Littérature traduite

  • Qualifiée de «fléau de la Terre» par l'ONU, la pénurie d'eau est une menace bien réelle: 3,6 milliards d'individus en souffrent déjà l'équivalent d'un mois par année et, si rien n'est fait, c'est une personne sur deux qui n'aura pas accès à l'eau en 2050. Chaque jour, au moins deux milliards de personnes dans le monde boivent de l'eau contaminée par des excréments et plus d'un demi-million d'entre elles en mourront chaque année.

    Militante de la première heure pour le droit à l'eau, Maude Barlow a sillonné la planète pour défendre ce bien commun et dénoncer les visées des grandes entreprises qui font main basse sur l'or bleu, que ce soit pour l'embouteiller et la vendre à prix fort ou pour alimenter des industries polluantes, avec de graves conséquences sur les populations locales et leur accès à l'eau potable. Pour Maude Barlow, écologie et droits de la personne ne font qu'un, car plus nous malmenons l'eau, en la pompant de façon excessive et en la polluant, moins il en reste à partager équitablement.

    Devant l'inaction des États, Maude Barlow appelle à faire barrage à la privatisation de cette ressource vitale par les Véolia, Suez, Coca-Cola et autres Nestlé, en embrassant le modèle des communautés bleues. Né au Canada avant de se répandre ailleurs dans le monde, ce mouvement citoyen vise à faire reconnaître le droit à l'eau et à s'assurer que la gestion des services d'eau demeure sous la gouverne publique. Par cette invitation à faire de l'eau un trésor collectif, Maude Barlow en appelle à un monde plus bleu, une communauté à la fois.

  • Alors que le 6 août 1945, l'humanité entrait dans l'ère nucléaire, il est devenu clair que tout espoir de maîtriser une escalade guerrière capable de mettre fin à la vie humaine devrait passer par la coopération internationale. De même, toute mesure permettant de contenir efficacement les effets de la catastrophe environnementale doit être de portée mondiale. Croisant l'analyse de la menace nucléaire et l'ère de l'Anthropocène, Chomsky montre comment ces périls à l'existence humaine évoluent et interagissent. Il plaide l'urgence de conclure et mettre en oeuvre des traités internationaux sur le climat et l'armement. Partout dans le monde, des mouvements populaires se mobilisent pour contraindre les gouvernements d'être à la hauteur de ce défi sans précédent qui met la civilisation en péril.

  • Notre dépendance au pétrole est totale. De notre ordinateur à nos aliments en passant par nos emballages, nos voitures, nos vêtements ou encore nos brosses à dents, nos sociétés ne pourraient fonctionner sans cette matière fossile et connaîtraient une crise sans précédent en cas de pénurie pétrolière. Pourtant, de nombreux indicateurs fiables démontrent que le pic pétrolier, c'est-à-dire la fin d'un pétrole abondant et peu cher (suivi de l'épuisement de la ressource) est bel et bien imminent.

  • Poursuivant son travail sur le pouvoir d'influence de l'industrie pharmaceutique, J.-Claude St- Onge se penche cette fois-ci sur le phénomène du TDAH, qui a littéralement explosé depuis une trentaine d'années. Or, il s'agit d'un diagnostic hautement controversé : les critères pour l'identifier manquent de scientificité et il n'existe aucune preuve que ces symptômes soient le résultat d'un déséquilibre chimique du cerveau. Quant aux médicaments, à long terme, ils ne font aucune différence sur les résultats scolaires et les comportements des enfants. Pire, ils peuvent même aggraver leurs symptômes. Cela n'empêche pas l'industrie pharmaceutique d'exploiter sans scrupule cette corde sensible des parents et des enseignant-e-s pour engranger des profits faramineux, sur la base d'essais cliniques aussi biaisés qu'incomplets.

