Editions Du Sandre

  • Parlers des contrées inexplorées, langues de circonstance ou parodiques, invectives et calembours, langage des animaux, sabirs, poésie phonétique... ce volume rassemble plus d'une centaine de textes écrits du XIIIème au XXème siècle par des poètes, des anonymes, des peintres et autres créateurs polyvalents.
    Des farces moyenâgeuses aux poèmes argotiques d'un Marcel Schwob en passant par Dada, du « glossaire ouistiti » aux échappées vaudou d'un Isidore Isou, des « rythmes impossibles » d'un Alexandre Flan à la célébrissime Cantatrice chauve, la langue apparaît ici dans sa pleine liberté, jouant souvent davantage avec les sons desquels elle tire son sens.
    On y croise aussi avec ravissement des avant-gardistes (Arp, Altagor...) comme des monuments de la littérature en goguette, de Rabelais à Molière.

  • Dans cette lettre à son cher ami Rivière, Proust mêle considérations sur le dandysme en général et sur Charles Baudelaire en particulier. Baudelaire, poète des correspondances et des beautés inattendues s'y révèle, dans la confidence à l'ami, comme un véritable double littéraire.

  • Les mots perdus de la révolution Nouv.

    Pourquoi le surréalisme « réellement existant » a-t-il occulté le non-conformisme absolu de la révolution surréaliste ? Comment les partis dits ouvriers ont-ils eu raison de la critique révolutionnaire pour la faire servir à moderniser le capitalisme ? Un plagianisme insidieux laboure aussi bien les terrains de la culture que le champ politique : la reconfiguration du passé fait resurgir des auteurs, des livres, des événements comme autant de références destinées à légitimer le présent système de représentation politique.
    Revenir aux mots perdus de La Révolution surréaliste et du Manifeste communiste, c'est trouver le sens de la contrerévolution sociale et culturelle en cours. Et renouer avec la poésie et la critique vivantes (Lautréamont, Nerval, Artaud, Rosa Luxembourg, Otto Rühle...).

  • Recueil d'aphorismes et de prédictions burlesques dictés à l'auteur par un archange, alors qu'il délirait à cause de la fièvre après s'être fait piquer par un serpent dans le désert du Sahara.

  • James ensor

    Emile Verhaeren

    " L'entrée dans le royaume des masques, dont James Ensor est roi, se fit lentement, inconsciemment, mais avec une sûre logique. Ce fut la découverte d'un pays, province par province, les lieux pittoresques succédant aux endroits terribles et les parages tristes prolongeant ou séparant les districts fous. Grâce à ses goûts, mais aussi grâce à son caractère, James Ensor n'a vécu pendant longtemps qu'avec des êtres puérils, chimériques, extraordinaires, grotesques, funèbres, macabres, avec des railleries faites clodoches, avec des colères faites chienlits, avec des mélancolies faites croque-morts, avec des désespoirs faits squelettes.
    Il s'est improvisé le visiteur de lamentables décrochez-moi-ça, de malodorantes arrière-boutiques de marchandes à la toilette, de piteux bric-à-brac en plein vent. "
    Emile Verhaeren

    En réimpression

  • Ainsi il va, il court, il cherche. Que cherche-t-il ? A coup sûr, cet homme, tel que je l'ai dépeint, ce solitaire doué d'une imagination active, toujours voyageant à travers le grand désert d'hommes, a un but plus élevé que celui d'un pur flâneur, un but plus général, autre que le plaisir fugitif de la circonstance. Il cherche ce quelque chose qu'on nous permettra d'appeler la modernité.

    Baudelaire

  • De 1934 à sa mort en 1947, Fargue a signé des centaines d'articles mais c'est le thème parisien qui est à la source de sa vocation de reporter. Ces chroniques sont nourries de quarante ans de noctambulisme, de rencontres et d'émotions. En quelque huit cents pages jetées aux quatre vents, il n'aura cessé de célébrer sa ville, élaborant une mythologie fondée sur une connaissance à la fois érudite et vécue. Juxtaposant en un kaléidoscope vibrant le Paris d'autrefois et celui qu'il voit naître sous ses yeux, cet infatigable flâneur a largement contribué à bâtir ce « mythe stylistique » qu'est Paris.
    Ce premier tome des OEuvres complètes comprend une édition critique du Piéton de Paris et des très nombreuses autres chroniques consacrées à la capitale, auxquelles s'ajoutent des textes posthumes.

  • Membre fondateur du Mercure de France, grand ami de Gourmont, admiré par Mirbeau, découvreur de Van Gogh, soutien de Gauguin et des peintres synthétistes, G.-Albert Aurier est un promoteur du modernisme, un éclectique revendiqué. Si le critique d'art a été, à juste titre, réhabilité par l'histoire de l'art, l'ensemble de ses écrits n'avait jamais fait l'objet d'une édition. Faisant la part belle à ses oeuvres littéraires encore méconnues tout en présentant la cohérence de ses projets esthétique, critique et littéraire, celle-ci souhaite lui rendre la place qu'il mérite dans l'histoire du symbolisme et du décadentisme. Elle témoigne aussi de sa position centrale dans les réseaux de l'avant-garde littéraire et artistique de son temps.

