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  • Une lecture sociologique des innovations managériales en cours, qui tendent à faire oublier les véritables objectifs des employeurs : continuer à mettre en oeuvre la subordination des salariés, seule garantie de leur exploitation « légitime ».

    L'auteure décrypte la capacité patronale à faire renaître, sans cesse, sa domination, afin de préserver, voire sublimer, un lien de subordination qui prend une forme de plus en plus personnalisée, intrusive et délétère, et qui compromet toute capacité collective des salariés à s'emparer des véritables enjeux du travail. Des drh « bienveillantes » et préoccupées du « bonheur » de leurs salariés aux « entreprises libérées » par leur leader, en passant par l'esprit start-up et l'offre éthique, l'auteure analyse tous ces faux-semblants qui paralysent l'intelligence collective et menacent l'avenir du monde.

  • Danièle Linhart analyse en quoi la logique du management moderne n'est pas si éloignée de celle qui a prévalu dans le taylorisme. Dans les deux cas - déshumanisation et sur-humanisation - c'est la dimension professionnelle des salariés qui se trouve attaquée.
    Désormais le management moderne revendique l'idée que le salarié est avant tout un être humain dont il faut prendre en considération les besoins, les aspirations, comme les faiblesses. Ce livre montre que derrière cette idée louable s'organise en réalité une disqualification des métiers, de la professionnalité, de l'expérience qui tend à renforcer la domination et le contrôle exercés par les dirigeants. Gérer les salariés en fonction de leur seule condition humaine, c'est nier le fait qu'au travail, ils tiennent des rôles, exercent des fonctions dont ils sont les experts et qui mettent des limites à l'envahissement de leur vie personnelle.
    Danièle Linhart est sociologue, directrice de recherches émérite au CNRS, membre du laboratoire GTM-CRESPPA UMR-CNRS-Universités de Paris 8 et Paris 10. Elle a publié de nombreux livres dont La comédie humaine du travail (2015), Perte d'emploi, perte de soi (érès 2002, rééd. 2009), Pourquoi travaillons-nous ? (érès, 2008), Travailler sans les autres ? (Le Seuil, 2009), La modernisation des entreprises (La découverte 1994, rééd. 2010).

  • Analyser les mécanismes et les enjeux qui ont conduit aux impasses d'un régime normatif révélées par la tragique actualité sanitaire, mais aussi dégager de nouvelles voies pour reconstruire l'hôpital sans oublier que soigner, c'est d'abord de la présence, du soin humain et technique, des équipements, des lits, et pas seulement un processus optimisé.
    Cet ouvrage est issu non pas d'une analyse de circonstance à la faveur de la crise sanitaire mondiale lié à l'épidémie de coronavirus, mais d'un véritable travail clinique mené dans la durée et dans l'épaisseur des fonctionnements hospitaliers concrets. Ayant une expérience d'intervention de plus d'une vingtaine d'années dans le secteur sanitaire et médico-social, Corine Cauvin Renault met au jour les contradictions et les tiraillements dans lesquels sont engagés les professionnels soignants, entre humanisme et souci d'efficacité, dans un milieu de travail de plus en plus complexe. Mais au-delà de ce constat, l'auteure déplie les mécanismes et les enjeux qui ont conduit aux impasses de ce régime normatif, révélées par la tragique actualité sanitaire. Elle contribue ainsi à dégager de nouvelles voies pour reconstruire l'hôpital en réconciliant les différentes logiques hospitalières - médicale, soignante, gestionnaire - qui ne doivent pas oublier que soigner, c'est d'abord de la présence, du soin humain et technique, des équipements, des lits, et pas seulement un processus optimisé.

