Heliotrope

  • Chemins

    Michèle Lesbre

  • écoute la pluie

    Michèle Lesbre

    Elle a couru jusqu'au métro pour ne pas rater le train qui doit la mener à son rendez-vous. Sur le quai presque désert, elle pense à celui qu'elle va rejoindre, à l'odeur de sa peau. À côté d'elle, un vieil homme lui sourit. Le bruit de la rame arrivant à grande vitesse emplit la station quand le petit homme voûté, qui lui sourit toujours, saute sur les rails, comme un enfant qui enjambe un buisson.

    Écoute la pluie s'ouvre sur cette scène brutale, pour se poursuivre dans les rues de la ville, où la narratrice tente d'éloigner d'elle le crissement des freins et les larmes du chauffeur. Incapable de téléphoner à l'homme qui l'Attend à l'hôtel des Embruns, elle s'Adresse néanmoins à lui tout au long de cette longue errance nocturne.

    Avec ce livre poignant sur le désir et l'urgence de vivre, Michèle Lesbre fait scintiller l'enchevêtrement mystérieux de la trame des jours.

  • (Nouvelle édition) Le premier roman de Catherine Mavrikakis est un texte sauvage où les morts et les condamnés ont tous le même prénom, Hervé. Bons morts, mauvais morts, sidéens, suicidés, accidentés s'y ramassent à la pelle. Escortés de ses Hervé morts

  • Amqui

    Eric Forbes

  • Sur le sable

    Michèle Lesbre

    Face à la mer, une maison brûle dans la nuit.
    Depuis deux semaines, une femme a rompu avec son amant. Elle a aussi quitté Paris et une place de veilleuse de nuit dans un hôtel. Elle roule sur les routes alentour et marche dans les dunes.
    Un homme contemple le brasier et l'invite à s'asseoir à ses côtés, sur le sable. Cette nuit-là, les mots de l'homme font revivre la foule des jours d'été et ses disparus ; une très jeune noyée qu'il n'a jamais oubliée, la mère qui travaillait au café de la plage, puis Sandra, l'Italienne rencontrée plus tard, brusquement extradée.
    D'une manière à la fois précise et mystérieuse, ces mots de l'inconnu vont peu à peu faire ressurgir un temps révolu chez cette femme venue ici quelques jours mettre sa vie entre parenthèses : un amour perdu à Bologne et les idéaux de ce temps-là.
    Sur le sable parle de la fragilité de nos existences, de la solitude, des occasions manquées, mais aussi de l'étonnant scintillement du réel que sait montrer la littérature.

  • Sans terre

    Marie-Eve Sevigny

  • Sydney Blanchard était né sous une bonne étoile. Mais dans sa vie, rien ne s'est vraiment passé. Il n'y a eu que ce séjour en prison pour des meurtres qu'il n'a pas commis. Aujourd'hui à bord d'une belle Lincoln blanche, cette grande gueule irascible décide de rentrer à la Nouvelle-Orléans. Pour renouer avec son destin.

    Après les meurtres de 1989, Pearl Watanabe s'était juré de ne pas remettre les pieds sur le continent américain. La voici qui passe des vacances près d'Atlanta, chez sa fille. Il f aut bien essayer de conjurer le sort.

    À environ une heure de route de là, Ray Ryan ne peut se consoler de l'assassinat de son enfant. Depuis tout ce temps, la voix autoritaire de Dieu ne l'a pourtant jamais abandonné. L'exécution du meurtrier aura bientôt lieu.

    Au pénitencier de Charlestown, Smokey Nelson, l'assassin, vit ses derniers jours.

    Catherine Mavrikakis signe ici un roman polyphonique, multicolore, ample. À l'échelle du contient dont il est l'écho.

