Arts de l'image

  • Un petit livre pour cinquante ans de désert - ou comment le jeune photoreporter pigiste parti un jour de 1962 «couvrir» un fait divers de la guerre d'Algérie est devenu le photographe célèbre exposé au Grand Palais.
    Les étapes de la carrière de Raymond Depardon sont comme rythmées par le grand désert saharien. En 1972, dans le Tibesti, son désert de prédilection, il suit pendant des mois l'affaire Claustre, cette ethnologue prise en otage par les combattants du Frolinat (Front de libération du Tchad).
    Ces combattants, il va les accompagner dans l'attaque de Faya Largeau («Elle était tenue par 2000 commandos parachutistes de l'armée tchadienne, et nous, nous étions 99, moi compris. De minuit à deux heures du matin, ça tirait de partout, on nous arrosait à la mitrailleuse.») et il va les suivre, appareil à la main, dans leur lutte.
    C'est encore dans le désert, sur une dune de Mauritanie que Depardon a l'intuition de ce qu'il faut faire pour sortir du photojournalisme : faire des films, et tout seul. Et il raconte comment il a tourné dans le sable aussi bien des documentaires (Tibesti Too) que des fictions (La Prisonnière du désert, avec Sandrine Bonnaire).
    Dans ce livre, Depardon parle aussi de technique, de la difficulté de photographier et de filmer le désert («Tu es dans un désert de dunes, la voiture est en panne, tu montes sur une dune, tu prends ton appareil - ou ta caméra, c'est pareil - et tu te trouves au centre d'un cercle de 360°, tu y vois à une quinzaine de kilomètres, et avec le plus grand angle du monde, tu ne couvres au maximum qu'un quart du cercle»). Quels objectifs, quels films, quels formats, quelles astuces pour rendre sensible le désert ?
    Quelque 60 photos, pour une bonne part inédites, illustrent ces propos de Raymond Depardon, modestes et drôles, qui sautent de sa ferme natale aux sables et aux palmeraies où vivent des éleveurs «qui ont beaucoup de traits communs avec mon père».

  • Occasions

    Evelyne Coillot

    Une nouvelle écriture photographique d'André Mérian: des objets collectés dans les conteneurs et les poubelles photographiés chez lui. Cela en fait des sculptures, des icônes de notre époque. Le livre objet a été conçu autour de la simplicité, tout en déstabilisant le lecteur qui s'attend à voir une série lambda, et vers l'art contemporain dont André Mérian s'approche cette fois-ci. On regarde alors un livre aux couvertures, les 1ère et dernière, identiques et de 4 pages, un dos cousu apparent et des photos sans échelle donnée aux objets.

  • Images politiques

    Raymond Depardon

    • Fabrique
    • 8 September 2004

    " la photographie donne à voir des choses dures, des choses belles, une réalité adoucie ou plus violente.
    son "instant décisif" est trompeur, il n'est qu'un moment. on s'apercevra tout de suite qu'aucune photo n'est politiquement neutre. "
    des chapitres, des tranches chronologiques, des noms (wallonie 1960, deleuze 1970, politique française, la guerre d'algérie...), des photos et des mots recueillis sur chacune : une sélection - difficile - d'une soixantaine de clichés, de ces " images politiques " amassées au fil des ans et des reportages, commandes ou libres déambulations.
    des ouvriers du nord aux combattants afghans, des orphelinats roumains aux asiles
    psychiatriques italiens, de berlin à new york, de genet à mitterrand... toutes les facettes du politique avec, pour lien ténu entre elles, le regard de l'artiste.

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