  • Le plastique est désormais omniprésent. On connaît tous ces images spectaculaires de tonnes de déchets flottant en mer ou de carcasses d'oiseaux le ventre rempli de plastique. On en retrouve aussi des particules microscopiques là où on s'y attendait le moins : dans les profondeurs marines jusqu'aux cimes des plus grands sommets en passant par l'ensemble de la chaîne alimentaire... et nos propres corps.
    Couramment utilisés dans une multitude d'emballages et de produits du quotidien, la plupart des plastiques peuvent en effet libérer des substances chimiques et persister très longtemps dans l'environnement. Pour atténuer les effets de ce matériau toxique et polluant, on fait miroiter les promesses du recyclage qui tiennent plutôt du mirage. Et si nous prenions le problème à sa source ? Et si nous devenions les protagonistes de notre consommation ? La surabondance de particules plastiques qui étouffent la nature et mettent en péril notre santé est telle que nous ne pouvons l'éradiquer complètement.
    Ce que nous pouvons faire, par contre, c'est freiner l'afflux de nouveau plastique dans nos vies, ce à quoi nous invitent justement les auteur.e.s de ce guide en nous donnant tous les outils pour y arriver. Ouvrage de vulgarisation qui nous permet de mieux connaître les différents plastiques et leurs dangers à court et à long terme, Vivre sans plastique est aussi une véritable boîte à outils pour parvenir à nous en passer au quotidien.
    Chantal Plamondon et Jay Sinha montrent comment analyser notre utilisation personnelle de plastique et donnent des idées de substituts sûrs, réutilisables et abordables, confirmant ainsi que nos choix personnels représentent une puissante force de changement.

  • Cultiver un jardin de ville ou une terre agricole sans perturber les écosystèmes ni trop se fatiguer. Habiter une maison qui consomme moins et produise même un peu. Mettre sur pied des réseaux d'échanges dont les bénéfices resteront dans la communauté. La permaculture ou agriculture permanente permet à chacun de concevoir et de réaliser ces projets simplement en imitant les modèles déjà présents dans la nature. Dans une société de plus en plus fragilisée par un système économique dysfonctionnel, confrontée au réchauffement climatique et à la crise du pétrole, elle invite à appliquer ces 'truismes' écologiques dans nos jardins et notre vie pour participer concrètement aux changements inéluctables. Dans ce micro manuel très illustré, Graham Burnett montre qu'elle consiste d'abord à travailler avec la nature et non contre elle, en minimisant l'effort requis. Le principe est de multiplier les interactions fertiles, d'employer des éléments remplissant d'autres fonctions, de tendre vers l'autosuffisance et de ne rien jeter. Apparue en Australie dans les années 70, la permaculture a évolué au-delà de la seule recherche de stratégies de production alimentaire pour devenir une véritable méthode de design écologique aux multiples applications. Graham Burnett enseigne la permaculture dans l'Essex (Angleterre). Il est depuis plus de 20 ans un militant pour la justice sociale et environnementale, actif dans l'agriculture communautaire et le mouvement de Transition. Il collabore à de nombreuses publications.

  • Enfin traduit dans son intégralité en français, voici l'un des plus influents ouvrages de l'intellectuel étatsunien et une référence incontournable pour comprendre les origines théoriques de la notion d'écologie sociale. Pourquoi relire ou découvrir Murray Bookchin (1921-2006) aujourd'hui et plus particulièrement cet ouvrage de 1971 ? D'abord parce que c'est dans ce recueil de textes qu'il pose les premiers jalons de ce qu'il allait conceptualiser plus tard sous l'étiquette d'« écologie sociale ». Mais surtout parce qu'on y trouve une verve utopique qui fait grandement défaut à l'heure actuelle, nous rappelant que d'autres voies sont envisageables pour définir les règles du vivre-ensemble. La société que Bookchin s'attelle à imaginer est un système économique fondé sur les concepts d'écologie sociale, de municipalisme libertaire et d'abondance. Cette abondance correspond à une société dans laquelle l'être humain a amplement les moyens de satisfaire ses besoins d'existence pour se consacrer à l'assouvissement de ses désirs réels. Précurseur sur le front des énergies renouvelables et des technologies permettant de réduire la pénibilité du travail, il y soutient que les sociétés post-industrielles ont le potentiel de muer en des sociétés d'abondance à même de favoriser l'accomplissement des potentialités sociales et culturelles latentes dans les éco-technologies. Dans ce recueil, Murray Bookchin combine sa vision anarchiste et écologiste avec les potentialités prometteuses d'une ère d'abondance. Dépassant l'économie politique marxiste, ancrée dans une ère de pénurie matérielle, Bookchin soutient que les outils nécessaires pour une auto-organisation de la société ont largement été développés et que, combinés avec la perspective écologique, ils ont grandement modifié le paysage révolutionnaire.

