Arts et spectacles

  • « Nous croyons pouvoir affirmer que le beau artistique est supérieur au beau naturel, parce qu'il est un produit de l'esprit. L'esprit étant supérieur à la nature, sa supériorité se communique également à ses produits et par conséquent, à l'art. C'est pourquoi le beau artistique est supérieur au beau naturel. Tout ce qui vient de l'esprit est supérieur à ce qui existe dans la nature. La plus mauvaise idée qui traverse l'esprit d'un homme est meilleure et plus élevée que la plus grande production de la nature, et cela justement parce qu'elle participe de l'esprit et que le spirituel est supérieur au naturel. »

  • Au cours du XIIe siècle et au début du XIIIe, la doctrine cistercienne, définie par Saint Bernard, s'est déployée dans toute la chrétienté occidentale, donnant naissance à une vaste entreprise artistique et à la construction de nombreuses abbayes.
    Inséparable de la morale qu'il incarne, l'art cistercien ne peut être compris sans étudier l'enseignement de Saint Bernard, fait d'exigence morale, de rigueur, de renoncement et de dépassement.

  • Ce livre est le journal d'une flânerie à la fois érudite et caustique entre civilisation américaine et histoire européenne. La perte d'aura subie par les oeuvres d'art, repérée par Walter Benjamin bien avant les ressources de la numérisation, arrive aujourd'hui à son terme, constate Marc Fumaroli. Plus rien ne distingue en effet l'art dit "contemporain" du flux d'images dont nous bombardent les revues, les affiches et les écrans qui rythment notre consommation.
    L'art contemporain n'est plus alors qu'un cocktail de marketing et d'"entertainment" dont le saint patron serait le grand entrepreneur de spectacles américain : Phineas Taylor Barnum. S'il y a danger à s'aligner sur les valeurs cotées à New York, Londres ou Shanghaï, c'est parce que le marché, devenu le seul prescripteur de légitimité, ignore le soubassement social et intellectuel dont se nourrissait l'art et que Marc Fumaroli nomme en reprenant un terme latin : otium. L'otium, c'est une forme de loisir voué aux choses de l'esprit, la mise entre parenthèses du negotium (le commerce) au profit de la vie contemplative. C'est cet arrière-plan social et culturel qui fait défaut aux pourvoyeurs de l'art contemporain. Et c'est sur cette valeur fondamentale que s'appuie l'auteur pour penser aujourd'hui les ressorts de l'admiration.

  • Qu'est-ce qu'un sujet de droitoe Revêt-il une «forme marchande»oe Comment s'approprie-t-on la réalitéoe À qui appartient l'image d'un lieu, d'une personneoe Depuis Le Droit saisi par la photographie, paru pour la première fois en 1973, jusqu'à aujourd'hui, Bernard Edelman n'a cessé d'explorer les arcanes de ces ques-tions avec un regard insolite. De la naissance de la pho-tographie et du cinéma qui bouleversent les repères juridiques, aux personnages de fiction soudainement en quête d'identité, en passant par les paysages et les villes brutalement soustraits au domaine public, le droit d'auteur étend à l'infini ses ramifications et sou-tient le rêve de l'artiste: «imaginer» la nature de sorte qu'elle soit absorbée tout entière dans l'oeuvre.

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