Filigranes

  • Le village aux moutons - Yamamoto Masao Je marche dans le vent d'une route de montagne et j'écoute l'harmonie qui coule de la ligne de crête. Un groupe de chèvres dessine des points blancs sur la pente. Ceci est un peu difficile à comprendre pour un japonais. Les brebis ne sont ici que du bétail. S., le jeune éleveur qui m'a permis de photographier ses agneaux, m'a dit qu'il descendait travailler une partie de son temps à la ville car il n'arrivait pas à vivre de son élevage de moutons. Cependant, à ma visite suivante, il commençait à élever aussi des poules pour les oeufs. Il avait finalement décidé de rester dans la montagne et d'y gagner sa vie. M. et G. ont un troupeau de chèvres mohair dans la montagne. Lui s'occupe des chèvres et elle dessine et produit de beaux objets avec leur laine : couvertures, écharpes et chandails. Ils sont colorés et extrêmement doux. J'ai pris quelques images de ce couple et de leurs chèvres sur ces hauteurs. Le lieu faisait un magnifique studio de prise

  • Ecrivaine, relieuse d'art, photographe et première femme océanographe, elle s'impose dans l'univers très masculin de la pêche. Elle participe en 1935 à diverses campagnes sur le premier navire océanographique français puis, avant la seconde guerre mondiale, sur un chalutier-morutier en campagne en mer de Barents et au Spitzberg durant 100 jours. Ses missions lui permettent de publier des rapports et des articles illustrés par ses photographies prises avec son appareil Rolleiflex ; elle ne manque pas de dénoncer la surexploitation des océans. Durant la guerre, elle obtient l'autorisation d'embarquer en tant que photographe de la Marine sur des dragueurs de mines en Manche et en mer du Nord, photographiant les tentatives de déminage. Durant les années de la France occupée, Anita Conti contribue à améliorer les conditions de pêche sur les côtes de l'Ouest africain ; au Sénégal, elle implante des stations de séchage de poissons et crée en Guinée une pêcherie de requins.

  • C'etait un homme de mer

    Des Ouches

    C'était un homme de mer est une conversation iconographique et poétique entre Thierry des Ouches, photographe de renom et Peintre officiel de la Marine, et le poète Louis de Lestanville, qui signe ici son premier recueil. À la manière d'un concerto pour deux instruments, textes et images s'éclairent et se répondent dans un dialogue épuré et contemplatif qui compose au fil des pages un hommage commun à la mer. L'ouvrage est né de la rencontre entre Louis de Lestanville, passionné de longue date par l'Å?uvre photographique de Thierry des Ouches, et le photographe, qui a été séduit par l'écriture profonde et musicale du poète. Les deux artistes partagent la même recherche de l'immuabilité, le goût de saisir l'âme des lieux et des choses, à travers des récits à la lisière du quotidien ordinaire et de la rêverie imaginaire. En célébrant l'élément marin, les auteurs ont également souhaité souligner sa fragilité.

  • Pendant près de 40 ans, Thibaut Cuisset (1958-2017) a construit une Å«uvre sur le paysage à travers des campagnes successives, en France et à l'étranger. Arpentant les paysages, il développe un style singulier qui s'appuie sur un équilibre ténu entre sujet, couleur et lumière. Les campagnes françaises et le cours des fleuves représentent un champ de recherche essentiel dans les recherches de Thibaut Cuisset sur le paysage. Le corpus d'images constitué autour de la Loire en est une démonstration notable, témoignant à la fois de la constance de l'écriture du photographe et de son évolution, tant dans la composition que dans les modalités d'exposition des photographies. Ainsi, l'exposition présentée au Château de Tours montre le travail réalisé par Thibaut Cuisset autour de la Loire pendant près d'une décennie, au gré de plusieurs commandes et prix photographiques. Réunissant pour la première fois l'ensemble de ces séries et proposant certaines photographies inédites, LoireÂ: Thibaut Cu

