Arts et spectacles

  • A la fin des années 1960, l'allemagne de l'ouest se met à table pour plus d'une décennie de choucroute musicale: bienvenue dans l'ère du krautrock, cette kosmische musik typiquement teutonne qui vit des groupes comme can, kraftwerk, tangerine dream, amon düül, faust, popol vuh, neu!, cluster, la düsseldorf, produire un free-rock à la fois cosmique et tellurique, réunion dans un même ascenseur de sun ra, des stooges et des mc5.
    La génération post-stockhausen ira plus loin que la plus reculée des planètes, et frappera plus fort que des ores punks. d'amon düül jouant tels des péquenauds sous acide à tangerine dream et son ambient si planante qu'en comparaison the orb appartient au genre du speed metal, en passant par le violon spectral de tony conrad, les marteaux-piqueurs , de faust ou le seven up dopé de timothy leary dans les montagnes suisses, le krautrocker julian cope raconte à sa manière l'histoire de cette musique qui avale toute la misère du monde et où retentissent aussi, dans un proche lointain, le velvet underground, les monks, john peel et pil, hawkind, joy division, iggy pop, john cale et lou reed, funkadelik, brian eno...
    Avec en appendice un top-5o tout en couleur des meilleurs disques de krautrock où sont décrites avec amour les fulgurances cosmiques d'un genre dont l'influence se prolongera bien au-delà des années 1980. y'en a qui disent que le hasch vous transforme en épave, mais faites tourner quand même. c'est lui qui l'a dit.

  • " ceci est l'histoire d'un homme marqué par une image d'enfance.
    Lui le troubla par sa violence, et dont il ne devait comprendre que beaucoup plus tard la signification, eut lieu sur la tee d'orly, quelques années avant le début de la troisième mondiale. rien ne distingue les souvenirs des autres ce n'est que plus tard qu'ils se font reconnaître, à leurs cicatrices. ce visage qui devait être la seule image du temps de paix à traverser le temps de guerre, il se demanda longtemps s'il l'avait vu, ou s'il avait créé ce moment de douceur pour étayer le moment de folie fit qui allait venir " ainsi commence le photo-roman de chris marker, apparu sur quelques écrans noir et blanc puis couronné du prix jean vigo en 1963), et qui marqua durablement les rétines innocentes de quelques yeux ouverts, au point de devenir, quarante-cinq ans plus tard en france, un ciné-roman, livre de papier et d'encre.
    Ce film étrange et poétique, parfaite fusion de science-fiction, de fable psychologique et de photo-montage, crée à sa manière une série d'images bizarres des paysages intérieurs du temps. en inventant ses propres conventions a partir d'une cicatrice, il réussit triomphalement, là où la science-fiction faillit immanquablement.". g ballard

  • Ce livre parle de voyages, certains réels, d'autres imaginaires, et d'autres encore, prisonniers de l'ambiguïté entre les deux.
    Ma figure centrale, ce sont ces signaux transmis à travers l'éther. ceci s'applique autant aux musiciens javanais et à debussy, durant l'ère coloniale du xixe siècle, qu'à la musique de l'ère numérique au tournant du millénaire. ces cent années d'expansion de la musique, médium généralement fluide, non verbal et non linéaire, nous ont préparés à l'océan électronique du siècle à venir. tandis que le monde s'est transformé en océan d'information, la musique s'est faite immersive.
    Une bonne partie de la musique dont je traite pourrait être caractérisée par l'idée de dérive ou par une existence in stasis. les musiciens sont devenus des voyageurs virtuels, créateurs d'un théâtre sonique, les émetteurs de tous les signaux reçus de l'autre côté de l'éther. de claude debussy à aphex twin, de luigi russolo à autechre en passant par edgar varèse, miles davis, sun ra, alvin lucier, brian eno et mille autres compositeurs, david toop plonge le lecteur dans de vertigineux espaces sonores au-delà des catégories musicalo-commerciales, du paris fin de siècle aux raves technos, de l'amazonie au japon.
    Sans doute l'un des plus beaux ouvrages jamais consacrés au son.