  • Théories du complot et fake news : une manière de résister aux pouvoirs de la société de l'information ? Faut-il parler de pathologie ou de contre-culture ?
    Pourquoi la dénonciation des complotistes contribue-t-elle le plus souvent à renforcer le phénomène plutôt qu'à le désamorcer ? Traiter l'autre de « complotiste » devient un procédé systématique pour discréditer l'adversaire. Derrière le contenu des énoncés « antisystème », il y a une énonciation, un « acte de parole » et, on a trop tendance à l'oublier, des sujets. L'approche clinique, menée auprès d'adolescents en milieu scolaire, analyse les symptômes à l'oeuvre derrière de tels discours. Quel est l'inconscient des conspirationnistes ? Faut-il parler de pathologie ? Ou s'agit-il d'une « contre-culture », acharnée à s'opposer au pouvoir des nouveaux maîtres, ceux qui défendent les « thèses officielles » ? L'érosion des rites de passage dans les sociétés hypermodernes conduit certains adolescents à inventer de nouvelles stratégies de résistance et d'affirmation de soi. Pour le meilleur et pour le pire.

  • La boîte à outils, conceptuels et méthodologiques, du sociologue clinicien, élaborée à partir de divers terrains de recherche ou d'intervention.

    Cet ouvrage de référence rassemble les méthodes et problématiques centrales ainsi que les objets et champs de recherche investis par la sociologie clinique. La spécificité de cette discipline tient à la façon d'appréhender et d'analyser les phénomènes sociaux et psychiques, dans une perspective à la fois théorique (inscrite dans une tradition compréhensive, elle articule la compréhension des processus sociaux à celle du sujet jusque dans ses processus intrapsychiques) et politique (qui pose au-delà de la critique, la nécessité d'une clinique du social et l'accompagnement des processus de subjectivation).

    Mobilisant les fondateurs de l'approche, ce dictionnaire bénéficie également de la participation de jeunes docteurs, doctorants et intervenants qui contribuent à son rayonnement, ainsi que de représentants des autres approches cliniques en sciences sociales, antérieures à ou contemporaines de la sociologie clinique.
    Les notices, au nombre de 245, sont organisées par ordre alphabétique. Elles sont de plusieurs types : entrée par concept/problématique, objet/champ de recherche, méthode/dispositif de co-construction des savoirs et d'analyse de données, courants/théories/approches avec lesquels les représentants de la sociologie clinique dialoguent.

  • De la famille à la politique, la crise de l'autorité touche à peu près tous les responsables dans toutes les institutions. La perte de légitimité du politique et la crise des Gilets jaunes offrent une illustration frappante des raisonnements développés dans cet ouvrage. L'enjeu n'est pas d'apprendre à vivre sans autorité, mais d'engendrer des formes d'autorité plus respectueuses des valeurs de notre temps.

    Pour l'essentiel, la crise de l'autorité est une bonne nouvelle, son érosion engage toute notre modernité et rien ne saurait justifier de faire machine arrière. Il reste que ce déclin affecte en profondeur nos formes de vie et nos institutions.
    Partout, le besoin d'autorité se fait sentir, mais une autorité au service de la démocratie, du débat public, des droits et des devoirs, de la justice et l'équité, de la transmission des valeurs fondamentales, de la défense du commun contre l'emprise des intérêts privés, de l'adaptation des modes de vie à l'urgence écologique. Tout retour en arrière est proscrit :
    L'autorité est donc à réinventer.

  • Nicole Aubert poursuit son exploration de l'hypermodernité en interrogeant l'accélération généralisée de la société, largement produite par l'utilisation des nouvelles technologies de la communication, et ses conséquences sur les individus, les organisations, et les nouvelles façons de vivre ensemble.

    La conjonction entre l'avènement des nouvelles technologies de la communication (mails, téléphones mobiles, internet) et le triomphe du capitalisme financier, fondé sur une exigence de rentabilité à très court terme, que sont apparues trois façons nouvelles de vivre le temps : l'instantanéité, l'immédiateté et enfin l'urgence. La nouveauté est là, dans le fait que l'urgence, autrefois cantonnée au domaine médical ou, parfois, au domaine juridique, a envahi le domaine économique et, par voie de conséquence, le registre de la vie professionnelle et celui de la vie personnelle. L'avènement de ces trois nouvelles façons de vivre le temps se traduit par une accélération continue qui ponctue désormais le rythme de la société contemporaine, tant au niveau du travail qu'à celui du vécu individuel.

