Hachette Litteratures

  • L'alimentation médiévale est un monde disparu de saveurs et d'odeurs.
    Pour le retrouver, l'auteur scrute les recettes laissées par les maîtres-queux du roi qui nous dévoilent la richesse des ingrédients utilisés dans les cuisines royales : plats épicés et plats colorés dominent les tables et les repas. Il se réfère également aux fouilles archéologiques restituant la cuisine-salle à manger des paysans. Et reconstitue ainsi pour nous l'imaginaire culinaire de nos ancêtres et les diverses pratiques liées à la préparation des repas.
    Bruno Laurioux goûte les charmes de l'alimentation et nous entraîne dans une découverte du monde médiéval : la cuisine est tributaire des contraintes naturelles et économiques aussi bien que religieuses et culturelles. En la matière, le Moyen Age est synonyme de diversité : par la quantité et la qualité de ce qu'il mange, et par la manière dont il le mange, le noble se distingue du pauvre, le clerc du laïc, l'Anglais du Français et le Gascon du Flamand.
    Aux XIVème et XVème siècles, manger n'est pas seulement une nécessité : c'est aussi, déjà, un plaisir.

  • Malgré l'histoire trépidante de ses batailles, la guerre de troie échappe en réalité aux hommes : pour homère, ce sont les dieux qui mènent le jeu et règlent leurs comptes. ils y consacrent leurs journées. aussi giulia sissa a-t-elle trouvé chez homère, avec l'iliade, matière à explorer le quotidien des dieux grecs: de quoi leur corps est-il fait et comment se nourrissent-ils ? quelle est l'organisation de leur société ? quelle vie mènent-ils dans l'olympe et dans le monde des hommes ? les dieux sont partagés : modèle rêvé de jouissance infinie mais aussi exemple édifiant d'engagement dans le monde. amours, festins, querelles... mais que désirent-ils vraiment ? dans la seconde partie de ce livre, marcel detienne montre comment les citoyens entretiennent des relations quotidiennes avec les dieux et ce que deviennent les olympiens, invités à venir résider chez les humains organisés en cité. au coeur des rituels et de la vie sociale, les dieux restent présents dans les sacrifices, l'alimentation, les assemblées politiques, la guerre, la sexualité...

    Bref, les dieux sont indispensables à la cité, mais agissent-ils là vraiment en maîtres jaloux de mortels éphémères ? ne seraient-ils pas plutôt - dans les premières démocraties en tout cas - assujettis, du moins soumis, aux décisions des hommes en leurs conseils et assemblées ?


    Chercheur au cnrs, membre du laboratoire d'anthropologie sociale du collège de france, giulia sissa travaille sur la représentation du corps, de la sexualité et de la parenté en grèce. elle a publié le corps virginal, la virginité féminine en grèce ancienne, 1987. marcel detienne, directeur d études à l école pratique des hautes études, sciences religieuses, a publié l'invention de la mythologie, 1981 ; dionysos à ciel ouvert, 1986 ; les jardins dadonis, nlle éd., et l'écriture d'orphée, 1989.

  • Quand, le 21 mai 1981, François Mitterrand confie à un socialiste la direction du premier gouvernement de l'union de la gauche, la France s'interroge : comment les nouveaux ministres, tenus si longtemps à l'écart des affaires, vont-ils se comporter dans l'appareil d'État ? Quelle va être l'attitude des communistes ? Et surtout, quelle sera - entre les promesses d'une campagne électorale et les réalités de l'économie - la politique à venir ? C'est ce moment d'histoire immédiate qui est ici décrit par le détail, et non sans ironie à l'endroit de certains. Nationalisations, dévaluations, erreurs, changements de cap, puis retour à une politique de rigueur seront les grands épisodes d'une aventure qui durera jusqu'à ce que Laurent Fabius succède à Pierre Mauroy.

    On trouvera aussi dans ce livre des portraits, des anecdotes, et un foisonnement d'intrigues qui appartiennent désormais à l'histoire. Voici Rocard, Delors, Chevènement ou Fitermann tels qu'on ne les a jamais vus, aux prises avec leurs ambitions et leurs stratégies.

