Sciences humaines & sociales

  • Désormais, deux France s'ignorent et se font face : la France des métropoles, brillante vitrine de la mondialisation heureuse, où cohabitent cadres et immigrés, et la France périphérique des petites et moyennes villes, des zones rurales éloignées des bassins d'emplois les plus dynamiques. De cette dernière, qui concentre 60 % de la population française, personne ne parle jamais. Laissée pour compte, volontiers méprisée, cette France-là est désormais associée à la précarité sociale et au vote Front national.
    Comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi a-t-on sacrifié les classes populaires sur l'autel d'une mondialisation volontiers communautariste et inégalitaire, aux antipodes des valeurs dont se réclame la classe politique ? Comment cette France populaire peut-elle changer la donne, et regagner la place qui est la sienne, la première ? Dans cet essai polémique et percutant, Christophe Guilluy dresse un diagnostic sans complaisance de notre pays, et esquisse les contours d'une contre-société à venir...

  • Comprendre l'islam ou plutôt : pourquoi on n'y comprend rien « Depuis des années, nous sommes abreuvés d'informations et d'opinions sur l'islam. L'actualité tragique du monde comme les mutations profondes de la société française, tout ne cesse de pointer vers cette religion à laquelle journaux, sites Internet et émissions de télévision consacrent tant de décryptages. Pourtant, le paradoxe est là : plus on l'explique, moins on le comprend. » Pourquoi peut-on dire sur l'islam tant de choses contradictoires ? Et pour connaître son « vrai visage », comment s'y prendre ? Suffit-il de lire le Coran ? Peut-on enfin savoir si cette religion, avec son milliard de croyants, en veut vraiment à notre mode de vie et à la paix dans le monde ? Dans ce livre lumineux, qui éclaire sans prétendre tout résoudre, Adrien Candiard explique pourquoi, en ce qui concerne l'islam, rien n'est simple. Une lecture dont on sort heureux d'avoir, enfin, compris quelque chose.

  • Autrefois, raconte Virgile, un homme quitta son pays ravagé par la guerre, fit naufrage en Méditerranée et échoua sur la côte de Carthage. Bien qu'étranger, il fut reçu par les habitants du lieu comme un égal. Il se nommait Enée et, plus tard, fonderait Rome. Aujourd'hui, d'autres hommes font naufrage dans cette même mer et échouent sur nos côtes. Savons-nous les accueillir dignement ? Nous qui nous prétendons héritiers du monde classique, n'avons-nous pas perdu une part essentielle de son enseignement ? Avec finesse et érudition, Maurizio Bettini enquête chez les auteurs grecs et latins pour redonner du sens à notre conception des droits de l'homme. Je suis homme, et rien de ce qui est humain ne m'est étranger , disait le poète latin Térence : en l'oubliant, ne devenons-nous pas les barbares d'aujourd'hui ?

  • La bourgeoisie triomphante du XIXe siècle a disparu. Ses petits-enfants se fondent désormais dans le décor d'anciens quartiers populaires, célèbrent la mixité sociale et le respect de l'Autre. Finis les Rougon-Macquart, bienvenue chez les hipsters... Bénéficiaire des bienfaits de la mondialisation, cette nouvelle bourgeoisie en oublie jusqu'à l'existence d'une France d'en bas, boutée hors des nouvelles citadelles que sont devenues les métropoles.
    Pendant ce temps, dans la France périphérique, les classes populaires coupent les ponts avec la classe politique, les syndicats et les médias. Leurs nouvelles solidarités, leur souverainisme n'intéressent personne. Le grand marronnage des classes populaires, comme avant elles celui des esclaves qui fuyaient les plantations, a commencé. On croyait la lutte des classes enterrée, voici son grand retour...
    />

  • Des banlieues aux zones rurales, des métropoles aux petites villes, dans quel état se trouvent les couches populaires après plusieurs décennies de mondialisation ? Dans Fractures françaises (2010), son premier livre, Christophe Guilluy propose une leçon inédite de géographie sociale. S' appuyant sur sa discipline, il révèle que la situation des couches populaires est très différente des représentations caricaturales habituelles. Surtout, il montre que, derrière le trompe-l'oeil d'une société apaisée, s'affirme une crise profonde du « vivre ensemble ».
    Dix ans après sa première parution, il faut relire cet essai majeur : révélateur de fractures qui n'ont fait que s'amplifier depuis, il met au jour avec clairvoyance les menaces qui pèsent sur le modèle républicain.

