Eclat

  • Toutes les études rassemblées dans ce volume procèdent d'une hypothèse unique : avant d'être un dispositif technique ou un spectacle, le cinéma est une manière de penser les images. Selon une démarche qui trouve son origine dans la méthode d'analyse développée par Aby Warburg au cours des années 1920, ce recueil montre les échanges et les transferts qui se produisent entre histoire de l'art et cinéma, des recherches d'Etienne-Jules Marey et des films Lumière au cinéma expérimental (Jack Smith, Anthony Mc Call.), de l'art des tapis et des spectacles pyrotechniques à la bande dessinée (Krazy Kat) ou au dessin.
    Les textes de ce recueil ont le plus souvent été publiés auparavant dans les revues Trafic, Les Cahiers du Musée d'art moderne, Les Cahiers de la cinémathèque. D'autres sont le fruit de conférences données au Musée du Louvre. Tous ont été retravaillés pour l'édition de ce livre.

  • Après The Changeling, écrit avec William Rowley, voilà Women beware Women dans une nouvelle traduction. C'est LE chef-d'oeuvre personnel de Middleton. Tout est commerce ; et les femmes sont un produit comme les autres ; et à trop commercer les femmes, on finit par se brûler les ailes. Ainsi pourrait-on résumer cette pièce dont l'action se passe dans la Florence de François de Médicis. Leantio, simple bourgeois, vient d'arracher à sa famille aristocrate sa jeune épouse Bianca, qu'il confie à sa mère pendant une absence professionnelle de quelques jours. Ailleurs dans la ville, le père de la jeune Isabella accepte de vendre sa fille à un type particulièrement idiot, mais Hippolito, l'oncle de cette dernière, se manifeste et avoue son amour pour sa nièce. De son côté, l'idiot essaie de s'assurer, en tant que futur marié, des qualités d'Isabella, en des termes plutôt sordides. Arrive alors le Duc qui, ayant aperçu la jeune épousée Bianca, tombe sous le charme et engage contre paiement un intermédiaire pour négocier une rencontre avec la mère de Leantio. Tout ce beau monde se retrouve dans une maison, et tandis que la mère de Leantio est accaparée par une partie d'échec, Bianca est coincée dans une pièce reculée par le Duc, qui la viole - la partie d'échec (sans doute la meilleure scène de la pièce) devient alors une grande métaphore de ce qui est en train de se tramer. Leantio revient de son voyage, et trouve une Bianca complètement changée, plus du tout aimante.
    Adultère, viol et tentative d'assassinat, après bien d'autres péripéties, tout se termine par une hécatombe générale, l'unique survivant concluant que là où règne la luxure, elle ne règne pas longtemps.

  • Le Problème du fétiche est l'histoire philosophique d'un concept, celui du fétiche. Avant que Marx (et son fétichisme de la marchandise), Freud (le fétichisme pénètre la psychiatrie clinique) ou Auguste Comte ne s'approprient le concept, diverses théories sur le fétiche se sont succédées, entre le XVIe siècle et le XIXe siècle. Cet ouvrage retracel'histoire de ces théories depuis l'invention du mot (en portugais feitiço, repris du pidgin fetisso, issu du latin factitius) par les navigateurs portugais du XVIe siècle arrivant sur les côtes africaines, et notamment en Nouvelle-Guinée. La confrontation entre la rationalité religieuse occidentale et le "culte des dieux fétiches" africains fait apparaître pour la première fois cette idée d'un objet image/symbole d'une transcendance (que Pietz compare longuement avec l'idée chrétienne d'idôlatrie, bien différente).
    L'histoire se poursuit jusqu'aux Lumières (lesquelles fixeront durablement
    le concept), et notamment avec le texte de Guillaume Bosman Voyage de
    Guinée contenant une description nouvelle (1705) et celui de Charles De Brosses Du Culte des dieux fétiches (1760), dont les idées seront ensuite reprises par Diderot. Si fétichisme est aujourd'hui un mot du langage courant, en donner une définition précise n'en reste pas moins un exercice délicat ; d'où l'intérêt de ce livre, qui est une tentative de clarification d'un concept en empruntant la voie de l'histoire de l'anthropologie et de la philosophie.

