Religion & Esotérisme

  • Le bouddhisme tel que nous le concevons aujourd'hui en Occident est un produit hybride de la sécularisation européenne.
    Depuis la seconde partie du XIXe siècle, des intellectuels anticléricaux ont cherché à remplacer l'héritage sémitique et biblique de l'Europe par les anciennes doctrines de l'Inde, jugées plus rationnelles.
    L'enseignement du Bouddha semblait particulièrement indiqué : sans Dieu, sans Sauveur, sans révélation écrite, il paraissait à même de réformer l'Occident en l'asseyant sur des bases nouvelles.
    Produit de la sécularisation européenne, ce « bouddhisme moderne », aujourd'hui défendu par des personnalités médiatiques comme Sogyal Rinpoché ou Matthieu Ricard, vise une rénovation sociale qui passe par le perfectionnement spirituel de chacun. La « méditation » n'est plus une réflexion sur la vie mais une relaxation assise visant au perfectionnement émotionnel et mental. Et ce, non plus sous la direction de simples moines ou maitres bouddhistes, mais de formateurs, de thérapeutes, de médecins, d'écrivains, de conférenciers, de lobbyistes. La visée n'est plus la recherche de l'éveil mais l'amélioration des performances humaines, dans un but social.

  • Pour les philosophes, les poètes, les gens de goût, voici un livre qui a marqué notre siècle, à voir le nombre d'ouvrages de commentaire qu'il a suscités : l'oeuvre de Tchouang-tseu fascine tous ceux qui désirent en savoir plus long sur le tao que ce que nous en dit le Lao-tseu.
    Ce Tchouang-tseu complet permet de découvrir l'un des cinq ou six philosophes qui ont pensé pour de bon sur la terre depuis que l'écriture existe, un écrivain parmi les plus forts, les plus brillants, les plus poétiques de la Chine. Ainsi pourvu des textes capitaux, tout philosophe, tout poète, tout lecteur pourra s'initier à l'une des philosophies les plus riches de sens sous l'apparent non-sens.

  • «En toi rien n'a vraiment changé.» Ainsi se terminait le précédent livre de Carlos Castaneda, Voir (Les enseignements d'un sorcier yaqui). C'est le même sorcier indien, don Juan Matus, qui constitue la figure centrale du Voyage à Ixtlan.
    Deux conceptions du monde s'affrontent ici. Elles ont pour enjeu la conscience de l'auteur qui se voit soumis à un déconditionnement intensif, auquel il se prête avec curiosité, tout en s'efforçant de comprendre ce qui lui arrive. Ainsi s'opère une initiation déroutante à la faveur de laquelle l'Occidental pénètre toujours plus profondément dans le monde mental de son guide. Initiation qui ne va pas sans rébellion, scepticisme et repentirs, sans parler des terribles angoisses qu'elle impose au néophyte. Initiation qui se poursuivra pendant dix ans et prendra fin sur une illumination qui forme la dernière partie du livre.

  • C'est une affirmation courante que le monde moderne, entre autres caractéristiques, se distingue par la disparition de l'initiation.
    D'une importance capitale dans les sociétés traditionnelles, l'initiation est pratiquement absente de la société occidentale de nos jours. certes, les différentes confessions chrétiennes montrent encore, dans une mesure variable, des traces d'un mystère initiatique. mais le christianisme n'a justement triomphé et n'est devenu religion universelle que parce qu'il s'est libéré du climat des mystères gréco-orientaux et s'est proclamé une religion du salut, accessible à tous.

    En vue de dégager les divers types d'initiation, mircea eliade étudie successivement les rites de puberté dans les sociétés traditionnelles, les cérémonies d'entrée dans les sociétés secrètes, les initiations militaires et chamaniques, les mystères gréco-orientaux, les survivances des motifs initiatiques dans l'europe chrétienne et, enfin, les rapports entre certains motifs initiatiques et certains thèmes littéraires.
    L'auteur conclut sur les mouvements occultistes dans le monde moderne.