  • « On vient vraiment tous d'Afrique ? » Assistons-nous au retour en force du racisme ? Montée de l'extrême droite dans les pays européens, discours anti-migrants de part et d'autre de l'Atlantique, débats sur l'identité nationale et critique du multiculturalisme... La question raciale a envahi notre quotidien. Face à cette déferlante largement relayée par les médias, il est parfois difficile de distinguer le vrai du faux, l'opinion du fait. C'est précisément l'objet de ce livre. En révélant la part de construction sociale qui préside au racisme, il propose des réponses simples et éclairées par les sciences biologiques et sociales à des questions que chacun se pose : D'où vient la couleur de peau ? Le racisme a-t-il un fondement scientifique ? Quelles sont les conséquences des stéréotypes ? Peut-on parler de communautarisme en France ? Et, surtout, que pouvons-nous faire pour lutter efficacement contre les préjugés ?

  • De quoi parlons-nous lorsque nous évoquons notre origine, nos traditions, notre identité? Que dit, associée à ces mots devenus omniprésents, la métaphore des racines ? La nostalgie est un sentiment noble. Mais peut-elle nous aider à comprendre le monde où nous vivons ? En s'étonnant lui-même de ne plus reconnaître sa ville natale, Maurizio Bettini nous invite à une déambulation pleine de sensibilité dans la mémoire privée et collective.
    Sa réflexion, apaisée et érudite, opère un paradoxal retour aux racines - de Donald Trump à Romulus, en passant par Hérodote et la "cuisine traditionnelle" -, pour mieux constater que les valeurs d'authenticité et de pureté que nous leur prêtons n'existent pas. L'enjeu est de taille : il engage notre capacité à accueillir et à cohabiter avec d'autres cultures. Ecartant une conception étroite de l'identité culturelle, Contre les racines nous rappelle que les cultures sont changeantes et que les traditions se choisissent.

  • Voyons les choses en face : le travail est en train de disparaître. Nous sommes remplaçables : on n'arrête pas le progrès de la robotisation. Et qui croit encore au plein emploi ?
    Pourquoi continuons-nous à mettre le travail au centre de notre vie : pour la gagner ? Allons donc, nos revenus n'ont rien à voir avec la valeur réelle de ce que nous produisons. Pour donner un sens à nos vies, alors ? On ne construit pas sa personnalité en trimant pour gagner le salaire minimum ou en empochant des millions sans se rendre utile aux autres...
    Fuck work n'est pas qu'un slogan percutant : c'est la seule façon raisonnable d'affronter l'avenir. Notre productivité nous tue à petit feu, et la planète avec.
    Il est temps de prendre acte de ce qui est déjà une réalité et de réfléchir à la seule question qui vaille : à quoi ressemblera notre vie, sans le travail ? Fuck work !

  • Les homosexuels peuvent se marier à Johannesburg et à Mexico, mais pas à Berlin ni à Rome. En Iran, ils risquent la pendaison alors que les transsexuels se font opérer légalement. En Chine, ils sont des millions à fréquenter les réseaux sociaux gays, mais les militants sont harcelés. Dans huit pays les homosexuels risquent la peine de mort ; dans soixante-seize, la prison.
    Pourtant, sur tous les continents, la révolution gay est en marche. Un jour l'homosexualité sera peut-être moins pénalisée que l'homophobie.
    La mondialisation de la question homosexuelle est un phénomène majeur. Pendant huit ans, dans cinquante pays, Frédéric Martel a mené une enquête de grande ampleur et rencontré sur le terrain des centaines d'acteurs de cette révolution. À travers le prisme gay, il analyse la mutation des modes de vie, la redéfinition du mariage, l'émancipation parallèle des femmes et des gays, les effets décisifs de la culture et d'Internet. Fil rouge de l'évolution des mentalités, la question gay et lesbienne est un critère pertinent pour juger de l'état d'une démocratie et de la modernité d'un pays. Ce livre, à la fois inquiet et optimiste, riche en portraits inattendus, raconte la nouvelle bataille des droits de l'homme.
    Nouvelle édition entièrement mise à jour.

