Sciences humaines & sociales

  • L'emprise

    Michèle-France Pesneau

    • Golias
    • 12 January 2021

    "Un torrent de bonheur et aussi l'effroi d'avoir franchi un interdit. " L'euphorie est de courte durée. " Condamnée aux rencontres furtives, je suis la compagne clandestine et solitaire. " Pourquoi désirent-elles écrire ? Pour mettre des mots justes sur un immense chagrin. Pour se délivrer de la culpabilité. Le caractère sacré, attribué de façon abusive au prêtre, l'investit d'un statut de demi-dieu, intermédiaire entre dieu et les hommes.
    Cela lui fausse le jugement. Cependant, sa parole fait autorité. Il prononce des mots décisifs. " Dieu nous appelle à un amour plus absolu et nous acceptons de ne pas vivre ensemble. " Michèle-France, l'auteur de ce témoignage, commence à la fin des années 1990 un combat pour accéder à la liberté. D'abord avec Dieu comme seul interlocuteur : " Ma foi en Dieu est restée intacte... Ma relation avec Lui, qui avait été gravement perturbée par mes deux abuseurs, se restaure peu à peu.
    " Puis elle comprend, en 2014, que le moment est venu de parler Il lui a fallu toutes ces années pour démêler son chaos intérieur, pour réaliser que ces deux hommes, ces deux prêtres, qui auraient dû rester des serviteurs, usurpaient la place de Dieu. Pour parler, il faut trouver les mots. Il faut aussi affronter les nombreux admirateurs des deux abuseurs. C'est un long et dur chemin, un chemin très douloureux, mais c'est aussi un chemin de libération, et c'est ce chemin qu'elle raconte, en reparcourant toute sa vie.
    Aujourd'hui, l'actualité est marquée par la révélation de la connivence de Jean Vanier, fondateur de l'Arche, avec les déviances sexuelles et doctrinales de Thomas Philippe, son maître et inspirateur. Connivence jusqu'à la reproduction de ses comportements abusifs et mortifères. Michèle-France a ajouté un dernier chapitre, où elle parle de cette révélation, qui pour elle est plutôt une confirmation, et un soulagement : " La vérité, enfin !"

  • Il est urgent de rappeler le parcours d'un homme, Althusser (1918-1990), qui a suivi l'évolution suivante : Foi apolitique (acceptant des amitiés royalistes sans adhésion de sa part) à la découverte de courants chrétiens soucieux de la « cause sociale ».

  • José Bové : l'homme aime les moustaches, sa pipe et les élections présidentielles. Il se veut le " candidat comdamné " par les tribunaux de la république pour son combat contre les OGM , mais aussi le "candidat commun " de la gauche anti-libérale. Pourra-t'il démonter le système présidentiel comme il a su démonter le Mac Do de Millau ? Saura-t'il faucher Sarkozy et Le Pen aussi facilement qu'il coupe un carré de maïs transgénique ? . José Bové ne se réduit pas pour autant à cette caricature médiatique proche d'Astérix. Derrière le symbole, il y a un homme : toute une vie de fidélité à quelques causes. Il est exclu de son lycée en 1970, il refuse de porter les armes. Il se réfugie en 1973 au Larzac et décide avec sa compagne de " vivre et travailler au pays ". Il y a des racines qui vous donnent des ailes : on croise José Bové sur le Rainbow Warrior de Green Peace, il participe à la fondation de la " Confédération Paysannne " contre les OGM, les farines animales insalubres, le droit à l'eau pour tous... José Bové fait partie de ces grandes gueules qui soufflent le vent de la révolte et prouvent jour après jour qu'un autre projet de société est possible, tel que le résume son slogan de campagne électorale : si " J'osais Bové ". Ce livre invite à redécouvrir derrière la légende, l'homme et le militant .

  • A partir d'une généalogie de la révolte, en 1951, en écrivant L'Homme révolté, Camus s'interrogeait sur le nihilisme révolutionnaire qui au début de la guerre froide amenait l'humanité dans une impasse. Opposant les révoltes aux révolutions, il montrait que le révolté, contrairement au révolutionnaire mettait toujours la vie au-dessus de tout principe au coeur de la révolte. Depuis la mort de Camus, de nombreuses révoltes et des révolutions sont passées : les indépendances africaines, la lutte pour les droits civiques, Solidarnosc, mai 68, l'Iran, la lutte contre l'apartheid, l'intifada et bien sûr les printemps arabes. L'alter mondialisme se développe. Le compte à rebours climatique a commencé. Dans le contexte de la fin de l'Histoire annoncée dans un vaste marché mondialisé, à partir d'un inventaire choisi des révoltes collectives depuis soixante ans, Christophe Courtin reprend pas à pas la lecture de L'Homme révolté, chausse les espadrilles de Camus et s'interroge sur sa pertinence aux temps présents.

  • Exil dans l'exil

    Hiyam Bseiso

    • Golias
    • 30 September 2014

    Être obligé de partir, être interdit de retour, ne plus connaître de repos ni de lieu où se poser, c'est bien là le véritable exil que nous raconte HiyamBseiso. « C'est être comme l'oiseau pourchassé, qui vole d'un arbre à l'autre, d'un endroit à un autre », exprime-t-elle à travers une parole à la fois imagée et émouvante qui traverse Exil dans l'exil, son dernier ouvrage.