  • Mondialisation économique soumise aux lois du marché, éclatement des limites spatiales (plus de frontières), temporelles (règne de l'immédiateté, de l'urgence), éthiques (plus d'interdit), massification et violence : dans ce contexte où l'adhésion se fait plus à soi-même qu'à une cause, l'individu, devenu avant tout un consommateur, aussi bien de produits que de sens ou de " soi " (autoréflexivité permanente), doit aussi lutter pour son existence sociale. On assiste ainsi aujourd'hui à une recomposition de l'identité personnelle, à la fois renforcée et fragilisée, au renouvellement des profils psychologiques, à l'émergence de nouveaux types de pathologies, à l'hypercompétitivité permanente et à un rapport au temps inédit. L'ouvrage rend compte de ces mutations en explorant toutes les facettes de cet individu, produit et producteur de la société hypermoderne.

    Nicole Aubert, sociologue, professeur à l'Ecole supérieure de commerce de Paris.

  • Comment la « novlangue managériale » empêche-t-elle d'exprimer le mal être, les désirs, les aspirations du sujet ? Cet ouvrage explore la source langagière de ces entraves et les voies possibles pour s'en dégager.
    Nourri d'une recherche socio-anthropologique, cet ouvrage présente une analyse du langage utilisé dans le management en articulant les registres de la pensée, de l'éprouvé et de l'action. Avec des illustrations saisissantes et des références théoriques diversifiées, l'auteur analyse les dévastations qu'occasionne le management moderne en toute tranquillité, en toute impunité. En effet, il ne fait pas que provoquer le mal-être au travail. Par l'utilisation de sa novlangue (en référence à George Orwel), il participe aussi et surtout au corsetage des imaginaires, au façonnage des univers symbolique, au formatage des émotions, à l'écrasement des intelligences individuelles et collectives. Démontant le processus d'intériorisation du discours dominant, l'auteur donne des outils pour faire face à la violence plus ou moins ordinaire à l'oeuvre dans les organisations.

  • Le projet de cet ouvrage est de souligner les aspects profondément mortifères du pouvoir, non pas pour s'y complaire mais, en essayant de comprendre ses racines inconscientes et ses emprises sociales, en décryptant ses diverses figures, de permettre aux individus et aux groupes de saisir ce qui les conduit au mépris de l'autre et à l'émergence du désir de sa mort physique ou psychique.

    L´ouvrage a pour but d´analyser le problème du pouvoir et les diverses figures qu´il peut présenter. Il articule les approches sociologique, anthropologique, politique, psychosociologique et psychanalytique pour étudier les fondements du pouvoir et ses liaisons avec la sexualité, la guerre, la mort, l´argent, le désir de soumission, mais également la vie et la bonté. Le pouvoir est abordé aussi bien au niveau macrosociologique (l´État), qu´aux niveaux psychosociologique (les relations du pouvoir) et psychologique (la manière dont est vécu le pouvoir par ceux qui l´exercent et par ceux qui s´y soumettent). L'auteur pose alors un problème essentiel : un pouvoir dépourvu de fondements et d´incidences mortifères peut-il exister ?

  • Les formes d'autorité varient à l'infini selon les sociétés et les époques.
    Qu'est-ce donc que l'autorité ? demandait Hannah Arendt voici un demi-siècle. Alain Eraly avance sur cette question un point de vue renouvelé.
    Si l'on réduit l'autorité à une relation d'obéissance, on perd de vue sa fonction première : celle d'inscrire la vie sociale dans l'imaginaire d'une communauté et ainsi de construire un « nous », une identité commune. On a coutume d'associer la crise de l'autorité au grand mouvement d'émancipation des individus propre à notre modernité, or, l'auteur soutient qu'en réalité, cette crise renvoie d'abord à une crise du collectif.
      Alain Eraly est professeur à l'Université libre de Bruxelles, directeur du Centre d'études des politiques et de l'administration publiques et membre de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. Il enseigne la sociologie, la communication et la gestion publique.

  • Le chercheur-intervenant en milieu de travail a pour mission d'accompagner, d'étayer la réflexion de ceux qui sont au centre de l'activité, et d'augmenter ainsi leur puissance d'agir et de transformation. L'auteur décrit et fonde cette fonction de tiers-aidant dans une éthique démocratique.