  • Depuis le 11 septembre 2001, la géopolitique a aussi envahi l'imaginaire : les séries télévisées sont devenues des références culturelles et politiques, qui non seulement analysent la réalité, mais anticipent le futur. Elles perçoivent les hantises contemporaines grâce à l'imagination des scénaristes : peur du terrorisme, de la dictature, de l'arme nucléaire et de la disparition du monde

  • « Pour qui sait les lire, les émotions constituent autant de petits cailloux sur le chemin de la compréhension du monde. Et plus le monde est complexe, plus ces clés de lectures additionnelles et subjectives sont nécessaires. »Au lendemain des attentats survenus à Paris en janvier 2015, qui ont vu la France et le monde entier submergés par des émotions parfois contradictoires, ce livre est plus d'actualité que jamais. À partir d'un vaste travail d'observation nourri de mille exemples, d'une connaissance approfondie de multiples pays et cultures, il décrit l'ordre du monde selon les émotions qui le traversent et souvent le dirigent.Car la cartographie des émotions du monde a évolué de manière très significative au cours des dernières années. La peur s'est approfondie, étendue et diversifiée. Elle n'est plus seulement l'émotion dominante du monde occidental : on la retrouve désormais sur tous les continents. Comment y faire face ? Comment penser les émotions pour les transcender, ou plus simplement pour les comprendre, comprendre l'Autre et, ce faisant, réparer le monde dans lequel nous vivons ?Nouvelle édition

  • La péninsule des Balkans, qui forme la partie sud-est de l'Europe, semble différente du reste de notre continent.
    C'est une région mal connue et tenue en suspicion. Ce livre nous permet de comprendre sa diversité géographique et humaine et les étapes marquantes de son histoire. Il recherche l'origine des différences en question : la fragmentation du terrain et des communautés humaines; de vieilles fractures religieuses et culturelles exacerbées par l'histoire; le poids des oppressions anciennes (un demi-millénaire de domination ottomane) et récentes (un demi-siècle de communisme) ; une conception de la nation importée d'Europe au XIXe siècle, mais poussée ici à ses extrêmes conséquences ; et l'exploitation permanente des situations conflictuelles locales par les grandes puissances, au gré de leurs intérêts propres.
    Cet examen permet d'éclairer les causes et le déroulement des conflits balkaniques de la fin du XXe siècle, d'apprécier les chances qu'offre à cette région la construction européenne et, enfin, de mesurer les dangers qui la menacent dans un monde en crise. Un "essentiel" pour comprendre les Balkans: ses héritages et ses évolutions, mais aussi les enjeux géopolitiques qui l'agitent depuis la fin du siècle dernier.

  • L'historien et ancien ambassadeur d'Israël en France explique les ressorts du terrorisme à fondement religieux resitué dans le contexte historique et culturel de la religion politique en général. Il entend faire comprendre pourquoi la tentation fondamentaliste révolutionnaire est plus forte aujourd'hui dans l'islam et propose des moyens pour la combattre.

  • Après celle de la guerre d'algérie, une nouvelle génération d'anticolonialistes s'est levée, qui mène combat pour dénoncer le péché capital que nous devons tous expier: notre passé colonial, à nous français.
    Battons notre coulpe, car la liste de nos crimes est longue ! nous avons pressuré les colonies pour nourrir notre prospérité, les laissant exsangues à l'heure de leur indépendance; nous avons fait venir les "indigènes" au lendemain des deux guerres mondiales pour reconstruire la france, quitte à les sommer de s'en aller quand nous n'avions plus besoin d'eux; surtout, nous avons bâti cet empire colonial dans le sang et les larmes, puisque la colonisation a été rien moins qu'une entreprise de génocide : jules ferry, c'était, déjà, hitler !.
    Contrevérités, billevesées, bricolage... voilà en quoi consiste le réquisitoire des repentants, que l'auteur de ce livre a entrepris de démonter, à l'aide des bons vieux outils de l'historien - les sources, les chiffres, le contexte. pas pour se faire le chantre de la colonisation, mais pour en finir avec la repentance, avant qu'elle transforme notre histoire en un album bien commode à feuilleter, où s'affrontent les gentils et les méchants

  • « Aujourd'hui, le problème n'est plus de savoir si la "doctrine" marxiste est morte ou non [...] Marx doit être dépassé, c'est-à-dire intégré dans la constellation des penseurs qui peuvent éclairer notre réflexion. » À travers une série de textes limpides, Edgar Morin, qui dit avoir été marxien avant d'avoir été marxiste, revient sur ce penseur « titan » avec lequel il n'a jamais fini de penser et de dialoguer. Il donne à voir la fécondité de sa méthode ? traquer les contradictions sociales et penser leur dépassement ? pour l'appliquer à Marx lui-même, y reconnaître les limites et les impensés, et ouvrir la voie à un nouvel avenir.
    Alors que le libéralisme se déploie sur le monde et le plonge dans l'abîme écologique, politique, financier et éthique, Edgar Morin invite à retrouver Marx sous les décombres des marxismes, non pour en tirer des solutions miracles, mais pour penser le monde qui vient.