  • La révolution, c'est simplement tout l'effort qu'il faut faire pour enfin être (de) gauche, comme on dit être moraux ou être beaux.

    Si elle était naturelle, la révolution, comme la liberté, serait ce que nous sommes, ce que nous voulons et ce que nous pouvons déjà. Or la révolution n'est ni d'origine, ni naturelle : elle est le produit d'un travail humain et conscient, elle consiste toujours pour ne jamais exister. La révolution, comme le vieux dieu, vit cachée : elle se donne à qui veut entendre et comprendre, alors elle vient. La révolution fait penser, fait la pensée, fait toute pensée.

    Nous ne sommes hommes qu'à nous rêver en révolutionnaires terminaux. Beaux et moraux, on l'a dit. On le sait bien. Il aura fallu ce livre et une quarantaine de penseurs vivants pour faire bonne figure (ou bonne grimace, c'est selon) et, comme le dit avec grandeur Anne Querrien, confectionner ensemble un petit nécessaire à révolution. La révolution ? Nécessairement. Laquelle ? Toute.

  • Piètre stratège, piètre tacticien, d'une nocivité vibrionnante, l'homme s'aliénera alors définitivement la sympathie de ses alliés naturels. Il ne devra sa survie qu'à la protection de l'Union soviétique qui pensera compenser par la Libye la défection de l'Égypte post-nassérienne, à la vigilance des services de renseignements est-allemands qui déjoueront de nombreuses tentatives de coup d'État fomentés contre lui, ainsi qu'à celle des aviateurs nord-coréens et syriens qui assureront une protection permanente de son espace aérien.
    La guerre verbale aura été la seule guerre qu'il aura véritablement menée. L'homme avait en effet développé une phraséologie outrageusement polémique dans le souci d'accréditer l'idée qu'il menait l'avant-garde du combat contre «l'impérialisme américain» et faire oublier ainsi ses connexions antérieures anglo-saxonnes. En se faisant le héraut de la cause nationale arabe, Kadhafi usait, ainsi que ses médias, d'une terminologie à telle point outrancière que la population avait peine parfois à la décoder.
    Se piquant de culture, le «Guide suprême de la Révolution libyenne» édictera son Livre Vert, un condensé de théories contradictoires glanées de l'air du temps qui se présentait comme une sorte de «Troisième théorie universelle». Offert gracieusement à toute personne de passage en Libye ou en rapport avec ce pays, une formalité obligée, cet ouvrage se proposait d'instaurer un socialisme sans socialistes, une démocratie sans démocrates et un pouvoir populaire sans peuple. La «populocratie» «Jamahiriya» qui lui a tenu lieu de substitut, a érigé la bureaucratie en système de gouvernement et le parasitisme en règle de vie.
    A l'heure des combats marqués par le ralliement à la contestation populaire de tous les survivants du groupe des officiers libres, tombeur de la dynastie senoussie, en 1969, de la quasi-totalité des provinces et des tribus du pays, de larges couches de l'administration civile, des forces armées et de la sécurité, les « officiers libres » démissionnaires ont fait planer la menace de poursuites pénales internationales sur le dirigeant libyen, affirmant détenir de preuves sur la responsabilité directe du Colonel Mouammar Kadhafi dans la destruction du Boeing américain au dessus de la localité de Lockerbie (Ecosse).
    Arcbouté sur la garde prétorienne du régime, une milice de 30.000 hommes dirigée par ses quatre fils, Mou'tassem Bilal, Saadi, Khamis et Hannibal, épaulés par un duo de collaborateurs sulfureux, son chef des services secrets Abdallah Senoussi, impliqué dans l'attentat anti français de l'UTA au dessus du Ténéré, et de son ministre des affaires étrangères, Moussa Koussa, abandonné par ses anciens frères d'armes, y compris le commandant en chef de l'armée, le commandant opérationnel des forces spéciales et le ministre de l'intérieur, le colonel Mouammar Al-Kadhafi subit le dernier quart d'heure de son long mandat, retranché dans la caserne militaire d' Al Azizya, à Tripoli, qui lui tient lieu de résidence, ployant sous l'assaut de son peuple dans une véritable guerre de libération populaire contre sa dictature.

  • Les contre réformes appliquées à l'école publique depuis 2008 déconstruisent méthodiquement ses fondements, ses valeurs et ses objectifs.
    Face à cet immense défi, un mouvement de résistance d'une ampleur inégalée dans l'Education Nationale s'est développé chez les enseignants du primaire qui n'ont pas voulu devenir les complices de cette politique destructrice du service public d'éducation.
    Cette résistance, ciblée sur le terrain pédagogique, est exposée ici avec rigueur et clarté par l'auteur de la lettre « En conscience, je refuse d'obéir » du 6 novembre 2008. Une résistance collective qui refuse l'idée d'une école élitiste. Une résistance éthique et responsable qui porte l'exigence d'une école du progrès pour tous au service d'une société plus juste, plus solidaire et plus humaine.