    Voici surtout la chronique d'une espérance vécue au jour le jour et dont rien, pour l'heure, ne permet de savoir si elle appartient à un passé révolu ou à un avenir possible.


    Thierry Pfister a été journaliste (Le Monde, Le Nouvel Observateur) avant de devenir conseiller au cabinet de Pierre Mauroy, de 1981 à 1984. Aujourd'hui encore, il reste l'un des plus proches collaborateurs de l'ancien Premier ministre.

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  • Dans la rue, en fanfare, tambours battants, le jazz naît aux Etats-Unis au tout début du siècle.
    Dès les années vingt, il a envahi les bars, les clubs, les hôtels. Avec la Seconde Guerre mondiale, il accède à une gloire internationale. Comment oublier les noms de Louis Armstrong et de Billie Holiday ? Ou même de l'Original Dixieland Jass Band ? De Scott Joplin, de Duke Ellington, sans parler du " Pres ", Lester Young ? Avec humour et précision, ce livre donne la parole aux grands et aux petits de cette épopée.
    Il dessine leurs parcours, exemplaires ou sordides. Une époque et un milieu revivent ici, avec un langage, des coutumes, des aspirations : les fêtes torrides, les lendemains déprimants, l'alcool et la drogue, l'arrivée du microsillon, les répétitions, la route, l'entretien de l'instrument longtemps convoité. Entre les cortèges tapageurs de la Nouvelle-Orléans et les big bands policés qui enchantent le public blanc des grandes villes du Nord - et bientôt de l'Europe -, un espace musical s'est créé, ouvert aux influences les plus diverses, de ses racines noires jusqu'aux folklores espagnol, tzigane, créole, français.
    Le jazz accompagne l'émancipation de la communauté noire américaine, jusqu'à ce que, be-bop et conflits raciaux survenant, les cartes soient à nouveau redistribuées.

  • Elles s'appelaient Divine, Elisa, Marie en Tête, Marie Coups de Sabre, Marguerite, Aglaé, Caca, Bijou, Olympia, Pépé la Panthère, Poil ras, Poil long, Crucifix, Irma, Amanda, Octavie, Belle Cuisse, Titine, Pieds fins, Paulette, La Grimpée, Gina, Nana, Fernande, Rosa...

    On les nommait courtisanes, filles de joie, de nuit, d'allégresse, de beuglant, d'amour, filles en circulation, filles à parties, à barrière, pierreuses, soupeuses, marcheuses, cocottes, hétaïres, horizontales, trotteuses, visiteuses d'artistes, lorettes, frisettes, biches, pieuvres, aquatiques, demi-castors, célibataires joyeuses, vénus crapuleuses...

    A travers le récit de la vie de ces femmes d'amour, Laure Adler voudrait qu'enfin justice leur soit rendue. Ni obscènes, ni esclaves, les prostituées ont marqué du sceau du désir qu'elles inspiraient toute une histoire des moeurs.
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    Laure AdIer, éditeur, journaliste à France Culture et à Canal Plus, est une spécialiste de l'histoire des sentiments. Après Secrets d'alcôves, histoire du couple de 1830 à 1930 (Hachette 1983), elle a publié L'Amour à l'arsenic : histoire de Marie Lafarge (Denoël, 1986).

  • Les «1000 jours» du Front populaire sont un combat incessant opposant dans la rue, à l'usine, au bureau, les militants luttant pour «le pain, la paix, la liberté», aux nostalgiques du 6 février - dont certains déjà regardent avec envie du côté de l'Allemagne et de l'Italie.

    1000 jours exaltants, dominés par l'explosion sociale de juin 1936, le vote d'un ensemble de réformes sans précédent dans l'histoire de la France, la conquête du droit aux loisirs et les étapes d'une véritable révolution culturelle.

    Mais 1000 jours décevants aussi - et parfois angoissants - marqués par le drame espagnol, le suicide de Roger Salengro, la fusillade de Clichy, les crimes et les provocations de « La Cagoule », l'action conjuguée de toutes les forces hostiles.