    En couverture : Edgar Morin © Ulf Andersen / Gamma. Karl Marx vers 1878 © Photo-Re-Pubblic / Leemage.

  • Dans ce livre, tout s'accélère. Le numérique amplifie la mondialisation ; internet est mobile ; le téléphone et la télévision deviennent « smart ». Comment la Chine a-t-elle créé des clones de Google ou de Facebook et bâti son propre internet censuré ? Comment les pays arabes ont-ils utilisé les réseaux sociaux pour faire leurs révolutions ? Avec Mainstream, Frédéric Martel avait décrit la guerre mondiale de la culture et des médias ; avec Smart, il prolonge l'enquête dans l'univers numérique. De la Silicon Valley au Japon, du Brésil à l'Afrique du Sud, ce livre raconte la bataille d'internet et son futur. Smart est la première grande enquête de terrain sur le nouveau monde qui vient.

  • Marx a tout expliqué, tout analysé à la perfection. Mais il s'est complètement trompé sur ses conclusions. La plus-value, la baisse tendancielle du taux de profit, la loi de la concentration, la mondialisation : tout est lumineux, tout est parfaitement actuel. Mais le capitalisme n'accouche de rien, sinon d'une société cynique et désabusée, tournant sur elle-même dans un univers saccagé sous le fouet du marché.
    Le communisme, lui, n'est qu'un christianisme athée, une rédemption des humbles, une version kitsch de l'Évangile, où l'argent, après avoir remplacé Dieu, serait à son tour aboli par la fraternité.
    Marx est mort, et le socialisme aussi. Enfin, nous pouvons penser le monde !
    Après une analyse très pédagogique de la pensée économique de Marx, Bernard Maris montre l'impasse définitive où conduisent ces théories remarquables autant qu'impuissantes, et donne des clefs pour analyser la mondialisation... Et pour envisager un au-delà du capitalisme.

    Création Studio Flammarion

  • Il y a presque dix ans, dominique méda faisait le constat suivant : les femmes françaises travaillent de plus en plus, mais les institutions, les mentalités ne se sont pas encore adaptées à cette nouvelle réalité sociale.
    Qu'en est-il aujourd'hui ? le " temps des femmes " est-il enfin advenu ? pour la sociologue, le constat est, hélas, préoccupant. les inégalités professionnelles entre hommes et femmes ont cessé de se réduire, l'écart des salaires reste significatif (près de 25 %), le temps partiel- qu'il soit choisi ou subi - concerne majoritairement les femmes, lesquelles, par ailleurs, accèdent toujours aussi peu aux postes de responsabilité.
    Pourquoi cette piètre performance de la france ? comment expliquer cette résistance à des changements que d'autres pays - nos voisins nordiques par exemple - ont menés avec succèsoe que faire pour relancer une dynamique qui paraît d'autant plus grippée qu'elle ne relève pas de "l'urgence" socialeoe dominique méda en appelle à une véritable révolution mentale: il faut inciter les hommes à s'impliquer davantage dans la prise en charge des enfants, déspécialiser les rôles - notamment pour les tâches ménagères -, et reconnaître que certaines activités, jugées peu productives comme tout ce qui touche au tare, au soin d'autrui, sont une richesse pour notre pays.
    Cette révolution est à notre portée.