  • 1960. Cette année-là, une maison de tôle est livrée au bout de Veronica Lane à Bay City. Une famille s'y installe. Deux soeurs, Denise et Babette, vont donner tour à tour naissance à de petits Américains. Elles ont quitté l'Europe et la dévastation de la guerre pour l'Amérique. L'avenir paraît alors appartenir à ce continent où tout est plus gai, plus neuf.
    Mais l'Histoire ne se laisse pas mettre de côté. La fille de Denise va découvrir dans le sous-sol de la petite maison de tôle, cachés et tremblants de peur, ses grands-parents pourtant morts à Auschwitz.
    Roman puissant, traversé par la soif de l'Amérique et la volonté désespérée d'en finir avec le passé, Le ciel de Bay City dresse un réquisitoire contre l'indifférence du ciel à l'endroit de notre souffrance.

  • Il me fallait un dispositif, une provocation, peut-être un garde-fou pour continuer d'observer cet objet à la fois banal et étrange qu'est ma vie. L'observer en suivant de nouvelles lignes : le chemin que me propose le film Thelma & Louise. Mon film choisi, mon film aimé, le film qui a marqué ma vie, le film qui encore aujourd'hui me fait pleurer.

    J'ai voulu remonter le cours du temps en m'installant dans la Thunderbird avec Thelma et Louise, pour retrouver celle que j'étais en 1991, cette jeune femme qui n'est pas si différente de la femme que je suis aujourd'hui. J'ai suivi le scénario du film à la manière de marques topographiques sur le chemin de ma propre vie : deux femmes, une voiture, un voyage, un viol, un révolver.

  • « Elle dépose sur la table une boîte de chocolats Laura Secord remplie de photos, elle veut me montrer Émilie dans sa longue robe noire. Une robe de religieuse, que sa grand-mère avait revêtue dès l'âge de trente ans. Elle rit, "L'âge où les femmes devenaient vieilles". Je calcule. Émilie est morte à quatre-vingt-treize ans, elle s'est sentie vieille pendant plus de soixante ans. J'en frémis.
    Soudain, comme si elle venait d'avoir une illumination, elle se lève, se dirige à petits pas vers sa chambre. Elle revient aussitôt avec trois albums tout neufs. "J'ai décidé de vous remettre à chacun les photos de votre enfance. Le moment est venu." Le coeur me serre, je comprends bien ce qu'elle veut dire. Elle me tend un album à la couverture multicolore, tout en dégradés. Des teintes claires ou sombres, joyeuses ou sérieuses, audacieuses ou discrètes. Comme elle, ma mère. "C'est pour toi", dit-elle simplement. » Quelques mois après la mort de sa mère, Louise Dupré entreprend un récit de deuil pour tenter de saisir qui était la femme qu'elle a appelée maman.

    Un livre qui se lit passionnément.

  • Zec la croche

    Maureen Martineau

    Haute-Mauricie. Le train avance lentement entre lacs et forêts. À la gare de Rapide-Blanc, la vieille Mikona Awashish en descend pour rejoindre sa fille, qui l'attend sur le quai. Par la fenêtre du wagon, l'agent de protection de la faune André Chillas épie les deux Atikamekw, persuadé qu'elles sont là pour braconner. Mais c'est à un autre type de chasse que les femmes ont l'intention de s'adonner. Et elles entraîneront dans leur sombre dessein la jeune Lorie, venue se recueillir au bord du lac à Matte, sur le site de camping où sa mère a été tuée l'été dernier. Un paradis où, la nuit venue, rôdent toutes sortes de prédateurs.

  • Il a laissé une étendue de ruines dans sa vie.
    Le coup de foudre et la passion ont dégénéré en conflit, puis en guerre, à la vitesse de l'éclair. Pourtant, elle était certaine d'être en train de vivre une grande histoire, l'histoire de sa vie.
    Les cascadeurs de l'amour n'ont pas droit au doublage, mais elle a pu écrire ce livre - une ultime missive envoyée du front, le champ de bataille de la rupture.
    Pour son troisième roman, Martine Delvaux s'applique à coudre ensemble avec adresse les clichés effilochés de l'amour dans un livre bel¬liqueux, rageur et libérateur. Un livre qui solde pour de bon les comptes du ratage amoureux.

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