    Henri Noguères fait revivre, dans ses multiples aspects, la vie et les préoccupations quotidiennes des Français au cours de cette période fondatrice de leur histoire.


    Agé de vingt ans en 1936, Henri Noguères a vécu intensément les « 1000 jours » du Front populaire, comme dirigeant du Groupe de Paris des Étudiants socialistes d'abord, puis comme benjamin de la rédaction du Populaire dont il deviendra le rédacteur en chef dix ans plus tard, au sortir de la guerre et de la Résistance. Journaliste, auteur dramatique, éditeur, écrivain, avocat longtemps Président de la Ligue des Droits de l'Homme, Henri Noguères a fait oeuvre d'historien. Il est notamment l'auteur d'une monumentale Histoire de la Résistance en France et d'une vie quotidienne des Résistants de l'armistice à la Libération.

  • Durant un siècle, de 1801 à 1905, l'église de france a vécu sous le régime du concordat conclu entre bonaparte, premier consul, et le pape pie vii. ce concordat faisait des prêtres français des fonctionnaires du culte, salariés, dépendant étroitement de leur évêque et de l'administration. et cependant, jamais le clergé français n'a été aussi nombreux : 140000 jeunes gens ordonnés en un siècle. qu'est-ce qui a pu pousser tant d'adolescents, en majorité des fils de paysans, à franchir le seuil des séminaires ? la sécurité attachée à un traitement fixe et assuré ? une promotion sociale incontestable ? certainement. mais aussi l'attrait du service de dieu et des âmes, la réalisation d'une haute vocation.

    L'exercice de cette vocation, au cours du xixe siècle, est rendue de plus en plus malaisée par la formidable mutation économique, sociale, idéologique, religieuse qui fait que la france républicaine et logique de 1905, avec ses 4 millions de travailleurs industriels, est très différente de la france de 1801, dont les campagnes surpeuplées vivaient encore selon un rythme ancien, auquel l'existence du prêtre était accordée.

    A travers la vie quotidienne du prêtre français au xixe siècle, c'est toute une nation qu'on voit évoluer, c'est la france profonde qu'on entend respirer, une france à la fois très éloignée et très proche de nous.


    Pierre pierrard né à roubaix, pierre pierrard est professeur honoraire à l'institut catholique de paris. après avoir soutenu une thèse de doctorat sur la vie ouvrière à lille sous le second empire, il a orienté ses recherches et ses travaux vers une meilleure connaissance des courants sociaux et religieux contemporains. chroniqueur à la croix président de l'amitié judéo-chrétienne de france, il a reçu le grand prix catholique de littérature en 1984 pour son livre : l'église et les ouvriers en france, 1840-1941 (hachette-littérature). il est également l'auteur d'une vie quotidienne dans le nord au xixe siècle.

  • De la porte des casernes, depuis les estrades enrubannées de tricolore qui les virent s'engager, nous suivons le long chemin qui conduisit les volontaires, les requis ou les conscrits vers les campements ouverts, pour sa défense, par la Révolution. Autour de la marmite qui les rassemblait le soir venu, nous écoutons ces soldats citoyens raconter leurs misères, leurs joies ou leurs déconvenues. Ils écrivaient à leurs parents et nous lisons leurs lettres ; ils jouaient, buvaient, se querellaient autour des femmes qui emplissaient leurs cantonnements et s'agenouillaient lorsque retentissait ce que Goethe appelait leur Te Deum La Marseillaise. Nous vivons au milieu de leurs camps qui devinrent, en l'an II, un espace politisé. La bataille qu'ils menèrent fut comme "révolutionnée" par des stratégies et des tactiques nouvelles et par une guerre subversive qui n'a rien perdu de son actualité. Le lendemain des combats s'accompagna ici de gestes de générosité à l'égard des vaincus, là de pillages. Ce fut aussi, pour certains, le temps de l'hôpital antichambre de la mort -, de la prison de guerre ou de la Maison des invalides où se réfugia une armée qu'on qualifia de "morte" et où se recrutèrent encore bien des révolutionnaires. Tous finirent par être les conteurs d'une épopée qui fonda la République.