  • Ueda shoji

    Shoji Ueda

  • Une île est volontairement laissée sans désignation, c'est un possible, une narration réelle et fictionnelle, qui retrace l'attraction qu'exerce ce lieu sur l'imaginaire. L'ouvrage rassemble des photographies prises entre 2012 et 2015, un texte original de Jean-Yves Jouannais, et des extraits d'un essai de Rafael Argullol «?L'attraction de l'abîme», publié en 1983. Tous ces éléments traitant à leur manière de certains aspects de l'île de Rügen située dans le Nord-est de l'Allemagne sur la mer Baltique, dont les falaises de craie, s'abîmant dans la mer, ont été immortalisées le peintre romantique Caspard David Friedrich en 1818. Putbus, première station balnéaire de l'île, est fondée en 1816 et plus tard, d'autres stations sont créées. En 1936 les autorités nazies planifient une station composée d'un immeuble uniforme de six kilomètres qui fait face à la mer : Prora. Celui-ci, cité balnéaire contenue dans une barre unique de 5 kilomètres organisée par la KdF : Kraft durch Freude (la force par la joie), a pour but d'accueillir 20 000 vacanciers en même temps. Le bâtiment construit aux deux tiers, n'est jamais terminé, car la guerre interrompt sa construction, et ses ruines, alignent 10 000 chambres répétées à l'identique sur 5 étages, avec toutes, une vue sur la mer. Il sert ensuite de base militaire pour l'armée soviétique pendant la guerre froide, et disparait momentanément des cartes.

    Ruegen, la plus grande des île allemande (900 km2), est située sur la mer Baltique, entre la Pologne et le Danemark. Sa géographie est instable et ses contours mouvants. Les falaises de craie de l'île, descendant vers la mer pour s'y écrouler, emportent avec elles les arbres et toute la végétation qu'elles contiennent.
    Le livre Une île, regroupe des photographies réalisées à Rügen entre 2011 et 2013, et des images trouvées, documents anonymes, d'archives ou vernaculaires. L'origine de chaque image n'est pas précisée, laissant l'île dessinée, flotter entre le possible et l'imaginaire.

  • Düsseldorf

    Bernard Plossu

    Quelque part, j´aime bien être là où l´on ne m´attend pas. Ce n´est pas parce que j´aime la photographie ""poétique"" à la Boubat ou Frank que je n´aime pas, ou ne sais pas apprécier autre chose. D´ailleurs, dès le début des années 1970, j´avais photographié ainsi en série au 50 mm les cinémas de l´Ouest américain, et tous les écriteaux ou symboles du mythe des cow-boys et des Indiens. C´est ainsi qu´un jour je me retrouvai consciemment à Düsseldorf, voulant, à ma manière, rendre hommage à cette célèbre école de photographie. Comment faire?? Je ne me sers pas d´une chambre?! Mais avec la rigueur du 50 mm à laquelle je crois dur comme fer, il était possible de photographier telle quelle cette ville moderne contemporaine. Au 50 mm, aucune déformation ou effet et ainsi, je pus m´inscrire dans cette approche düsseldorfienne.

  • Tu me loves ?

    Marion Poussier

    Les amours de jeunesse sont les amours que l´on regarde de loin, rangés dans les souvenirs de l´adolescence. Première étape de la vie amoureuse, ils initient le rapport de chacun à l´autre, au couple, à la sexualité. ""Le silence entoure les relations amoureuses des jeunes vivant dans les cités HLM. Amarrés à leurs tours, ces jeunes-là ne connaîtraient que la violence et l´anomie, le lien social et toute mixité auraient disparu de leur vie. Les caméras qui les fixent préfèrent les événements catastrophe en survêtement et en voile à la mise en scène de leur vie quotidienne. La majorité des adultes qui les entourent dans l´espace public (animateurs, éducateurs, enseignants) sont formels : pas de relations amoureuses, pas de couples, de plus en plus de distance entre filles et garçons. Pourtant lorsqu´on fréquente régulièrement leurs lieux de vie, lorsque, n´ayant aucune attache dans ces lieux, on les fait parler d´eux, de leur intimité, de leurs amitiés...