  • A la fin des années 1960, l'allemagne de l'ouest se met à table pour plus d'une décennie de choucroute musicale: bienvenue dans l'ère du krautrock, cette kosmische musik typiquement teutonne qui vit des groupes comme can, kraftwerk, tangerine dream, amon düül, faust, popol vuh, neu!, cluster, la düsseldorf, produire un free-rock à la fois cosmique et tellurique, réunion dans un même ascenseur de sun ra, des stooges et des mc5.
    La génération post-stockhausen ira plus loin que la plus reculée des planètes, et frappera plus fort que des ores punks. d'amon düül jouant tels des péquenauds sous acide à tangerine dream et son ambient si planante qu'en comparaison the orb appartient au genre du speed metal, en passant par le violon spectral de tony conrad, les marteaux-piqueurs , de faust ou le seven up dopé de timothy leary dans les montagnes suisses, le krautrocker julian cope raconte à sa manière l'histoire de cette musique qui avale toute la misère du monde et où retentissent aussi, dans un proche lointain, le velvet underground, les monks, john peel et pil, hawkind, joy division, iggy pop, john cale et lou reed, funkadelik, brian eno...
    Avec en appendice un top-5o tout en couleur des meilleurs disques de krautrock où sont décrites avec amour les fulgurances cosmiques d'un genre dont l'influence se prolongera bien au-delà des années 1980. y'en a qui disent que le hasch vous transforme en épave, mais faites tourner quand même. c'est lui qui l'a dit.

  • " voici un livre qui donnera le vertige à ceux qui sont habitués aux standards de l'histoire culturelle ", écrit jacques rancière dans la préface inédite accompagnant cette nouvelle édition de peaux blanches, masques noirs.
    1820, new york, marché sainte-catherine : près du port, des " nègres " dansent pour gagner quelques anguilles. à l'origine monnaie d'échange, ces danses deviennent une marque culturelle pour le lumpenprolétariat bigarré fasciné par le charisme et la gestuelle des noirs. fin du xxe siècle, de part et d'autre de l'atlantique et sur mtv: michael jackson et m.c. hammer se déhanchent avec des pas de danse et des gestes identiques aux danseurs d'anguilles.
    Pourquoi ces gestes ont-ils perduré ? quels processus d'identification ont-ils mis en oeuvreoe a qui appartiennent-ils ? aux noirs qui les ont créés, ou aux blancs qui, une fois grimés en noir (le blackface), les ont copiés et assimilés ? peaux blanches, masques noirs, à travers l'histoire des ménestrels du blackface et des lieux fondateurs de la culture américaine, explore cette longue mutation d'un lore limité aux frontières d'un marché multi-ethnique en une véritable culture populaire atlantique où l'échange et la reconnaissance de gestes signent une appartenance - le lore étant, au contraire du folklore, non pas la propriété d'un peuple, mais une matrice de savoir, de récits et de pratiques qui est tout entière affaire de circulation.
    Esclaves ou nouveaux affranchis noirs, mariniers ou commerçants blancs, tous vivaient dans les mêmes conditions d'une classe ouvrière luttant pour que la culture dominante les laisse libres d'échanger les marques de reconnaissance culturelles qu'ils partageaient. du sifflement de bobolink bob sur le marché sainte-catherine à celui d'al jolson dans le chanteur de jazz, du benito cereno de melville au minstrel boy de bob dylan, des peaux d'anguilles portées en guise de serre-tête aux dreadlocks afros, william lhamon offre ici une fascinante anthropologie de ces signes culturels qui, après avoir vaincu les forces d'oppression qui tentaient de les étouffer, font aujourd'hui partie de notre quotidien.

  • " ceci est l'histoire d'un homme marqué par une image d'enfance.
    Lui le troubla par sa violence, et dont il ne devait comprendre que beaucoup plus tard la signification, eut lieu sur la tee d'orly, quelques années avant le début de la troisième mondiale. rien ne distingue les souvenirs des autres ce n'est que plus tard qu'ils se font reconnaître, à leurs cicatrices. ce visage qui devait être la seule image du temps de paix à traverser le temps de guerre, il se demanda longtemps s'il l'avait vu, ou s'il avait créé ce moment de douceur pour étayer le moment de folie fit qui allait venir " ainsi commence le photo-roman de chris marker, apparu sur quelques écrans noir et blanc puis couronné du prix jean vigo en 1963), et qui marqua durablement les rétines innocentes de quelques yeux ouverts, au point de devenir, quarante-cinq ans plus tard en france, un ciné-roman, livre de papier et d'encre.
    Ce film étrange et poétique, parfaite fusion de science-fiction, de fable psychologique et de photo-montage, crée à sa manière une série d'images bizarres des paysages intérieurs du temps. en inventant ses propres conventions a partir d'une cicatrice, il réussit triomphalement, là où la science-fiction faillit immanquablement.". g ballard