  • Cent ans après le génocide, de plus en plus d'Arméniens de la diaspora se rendent en Turquie sur les traces de leurs ancêtres disparus.
    Entre attraction et répulsion, ils surmontent leurs peurs pour découvrir leur histoire et lutter contre le négationnisme orchestré par Ankara.
    Un négationnisme d'état qui se fissure car, depuis l'assassinat du journaliste arménien Hrant Dink en 2007, le voile se lève peu à peu sur le génocide arménien en Turquie.
    Ce recueil photographique est consacré au voyage mémoriel de sept Français d'origine arménienne, dans le contexte du centenaire du génocide commémoré dans lemonde entier. De la « petite Arménie » de Lyon, en France, jusqu'à Diyarbakir dans le Kurdistan turc, trois journalistes ont suivi ces pèlerins de l'histoire. En avril 2015, ces enfants de rescapés ont foulé la terre de leurs aïeux en Anatolie, au Sud de la Turquie. Une région qu'ils appellent, entre eux, « l'Arménie historique ».

  • L'objet de cette présentation est ainsi d'ouvrir le champ de la réflexion collective autour des délais de sortie du nucléaire et des conditions de samise en oeuvre. Elle espère que soit posée en préalable la connaissance partagée des conséquences de la catastrophe comme élément déterminant au choix qui devra actualiser le principe de responsabilité tel que le définit Hans Jonas pour éviter l'horreur de la catastrophe : si nous n'avons pu être en capacité de refuser de faire ce choix technologique au vu de ses conséquences non maîtrisables, nous devons aujourd'hui être en capacité de refuser immédiatement de le poursuivre.

  • Est-il aujourd'hui un seul homme politique qui ne voit dans la croissance économique un objectif politique à part entière, un seul candidat qui ne l'intègre dans son programme de campagne ? Rares sont ceux qui osent en douter, de peur peut-être de s'attirer le courroux de cette divine croissance, ou simplement de susciter l'incompréhension d'électeurs bercés par la ronronnante litanie qui en vante sans cesse les bienfaits. Certains osent toutefois le blasphème, questionnant, critiquant, réfutant même l'idée insensée d'une croissance infinie. Cet ouvrage rassemble les contributions de ces militants politiques, chercheurs et intellectuels de gauche qui ne se satisfont pas du développement économique actuel, et en formulent une critique radicale. Il est frappant de voir ce foisonnement de courants critiques à l'égard de la croissance, même si l'on peut regretter que cette critique ne soit le fait que de partis groupusculaires, ou de courants minoritaires au sein de partis de gouvernement. De l'aile gauche du PS au PC en passant par les Verts, du jeune Parti pour la Décroissance aux Alternatifs Rouges et Verts, leurs propos se répondent, s'opposent et se complètent. A travers cette compilation de textes, ce tour d'horizon - qui ne prétend pas être exhaustif - de la critique de la croissance à gauche, transparaît la dynamique actuelle de critique de la croissance économique. Les lignes de fractures idéologiques ou stratégiques entre les différents courants en présence sont mises en lumières, leurs points de rapprochement aussi...

  • L'humanitaire est capable du pire comme du meilleur... S'il a permis d'alerter l'opinion internationale sur des situations scandaleuses d'abus de pouvoir et des cas abominables de maltraitance, il a servi de caution à des équipées militaires. L'humanitaire s'est toujours exercé dans une action dictée du Nord vers le Sud.

  • Ce livre est une compilation serrée de documents révélateurs de l'analogie entre le FN d'hier et celui d'aujourd'hui.
    Est ici démontrée la difficulté pourMarine Le Pen à se dépouiller des oripeaux paternels les plus exécrables.
    Est pointée la distorsion entre le discours public du FN ripoliné et son programme, entre son programme et les objectifs réels,malgré les habiletés tribuniciennes.
    Estmis en relief son fiasco dans les villes qu'il a gérées naguère.
    Sont enfin listées les nombreuses condamnations par la Justice de dirigeants et d'élus du parti « Tête haute etmains propres ».
    Toutes les informations sont sourcées. Le texte est suivi d'un abécédaire et d'un document chiffré sur l'immigration.

  • Si toute démocratie implique un consensus, ce n'est pourtant pas le consensus en soi qui est déterminant, car les citoyens parviennent toujours à établir entre eux un contrat social, y compris fondé sur le pire. Ils peuvent ainsi s'accorder sur la destruction de l'Autre, ce qui est assez courant dans l'histoire. C'est plutôt la qualité éthique du consensus qui est déterminante pour évaluer la nature profonde du régime politique sous lequel nous vivons.
    Cet essai cherche à comprendre la façon dont notre démocratie fabrique elle-même la violence quotidienne qui détruit notre liberté et abîme nos vies, du « djihadisme » à l'état d'urgence. Si la réponse est quelque peu inquiétante, il se dessine cependant un dépassement de cette contradiction criante entre peur et démocratie.
    Philippe Godard est l'auteur de divers essais politiques et de livres documentaires pour la jeunesse. Il donne des cours de pédagogie et de philosophie de l'éducation à de futurs travailleurs sociaux.

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