  • Dans cette anthologie des textes sur l'éducation du philosophe et mathématicien Bertrand Russel présentée Normand Baillargeon et Chantal Santerre, nous découvrons toute la cohérence et la modernité de ses réflexions. L'éducation a traversé le parcours philosophique et militant de cette figure intellectuelle majeure du XXe siècle. Nature et finalités de l'éducation, curriculum, éducation et politique, éducation et pensée critique et université sont les cinq thèmes qui traversent ces 18 textes. Russel aborde autant les finalités de l'éducation, la pratique éducative, la formation de la personnalité des enfants, l'éducation intellectuelle, l'hérédité, la discipline, la compétition, les rapports de l'éducation et de l'économie que la réconciliation de l'individu et du citoyen.

  • Comment rendre la vie d'une population urbaine grandissante agréable, à échelle humaine et soutenable? Les architectes et urbanistes Jan Gehl et Birgitte Svarre ont puisé dans leur expérience combinée de plus de 50 ans pour offrir méthodes et outils nécessaires à la réappropriation de la vie urbaine et livrent une histoire passionnante de l'étude de l'espace public. Né d'un objectif de transformation et de cogestion des espaces publics, ce livre entend contribuer à l'émergence de pratiques novatrices pour mieux aménager nos villes. Outil incontournable de planification urbaine à l'ère des changements climatiques, La vie dans l'espace public traite autant d'enjeux liés à la vie démocratique, la mobilité, l'inclusion sociale, la culture et la santé.

  • Une histoire politique du tiers-monde relate l'histoire du XXe siècle telle que vous ne l'avez jamais lue, du point de vue du mouvement des non-alignés. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, ces nations réclament une place dans les affaires du monde en dehors de la division Est-Ouest et portent un projet de liberté, de justice, de non-violence, d'anti-impérialisme et de changement social. Revisitant l'histoire méconnue de nombreux pays du Sud, mais aussi les débats et les figures politiques qui les animaient, Prashad montre comment ce projet tiers-mondiste qui foisonnait d'idées et d'élans libérateurs s'est sclérosé. Dérives autoritaires, bureaucratisme et abandon de la souveraineté économique et politique au profit de la globalisation ont eu raison de ce rêve prometteur.

  • La science est formelle: nous sommes entrés dans l'ère de l'Anthropocène. Une dangereuse phase de l'évolution planétaire où l'action des humains est devenue la principale force géologique. Pollution généralisée, hausse des températures, phénomènes climatiques extrêmes, montée des océans et extinction massive des espèces rendront inhabitables de larges parties du globe et menacent la civilisation. Loin d'être la conséquence de la nature humaine, la crise actuelle est le fruit d'un système particulier sur le plan historique, le capitalisme avancé. Il requiert un changement social radical qui devra reposer sur des fondements écosocialistes. L'auteur offre une synthèse unique de science naturelle et sociale et comble le fossé entre science du système terrestre et marxisme écologique.

  • Sortir des énergies fossiles impliquera des transformations profondes dans nos vies. À l'heure où les changements climatiques commencent déjà à faire sentir leurs effets, les prochaines décennies sont appelées à voir une profonde transformation dans la façon dont nous produisons et utilisons l'énergie à travers le monde. D'ici la fin du siècle (et idéalement plus tôt), nous allons devoir passer de notre dépendance aux combustibles fossiles à des sources renouvelables telles que le solaire, l'éolien, la biomasse et la géothermie. Poussée par la nécessité d'éviter un changement climatique catastrophique et par l'épuisement du pétrole, du charbon et du gaz naturel facilement accessibles, cette transformation entraînera un changement majeur dans notre façon de vivre. Mais à quoi pourrait ressembler un avenir 100 % renouvelable? Quelles technologies joueront un rôle crucial dans notre avenir énergétique? Quels défis allons-nous devoir affronter dans cette transition? Et comment pouvons-nous nous assurer que le nouveau système énergétique soit juste et équitable? Dans Un futur renouvelable, l'expert en énergie Richard Heinberg et le scientifique David Fridley - tous deux actifs au sein du Post Carbon Institute - explorent les défis et les opportunités que présente le passage aux énergies renouvelables. En commençant par un aperçu complet de notre système énergétique actuel, les auteurs examinent les problèmes de l'offre et de la demande d'énergie dans des secteurs clés de l'économie, notamment la production d'électricité, les transports, les bâtiments et la fabrication. Dans leur analyse détaillée de chaque secteur, les auteurs examinent les problèmes les plus cruciaux auxquels nous sommes confrontés, de l'intermittence des sources de combustible au stockage de l'énergie et à la refonte des réseaux de distribution. Le livre se termine par une discussion sur l'énergie et l'équité, ainsi que sur un résumé des principales leçons et avancées, aux niveaux individuel, communautaire et national. La transition vers une énergie propre ne sera pas une simple question de remplacement du charbon par l'énergie éolienne ou du pétrole par l'énergie solaire; cela nous obligera à adapter notre consommation d'énergie de manière aussi spectaculaire que nos sources d'énergie. Véritable expérience de pensée pour nous aider à préfigurer de quoi demain sera fait, Un futur renouvelable est un guide clairvoyant et urgent pour la transition énergétique à venir qui constituera une ressource cruciale pour les décideurs et les militantes et militants de l'énergie. Sommes-nous prêts à relever le défi?