    Ce livre est celui de la vie au jour le jour de "ces héros de la patience" qui, ainsi que l'écrivait Michelet, devinrent - sans pain et sans souliers, presque sans habits - la démocratie en armes.


    Jean-Paul Bertaud Jean-Paul Bertaud, né en 1935, agrégé de l'Université, docteur ès-lettres, est professeur d'histoire moderne à l'université de Paris I. Ses recherches portent, d'une part, sur la société militaire, d'autre part, sur la presse à l'époque de la Révolution.

  • Tous les jours qu'Allah fait, une bonne partie des neuf cents millions de musulmans se tourne vers La Mecque pour prier. Plus d'un million et demi d'entre eux se rendent chaque année au pied de la Pierre noire, consacrée jadis par Mahomet. Ils y accomplissent le pèlerinage (hadj), qui est en même temps l'un des cinq piliers de la foi islamique et le plus grand rassemblement populaire mondial.

    Capitale religieuse du Royaume d'Arabie Séoudite, La Mecque est avant tout la métropole de l'islam. Les pèlerins accomplissent pendant cinq jours des rites immuables depuis quinze siècles : exode au désert, lapidation de Satan, sacrifice du mouton... Antique et futuriste, sainte et profane, ouverte et surveillée, telle est apparue à l'auteur la Ville sainte au cours de son pèlerinage. Maniant tour à tour l'émotion, l'érudition et une tendresse parfois non dénuée d'humour, il nous conduit au coeur même de la spiritualité islamique, dévoilant aux non-musulmans mais aussi aux musulmans maints aspects insoupçonnés, religieux ou quotidiens de la vie à La Mecque.


    Né en Algérie en 1953, écrivain et journaliste, Slimane Zeghidour a publié La Poésie arabe moderne entre l'Islam et l'Occident (Karthala, 1981) et de nombreux articles sur l'islam, notamment dans la revue Notre Histoire.

  • De l'Occupation, la mémoire nationale n'a souvent retenu que les situations édifiantes ou les compromissions sans pardon. Le bouillonnement culturel et artistique des années noires mérite un regard plus précis, attentif à suivre les trajectoires de ceux qui, par l'art ou la création, disposèrent de la possibilité de s'exprimer.


    Entre mai 1940 et septembre 1944, que font Anouilh, Brasillach ou Breton ? Claudel, Colette, Giraudoux ? Et Sartre ? Dans quelles sphères Coco Chanel, Cocteau, Fernandel ou Raimu gravitent-ils ? Qui Picasso reçoit-il chez lui ? Comment Gabin passe-t-il des bras de Marlène Dietrich en Amérique à la 2e D.B. de Leclerc ? Qui se souvient de la manière dont Arletty et Sacha Guitry obtinrent la libération de Tristan Bernard oe A l'heure des comptes s'ouvrent les grands procès d'épuration. Celui de Brasillach déclenche la campagne de Mauriac et rappelle à tous la France par la France trahie. " Qu'est-ce qu'un collaborateur ? ", la question reste ouverte.


    Dossier d'une instruction bien plus qu'attendu d'un réquisitoire, cet ouvrage restitue avec équité toute la complexité de l'époque.



    G. ET J.-R. RAGACHE L'un et l'autre historiens et enseignants, Gilles et Jean-Robert Ragache partagent une prédilection pour l'histoire des idées.
    Gilles Ragache est l'auteur chezAubier de 1940, la guerre détraquée et, au Seuil, de La France de 68.

    Agrégé d'histoire, ancien Grand Maître du Grand Orient de France, Jean-Robert Ragache est aussi l'auteur de plusieurs ouvrages sur la Normandie.

  • "Faire concurrence à l'état civil", dépeindre et rassembler les éléments de notre vie, tracer enfin l'immense physionomie d'un siècle en en peignant les principaux personnages" : telle était l'ambition de Balzac pour l'entreprise totale qu'était à ses yeux La Comédie humaine.