    Cet ouvrage rend compte d'une pratique d'analyse du travail qui puise sa vitalité dans un dispositif de recherche-intervention où chercheurs et acteurs construisent ensemble des savoirs. L'auteur explicite les demandes qui lui sont adressées par des entreprises, des institutions, des syndicats, des administrations... Il dégage son ancrage philosophique et épistémologique, précise son cadre méthodologique, définit ses principes, ses règles et positionnements. Il s'agit pour lui de mieux connaître le travail en l'appréhendant tout à la fois dans ses dimensions sociales et subjectives mais aussi, et surtout, de favoriser l'augmentation de la puissance d'agir de ceux qui le mettent en oeuvre. Il prend appui pour cela sur des situations de travail concrètes relevant de différents champs professionnels.

  • Le vêtement de travail traduit le contenu de l'ouvrage mis sur le métier, la deuxième peau exprime la façon dont les salariés interrogés ont défini leur vêtement de travail. Endossé, il construit le statut, chacun y donne du sens selon qu'il est choisi ou imposé, selon son sexe, son appartenance culturelle, en fonction des époques et des circonstances. Le bleu, la salopette, les uniformes, la robe, le tablier, la blouse, le costume-cravate : au travail l'habit fait-il le moine ? Ginette Francequin est maître de conférences en psychologie clinique et sociale, à la Chaire de psychologie du travail du Conservatoire national des arts et métiers, membre du Laboratoire de recherches LISE-UMR-CNRS, membre associé au Laboratoire de changement social, Paris VII Corine Olive Le Glatin, Ergonome et Psychologue du travail. Doctorante au Conservatoire national des arts et métiers. Maryse Beder, Médecin du travail et titulaire du DESA en psychologie du Conservatoire national des arts et métiers. Avec la participation de Philippe Fauquet, Physicien et Psychologue du travail

  • Quels sont les liens entre vie privée et vie professionnelle, vie personnelle et vie intellectuelle ? Comment, et pourquoi, devient-on sociologue ? Comment s'inscrivent la production intellectuelle, les choix théoriques et l'oeuvre du chercheur dans le parcours de sa vie personnelle ? Telles sont les questions auxquelles ce livre essaie d'apporter des éléments de réponse, à partir des récits autobiographiques de 27 sociologues (voire psychosociologues ou anthropologues) français, connus et moins connus : Anne Ancelin-Shutzenberger, André-Marcel d'Ans, Pierre Ansart, Georges Balandier, Christian Bachmann, Jacqueline Barus-Michel, Raymond Boudon, Pierre Bourdieu, Robert Castel, Michel Crozier, Sonia Dayan-Herzbrun, Jean Duvignaud, Eugène Enriquez, Pierre Fougeyrollas, Vincent de Gaulejac, Florence Giust-Desprairies, Claudine Haroche, Françoise Héritier, Georges Lapassade, Edgar Morin, Serge Moscovici, Numa Murard, Gérard Namer, Max Pagès, Renaud Sainsaulieu, Alain Touraine et Michel Wieviorka.

  • La visibilité est un terme qui revient aujourd'hui de façon récurrente dans le débat public. Pas une réunion en entreprise, privée ou publique, à l'université ou dans les organismes sociaux qui ne se préoccupe désormais de rendre visible l'action menée ou ne se montre consciente de la nécessité de se rendre visible, de façon à capter l'attention. Pas un parti politique, un responsable qui ne s'en soucie de manière lancinante et continue. L'ensemble des pratiques sociales connaissent à présent les tyrannies de la médiatisation permanente. Pourquoi et comment l'exigence de visibilité a-t-elle pris une telle ampleur aujourd'hui dans notre société ? Quelles en sont les manifestations et les conséquences à différents niveaux, celui de la société dans son ensemble, celui du travail, de la vie politique, de la façon de communiquer, celui du rapport à soi et du vécu individuel de chacun ?