  • La philosophie en terre d'Islam n'a pas seulement recueilli l'héritage des Grecs. Son rôle dans l'histoire ne s'est pas achevé avec Averroës. Jusqu'à nos jours, elle n'a cessé d'engendrer une des plus riches métaphysiques qui soient.
    Henry Corbin fait plus ici que nous révéler les moments de cette longue histoire. Il en dévoile le sens et l'intention herméneutique : comment, des Ismaéliens à Avicenne, de Sohravardî ou d'Ibn 'Arabî à l'École d'Ispahan, s'est constituée une exégèse du Livre saint, et comment est née une philosophie prophétique.
    Désormais, il convient que ces pensées ne restent pas inconnues du public occidental, mais qu'elles prennent enfin leur place dans le cours de notre propre questionnement.

  • Le traité Moed Katan se présente comme un complément au Traité Pessahim. Il est question, comme l'indique son titre, des « demi-fêtes » - soit essentiellement du temps qui sépare le premier et le dernier jour de la Pâque. Cette période, qualifiée par les maîtres du Talmud de hol hamoed, c'est-à-dire à la fois jour profane et jour de fête, au coeur d'un débat constamment rapporté aux problèmes les plus concrets, en particulier aux difficultés que soulève l'interdit de travailler.
    La seconde partie du traité concerne la conduite et le travail du deuil, aussi bien à travers le récit du décès de quelques grands maîtres que grâce aux plus savantes oraisons ou aux paroles improvisées des femmes du peuple en deuil.
    Si le premier mot du traité enjoignait d'arroser les arbres pour les empêcher de mourir, le deuil constitue donc le mot de la fin, à travers le même fil conducteur. C'est le cours de la destinée humaine que ces paroles vives des grands maîtres remontent jusqu'à son terme. Jusqu'à sa première et ultime ambivalence.

  • Le Coran est, pour les musulmans, la Parole de Dieu, révélée au Prophète Muhammad par l'intermédiaire de l'ange Gabriel entre 6610 et 632 de l'ère chrétienne. Est-il besoin de souligner l'importance aujourd'hui de comprendre ce que dit ce texte capital ? Ce qu'il dit et non pas ce qu'on lui fait dire. L'ouvrage que voici donne des clés pour le lire et le penser. En replaçant de nombreux versets du Coran dans les circonstances où ils furent révélés, il éclaire des évidences largement occultée à l'heure actuelle et cependant essentiels à l'intelligence du texte. Et de l'islam.

  • Malgré ses progrès sur le " chemin du guerrier " qui lui ont valu le titre prestigieux de " nagual ", Castaneda reste un éternel disciple en face de don juan qui, inlassablement, poursuit son enseignement et tente d'initier son élève à des concepts de plus en plus élaborés et concis à la fois.
    C'est dire la part de mystère qui reste attachée, pour l'apprenti, aux " noyaux abstraits ", ces vérités qui ne passent pas par le truchement des mots et participent d'une " connaissance silencieuse " qui ne se laisse aborder que par intuition directe. elles sont partie prenante de l'" esprit ", de l'" intention ", et ne se révèlent qu'au terme d'une ascèse parfaite. tel est le prix à payer pour approcher l'" abstrait ", ce domaine mystérieux oú le raisonnement doit le céder à la raison pure, et oú le discours prend fin pour laisser place au silence de la " véritable " connaissance.

  • Un mythe concernant la Chine hante les élites et les intellectuels : les Chinois penseraient différemment des Occidentaux, affichant une radicale altérité. Dans l'Europe des Lumières s'est construite, puis figée, l'image d'une Chine dotée d'une écriture idéographique, soumise à une tradition despotique et isolée du reste du monde pendant des siècles, ce qui expliquerait son immobilisme philosophique, politique et scientifique dont l'Occident serait opportunément venu la tirer, avant d'en découvrir à son tour la sagesse. Cette vision du monde exerce en retour une influence considérable sur la façon dont les élites chinoises ont envisagé leur propre culture, dénigrée du fait de son supposé retard, puis aujourd'hui exaltée par le régime communiste comme une identité nationale spécifique. Il a donc paru opportun d'offrir aux lecteurs un état des lieux, inédit et pionnier, de ce qu'est aujourd'hui la pensée en Chine. Ce travail collectif de spécialistes français, anglais et chinois a pour souci premier et constant de fournir une information précise, critique et contextualisée sur quatre grands thèmes : les dynamiques de la modernité chinoise ; l'invention des catégories modernes (philosophie, religion, médecine) ; les questions d'identité (écriture, langue, histoire) ; l'introuvable altérité, enfin.

