Fayard

  • de toutes parts montent les discours de la peur, des peurs.
    peur de l'insécurité, de la précarité, du chômage. de la violence, de la marginalisation, d'être délocalisé. peur de l'ouvrier chinois, du plombier polonais, de son collègue de travail, du terroriste. peur aussi de ce que l'on mange, de ce que l'on boit, de son corps. peur du changement climatique. peur intime et peur publique. peur de tout. cette montée de la parole collective sur l'angoisse pourrait être positive : connaître et énoncer ses peurs, c'est déjà les combattre.
    il suffirait de changer de regard, de déchausser les lunettes de la morosité ambiante pour prendre une mesure apaisée des évolutions positives comme des risques encourus par nos sociétés contemporaines. or c'est tout le contraire qui se passe : loin de se réduire, nos peurs grandissent chaque jour un peu plus. pourquoi a-t-on tant de mal à les affronter, dans un contexte qui est loin de s'être autant détérioré qu'on voudrait nous le faire croire oe
    l'exploitation de l'angoisse rapporte, et parfois beaucoup, au sens propre.
    mais qui a intérêt à gouverner par la peur ? quelles formes de résistance et quelles alternatives peut-on y opposer oe

  • Après le « non » au référendum qui a retenti comme un coup de tonnerre, les grands intellectuels évoquent la crise profonde de notre société. Nos pays sont malades du politique, car le politique n'existe plus. Nos sociétés sont malades du sens, car le sens ne prévaut plus. Et pourtant jamais les défis sociaux, culturels, environnementaux, bref, de civilisation, n'ont été aussi importants.

    Un livre qu'il est urgent de lire si nous voulons devenir responsables de notre avenir.

  • Au coeur de l'incroyable et terrifiante maltraitance que l'humanité pratique à son propre égard, il y a de la peur et du mal de vivre. En ce début de siècle et de millénaire, il n'est pas excessif de dire que l'humanité a rendez-vous avec elle-même. Depuis Hiroshima, elle s'est constituée en sujet négatif de sa propre histoire en se donnant la possibilité de s'autodétruire. Ce n'est pas faire preuve de catastrophisme que de dire que l'humanité risque de voir se terminer prématurément sa propre aventure du fait de son incapacité à traiter les grands défis écologiques, sociaux, financiers ou culturels qui la menacent. Mais ces défis peuvent être aussi l'occasion, comme ce fut le cas au cours du processus biologique de l'hominisation, d'un saut qualitatif, culturel et politique cette fois dans la voie de sa propre humanisation. Cette question structurelle et mondiale est donc aussi une question personnelle. Il faut reconnaître et faire vivre d'autres manières d'être au monde déjà présentes mais que nous ne voyons pas.

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