  • Elle-même violée à l'âge de 16 ans, l'auteure a enquêté auprès de femmes victimes de viol pour saisir ce qui les avait aidées à surmonter ce traumatisme dévastateur. Son livre, au croisement de quelques récits singuliers et d'une histoire collective, présente plusieurs chemins de reconstruction.
     L'originalité de cette recherche est d'explorer les chemins de reconstruction, si fragiles soient-ils, et non uniquement de creuser les effets du viol à travers des enquêtes menées à dix ans d'intervalle. L'ouvrage témoigne de la lutte quotidienne des femmes victimes, contre la perte de confiance en soi et en l'humanité. Il analyse les moyens qu'elles ont élaborés pour sortir de leur souffrance et continuer à vivre.
    Lise Poirier Courbet est psychosociologue et sociologue clinicienne, chercheuse affiliée au laboratoire de Changement social et politique de l'université Denis Diderot, Paris VII. Ecrivaine, elle anime l'atelier d'écriture « Trame de vie trame d'écriture ». Elle est membre actif du réseau international de sociologie clinique(RISC).
     

  • Des cliniciens témoignent de la façon dont ils abordent la réciprocité des influences entre le social et le psychique dans leur pratique, en particulier comme psychanalystes et comme psychothérapeutes.
    Entre l'être de l'homme et l'être de la société, les influences, les connexions et les interactions sont profondes. Chaque individu contribue à produire la société, qui produit chaque individu. Comment analyser ces interférences ? La question est particulièrement sensible lorsque des conflits, vécus comme « personnels », sont pour une part la conséquence de situations sociales liées au travail, à la famille, à l'argent, à la violence institutionnelle et plus généralement à la violence symbolique des rapports sociaux. Les auteurs explorent cette part de social en nous-mêmes à partir de leur pratique de psychothérapeutes et des apports de la sociologie clinique.

  • Alors que le sein est à la une de l'actualité avec les prothèses PIP ou les délocalisations de l'usine Lejaby, voici des paroles utiles socialement qui articulent les témoignages de femmes touchées par le cancer du sein et des savoirs professionnels relevant de la santé et la médecine, des soins du corps et de la beauté, du maintien et du retour dans l'emploi.

    Ginette Francequin donne la parole à des patientes de tous âges et milieux et à des soignants français et québécois pour tenter de répondre aux questions que la maladie engendre : choc de l'annonce du cancer du sein ; remaniement nécessaire au niveau de l'emploi et des relations humaines dans l'entreprise, dans la cité, et même dans la famille. L'ouvrage témoigne aussi des façons " de dire, de faire et d'être " que les femmes ont inventées pour faire face à l'adversité et garder leur féminité, avec l'aide des professionnels engagés, quand la maladie a entamé regard et émotions. Il développe les relations possibles entre les femmes et les professions du soin, de la beauté et de la féminité, et apporte des informations utiles.

  • Tout le monde est intéressé par l'expérience de la jouissance, la sienne et celle des autres, à preuve toutes les oeuvres artistiques, érotiques, scientifiques écrites, interrogées et consultées. Ces productions, excitantes ou spécialisées, abordent en général la jouissance sous un angle déterminé. Ce livre essaie de restituer à cette expérience les dimensions complexes et contradictoires qui en font une question obsédante, différemment posée, interprétée et traitée, selon qu'on est de ce sexe ou de l'autre.

  • Entre la recherche clinique et la clinique de la recherche, cet ouvrage explore et décrit une certaine façon d'être chercheur, une conception particulière du travail scientifique dans laquelle l'implication et la distanciation se combinent en permanence.
    Cet ouvrage rend compte du travail du chercheur. Il décrit les ficelles du métier. Il raconte également une aventure intellectuelle et institutionnelle au sein du laboratoire de changement social : trois générations de chercheurs apportent ici leur contribution à la construction d'une orientation scientifique singulière qui prétend combiner deux postures a priori étrangères l'une à l'autre : une démarche méthodologique d'inspiration clinique, une démarche théorique inscrite dans les sciences sociales.

  • La violence ordinaire perpétrée au quotidien dans les organisations est au centre de cet ouvrage. La percevoir pour s'y opposer, telles sont les orientations proposées.