  • Depuis plus de 40 ans, Jan Gehl, architecte internationalement reconnu, a étudié et analysé les espaces urbains à travers le monde. Il en comprend le langage à travers la grammaire des rues, sentiers, places, trottoirs, devantures, bancs... Il a cherché tout au long de sa vie à construire des villes à échelle humaine. Des villes où les gens pourraient vivre, travailler, cohabiter et s'épanouir dans un environnement sain, sûr et durable. Dans les années 1960, la dimension humaine des villes a été délaissée voire méprisée. Les architectes et urbanistes, influencés par une idéologie capitaliste de fonctionnalités et de rentabilité, ont développé des villes « utilitaires» faites pour la voiture au détriment de la ville « espace public » et « lieu de rencontre ». Selon Jan Gehl, il devient urgent de recommencer à penser les villes en fonction de l'humain et de ses capacités, afin d'en faire des lieux de vie, de socialisation, des espaces politiques et en réduire l'empreinte écologique. Jan Gehl a développé des outils de diagnostic et des solutions pour « guérir » la ville malade. Penser la ville pour les gens qui y vivent nécessite de se mettre à leur niveau : retourner à une petite échelle, avec des hauteurs raisonnables, des rues attrayantes, des places, des lieux d'échanges, limiter les obstacles aux piétons et aux cyclistes etc. Autant d'éléments pour inviter les habitants à vivre ensemble. Pour ce faire, les architectes et urbanistes devront travailler en renouant avec les sens : la vue, le toucher, l'ouïe... Jalonné de photos de villes du monde entier, de schémas et dessins, Gehl illustre de façon très précise les exemples à suivre ou pas.

  • Déféquer dans de l'eau potable est peut-être l'une de nos habitudes culturelles les plus curieuses. En même temps, recycler nos selles et notre urine constitue pour plusieurs l'un des derniers tabous inabordables. Or, si sept milliards de personnes vont aux toilettes chaque jour sur Terre et génèrent une quantité de rejets organiques à l'avenant, elles sont cependant bien peu à avoir une idée de la façon dont nous pourrions disposer de manière constructive de cette montagne grandissante de déjections humaines. Et si la réponse se trouvait dans la valorisation de ces dernières ?
    Le livre de Joseph Jenkins offre un témoignage convaincant et bien argumenté sur les raisons pour lesquelles le compostage de fumier humain est tout indiqué pour prévenir la pollution de l'eau, fertiliser les sols, parer la diminution de nos réserves d'eau potable ou améliorer notre santé. D'intérêt général non seulement pour quiconque s'intéresse à un futur durable mais pour toute personne peuplant cette planète, ce guide pratique fournit des informations scientifiques détaillées sur la façon dont le fumain (néologisme créé à partir de la contraction de « fumier humain ») peut être recyclé hygiéniquement sans avoir à recourir à quelques fantaisies technologiques ou produits chimiques, sans se saigner monétairement et sans pollution environnementale. Donnant de l'information sur le compostage, les systèmes alternatifs de traitement des eaux usées, la fertilité des sols et les micro-organismes et plus encore, ce manuel unique donne aussi des indications sur les façons de se procurer ou construire soi-même une toilette à fumain ou un bac à compost à prix modeste.

