Philosophie

  • L'homme révolté

    Albert Camus

    TDeux siccles de révolte, métaphysique ou historique, s'offrent justement ´r notre réflexion. Un historien, seul, pourrait prétendre ´r exposer en détail les doctrines et les mouvements qui s'y succcdent. Du moins, il doit etre possible d'y chercher un fil conducteur. Les pages qui suivent proposent seulement quelques repcres historiques et une hypothcse de lecture. Cette hypothcse n'est pas la seule possible ; elle est loin, d'ailleurs, de tout éclairer. Mais elle explique, en partie, la direction et, presque enticrement, la démesure de notre temps. L'histoire prodigieuse qui est évoquée ici est l'histoire de l'orgueil européen.t

  • Voici le jardin du philosophe. On y cueillera des fruits mûris sur le tronc de la sagesse commune et dorés à cette autre lumière des idées. Ils en reprennent leur saveur d'origine, qui est le goût de l'existence. Saveur oubliée en nos pensées ; car on voudrait s'assurer que l'existence est bonne et on ne le peut ; on en déçoit donc l'espérance par précaution, prononçant qu'elle est mauvaise. De là s'étend l'empire de l'imagination déréglée, en quoi Alain, se confiant à la sagesse du corps, restaure la souveraineté claire de l'homme heureux et qui n'attend pas pour l'être, ici et non ailleurs, que l'événement lui donne raison, acteur enfin et non spectateur de soi-même.

  • " tout cela vient d'être dit pour donner un avant-goût des êtres et des caractères à considérer, et on en parlera avec précision par la suite, mais il faut en saisir d'abord les différences et les attributs communs.
    Après, on tentera d'en trouver les causes. il est ainsi conforme à la nature de mettre en oeuvre cette méthode, en constituant d'abord une information sur chaque point. car le domaine et les ressorts de la démonstration en procèdent clairement.
    Il faut d'abord prendre les parties dont les animaux sont constitués, car c'est surtout et d'abord en fonction d'elles que les animaux se différencient, soit en possédant soit en ne possédant pas telle partie, soit par leur position et leur ordre, soit selon les différences déjà exposées, par la forme, l'excès, l'analogie et par l'opposition des caractères.
    ".

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  • «Ces leçons ont pour objet l'histoire de la philosophie. Ce que représente cette histoire c'est la suite des nobles esprits, la galerie des héros de la raison pensante qui, par la vertu de cette raison, ont pénétré dans l'essence de Dieu, et nous ont acquis par leur effort le trésor suprême, celui de la connaissance rationnelle. Ce que nous sommes historiquement [...], c'est l'héritage et le résultat du labeur de toutes les générations antérieures du genre humain. [...] De même nous devons ce que nous sommes, en fait de science et, plus précisément, de philosophie, à la tradition qui passe comme une chaîne sacrée à travers tout ce qui est passager, donc passé et qui nous a conservé et transmis tout ce qu'a produit le temps passé. [...] Ce qu'est notre philosophie n'existe essentiellement qu'en cet enchaînement et en est nécessairement dérivé. L'histoire ne nous présente pas le devenir de choses étrangères, mais notre devenir, le devenir de notre science.» Hegel.

  • Trois figures exemplaires dominent cet essai consacré aux intellectuels d'Europe centrale au XXe siècle : Czeslaw Milosz (1911-2004), poète et essayiste polonais, prix Nobel de littérature ; Jan Patocka (1907-1977), philosophe tchèque, grand inspirateur de la dissidence, mort assassiné par la police politique ; et István Bibó (1911-1979), pénétrant penseur hongrois des « hystéries collectives » qui secouent à intervalles réguliers le Vieux Continent.
    Chacun, instruit par les catastrophes du XXe siècle, rend de nouveau visibles les fondements éthiques de la civilisation européenne, et révèle, entre affinités électives et influences réciproques, des pans immergés de la culture européenne qui, par l'élargissement et l'unification, deviennent désormais aussi les nôtres : de Kafka à Kertész, de Koestler à Kundera, de Musil à Milosz, de Husserl à Patocka, de Arendt à Bibó, de Márai à Bauman.

  • Zébrage

    Michel Leiris

    «Mus peut-être par l'angoisse inhérente à l'idée de la mort, angoisse qui leur serait propre selon l'opinion commune qui veut que l'espèce humaine soit la seule dont les membres sachent qu'un jour ils ne vivront plus, les gens de toutes races se sont dotés d'institutions et d'usages qui, même si ce n'est pas là le but expressément visé, leur fournissent des moyens de cesser, du moins pour un temps et de manière tout imaginaire, d'être l'homme ou la femme qu'on est dans l'existence quotidienne, pratiques fort diverses qui (sans préjudice de motivations plus directement utilitaires) sont pour l'individu des occasions concrètes d'échapper dans une certaine mesure à sa condition, comme s'il lui fallait d'une façon ou d'une autre effacer des limites qui sont par définition celles d'un être périssable et doué de pouvoirs précaires.»

