Ellipses

  • " La part la plus considérable de la vie se passe à mal faire, une large part à ne rien faire, toute la vie à n'être pas à ce que l'on fait ". Tel est le constat de Sénèque, dans la première des lettres qu'il adresse à son ami Lucilius. Par-delà les siècles, les stoïciens continuent de nous parler, toujours de manière aussi frappante. Ils font la promesse d'un homme libre et puissant ; d'un homme qui tire sa tranquille assurance d'une vision ultra-rationnelle du monde. Approche trop brutale ? Rigueur excessive ? Loin d'être un donneur de leçons, le stoïcien nous propose un modèle d'une grandeur inégalée. Lire un texte stoïcien, ce n'est pas simplement être appelé à " faire mieux ", à " donner son maximum " ou encore à " s'efforcer d'être meilleur ". C'est d'abord et avant tout, prendre une grande bouffée d'un air si frais qu'il pourra paraître glacé à certains et peut-être impropre à toute respiration ultérieure. Car la méthode du stoïcisme est la suivante : ne plus jamais respirer comme avant ; ne plus jamais vivre comme avant. à cette condition l'on pourra faire de soi une citadelle imprenable. Cet ouvrage est une invitation à sauter à pieds joints dans le système stoïcien, afin d'aspirer à pleines bouffées l'air frais qui en provient.

  • La collection « Aimer les philosophes » laisse le champ libre à des spécialistes pour livrer une lecture personnelle de l'auteur ou du courant philosophique qui est au cæur de leur vie spirituelle. Un cheminement de pensée enthousiaste en compagnie des classiques de notre tradition.

  • La collection « Aimer les philosophes » laisse le champ libre à des spécialistes pour livrer une lecture personnelle de l'auteur ou du courant philosophique qui est au cæur de leur vie spirituelle. Un cheminement de pensée enthousiaste en compagnie des classiques de notre tradition.

  • Des sciences de la nature à la poétique en passant par l'éthique, la politique ou encore la logique et la rhétorique, il n'est presque pas de domaine qui ait échappé à Aristote. Mais si le Stagirite est connu pour avoir pratiqué la philosophie sous la forme d'une sectorisation des savoirs, sa pensée n'en présente pas moins une unité que l'on peut représenter au mieux sous l'emblème de la vie : non seulement la vie des animaux, qui a retenu en priorité l'attention d'Aristote, mais encore la vie du vivant sous toutes ses formes et dans toutes ses modalités, comme vie organique, éthique, politique, pensante, divine, voire métaphysique. Objet théorique, la vie n'est toutefois pas un objet comme les autres : penser la vie est lourd de conséquences pour la vie de celui qui pense la vie. Unissant perspective théorique et perspective pratique, la philosophie d'Aristote est autant philosophie de la vie que philosophie pour la vie.

  • La collection « Aimer les philosophes » laisse le champ libre à des spécialistes pour livrer une lecture personnelle de l'auteur ou du courant philosophique qui est au coeur de leur vie spirituelle. Un cheminement de pensée enthousiaste en compagnie des classiques de notre tradition.

  • L'introduction par Marx du concept d'idéologie a suffi à disqualifier l'ensemble des discours théoriques tenus en Occident depuis les Grecs sous le nom de métaphysique pour y reconnaître une mystification spéculative : cette critique radicale de la spéculation n'équivaut pourtant pas à une élimination pure et simple de la philosophie, elle conduit Marx à la réélaborer comme ontologie de la production, à partir d'une communauté historique d'hommes réels reconnue comme fondement de droit de tout phénomène. Il devient alors possible d'analyser sur ces bases le mode de production capitaliste dont l'avènement définit la modernité occidentale : pour y découvrir un dispositif spéculatif effectif, dont la logique est celle de l'autoproduction de l'idéalité formelle et suprasensible de la valeur. Le capitalisme met ainsi en oeuvre un processus universel d'abstraction, de spectacularisation et de numérisation qui rend d'autant plus urgente la démystification. Mais celle-ci ne peut pas rester théorique : elle devra être pratique, elle est révolution.

  • Pour Immanuel Kant (1724-1804), la philosophie s'occupe de trois questions fondamentales, qui correspondent aux trois intérêts principaux de la raison humaine : " Que puis-je savoir ? " ; " Que dois-je faire ? " ; " Que m'est-il permis d'espérer ? " En montrant que notre connaissance est limitée à une expérience de type sensible, Kant semble ruiner la métaphysique comme science du suprasensible, tournée vers les objets qui ne tombent pas sous les sens (Dieu, l'âme, la liberté, la question des limites du monde, par exemple).
    Or, rien ne serait plus injuste que de voir en Kant le fossoyeur de la métaphysique. Si cette discipline n'est pas possible sur le plan théorique, montre-t-il, elle est en revanche possible (et même nécessaire) sur le plan plan " pratique ". Cela veut dire que l'usage de certains énoncés métaphysiques nous permet seul de mener à bien certaines opérations dirigées vers des buts rationnels. En critiquant et en réformant la métaphysique, Kant en consacre le renouveau. Il inaugure une métaphysique d'un style bien particulier, que nous nommons la métaphysique du " comme si. " C'est à élucider le statut et la fonction de cette métaphysique nouvelle que ce livre est consacré.

  • Levinas appelle visage la manière dont se présente autrui. Le visage déborde et détruit à tout moment l'image plastique sous laquelle il se donne. Autrui est « l'absolument Autre » : il impose un sens antérieur à toute donation de sens. Par sa compréhension de la relation à autrui comme visage, comme relation à « l'absolument Autre », Levinas prolonge, radicalise et transforme profondément la phénoménologie fondée par Husserl, et conduit à une mise en question radicale de l'ontologie heideggérienne, qui subordonne le rapport avec Autrui à la relation avec l'être en général.

    Les recherches ici présentées visent à faire ressortir la pensée levinassienne de l'altérité par le biais d'une mise en dialogue avec Husserl, Heidegger, Sartre et Hannah Arendt.

  • Depuis toujours précédé de la réputation sulfureuse d'athée et d'homme immoral, Machiavel est l'auteur d'une oeuvre engagée en faveur de la défense de la liberté républicaine à une époque de la Renaissance où Florence, sa patrie, se trouve menacée et dominée. L'affirmation de l'autonomie de la politique conduit Machiavel à développer une oeuvre pleine de paradoxes, dans laquelle les évidences disparaissent en même temps que les illusions. La lecture simultanée du Prince, des ouvrages consacrés aux républiques et des écrits politiques de circonstance dévoile ainsi une philosophie où l'ombre et la lumière se mêlent sans cesse, en écho direct à la complexité des situations politiques mais également fort cruelle pour les espoirs naïfs. Si Machiavel est un penseur gênant, c'est parce que son oeuvre met radicalement en cause la tentation d'enchanter les relations humaines ; s'il est un auteur fascinant, caractérisé par une extraordinaire influence directe et indirecte, c'est qu'il promet une intelligence renouvelée de l'action collective et qu'il promeut une éthique de la vertu d'une grande profondeur.

empty