  • Souvent, le lecteur européen identifie «soufisme» et vague ascèse mystique et ne connaît que quelques noms célèbres (Ibn'Arabî, Hallâj). Or dans l'époque intermédiaire entre l'âge d'or de la civilisation arabe et le XVIIe siècle de la Renaissance safavide en Iran, toute une pédagogie spirituelle se constitua dont nombre d'écoles vivent encore. En cela, le texte de Nûruddîn Abdurrahmân Isfarâyinî (1242-1317) est très représentatif du soufisme iranien. Il apporte une lumière nouvelle sur des problèmes concrets de la spiritualité soufie : qu'est-ce que le maître spirituel ? Quelles sont les pratiques par lesquelles on parvient à la plénitude mystique (le silence, la retraite) ? Que sont les centres subtils de l'organisme ? Qu'est-ce que l'amitié de Dieu pour un soufioe
    /> Tel est la singularité de ce traité : unir indissolublement l'expérience concrète et une ontologie complexe.

  • Le traité pessahim, un des plus importants du talmud de babylone, fait partie du seder moèd, de l'ordre des fêtes.
    Il a pour sujet la fête de pâque, celle de la sortie d'egypte, où les hébreux furent affranchis de l'asservissement. l'énigme centrale de cette solennité - l'obligation de manger du pain non levé, d'ôter même tout levain des demeures juives - y est abordée avec minutie : les règles relatives à pessah - la pâque juive - sont discutées avec passion et le lecteur voit s'élaborer les lois à travers les discussions acharnées des rabbis.
    Frayer un chemin vers une métaphysique concrète, une éthique pour tous les instants où le rythme du temps implique le renouveau de la mémoire, où chaque détail, en son heure et en son lieu, est le signe qu'un choix s'impose, tel est l'enjeu de ce livre.

  • Du serf arbitre

    Martin Luther

    " l'homme parle d'une façon et dieu d'une autre ", affirme erasme en septembre 1524.
    " dieu est saint avec le saint et il est dévoyé avec le dévoyé ", rétorque luther en décembre 1525.
    Le différend éclate, la violence de la controverse théologique sur la liberté humaine et la grâce divine atteint ici son paroxysme. l'ampleur des effets immédiats du débat, en ces temps de réformation et bientôt de réforme catholique, permet d'y voir un moment historique de la conscience religieuse occidentale.

    Demeurent en héritage, par-delà la tournure confessionnelle de ces deux écrits, alors que le monde passe désormais pour être désenchanté, deux textes qui posent aujourd'hui encore une question constitutive de la conscience morale et de l'éthique.

    Indisponible
  • Au iiie siècle av.
    J. -c. , à alexandrie, la bible est traduite en grec. cette traduction de la torah remplit " cinq rouleaux " - le pentateuque en grec. la légende l'attribue à soixante-dix traducteurs, ou soixante-douze : six anciens de chaque tribu. ces " septante " sont les représentants d'une double culture : maîtres dans les études hébraïques, ils sont aussi familiers des lettres grecques. c'est en soi un événement extraordinaire.
    Destinée à présenter le judaïsme aux non-juifs et à le légitimer par son ancienneté, cette version grecque est d'abord lue par les juifs de la diaspora hellénophone. ainsi paul, un juif de cilicie, l'utilise dans ses épîtres, bien qu'il ait été formé à jérusalem ; de même, dans les autres livres du nouveau testament, les citations de l'ancien testament sont, pour la plupart, conformes au texte de la septante.
    Peut-être utilisée dans les " maisons de prière " oú avaient lieu les assemblées des juifs, la septante eut une influence considérable et fut reçue par le christianisme ancien comme " divinement inspirée ".

    Indisponible
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