  • Carnets de la ZAD

    Philippe Graton

    La ZAD de Notre-Dame-des-Landes de´fraie la chronique depuis plusieurs anne´es et personne n'en a jusqu'alors re´ve´le´ la ve´ritable nature. De 2014 a` 2019, Philippe Graton a parcouru la ZAD de l'inte´rieur, photographiant au moyen-format argentique cet univers et la vie quotidienne de cette socie´te´ alternative. Cet engagement dans la dure´e nous donne aujourd'hui une oeuvre photographique exceptionnelle, une restitution unique et historique de cette expe´rience marginale dont l'inte´re^t n'a jamais e´te´ aussi actuel. Ce livre de´voile plus de quatre-vingts photographies ine´dites, ainsi qu'une retranscription des notes de terrain de l'auteur, a` suivre comme une aventure.

  • Pour comprendre les choses, saisir leur vraie nature, il faut que je les photographie. Les personnes, le monde qui m'entoure. J'ai commencé à l'âge de douze ans et je n'ai jamais arrêté. Le jour où, à dix-neuf ans, on m'a mis un uniforme, mon appareil photo passa naturellement de la poche de mon jeans à celle de mon treillis. C'était en 1980. Pendant mes douze mois de service militaire, j'ai photographié ma vie d'appelé. Du moins, quand je le pouvais - je ne veux pas dire quand j'en avais le droit, car c'était interdit, mais quand le moment s'y prêtait. Pas si souvent que ça, à voir la maigre moisson d'images pour une année entière. C'est qu'à l'armée, on a souvent les mains prises. Quant à la tête, n'en parlons pas... Ce n'est donc pas un reportage ; il serait incomplet, tant manquent des aspects de ce qu'était le service militaire. Ce n'est pas non plus un travail documentaire, car il n'y a ni propos, ni angle, ni écriture.

  • Overprint

    Daubal Frederique

    Un livre dense de 312 pages pour un flux de 560 « overprints » ou « une obsession de tous les jours » Un projet intuitif et moqueur ou chacun peut s'y retrouver. L'overprint joue à déconstruire, dérider, dévisager et déformer ce monde très stylisé du magazine et plus généralement de l'image imprimée.

    Mi iconique, mi ironique, la démarche de Daubal explore les thématiques de la mode, de l'écologie ou encore de l'humain dans son environnement. Son mode de réalisation artisanale voire minimaliste, fait de recyclage, de découpage, de bricolages en tous genres, fait réagir et réfléchir. Elle nous invite ainsi à regarder différemment les sujets qu'elle aborde en déconstruisant avec fantaisie les codes établis et en entrechoquant papier glacé et culture populaire. Créer un dialogue en combinant l'improbable, provoquer des interrogations plutôt que fournir des réponses. Objet absurde ou initiateur de pensée ? Fruit du hasard ou choix délibéré ? Vide de sens ou symbolique ? Hommage ou fromage ?

  • Planches Contact s'est positionné depuis sa création comme l'un des rares festivals dont la production est fondée sur le principe de la commande publique ; au fil des années il est devenu un véritable laboratoire d'observation du territoire par l'image. Sa 12e édition confirme plus que jamais la singularité du festival par la production et la présentation d'Å«uvres réalisées par des photographes choisis et invités à Deauville, en résidence de création, dans les mois qui précèdent son ouverture au public. A travers ses expositions en intérieures, dans le nouvel établissement culturel Les Franciscaines et un parcours à ciel ouvert d'expositions en extérieur, Planches Contact offre à tous les regards un aperçu de la complexité et de la richesse de la scène photographique contemporaine. 12e édition 23 octobre 2021 au 2 janvier 2022 Planches Contact s'est positionné au fil des années comme l'un des rares festivals dont la production est fondée sur le principe de la commande publiqu

  • À Vichy, début mars 2019, dans le cadre du Festival Portrait(s), Frédéric Stucin photographie des sportifs. C´est le thème de sa résidence, il a pris rendez-vous en avance, depuis Paris, avec des volleyeuses, des basketteurs, des nageurs. Le Coronavirus arrive avant lui. Plane le spectre du confinement prochain. On ferme les gymnases. On annule les matchs. On interdit les regroupements. Alors, le photographe imagine. Que serait le sport s´il était clandestin? Si, à l´inverse de cette activité positive, bonne pour la santé, le moral, la cohésion sociale, il devenait illicite, comme il l´est en cette période où tout est inversé? Le sport subversif, caché? Il y aurait l´inquiétude et le danger que la clandestinité implique, bien sûr, mais aussi une autre forme de jouissance, celle de la transgression, du plaisir dérobé. Inspiré par ces images, l´écrivain Didier Daeninckx, auteur de romans consacrés par le public et la critique, a inventé une nouvelle, concentré de suspense et de joyeuse