  • Les trois parties de l'ouvrage éclairent chacune une facette de la pensée politique de Castoriadis. La première propose un ensemble sur les rapports entre écologie et politique et met en relief la profondeur de sa pensée sur des questions comme le rôle de la technique ou les rapports entre savoir et pouvoir. Y ont été joints quelques échanges avec J. Ellul, qui a joué un rôle pionnier dans l'étude critique de la technique.
    La deuxième est un choix substantiel de sa correspondance politique avec d'anciens camarades, des philosophes, un philologue...
    Des inédits, enfin, traitant de l'imaginaire social, des rapports entre éthique et politique ou des imaginaires religieux et nationaux complètent le volume. Écrits il y a plus de trente ans, ces textes sont pourtant on ne peut plus actuels.

  • À travers des textes qui s'échelonnent de 1947 à 1978, le lecteur suit le chemin qui va des considérations du jeune Castoriadis marxiste sur le « capitalisme décadent » et la guerre comme aboutissement du processus de concentration des forces productives à ce que le Castoriadis d'âge mûr appelle ses « résultats ».
    La première partie reprend deux articles parus en 1953- 54 dans la revue Socialisme ou Barbarie auxquels ont été joints un certain nombre d'inédits tirés de ses archives. La deuxième reprend le volume publié sous ce titre en 1979, lequel s'attèle aux affrontements entre puissances - thème essentiel et de plus en plus pertinent si l'on veut bien voir que la volonté d'expansion et l'exploitation des passions nationalistes reviennent, et ce un peu partout, sur le devant de la scène.

  • Découvrez La nature du gothique - Chapitre extrait des Pierres de Venise, le livre de John Ruskin. A mes yeux, et je pense pour quelques autres aussi, c'est une des choses les plus importantes que l'auteur ait écrites, et elle sera considérée dans les temps à venir comme l'une des rares expressions nécessaires et incontournables de ce siècle. Pour certains d'entre nous, quand nous le lûmes pour la première fois, il y a bien longtemps maintenant, cela semblait nous indiquer une route nouvelle sur laquelle le monde devait s'engager. ( ..) Nous ne pouvons toujours pas voir d'autre issue à la sottise et à la dégradation de la Civilisation. Car la leçon que Ruskin nous enseigne ici est que l'art est l'expression du plaisir de l'homme à l'ouvrage, et qu'il est possible à l'homme de se réjouir dans son travail, car, aussi étrange que cela puisse paraître à nos yeux aujourd'hui, il y eut des époques où il y trouvait vraiment du plaisir.

  • "Puisque la médecine, qui était un art, devient une science, pourquoi la littérature elle-même ne deviendrait-elle pas une science, grâce à la méthode expérimentale ?" Emile Zola. Le manifeste du surréalisme, texte clé de la réflexion sur le roman, enfin réédité.

  • Inventaire

    Philippe Delessert

    Le monde de Philippe Delessert "est bien un monde poétique, c'est-à-dire un monde vrai, dangereusement vrai, merveilleux ou sorcier : un monde dont nous aurions pu et dont nous ne pouvons plus être les maîtres". (Ionesco)

  • L'auteur examine la grotte de Lascaux et les images énigmatiques qu'elle abrite, avec un regard distancié et souvent amusé.

  • Supports de rencontres secrètes, laboratoires de l'image fantaisiste ou convulsive, les cartes postales ne sont pas simplement, comme on pourrait le croire, ce royaume de la banalité fait de porches d'églises, de tours Eiffel et autres monuments vus et revus. Hyperboles, récréations photographiques, analogies animalières, féeries... autant de jeux formels qui réjouissent les yeux, engendrent des images radicalement nouvelles et racontent des histoires. L'histoire des sociétés, l'histoire d'un art aussi, quand bien même il est officieux et populaire.

  • Transgressif, virtuose et désinvolte, mal connu du grand public mais désormais reconnu par les institutions, comme la Bibliothèque nationale qui lui consacre depuis peu un fonds, le graphzine désigne une mouvance graphique et éditoriale héritière du mouvement punk et de la culture de l'autonomie. Ce premier essai d'envergure sur le sujet, à la fois historique et critique, rassemble de nombreux témoignages d'acteurs de cette scène en rupture avec le marché de l'art. Publié en coédition avec Le Dernier Cri (Marseille), ce livre à la couverture sérigraphiée bénéficie d'une très riche iconographie, imprimée en bi et trichromie.

