohérence à cette compilation de textes d'int entions et de genres divers montre une manière d'écrire et de lire l'histoire, entre modèles érudits et nécessités polémiques. Les enjeux en sont la réception et la construction d'un événement " inouï ", mais aussi les représentations du passé et du présent, ou l'articulation entre visions politique et religieuse.

  • Le répertoire des fictions narratives en prose est le fruit du travail d'une équipe d'une trentaine de chercheurs, pour la plupart spécialistes du roman du Moyen Âge et des temps modernes. Il est destiné à offrir une vision exhaustive et précise d'une production littéraire luxuriante que les histoires littéraires ont le plus souvent ramenée à quelques titres. Son premier tome regro upe 242 notices consacrées à des fictions parues de 1585 à 1610. Chacune de ces notices se compose d'un descriptif précis et d'un résumé suivi, le plus souvent, de rubriques indiquant les diverses éditions des oeuvres analysées, leurs sources littéraires et philosophiques et donnant les principaux éléments d'une bibliographie critique. L'ensemble, complété par un dossier iconographi que et de nombreux dossiers annexes, forme un outil indispensable pour une meilleure connaissance de la littérature narrative du temps de Montreux et de Nervèze.

  • Pour la première fois, une étude analyse la correspondance active d'Agrippa d'Aubigné dans sa totalité et dans la perspective dont les manuscrits témoignent qu'elle fut la sienne, à savoir celle d'une oeuvre épistolaire soumise à un effort de composition et de structure, et non comme une simple collection de lettres. Au-delà des anecdotes biographiques ou de l'intérêt métadiscursif des missives, ce type de texte se prête au développement de pensées personnelles et au dévoilement de la persona de l'épistolier.
    La correspondance privée, préparée pour la publication par d'Aubigné lui-même, se mue en oeuvre épistolaire. L'ensemble des six livres de missives donne à lire ce processus d'élaboration de l'oeuvre, ce passage des lettres à l'oeuvre, mais aussi la réalisation de ces lettres qui se mettent à l'oeuvre pour offrir au lecteur un portrait se créant au fil d'un acte d'écriture simple ayant pour fonction première la communication. Les lettres livrent en effet toutes sortes d'indices et invitent à parachever le portrait polymorphe de l'homme pour participer à la construction du mythe personnel d'un être d'exception.
    La démarche encyclopédique centrée sur l'homme, ainsi que le rapport à la réalité et à l'expérience du militant calviniste font du recueil une oeuvre d'un genre nouveau, tournée vers la manière dont l'individu se construit, parmi ses contemporains, dans une période de troubles et de persécutions.

  • Entre l'époque où Montreux édite les cinq volumes des Bergeries de Julliette (1585-1598) et la parution de la dernière partie de L'Astrée (1628) le roman d'amour entre dans une phase nouvelle de son histoire : sa production connaît soudain un essor sans précédent, ses titres comme les déclarations des écrivains, des éditeurs ou des lecteurs manifestent la reconnaissance d'un genre, le caractère stéréotypé de sa thématique et de sa composition fait surgir des modèles promis à une longue fortune. L'auteur de cette enquête caractérise la physionomie complexe de cette littérature rose tout en éclairant sa genèse et les nombreux liens l'unissant à son contexte particulier. Le roman d'amour au début de l'âge baroque joua en effet un rôle actif dans l'évolution des sensibilités et des moeurs, en une époque décisive de notre histoire où s'ébauchent déjà certains aspects de la conception moderne de la sentimentalité. Il importait donc, pour ne pas négliger cette dimension essentielle, de montrer aussi que les fictions romanesques permirent de définir un ensemble de normes, de valeurs, de croyances, d'aspirations ou de frustrations formant un système de représentations exemplaires d'une grande cohérence : la grammaire esthétique et imaginaire d'une culture amoureuse dont le lecteur découvrira les règles et les motifs dans ce panorama critique établi à partir de l'étude d'un corpus de plus de 200 ouvrages.

  • Au XVIe siècle, après l'affaiblissement progressif des dialectes, le français qui n'est pas encore réellement la langue nationale gagne l'ensemble de la France d'oïl. Cette évolution a fait grandir le besoin de réglementer cette langue en lui donnant une grammaire. Nombreux sont ceux qui vont s'atteler à cette tâche. La Picardie, proche de Paris, ressent particulièrement ce besoin.
    Sept grammairiens d'origine picards : :Bosquet, Bovelles, Cauchie, Dubois (dit Sylvius), du Wes, Meurier et Ramus publient entre 1531 et 1586, des traités sur la langue française.Ils étudient les rapports entre prononciation et orthographe, la syntaxe, l'étymologie et font évoluer les méthodes pédagogiques. Précepteurs de jeunes aristocrates, ou maîtres d'école, Professeur au Collège royal comme Ramus, philosophe et théologien comme Bovelles ou même professeur de Médecine comme Sylvius, ils témoignent de la curiosité intellectuelle de ce siècle et participent à l'établissement d'une nouvelle science grammaticale que révèle la comparaison entre leurs ouvrages.

  • Au temps des derniers Valois (1547-1589), de nombreux "gens de mestier" évoluent dans les cercles du pouvoir. Si la notoriété des peintres, sculpteurs ou architectes est désormais reconnue, celle des musiciens reste toujours à démontrer. Cet ouvrage, réalisé sur une base documentaire conséquente, invite à réhabiliter une période mal connue de l'histoire de la musique. Le quotidien de ces artistes se révèle à travers un domaine rejeté dans l'ombre poussiéreuse : les manuscrits et les minutes notariées. Du musicien de la corporation au musicien de cour, des centaines de parcours originaux ont été analysés nous éclairant sur l'ensemble des mentalités, des modes de vie, sur le métier de musicien au XVIe siècle. Mais quelle part active ont pris ces bâtisseurs de l'ère baroque dans une société en pleine mutation ?

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  • A Rouen, de 1486 à la Révolution française, s'est tenu régulièrement un concours de poésie à la louange de l'Immaculée Conception de Marie.
    Ce qui aurait pu n'être qu'une festivité provinciale prend, au début du XVIe siècle, une ampleur et une dimension telle que les meilleurs poètes du temps, les Marot, les Parmentier, Guillaume Cretin et André de La Vigne y participent. Plus d'un millier de textes, des centaines de poètes sont ici redécouverts et remis en situation. Cette étude fait apparaître les éléments théologiques, sociologiques et historiques d'une telle production, et met en lumière les raisons de son succès : une dévotion mariale comprise comme une exaltation de la création, et une poésie qui met en avant l'homme et ses activités.
    Dans cet inventaire heureux d'un monde qui croit à son salut se dessinent quelques-uns des plus beaux, des plus généreux moments de l'humanisme naissant.

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