  • L'origine des actuels déséquilibres environnementaux menaçant la survie de la planète et de l'espèce humaine elle-même. Il ne suffit pas de limiter notre impact sur l'environnement en diminuant les émanations toxiques, en consommant moins de papier ou en brûlant moins de pétrole. Il faut refaire une société écologique fondée sur une véritable démocratie, contrôlée à la base par les citoyens plutôt que par les prétendues élites.

  • Créer une conscience populaire, tel est le but de ce livre précurseur qui nous offre un outil de planification pour mesurer le poids réel sur la Terre de l'activité humaine. Les auteurs ont donné à ce poids le nom d'«empreinte écologique», un concept qui, depuis la première publication de ce livre en 1996, est devenu mondialement connu. Cet outil permet de relever l'enjeu le plus important de notre époque : trouver le moyen de faire vivre tous les êtres humains adéquatement et équitablement, quel que soit le lieu sur Terre où ils vivent.

    Des notions bien définies, des méthodes de calcul clairement expliquées, une foule d'applications pratiques, voilà ce que chacun trouvera dans la nouvelle édition revue et augmentée de cet ouvrage pour éclairer ses choix et apprendre à bien vivre tout en réduisant sa propre empreinte.

  • La politique étrangère des États-Unis d'Amérique depuis la Seconde Guerre mondiale expliquée par le professeur et militant Noam Chomsky, exemples à l'appui. Au Viêt-nam, les États-Unis n'ont pas perdu la guerre : ils ont laissé un pays en ruine, divisé, qui ne pourra jamais s'en relever. En Amérique latine, les États-Unis se sont affairés à écraser toute esquisse de démocratie ne cadrant pas avec leurs intérêts économiques. L'Europe de l'Est, tombée sous le joug de l'Ouest après la chute de l'Union soviétique, est maintenue dans un état de sous-développement. Avec la complicité des médias, Washington manie un double langage constant auprès de sa population afin de justifier sa politique étrangère. Court, accessible et très incisif, « Les dessous de la politique de l'Oncle Sam » est devenu un classique des relations internationales et présente un condensé des analyses géopolitiques, économiques et sociales de Noam Chomsky.

  • Idéaux politiques

    Bertrand Russell

    Construit à partir de conférences données par le célèbre mathématicien et philosophe anglais au beau milieu du tumulte causé par la Première Guerre mondiale, "Idéaux politiques" offre un condensé clair et accessible des principes et aspirations qui ont guidé Russell autant sur le plan politique que de l'organisation sociale et économique. Dans cet ouvrage essentiel, il expose avec clarté les positions qu'il défendra tout au long de sa vie : favoriser les pulsions créatrices au détriment des pulsions de possession, dans le but de bâtir un monde égalitaire où priment la liberté et le bien commun. Russell opère cette distinction entre « pulsions de possession » et « pulsions créatrices » et les conséquences dans la vie des individus et des nations, tant au niveau de l'éducation, de l'économie, de la vie politique que des relations internationales. « Il nous faut imaginer des institutions politiques qui feront la plus grande place possible aux pulsions créatrices, qui minoreront et orienteront dans une direction qui les rende moins dommageables les pulsions de possession ». Ces dernières menant au capitalisme ravageur et à la dictature du patronat, sources d'injustices économiques et sociales. Contrairement aux "Principes de reconstruction sociale", ouvrage paru une année auparavant et de facture plus académique, "Idéaux politiques" présente les idées phares de Russell de manière beaucoup plus accessible pour un large public. Cette première traduction intégrale en français complète la parution dans la langue de Molière des écrits « politiques » de Russell.