  • De dj kool herc à dr dre, des premiers b-boys au wu-tang clan, cet ouvrage explore la complexité des mots, des sons, des images et des attitudes du hip hop.
    The new beats - sans doute l'un des ouvrages le plus complet sur le sujet - propose en ouverture un contexte historique détaillé, reliant le rap aux formes antérieures de musiques noires qui l'ont influencé. puis, après avoir examiné les rapports entre le hip hop, la culture et les forces sociales et politiques qui les ont engendrés, il tente d'aller au-delà du domaine de l'industrie actuelle pour examiner le rap en tant que commerce.
    Ecrit sous forme d'enquête documentaire, the new beats fourmille d'informations historiques mais aussi d'interviews avec les grandmasters du genre, qu'ils soient rappeurs, ingénieur du son, danseurs, producteurs.

  • 6 décembre 1969.
    Les Rolling Stones achèvent leur tournée américaine en donnant un concert gratuit à Altamont, dans le désert californien. Mais les tristement célèbres Hell's Angels, responsables du service d'ordre de cet événement réunissant trois cent mille personnes, perturbent la fête et finissent par lyncher purement et simplement un spectateur noir, Meredith Hunter. Stanley Booth accompagna le groupe pendant l'année 1969, des limousines aux chambres d'hôtel, retraçant à la manière de Michael Herr, dans Putain de mort, l'anarchie, les excès et les peurs d'un rêve qui conduisit à sa propre destruction.
    Plus qu'un simple reportage sur les Rolling Stones, Dance with the Devil est selon Harold Brodkey, " le meilleur livre sur les années 60 ".

  • Qu'est-ce que le krautrock ? Rapidement dit, il s'agit du rock alternatif né dans l'Allemagne des années 1960 et surtout 1970. Alternatif car ce rock-là s'évertuait, justement, à ne pas suivre les modes anglo-saxonnes du rock (à cette époque le glamrock), lorgnant plutôt vers le punk d'obédience anglaise Marquée par les expériences du musicien contemporain Karlheinz Stockhausen, les rythmes robotiques de leurs usines qui tournent à plein gaz depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et par la volonté de s'émanciper du monde anglo-saxon, toute une génération de groupes essaie de détourner le rock, se tournant alors autant vers le psychédélisme, les improvisations free, la musique répétitive, la hargne punk ou les nappes ambient. Ces groupes s'appelèrent Faust, Tangerine Dream, Neu, Kraftwerk, Can Amon Düül. Les concerts ambient de plusieurs heures de Tangerine Dream (qui laissa un grand souvenir en France avec un concert orgiaque dans l'église de Beauvais), les tubes robotiques de Kraftwerk (We Are the Robots, Tour de France pendant longtemps la musique du générique d'une célèbre émission de sport sur Antenne 2), les improvisations d'Ash Ra Tempel en compagnie de Timothy Leary tout cela donnera naissance, bien plus tard, d'une manière ou d'une autre, à la musique industrielle des années 1980, aux musiques électroniques des années 1990, après avoir largement influencé la génération 1968 Krautrocksampler raconte toute cette histoire musicale, dans un ton personnel et avec bien de l'humour. Tout aussi important est le Top-50 personnel de l'auteur, où Julian Cope décrypte la musique de 50 de ses disques préférés, ce qui nous donne l'occasion de reproduire en couleur les 50 pochettes, dont certaines sont devenues des classiques du graphisme psychédélique.