    Et, de fait, les 2472 personnages qui la peuplent, décrits avec le souci le plus méticuleux du détail vrai, constituent un microcosme représentatif de la société vue du haut en bas de l'échelle sociale et envisagée selon (presque) toutes les variables possibles.

    La Comédie humaine a pour nous une valeur documentaire exceptionnelle. Mais plus que de l'Histoire c'est aussi une oeuvre d'art.La vie quotidienne y est une vie balzacienne. C'est ce que Philippe Berthier démontre avec un rare brio. En y prélevant les échantillons les plus propres à nous informer sur un milieu, une classe d'âge, un tempérament, une vision d'écrivain, l'auteur nous propose de lire l'oeuvre de Balzac de plus près. Et cette encyclopédie de la France contemporaine nous apparaît alors hilarante et impitoyable. Mais n'oublions pas qu'il s'agit moins de la réalité que du vrai balzacien !



    Philippe Berthier Professeur de littérature française à la Sorbonne nouvelle, Philippe Berthier a publié de nombreux essais sur des écrivains du XIXe siècle (Chateaubriand, Stendhal, Barbey d'Aurevilly), ainsi que plusieurs éditions de romans de Balzac. .

  • Les romantiques figures de l'artiste 1820-1848 de la fin de la décennie 1810 aux lendemains de la révolution de 1848, anne martin-fugier nous propose un portrait de groupe où il est moins question de doctrine que de salons, de rencontres et d'amitiés.

    En replaçant les chefs de file du mouvement dans les lieux de l'aventure romantique, elle nous a fait découvrir une foule de petits romantiques, des soldats de la bataille d'hernani à la bohème de mimi pinson en passant par les jeune-france chevelus et les ouvriers poètes des années 1840. le cénacle de victor hugo, les masures du doyenné, l'aventure du corsaire -satan revivent sous nos yeux tandis que les itinéraires de hugo, delacroix, berlioz ou george sand se dessinent plus précisément, exemplaires dans leurs succès comme dans leurs échecs.

    Le romantisme apparaît alors comme la chose d'une génération, celle des enfants de la bourgeoisie montés à paris pour étudier le droit et la médecine, jeunes gens qui se jettent à corps perdu dans l'art en éspérant y trouver la gloire et la réussite matérielle. mais cette dernière est rare et nombreux sont ceux qui retournent à leur milieu d'origine ou meurent de faim et de froid dans les greniers d'une bohème qui n'est pas toujours gaie.

    Un panorama aussi détaillé que pittoresque d'un mouvement littéraire unique en son genre.


    Anne martin-fugier historienne (e.h.e.s.s.), anne martin-fugier est spécialiste du xixe siècle. elles est notamment l'auteur de la place des bonnes (1979), la bourgeoise (1983), la vie élégante, 1815-1848 (1990), prix d'histoire de la vallée-aux-loups-maison de chateaubriand, et la vie quotidienne de louis-philippe et de sa famille, 1830-1848 (1992).

  • Une petite annonce anonyme parue dans un journal en 1893 et les lettres étonnantes et rares qu'elle suscite ; une correspondance échangée entre un fils enfermé à la prison de la Santé et sa mère qui l'attend dans le Paris de 1946 ; des billets d'amour écrits clandestinement par des prisonnières, adressés à d'autres détenues ; une autobiographie rédigée en 1970 par un homme presque illettré de la prison de Loos-lès-Lille...
    Achetées sur un marché de vieux papiers ou trouvées dans un carton d'archives délaissé, ces " lettres perdues " négligées par la grande histoire nous dévoilent un quotidien hors du commun. Leurs auteurs n'ont pas l'habitude d'écrire, c'est la séparation qui les force à prendre la plume pour révéler une intimité rarement exposée. Soutenus par les analyses et les écritures sensibles de Philippe Artières et de Jean-François Laé qui les ont tirés de l'oubli, ces témoignages rendent compte de la solitude générée par nos sociétés modernes.