  • Depuis le 11 septembre 2001, deux grands récits opposés se sont disputé l'intelligence du monde : la guerre américaine contre la terreur et l'exaltation du martyre par les jihadistes.
    En voulant nous sauver du mal - l'un pour parachuter la démocratie au moyen-orient, l'autre pour assurer l'apothéose de l'islamisme radical sur la planète -, ils ont enfanté la barbarie. en restent des images d'abjection et de violence qui peuplent les écrans de télévision et d'ordinateur. mais sur le terrain, ni les néo-conservateurs ni al qa'ida ne l'ont emporté, basculant au contraire dans la déchéance morale.
    Et ils ont ouvert la voie à leur ennemi commun de téhéran - ravivant les conflits entre chiites et sunnites, entre persans et arabes, sur les rives pétrolifères d'un golfe désormais hanté par la menace nucléaire. avec les succès remportés par le hezbollah face à israël, la conquête de gaza par le hamas, le fiasco de l'occupation de l'irak, la paix américaine s'est avérée une chimère. comment rompre le cercle vicieux de la terreur et du martyre ? l'europe, pourtant marginalisée depuis le 11 septembre, cible d'attentats islamistes, prise en otage par l'affaire des caricatures du prophète, secouée par les émeutes des banlieues françaises, représente paradoxalement le vecteur de la rencontre concrète entre tous ceux qui partagent la même volonté de relever le défi, de civilisation face à cette barbarie.
    En construisant un espace de prospérité qui s'étende jusqu'au golfe à travers la méditerranée, elle établira les contours d'une nouvelle région fournissant le seul cadre adéquat pour la paix - à condition qu'elle fasse preuve de courage politique.

  • « Il est temps de se faire une idée claire des raisons pour lesquelles le capitalisme, comme l'avait déjà compris l'un des plus grands économistes du xxe siècle, Joseph Schumpeter, nous voue de manière inéluctable à la logique perpétuelle de l'innovation pour l'innovation et, par là même, c'est tout un, à celle de la rupture, elle aussi incessante, avec toutes les formes d'héritage, de patrimoine et de tradition. Que mon lecteur accepte de me suivre un instant dans cette analyse et il comprendra vite combien elle est irremplaçable pour la compréhension du temps présent. » Luc Ferry

  • L'objectif de ce bref essai d'hubert védrine est de nous donner des clés de compréhension du monde qui se construit sous nos yeux.
    Après la chute du mur de berlin, les occidentaux ont cru trop vite qu'ils avaient gagné la bataille de l'histoire et que leurs "valeurs" allaient s'imposer partout. ces grandes illusions ont fait long feu ; depuis, les américains ont été saisis par l'esprit de puissance, les européens par l'ingénuité. en lieu et place d'une " communauté internationale", c'est un monde dur, instable et inquiétant qui est né avec le xxie siècle - et le fameux "monde multipolaire" risque de se faire sans nous.
    Face à ces défis, hubert védrine préconise de rompre avec cette "irrealpolitik" stérile et de prendre conscience des nouveaux enjeux mondiaux, à commencer par le compte à rebours écologique dans lequel nous sommes entrés. en somme, refonder une politique étrangère réaliste et efficace. cette ambition suppose une france qui retrouve confiance en elle et se guérisse de ses chimères, et une europe qui sache ce qu'elle veut

  • Pour l'auteur, la crise économique et financière que le monde connaît depuis 2008 est en réalité une crise démographique. Partant du constat que pour la première fois les plus de 55 ans monopolisent les pouvoirs économiques et politiques aux dépens des générations montantes, il propose plusieurs mesures pour endiguer ce phénomène et sortir de la crise.

  • Au début de l'année 2008, alors que les revendications relatives au pouvoir d'achat s'intensifiaient, le président de la République, Nicolas Sarkozy, déclara que l'indice du PIB (Produit intérieur brut) était inapte à représenter les évolutions économiques et sociales, et qu'il était urgent d'élaborer d'autres indicateurs de croissance. À cette fin, il chargea deux prix Nobel d'économie, Amartya Sen et Joseph Stiglitz, de constituer une commission. La réflexion sur les limites de PIB comme critère de mesure du bien-être ne date pourtant pas d'hier. Voilà déjà trente ans outre-Atlantique, puis plus précisément depuis les années 1990, que le débat est lancé. En France, la sociologue Dominique Méda en a fait l'un des axes fondateurs de ses travaux. Dès 1999, dans Qu'est-ce que la richesse oe, elle remarquait que le PIB n'est affecté ni par la montée de la violence, ni par le développement des inégalités ou l'altération de l'environnement - et, inversement, n'est pas valorisé en cas d'accroissement constant du niveau d'éducation ou d'amélioration de l'état de santé de la population. Et de conclure : «Si ce qui importe, c'est ce qui est productif, comment donner de la valeur à des activités qui ne sont productives de rien, seulement de relation, de sens, de qualité de vie oe» À l'heure où le mot d'ordre du gouvernement en place est «Travailler plus pour gagner plus», cette réflexion, on s'en doute, revêt une acuité toute particulière...

empty