  • Sans que nous en ayons toujours conscience, nos yeux exercent une forme d´intelligence immédiate. Au fil du hasard, ils ne cessent de se laisser captiver à tout moment. L´intuition photographique examine l´art de traduire en images ces moments de présence. Arnaud Claass y commente son activité d´observateur de la vie, des impressions visuelles, des pensées. Une rue londonienne, un orage à Venise, une image de reportage vue dans la presse, des visites d´expositions, des errances à travers la campagne, la méditation sur un concept, des films du cinéma indépendant ou grand public, la photographie africaine contemporaine, les étrangetés du système de l´art : tels sont certains des sujets abordés. À ce texte viennent s´ajouter, sur un registre nettement plus introspectif, les brèves notes de Regard perdu. L´auteur y cerne les conséquences provoquées sur la nature de son regard par la perte récente de son épouse Laura.

  • Gant [t]

    Stéphane Lavoué

    Comme tant de portraitistes talentueux l'ayant précédé, Stéphane Lavoué s'est longtemps plié aux commandes pour en tirer les portraits des puissants, de célébrités plus ou moins éphémères, des Artistes. Il en connaît les codes, de ces représentations frontales, de profil, ou à mi-corps avec lesquelles il joue, s'amuse, jongle. Le voici en marge de la communication institutionnelle. Son sillage s'inscrit désormais dans des séries et dans le besoin d'écrire des récits et des narrations. Douarnenez, via le Centre des Arts, et de conserve avec le Port-musée, lui a proposé une escale, une résidence d'artiste. Gant [t], c'est tout à la fois le gant de travail, la préposition bretonne qui signifie « avec », un diagramme de planification des tâches dans le monde du travail.

  • New York ; années 50

    Jean Bizien

    Jean Bizien débarque aux États-Unis en 1946. Très jeune homme. Il découvre le pays par une ville?: New York. Une cité faite de centaines d'autres villes, de milliers de Villages d'Irlande, d'Italie, de Russie, de Chine, du Mali, d'Afrique du Sud, du Mexique, du Brésil... Des milliers de villages, des millions d'hommes, des milliers d'habitudes différentes, des milliers de fêtes, de langues, des centaines de couleurs de peau, des millions de démarches, une seule langue pour parler ensemble. Une seule ville pour vivre ensemble. New York est un miracle. Des millions d'hommes si différents se côtoient, vivent, commercent en paix. New York est un miracle sombre et joyeux. La paix et la justice humaine sont très relatives. Pour pouvoir vivre ensemble, inventons autre chose?? Une ville haute et plus verticale. Et pourtant les humains photographiés par Jean Bizien sont des villageois dans une ville aux immeubles immenses. Jean Bizien a saisi la danse de tous ces peuples qui se côtoient dans la ville. Ce sont des villageois. Ils prennent leur temps, posent leurs journaux sous leurs fesses et regardent la vie bouger. Ils jouent aux dames, couverts de gros pardessus laineux. Ils dorment dans la rue pour se reposer, l'après-midi. Par misère parfois. New York est familière, dure et douce. Elle se transforme en ville méditerranéenne. En ville froide et enneigée. En ville de plaisir et de fête. En ville d'enfants, qu'ils soient des adultes ou de vrais enfants. En ville d'hommes seuls, qui se protègent des larmes avec des journaux sous le dos ou les mains fermées sur leur visage. Jean Bizien est là pour recueillir toute cette humanité. Son appareil est comme une bouteille de vin qui a emprisonné les saveurs et les amertumes, les images et les élans d'une époque. Il a ouvert, il y a peu de temps, le bouchon du temps. Soixante ans avant, soixante ans après. [...] Olivier Couqueberg