    En appui sur des récits mettant en scène des situations de travail banales, analogues à celles que chacun peut avoir vécu, l'auteur montre comment la violence se tisse quotidiennement. Pour se perpétrer, comme pour se perpétuer, la violence a besoin de l'indifférence, voire de l'acceptation du plus grand nombre. Les récits proposés montrent comment les petits renoncements, les cécités multipliées, les questionnements liquidés, chaque jour répétés par les uns, fabriquent des mécaniques qui détruisent les autres. Il n'y a aucune fatalité à ce phénomène. L'auteur plaide pour la mise en place d'organisations « réflexives » valorisant une appréhension clinique des procès de travail et le déploiement d'une critique réhabilitant la subjectivité et l'intersubjectivité.

    Gilles Herreros est professeur de sociologie à l'université Louis Lumière Lyon 2, membre du Centre Max Weber.
    Gilles Herreros est professeur de sociologie, Université Lyon 2, membre du Centre MAX WEBER. Il est auteur de Pour une sociologie d'intervention (érès 2002, 2009)), Au-delà de la sociologie des organisations (érès 2008) et coauteur de La Qualité à l'hôpital ; un regard sociologique (L'Harmattan 2011), Les nouvelles approches sociologiques des organisations (Seuil, 1996, 2005, 3eme édition augmentée).

  • Cet ouvrage de synthèse entend préciser, à partir d'un ensemble de travaux théoriques et cliniques, la place de la recherche biographique et les perspectives offertes par une « clinique narrative » dans le champ des sciences humaines et sociales aujourd'hui.
    Christophe Niewiadomski est maître de conférences, habilité à diriger des recherches, en Sciences de l'éducation, université Charles de Gaulle Lille 3. Il est membre de l'Institut international de sociologie clinique (IISC) et de l'Association internationale des histoires de vie en formation et de recherche biographique en éducation. (ASIHVIF-RBE) Christophe Niewiadomski est maître de conférences habilité à diriger des recherches en sciences de l'éducation.
    Université Charles de Gaulle. Lille 3.
    Membre de l'Institut international de sociologie clinique (IISC) et de l'association Internationale des histoires de vie en formation et de recherche biographique en éducation (ASIHVIF-RBE).

  • La violence politique - guerres, massacres, génocides, troubles civils - au cours du XXe et à l'aube du XXIe siècle, accompagne comme un double hideux le progrès économique et démocratique.
    Elle apparaît comme un défi à l'humanité. C'est en même temps un défi scientifique. Comment comprendre les terreurs révolutionnaires et contre-révolutionnaires d'autrefois, les violences terroristes et contre-terroristes d'aujourd'hui ? A quel moment, sous l'effet de quelles forces, le conflit échappe-t-il à ses acteurs, aux rationalités qui le justifiaient à l'origine, pour se transformer en paranoïa collective et s'installer dans une logique persécutoire qui fabrique ses propres ennemis ? Comment s'enracine-t-il dans le peuple, et se répand-il de proche en proche comme une épidémie ? Comment concevoir des stratégies de prévention, de contention, de réduction, de guérison ? Dans une démarche multidimensionnelle, complexe, au sens où l'entend Edgar Morin, les auteurs, psychologues et sociologues cliniciens, tentent d'amorcer une réponse à ces deux défis.
    Du phénomène révolutionnaire aux conséquences du 11 septembre et au conflit israélo-palestinien, leur analyse conduit à une réflexion sur l'action politique : la démagogie et la démocratie, les rapports entre la maturité affective et la maturité politique, l'engagement des citoyens et celui des dirigeants. C'est une réponse à l'urgence civique de mobilisation des ressources disponibles face à la violence politique, et aux risques d'autodestruction de l'humanité.

  • La sociologie clinique connaît depuis maintenant deux décennies un développement important, en lien avec la montée toujours plus forte des préoccupations et des demandes sociales sur les dimensions subjectives de la condition humaine. En témoigne la parution de nombreux ouvrages relevant de cette approche sur les thèmes les plus divers. En revanche, c'est la première fois qu'est entrepris le bilan de ses enjeux théoriques et méthodologiques : définition et analyse de son objet lui-même, autrement dit des processus sociopsychiques mais aussi de la spécificité de sa pratique (coopération étroite entre chercheurs et acteurs, co-acheminement du sens de l'expérience et de la situation ; co-construction des savoirs ; mise en travail par le sociologue lui-même de sa propre implication dans la recherche ; visée compréhensive, analytique mais aussi émancipatrice).

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