  • « Ce qu'il faut comprendre », insista un jour Martin Luther King, « c'est qu'une émeute est le langage des sans-voix ». Le recours à l'émeute est le plus souvent le fait de gens marginalisés qui cherchent à affirmer leur refus d'être réduits au silence. Et si, en certaines occasions, ces excès de « violence » n'étaient pas condamnables, mais au contraire légitimes ? Telle est la question en filigrane de cet essai. Depuis 2011, une nouvelle vague de manifestations et révoltes a touché l'ensemble du globe. Comme d'autres avant elle, une nouvelle génération privée de droits et de perspectives cherche à faire entendre sa voix, tout en devant faire face à une répression parfois impitoyable. Nous mettant au défi de considérer que de pratiquer des actions de sabotage sont des formes possiblement légitimes d'action militante, l'auteur se demande s'il est ainsi acceptable de faire preuve de « violence » à l'intérieur de luttes sociales et politiques. Établissant une démarcation nette entre une pratique militante justifiée et non justifiée à travers ce qu'il nomme le « modèle démocratique », Stephen D'Arcy montre que l'élément crucial dans toute discussion sur les tactiques et stratégies militantes doit porter sur la nature démocratique ou non de telle ou telle action, et non sur la dichotomie violence/non-violence. Il définit aussi son « modèle démocratique » et les critères à prendre en compte pour juger une pratique militante démocratique et donc légitime. Illustrant ensuite sur le plan historique ce que constitue une action militante démocratique exemplaire, l'auteur passe en revue toute une série de stratégies de lutte, des plus « inoffensives » aux plus « combatives ». Cet essai soutient avec force l'idée que la pratique militante ne constitue pas un danger pour la recherche de consensus en matière de normes démocratiques mais est plutôt au contraire un remède légitime à l'intransigeance des élites et à des systèmes de pouvoir sourds aux revendications populaires.

  • Léon Tolstoï (1828-1910) est reconnu comme un des plus grands écrivains de la littérature mondiale.
    Ses oeuvres de fiction, tels La guerre et la paix, Anna Karénine ou La mort d'Ivan Ilitch, sont encore lues aujourd'hui et sont disponibles dans toutes les librairies. Mais on tend à oublier que Tolstoï n'était pas qu'un artiste, un auteur de romans et de nouvelles, mais aussi un penseur religieux qui a joué un rôle crucial dans le mouvement contestataire en Russie et qui a été, comme l'a écrit Gandhi, "le plus grand apôtre de la non-violence" de son époque.
    En s'inspirant de ses convictions religieuses, et, plus spécifiquement, du principe de non-résistance au mal, il condamnait catégoriquement toute forme de violence, qu'elle se manifeste dans la guerre, la peine de mort ou l'exploitation du travail d'autrui. Et, conséquence ultime de ce principe, il niait également l'État, qui, selon lui, n'était qu'une institution servant à protéger les privilèges des riches et dont les instruments militaires, policiers et judiciaires maintenaient le peuple dans l'esclavage.
    La plupart des écrits où Tolstoï exprime ses idées anarchopacifistes n'ont pas été publiés en français depuis environ un siècle. Le présent recueil propose un choix d'essais qui donnent aux lecteurs contemporains l'occasion de découvrir cet aspect méconnu, mais pourtant fascinant, de son oeuvre : le Tolstoï libertaire, hérétique, censuré par l'État, excommunié par l'Église, qui rêvait d'un monde sans violence où triompheraient l'amour, la paix et la fraternité universelle.

  • Comment utiliser les déchets pour rendre une terre à nouveau fertile, quels matériaux de construction peuvent se fondre dans l'environnement, comment se servir de l'énergie solaire et éolienneoe Leurs observations et leur travail empirique sont guidés par ce principe intangible : la nature renferme une multitude de solutions ; à l'humain d'être à l'écoute et de s'en servir dans son activité quotidienne.

  • La plupart des efforts actuels visant à contrer la catastrophe écologique appréhendée se concentrent sur la recherche de gains d'efficacité énergétique. Voitures hybrides, transports collectifs électriques et autres éoliennes, même s'ils sont encore très marginaux, incarnent l'espoir que le progrès technique permette le maintien d'une croissance capitaliste durable. Selon le journaliste David Owen, la popularité de ces solutions tient surtout au fait qu'elles ouvrent de nouvelles frontières à notre soif perpétuelle de consommer des produits à la fine pointe de la technologie. Car la cible, elle, s'éloigne de plus en plus : en effet, chaque gain d'efficacité énergétique apporté par la science et l'industrie se traduit en réalité par une consommation globale surmultipliée. Ce phénomène, l'« effet rebond » des gains d'efficacité, est connu depuis le XIXème siècle, mais encore largement ignoré. Dans "Vert paradoxe", l'auteur multiplie les exemples, rencontres et anecdotes pour illustrer le piège dans lequel nous nous enferrons et décortique les nombreux paradoxes des prétendues solutions vertes. Le problème central n'est pas de modifier notre consommation, mais de la réduire. Sous la plume alerte de ce journaliste du "New Yorker", "Vert Paradoxe" dissipe un à un les mirages du développement durable.

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