  • Roma

    Bernard Plossu

    « Au début des années soixante-dix, passage à Rome, pendant un hiver froid et pluvieux?; aucune photo de bonne, j'avais un grand-angle?! sauf deux ou trois à Pompéi silencieuse et vide sous la pluie merveilleuse...
    Plus tard, en 1979, ayant enfin compris la force discrète du 50 mm, venant des hauts plateaux de Taos au Nouveau-Mexique ou j'habitais, je retrouve à Rome Claude Nori, et là, c'est le choc visuel : est-ce le fait d'habiter dans le désert qui fait que cette ville me fascine en comparaison??
    Disons que les images de l'Ouest américain sont souvent horizontales et que celles des rues de Rome sont souvent verticales?! et que m'imprègne aussi très fortement l'oeuvre romaine de Corot, auquel je pense si souvent là-bas... Corot qui m'a marqué définitivement par sa sobriété.
    Les années passeront, jusqu'au retour en Europe, et je suis dorénavant sous l'influence très forte du mouvement de peinture appelé 'La Scuola Romana' (Mafai, Scipione, Pirandello, Antonietta Raphael, Afro) : des merveilles qui m'inspirent beaucoup.
    Nombreuses visites : Rome m'attire sans arrêt, j'y vais presque chaque année et je photographie en désordre, surtout rien de systématique ni d'organisé?! Quartier par quartier, n'écoutant que mon instinct et surtout ma passion : je suis amoureux fou de cette ville et, en même temps, de toutes les petites îles italiennes ou je vais aussi le plus souvent possible?! » B.P.

  • Archives photographiques de l´immigration polonaise dans le bassin houiller du nord de la France, dans les années 1920/1930. Né en 1904 dans la région industrielle de la Ruhr (Allemagne), de parents originaires de Pologne, Kasimir Zgorecki émigre dans le Nord de la France avec sa famille à l´âge de 18 ans. Mineur de fond pendant quelque six mois, il se tourne ensuite vers la photographie professionnelle et reprend en 1924 le studio de son beau-frère à Rouvroy, dans le Pas-de-Calais. Sa carrière principalement axée autour des portraits de la population polonaise de la région - dont l´immigration est liée à l´industrie lourde du charbon et de l´acier - devient vite florissante. Zgorecki s´investit notamment dans la photographie d´identité, devenue obligatoire sur les cartes des étrangers travaillant en France en 1917. Exposition de Kasimir Zgorecki, présentée au Jeu de Paume - Château de Tours du 6 juin au 25 octobre 2020 (vernissage le 5 juin).

  • Cavale

    Nicolas Comment

    Photographe, auteur et musicien, Nicolas Comment est un habitué des voyages sentimentaux et autres errances photobiographiques. Ses séries ont pour théâtre Mexico, Prague ou Tanger, ces lieux mythiques, antres littéraires. "Cavale" s´inscrit dans cette tradition de la "déambulation psychogéographique". Balade géopolitique, fiction intime. Nous sommes en 2019. Laura Serani, directrice artistique du festival Planche(s) Contact invite Nicolas Comment en résidence artistique à Deauville. Ainsi commence "Cavale" : une série photo-littéraire protéiforme qui se lit comme un tableau à entrées multiples contant la cavale imaginaire d´une femme qui se libère de ses liens

  • Maputo

    Yevnine/Madjidi

    Dans cette terre étrangère il m'était impossible de photographier ; dès que je sortais mon appareil j'étais traversé par les regards. C'était comme des regards-contacts : puissant, déstabilisant. J'étais parti pour neuf mois. Je faisais un stage de fin d'étude dans un institut des langues (une structure mozambicaine) : j'enseignais le français à des jeunes d'une vingtaine d'années. Ils vivaient en marge du centre-ville, ils se levaient à cinq heures pour mes cours qui commençaient à sept. Ils me racontaient toutes sortes d'histoires qui me captivaient. Je suis pourtant parvenu à photographier, grâce à un téléphone portable ; un vieux téléphone, avec du grain et un temps de latence au déclenchement. En 2011, ce type d'appareil passait inaperçu. Je gagnais en invisibilité. Le grain du téléphone m'est apparu étrangement doux. Je marchais beaucoup. Je photographiais sans cesse. Je ne m'arrêtais quasiment jamais pour cadrer. Je laissais venir et faire dans le mouvement de la marche.