  • Il s'agit d'une brève introduction à la polyphonie francoflamande autour de la vie et de l'oeuvre du compositeur Nicolas Gombert (1500-1557). À partir du début du XVe siècle, des compositeurs (plus de 250 !) presque tous issus de la région des Flandres (qui s'étendait de la Picardie à Anvers) font connaître à l'Europe entière leur tradition de chant polyphonique (plusieurs voix), et la développent pendant deux siècles, jusqu'à l'arrivée de la musique baroque (début XVIIe siècle), qui deviendra monodique. Ces musiciens excelleront dans le genre, seront courtisés par les Cours de toute l'Europe (tous travailleront pour les Italiens, les Espagnols, les Allemands), donnant lieu à un phénomène, unique dans l'histoire de la musique occidentale, d'exportation et d'expansion
    d'un style régional. L'ouvrage n'est pas une somme sur le sujet, mais une introduction. Premier chapitre : un aperçu général de la polyphonie franco-flamande (historiques, les genres musicaux).

    Deuxième chapitre : la vie de Nicolas Gombert, l'un des meilleurs compositeurs de l'époque (notamment pour ce qui est de l'art de la chanson), une vie partagée entre les Flandres (où il grandit et termina sa vie) et l'Espagne (il fut le
    maître de chapelle et compositeur attitré de la Cour de Charles V).


    Troisième chapitre : les oeuvres de Nicolas Gombert.

    Quatrième chapitre : une analyse morceau par morceau (8 compositions) du disque que Van Nevel et son Huelgas Ensemble a consacré à Gombert chez
    Sony en 1992. C'est sans doute le chapitre le plus intéressant musicalement parlant pour les néophytes, où est analysé le langage musical de la Renaissance. Un must pour cette édition : deux morceaux sur les huit feront l'objet d'une analyse plus poussée (deux chansons, Tous les regrets et Je prends congie), les partitions de ces deux morceaux seront dans le livre, spécialement réalisées de la main de l'auteur en transcription moderne (d'où le format à l'italienne), libres de droit pour qui voudra bien les utiliser, un CD deux titres sera inclus dans le livre avec les deux compositions. Analyse + partition + CD forment donc un tout. Et l'ouvrage sera amplement illustré de gravures de
    l'époque. Il s'agit donc à la fois d'un livre de texte, d'un manuel pour les
    amateurs de polyphonie (ce qui devrait intéresser les très nombreuses chorales françaises) et d'un livre-disque (sans la musique, les mots ne veulent rien dire).

    Sur commande
  • Le miroir noir

    Arnaud Maillet

    "Miroir noir! Bel oxymoron". Ainsi débute cette remarquable contribution à l'histoire de la culture visuelle occidentale. Dans cette première étude "panoramique" d'un instrument d'optique largement oublié, Arnaud Maillet
    recadre notre compréhension historique de l'expérience visuelle et les diverses significations possibles du miroir noir en mettant cet objet ambigu en relation avec les notions de transparence, d'opacité et d'imagination. Si ce petit instrument d'optique, longtemps confondu avec d'autres, connut une popularité avérée à la fin du XVIIIe siècle dans l'Europe des amateurs de pittoresque, il fut rejeté au XIXe siècle puis totalement oublié (ou presque)
    de nos jours. Objet scientifique pour les savants, magiques pour les occultistes, cultuel pour certaines civilisations, objets de recherches esthétiques pour les peintres et expérimentales pour les artistes contemporains, ce miroir est également indissociable du désir, de la prothèse, de la mélancolie et de la mort. Il s'agit alors de comprendre que ces divers aspects du miroir noir bien souvent ne s'opposent pas, mais constituent plutôt l'unité homogène,
    cohérente et fondamentale de tout un pan de notre culture s'articulant autour de l'équation clair/obscur. De Claude Lorrain à Christian Boltanski en passant par Alberti, de Piles, Gilpin, Coleridge, Ruskin, Matisse ou Richter, Le Miroir noir nous emmène des origines magiques et occultes du miroir noir jusqu'à ses avatars actuels à travers une série de pratiques picturales et technologiques telles que la photographie, le cinéma et l'art contemporain. Traverser ce miroir sans craindre de s'abîmer dans le côté obscur nous confronte à une évidence: c'est dans l'aveuglement que se constitue le regard. Avec 50 illustrations.

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