Littérature traduite

  • De quoi parlons-nous lorsque nous évoquons notre origine, nos traditions, notre identité? Que dit, associée à ces mots devenus omniprésents, la métaphore des racines ? La nostalgie est un sentiment noble. Mais peut-elle nous aider à comprendre le monde où nous vivons ? En s'étonnant lui-même de ne plus reconnaître sa ville natale, Maurizio Bettini nous invite à une déambulation pleine de sensibilité dans la mémoire privée et collective.
    Sa réflexion, apaisée et érudite, opère un paradoxal retour aux racines - de Donald Trump à Romulus, en passant par Hérodote et la "cuisine traditionnelle" -, pour mieux constater que les valeurs d'authenticité et de pureté que nous leur prêtons n'existent pas. L'enjeu est de taille : il engage notre capacité à accueillir et à cohabiter avec d'autres cultures. Ecartant une conception étroite de l'identité culturelle, Contre les racines nous rappelle que les cultures sont changeantes et que les traditions se choisissent.

  • Voyons les choses en face : le travail est en train de disparaître. Nous sommes remplaçables : on n'arrête pas le progrès de la robotisation. Et qui croit encore au plein emploi ?
    Pourquoi continuons-nous à mettre le travail au centre de notre vie : pour la gagner ? Allons donc, nos revenus n'ont rien à voir avec la valeur réelle de ce que nous produisons. Pour donner un sens à nos vies, alors ? On ne construit pas sa personnalité en trimant pour gagner le salaire minimum ou en empochant des millions sans se rendre utile aux autres...
    Fuck work n'est pas qu'un slogan percutant : c'est la seule façon raisonnable d'affronter l'avenir. Notre productivité nous tue à petit feu, et la planète avec.
    Il est temps de prendre acte de ce qui est déjà une réalité et de réfléchir à la seule question qui vaille : à quoi ressemblera notre vie, sans le travail ? Fuck work !

  • À l'origine de ce livre, une conviction : on ne peut comprendre le monde actuel sans s'intéresser aux émotions qui le traversent et bien souvent le dirigent. Les décombres des attentats du 11 Septembre, la liesse des foules fêtant l'élection d'Obama, le faste ostentatoire des Jeux de Pékin, l'arrogance de la Russie intervenant dans le Caucase :
    Autant de scènes fortes qui dessinent une géopolitique de l'émotion, dont il est possible de dresser la carte. L'Europe et les États-Unis vivent une crise d'identité, qui alimente une culture de la peur (récemment nuancée par la sortie de l'ère Bush). Peur face à la montée de « l'Autre », comme rival ou comme menace. Le monde arabe et musulman est marqué par une culture de l'humiliation, engendrée par un déclin historique et des frustrations politiques, sociales et religieuses.
    L'Asie, derrière la Chine, l'Inde et les pays de l'ASEAN, est portée par une culture de l'espoir et une confiance en soi qui sont largement le produit de la réussite économique. À partir d'un vaste travail d'observation, nourri de mille exemples, d'une connaissance approfondie de multiples pays et cultures, cet essai décrit un nouvel ordre du monde, qui détermine notre présent et notre avenir

  • Le prix Nobel d'économie établit un diagnostic de la dépression mondiale actuelle et propose des solutions concrètes pour sortir de la crise économique et sociale grâce à une stratégie keynésienne : accepter une inflation de 4 %, abandonner l'austérité, baisser les taux longs, taxer les hauts revenus, etc.

  • Christianisme et modernité sont-ils deux ennemis se livrant bataille, en un dernier avatar des " guerres de religion " : d'un côté la foi, l'idée rassurante d'une transcendance ; de l'autre le désenchantement prenant acte de la " mort de dieu " ? d'un côté la tradition, la vérité, l'autorité ; de l'autre la laïcité, le relativisme, la défense des libertés individuelles ? loin d'opposer frontalement ces deux camps, rené girard et gianni vattimo s'efforcent au contraire de les rapprocher.
    Avec des arrière-plans philosophiques et des arguments différents, tous deux soutiennent cette thèse paradoxale : sécularisation et laïcité sont des produits du christianisme ; le christianisme est la religion de la sortie de la religion, étant lui-même à l'origine des valeurs de nos sociétés occidentales - y compris la démocratie et la séparation de l'eglise et de l'etat. les dialogues et articles rassemblés ici pour la première fois forment ainsi le journal d'une confrontation entre deux des plus grands penseurs du moment, remarquable contribution au débat sur le rôle de la religion et le sens de la foi dans notre monde moderne.
    René girard, membre de l'académie française, professeur émérite à l'université de stanford, est l'auteur d'essais traduits dans le monde entier, notamment mensonge romantique et vérité romanesque (1961), la violence et le sacré (1972), des choses cachées depuis la fondation du mande (1978) et, plus récemment, aux éditions carnets nord, achever clausewitz (2007).

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