  • La conscience est un champ de bataille où s'affrontent les idées, en un tumulte sur lequel continuent de planer les ombres du Théâtre Cartésien.
    Les certitudes en apparence les plus fortes, ancrées dans des notions qui tendent à préserver l'esprit de tout modèle qui nous en délivrerait, continuent de dispenser un brouillard que Daniel Dennett s'efforce allègrement de dissiper en s'attaquant aux contre-sens ou aux pseudo- évidences dont la plupart des débats sont inutilement encombrés. Abandonnant le rêveur à ses rêves et le magicien à sa magie, Daniel Dennett poursuit ici, avec brio, une entreprise de clarification qui tourne le dos aux convictions les plus tenaces, en faisant appel à un modèle qui ne s'en laisse pas conter, celui de la "célébrité cérébrale" : "Dans le cerveau, pas de Roi, pas de Contrôleur Officiel des programmes de la Télévision d'Etat", écrit-il.
    La démocratie, l'anarchie y sont autrement plus actives et efficaces. La conscience n'est pas un "médium de représentation"... Elle a "plus d'affinités avec la notoriété qu'avec la télévision".

  • Nouvelle édition augmentée d'une postface de l'auteur en 2001

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  • Ce cours n'est et ne veut être qu'une introduction, objective je pense, à l'étude, d'un problème chargé de passions politiques.
    Il s'adresse non au spécialiste mais à l'étudiant et à l'honnête homme. il n'impose pas de réponses dogmatiques, il dissipe les mythes : celui d'une évolution nécessaire du capitalisme au soviétisme, celui d'une convergence fatale des deux types de société industrielle, celui du caractère homologue des diverses phases de la croissance, quelle que soit l'époque et quel que soit le régime politique.

  • " il me reste encore, pour finir, à dire aux amis pour qui j'écris : ne soyez pas étonnés de ces choses nouvelles, car vous savez bien qu'une chose ne cesse pas d'être vraie, du fait qu'elle n'est pas acceptée par beaucoup.
    Et vous n'ignorez pas dans quelle époque nous vivons, aussi je vous prie instamment d'être très prudents en communiquant ces choses à d'autres. je ne veux pas dire que vous deviez les garder entièrement pour vous, mais seulement que, si vous les communiquez à quelqu'un, vous ne soyez pas inspiré par d'autres fins ni d'autres mobiles que le salut de votre prochain : je vous recommande de vous assurer que votre travail ne sera pas vain.
    Enfin, si, à la lecture, vous rencontriez quelques difficulté à ce que je pose comme certain, je vous demande de ne pas vous hâter de la réfuter, avant de l'avoir longuement médité et avec assez de réflexion ; si vous faites ainsi, je tiens pour assuré que vous parviendrez à la jouissance des fruits que vous attendez de cet arbre. " b.s.

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  • Le "génie du paganisme" est à l'opposé de tous les présupposés du monothéisme, notamment chrétien; ses élaborations conceptuelles et symboliques répondent cependant à des questions qui sont les nôtres. Car les questions sont universelles, non les réponses. De son expérience de terrain en Afrique, Marc Augé conclut qu'il n'y a jamais, pour l'ethnologue, d'altérité radicale: prendre au sérieux ce que disent les autres, c'est non pas y adhérer, mais s'en inspirer pour s'interroger en retour sur le lieu d'où l'on vient. Ainsi, pour l'ethnologue, le monde grec ancien et le monde africain traditionnel ont plus d'un point en commun et aujourd'hui encore notre vie quotidienne spontanée obéit largement à des logiques païennes qui imprègnent la littérature, la création artistique et philosophique occidentales. Alors qu'il est de bon ton de mettre au jour ses racines faute d'imaginer un avenir commun, le "génie du paganisme" rappelle une évidence: nos racines sont multiples et notre avenir ouvert.

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  • Pourquoi, alors que l'art grec est à son apogée, les philosophes donnent-ils des raisons de le mépriser ? pourquoi l'interdit biblique de l'image a-t-il été interprété aussi différemment par les juifs, les musulmans et les chrétiens ? pourquoi la querelle des images a-t-elle pris en orient une telle gravité, alors que l'occident passe outre et multiplie les images sacrées et profanes ? ce livre répond à ces questions et en soulève d'autres : sur un nouvel iconoclasme qui se développe en occident - calvin qui chasse l'image du temple, les jansénistes qui la dédaignent, kant qui la juge inutile, et hegel dépassée -, sur la transformation que ces courants font subir à la peinture européenne, et sur la france qui, elle, poursuit à l'écart son chemin.
    Alain besançon lit dans cette histoire le développement d'une logique spirituelle ennemie de l'image, et qui rebondit de siècle en siècle jusqu'au nôtre. il en repère les moments clés. il suit le fil qui court à travers la réflexion esthétique, de platon à malevitch. et il entend dans l'explosion de l'art abstrait l'écho des anciens bris d'images. tout un pan de l'art, de son inquiétude, de son prestige, de son désarroi s'éclaire ainsi par cette longue enquête sur l'image divine, même si, dans le nouvel iconoclasme, les arguments de l'ancien sont le plus souvent oubliés.

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