  • Tintin existe et Hergé est son biographe.
    Tel est le constat de départ de cet ouvrage original, prolongement naturel aux albums. L'auteur donne un relief inattendu aux personnages et révèle enfin quelques-uns des mystères restés jusqu'à ce jour inviolés : pourquoi Louis XIV a-t-il donné le magnifique château de Moulinsart au chevalier François de Hadoque ? Quel est le destin de cette famille au cours des deux siècles qui séparent le corsaire du roi et le capitaine au long cours ? En quoi la vie de Tintin, Haddock et Tournesol va-t-elle être transformée du jour où ils deviennent châtelains, entourés d'amis de passage et des habitants du village ? Poussez la grille du château ; vous en serez les invités privilégiés.
    Attention : la lecture de La Vie quotidienne à Moulinsart vous donnera envie de réouvrir tous les albums de Tintin !.

  • Partant de sources diverses, littérature, épigraphie, archéologie, ce livre se veut une étude concrète de la vie des femmes dans la Rome antique. Les auteurs se sont intéressées à la position qu'elle occupent dans la société romaine, nullement symétrique à celle de l'homme, au même titre qu'à leurs pratiques quotidiennes et privées.
    On les observe dans leur intérieur ou leur jardin ; dans leur vie domestique ou dans les métiers qu'elles ont pu exercer ; en société, au théâtre ou en vacances, avec leurs enfants, leur mari ou encore leurs amants ; en compagnie de leurs amis, de leurs esclaves. Et, dans chacune de ces occasions, est interrogée la place au sein du droit, de la religion de ces femmes qui, officiellement, sont censées se taire, obéir à leur mari et rester chez elles à filer la laine.
    Une étude détaillée, illustrée par des reproductions au fil du texte, qui éclaire sous un nouveau jour un chapitre de l'histoire des femmes.

    Ancienne élève de l'Ecole française de Rome, Danielle Gourévitch est directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études, auteur de Le Mal d'être femme. La Femme et la médecine dans la Rome antique, Les Belles Lettres, 1984.
    Marie-thérèse Raespaet est professeur à l'université libre de Bruxelles, spécialiste de l'histoire des institutions romaines.

  • Ils sont 1200 à converger vers versailles au printemps 1789 pour l'ouverture des états généraux, le 5 mai. conscients de l'importance de leur mandat et portés par le rêve d'inaugurer un monde nouveau, les députés incarnent l'espoir politique du pays, au moment même où la fragilité du pouvoir appelle une nouvelle force de représentation publique.

    Qui sont ces hommes, venus de toute la france, ayant quitté leurs occupations professionnelles, abandonné leur vie de gentilhomme ou déserté leurs charges de paroisse ou de congrégation ? il leur faut se loger, se nourrir à bon compte, se procurer le costume réglementaire, se maintenir en bonne santé malgré l'air vicié des salles de réunion, préparer la venue des femmes et des enfants. dans une ambiance de rumeurs contradictoires, d'intrigues de chapelles et de divisions politiques, il s'agit d'organiser les séances et d'élaborer un règlement intérieur. a la passion laborieuse répond la fébrilité récréative : griserie des rencontres conviviales, distractions, découverte de versailles et de paris...

    Cette atmosphère enivrante n'empêchera pas le tiers état, courtisé par les ordres privilégiés, d'imposer de façon modérée la réunion des ordres et le vote par tête.


    Edna hindie lemay, diplômée de l'université de columbia aux états-unis, a fait sa thèse à paris sur démeunier et la naissance de l'anthropologie sociale. actuellement maître de conférence à l'ecole des hautes études en sciences sociales, attachée au centre de recherches historiques, sous la direction de françois furet, elle travaille sur un dictionnaire des députés aux états généraux de 1789.

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  • On ne lit plus guère l'astrée, et le forez, petit pays d'entre rhône et loire, aurait peut-être connu l'oubli si, à la fin du siècle dernier, le tarif-album de la manufacture française d'armes et cycles n'avait rappelé, au fond des campagnes et au-delà des mers, que la région stéphanoise était le berceau de la première révolution industrielle.