  • Humanités

    Philippe Delessert

    "On disait alors : Philippe est un saboteur. Mais c'était faux. Il fallait y voir de plus près. Philippe était un farceur. Un farceur assez inquiétant et d'espèce métaphysique." (Claude Frochaux)

  • De ceux-ci nous avons retenu diverses études sur la représentation des prodiges de l'Apocalypse, des divinités tibétaines, des saints martyrs, une "? Note ? " sur les paresthésies sexuelles ainsi qu'une curieuse pièce amphithéâtrale réunissant les ombres du Divin Marquis, de Jack l'Eventreur et du professeur Brouardel, spécialiste de médecine légale. Cet ensemble témoigne des recherches constantes de leur auteur sur ce qui lie la sexualité et la mort, notamment dans les pratiques perverses de certains vivants, lesquelles lui livrent accès au "? monde mouvant et sans limites ? " qu'est l'être humain et dont Sade lui avait désigné les chemins.
    Au-delà de leur aspect documenté et scientifique, c'est à une expérience poétique et esthétique que nous convient ces textes, dont la saisissante iconographie, choisie par Heine lui-même pour accompagner ses articles, donne la mesure.

  • D'esprit borgésien, le Répertoire des métiers imaginaires s'attache, à l'écart des entreprises et enseignes officielles, aux activités en quelque sorte non déclarées : celles qui se pratiquent dans l'envers du visible.
    Dans le compagnonnage de Borgès et de Hardellet, mais aussi de Cami, Michaux, Cortázar, Daumal et bien d'autres qui ont observé les formes si souvent curieuses de l'occupation humaine, le lecteur y rencontre des artistes et artisans singuliers, voire déroutants, dont beaucoup d'entre nous sont loin de deviner l'existence et ignorent plus encore la fonction ou le mode opératoire : ainsi le chasseur de rêves, la rieuse de banquet, le démorveur, le maçon de musique, le professeur d'apparences, le percepteur d'épouses ou encore l'écorcheur de nuages.

  • La Société bureaucratique est le cinquième volume de notre édition des Écrits politiques, 1945-1997 de Cornelius Castoriadis (1922-1997).
    Rappelons le plan d'ensemble de cette édition :
    VOLUMES PARUS - La Question du mouvement ouvrier (vol. I et II) - Quelle démocratie ? (vol. III et IV) - La Société bureaucratique (vol. V) À PARAÎTRE :
    - Devant la guerre et autres écrits (vol. VI) - Sur la Dynamique du capitalisme et autres textes, suivi de L'Impérialisme et la guerre (vol. VII ; devrait paraître en 2016) - la publication d'un dernier volume (vol. VIII) qui ne faisait pas partie du plan initial est à l'étude ; il regrouperait des textes de l'auteur consacrés aux rapports entre écologie et politique, des correspondances (notamment avec Jacques Ellul) et divers compléments, ainsi qu'un index général.
    Les quatre premiers volumes étaient consacrés aux problèmes que posent l'évolution du mouvement ouvrier et les nouveaux traits apparus après 1945 dans les sociétés occidentales à tous ceux qui voudraient oeuvrer à la transformation de celles-ci en un sens radicalement démocratique.
    La Société bureaucratique reprend, pour l'essentiel, le contenu

  • Une étude subjective de W. Gilpin (1724-1804) et J. Thelwall (1764-1834). Le premier, l'un des créateurs de la théorie de la beauté pittoresque qui cherchait à faire valoir l'atmosphère des sites tourmentés, influença Thoreau et les peintres américains de la nature. Le second, lecteur de Gilpin, marqua Godwin, Coleridge et Wordsworth.
    Si Gilpin inaugure une nouvelle façon de considérer l'espace, lequel cesse de n'être qu'un panorama, Thelwall insuffle une dimension supplémentaire par la combinaison de ses observations : à la fois sensibles à la nature et attentives à la société. Au fil d'ouvrages infixables, ce touche-à-tout, poète et orateur, trace une pensée où philosophie de la nature et philosophie sociale sont inséparables. Si Gilpin montre le paysage, Thelwall cherche à le dévoiler.

  • Titien

    Alexandre Dumas

    En réimpression

  • Si la plupart des artistes d'avant-garde ont trouvé dans les arts premiers une source d'inspiration, Péret est sans doute le seul à avoir voyagé à la rencontre de ces objets de fascination. Peu avant sa mort, il préparait un ouvrage généreusement illustré consacré aux arts primitifs et populaires du Brésil qui n'a jamais pu voir le jour.
    La redécouverte inespérée, dans un fonds d'archives, de 150 négatifs nous permet aujourd'hui de rendre concret ce projet important et séduisant : parmi des formes plus familières, il a découvert de véritables hapax, des objets inconnus à ce jour des ethnologues.
    Imprimé en couleur pour restituer toutes les nuances des clichés de Péret, le livre est enrichi de nombreux documents donnant à voir la véritable aventure brésilienne que constitua cette enquête.

  • "Mais que dire des néoféministes qui auront appris à gravir les échelons du pouvoir au gré de leurs liftings ? Que dire de leur constant effort pour dépassionner la vie ? Sinon que tout se tient et que leur "pragmatisme" est le nouveau maquillage dont se pare la servitude volontaire. Mais aussi qu'il est grand temps de regarder ailleurs et autrement, et surtout qu'il est encore et toujours temps de déserter". Annie Le Brun.

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