  • Proche

    Grégoire Korganow

    Proche est une étape d'un travail au long cours sur les prisons françaises et aborde cette fois la politique de l'enfermement en France par l'absence et le creux, sans jamais montrer la prison mais en mettant en regard ses réalités adjacentes, résiduelles, marginales. Proche est une tentative artistique, utopique, destinée à sortir les personnes détenues de leur isolement en s'intéressant aux zones de contact entre la Cité et la Prison, à ces corps intermédiaires, interstices ténus où se révèlent les liens fragiles entre les prisonniers et la société qui les enferme. Depuis 2016, l'auteur s'immerge dans les rêves de personnes détenues, collectés dans une correspondance épistolaire et dont les lectures par des anonymes sont filmées dans Mon rêve familier, il photographie les Périphéries carcérales, espaces attenants à une vingtaine de nouveaux lieux d'enfermement en France et fait le portrait de proches de personnes détenues à Strasbourg, photographiés à la sortie des parloirs dans la s

  • Madame Yvonne

    Yvonne Kerdudo

    «Madame Yvonne», photographe ambulante, a sillonné le Trégor rural sur son vélo pendant plus cinquante ans. De 1902 à 1952, elle est allée photographier sur demande les enfants, les familles, les mariages, les battages, les fêtes, les communions, les soldats, les morts, les jeunes et les vieux. Née en 1878, Yvonne Kerdudo est montée à Paris dès l´âge de 15 ans pour travailler. À travers différentes rencontres elle est venue à la photographie et a été formée par les frères Lumière dans les premières années du siècle. Revenue sur son territoire de naissance aux alentours de 1908, elle s´est installée à son compte et a travaillé jusqu´en 1952, deux ans avant son décès en 1954. Figure emblématique du canton, «?Madame Yvonne?» est connue de tous les anciens et ses clichés sont encore exposés dans les salles à manger familiales autour de Plouaret. En 2005, une de ses petites-nièces, en possession de ses archives, nous a contactés. La Compagnie Papier Théâtre a acquis le fonds photographique.

  • Auteurs : Siouzie Albiach, Mariano Bocanegra, Alejandro León Cannock, Florence Cuschieri, Juliette George, Marta Gili, Giovanni Battista Martini, Audrey Mot, Fabien Vallos, Juliette Vignon. En 1960, Lisetta Carmi choisit d´abandonner sa carrière de pianiste pour s´emparer de la photographie. Elle participe alors aux mouvements contestataires de gauche, en réaction à la montée néo-fasciste et réactionnaire des années 1960. Inspirée par ce contexte, elle utilise l´appareil photographique comme un outil politique d´expérience et de partage avec celles et ceux qui aspirent à une reconnaissance dans l´espace social du commun. Sa série Les Travestis, notamment, dépeint avec douceur et complicité la vie d´une communauté transidentitaire de travestis dans l´ancien ghetto de Gênes. Son regard se pose également sur le monde ouvrier. Ses séries consacrées au port de Gênes captent l´intensité du corps à l´oeuvre et sa rencontre avec celui, gigantesque et dévorant, de l´industrie portuaire.

  • Le Champ des Impossibles est une plateforme artistique et un outil culturel ambitieux de développement du territoire. Au service du public, il a pour mission de soutenir les artistes dans leurs créations, de conserver leurs oeuvres et de les diffuser auprès du plus grand nombre. Il s'agit de favoriser dans le Perche, en milieu rural, la diffusion de l'art contemporain et la médiation culturelle nourries par un dialogue vivant avec les artistes. Ce projet de territoire utilise l'art contemporain comme terrain partagé afin de créer du vivre ensemble en assurant la circulation des idées et des artistes. Les résidences de la Slow factory sont un axe majeur de cette stratégie. Les invitations guidées par le regard de Christine Ollier sont des temps de création passionnants, de rencontres et de croisements d'horizons.

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