    A la fin du xixe siècle, victime de cette précocité, l'industrie forézienne sort d'une crise, la plus sévère de son histoire. une fois de plus le sens de l'adaptation a prévalu, et c'est avant tout un pays de travail qui s'offre à nous : chevalements des puits de mine, cheminées des aciéries et des verreries, hautes fenêtres des passementiers. mais saint-etienne est une ville bâtie à la campagne: entre la terre et la ville, entre l'usine et la ferme, les liens sont nombreux et réciproques, et de cette interpénétration est né un peuple original. en ce livre de fidélité, l'auteur s'est proposé de saisir un type humain et une vie sociale profondément particuliers.


    Bernard plessy agrégé de lettres classiques, bernard plessy est professeur de khâgne au lycée edouard-herriot à lyon. auteur de divers travaux sur le forez dont il est originaire, il a également publié, en collaboration avec louis challet, la vie quotidienne des mineurs au temps de germinal et la vie quotidienne des canuts, passementiers et moulinières au xixe siècle.

    Par ailleurs, il est rédacteur en chef du bulletin des lettres, revue de critique littéraire fondée à lyon en 1931.

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  • Une brume épaisse s'est peu à peu répandue sur les activités des femmes du Moyen Âge qui n'appartenaient pas à la haute aristocratie ou à l'Église. De ces fragments de vie de quelques princesses, nonnes pour la plupart, on ne connaissait de surcroît que la version donnée par des scribes masculins. Le projet d'écrire une vie quotidienne des femmes au Moyen Âge ressemblait donc à une gageure et exigeait autant d'audace que de prudence. Ne retenant pour matériaux que des écrits de femmes, notamment autobiographiques, redonnant à l'époque médiévale sa juste ampleur, du IVe au XIVe siècle, et son vrai cadre géographique, l'Europe, les auteurs ont choisi de restituer huit destins de femmes. Rien d'arbitraire à ce choix : chacune symbolise un siècle, une catégorie sociale, un itinéraire humain. Egérie, Baudonivie, Dhuoda, Hrosvitha, Trotula, Héloïse, Hildegarde et Catherine de Sienne nous permettent enfin de dissiper nos ignorances et de remettre en cause, par leurs témoignages directs, les stéréotypes en vigueur.
    F. BERTINI, F. CARDINI, C. LÉONARDI ET M.-T. FUMAGALLI BEONIO BROCCHIERI Enseignant respectivement à Florence, Milan, Gênes et Bari, spécialistes de littérature, de philosophie et d'histoire médiévales, les auteurs appartiennent à la brillante école des médiévistes italiens et ont déjà publié plusieurs ouvrages.

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  • Dans un premier ouvrage sur l'an mille, présentant au public ses traductions des principales chroniques de l'époque, Edmond Pognon neutralisait une à une les prétendues « terreurs », qui n'ont existé que dans l'imagination d'historiens bien postérieurs.
    La société de ce temps n'en est pas moins méconnue. Cette Vie quotidienne en l'an mille éclaire les différents aspects de sa réalité : paysages, climats, intempéries ; épidémies, famines ; christianisme en lutte contre le paganisme opiniâtre des ruraux ; féodalité en pleine expansion, qui fait éclater définitivement ce qui restait d'unité impériale et prépare indirectement l'Europe des nations ; vie des paysans, des seigneurs, des princes, des moines, des prélats ; amours royales et moeurs sexuelles ; naissance de techniques prometteuses ; travaux de l'esprit...
    Dans tous ces domaines, le plein Moyen Âge se met en place après le tournant décisif du siècle.
    Edmond Pognon Historien formé à l'École des chartes, Edmond Pognon est notamment l'auteur de Hugues Capet et la France féodale, Hugues Capet : qui t'a fait roi ?, De Gaulle et l'Armée (Prix Pierre Lafue 1976) et De Gaulle et l'Histoire de France (Prix Edmond Micbelet 1970).

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