  • Ce livre parle de voyages, certains réels, d'autres imaginaires, et d'autres encore, prisonniers de l'ambiguïté entre les deux.
    Ma figure centrale, ce sont ces signaux transmis à travers l'éther. ceci s'applique autant aux musiciens javanais et à debussy, durant l'ère coloniale du xixe siècle, qu'à la musique de l'ère numérique au tournant du millénaire. ces cent années d'expansion de la musique, médium généralement fluide, non verbal et non linéaire, nous ont préparés à l'océan électronique du siècle à venir. tandis que le monde s'est transformé en océan d'information, la musique s'est faite immersive.
    Une bonne partie de la musique dont je traite pourrait être caractérisée par l'idée de dérive ou par une existence in stasis. les musiciens sont devenus des voyageurs virtuels, créateurs d'un théâtre sonique, les émetteurs de tous les signaux reçus de l'autre côté de l'éther. de claude debussy à aphex twin, de luigi russolo à autechre en passant par edgar varèse, miles davis, sun ra, alvin lucier, brian eno et mille autres compositeurs, david toop plonge le lecteur dans de vertigineux espaces sonores au-delà des catégories musicalo-commerciales, du paris fin de siècle aux raves technos, de l'amazonie au japon.
    Sans doute l'un des plus beaux ouvrages jamais consacrés au son.

  • De dj kool herc à dr dre, des premiers b-boys au wu-tang clan, cet ouvrage explore la complexité des mots, des sons, des images et des attitudes du hip hop.
    The new beats - sans doute l'un des ouvrages le plus complet sur le sujet - propose en ouverture un contexte historique détaillé, reliant le rap aux formes antérieures de musiques noires qui l'ont influencé. puis, après avoir examiné les rapports entre le hip hop, la culture et les forces sociales et politiques qui les ont engendrés, il tente d'aller au-delà du domaine de l'industrie actuelle pour examiner le rap en tant que commerce.
    Ecrit sous forme d'enquête documentaire, the new beats fourmille d'informations historiques mais aussi d'interviews avec les grandmasters du genre, qu'ils soient rappeurs, ingénieur du son, danseurs, producteurs.

  • Max Aguilera-Hellweg a été photo-reporter pendant vingt ans pour des magazines comme Esquire, Rolling Stones, New York Times ou Life et a notamment couvert les conflits armés en Amérique du Sud, la contre-culture américaine des années 1970. Certaines de ses photographies seront achetées par le MOMA de New York. Puis, un jour, un travail de commande s'offre au photographe de renom : faire un reportage sur une opération chirurgicale. Cet événement changera sa vie : à 39 ans il entreprend des études de médecine et devient chirurgien douze ans plus tard. Ces années d'études lui laisseront le temps de réaliser un livre d'une beauté fascinante : Le Coeur sacré. Un atlas chirurgical du corps humain.
    Il s'agit en quelque sorte d'un livre d'art médical où le regard s'insinue là où rarement il avait pénétré avec autant de force : dans l'intimité du corps humain subissant les outrages de la chirurgie lourde. L'ablation d'une tumeur du cerveau. La transplantation d'une cornée. Une mamméctomie. La main d'un foetus de 24 semaines s'extirpant du planceta... Ce ne sont là que quelques-unes des soixante opérations photographiées par Max Aguilera-Hellweg à l'aide d'une chambre 4x5, offrant une nouvelle et singulière vision de l'art médical. Le Coeur sacré est donc autant un livre médical qu'un livre d'art, l'art des chirurgiens bénéficiant du savoir-faire d'un vrai photographe. Perturbantes, intrigantes, violentes ces photographies interrogent la nature corporelle de l'être dans sa nudité la plus totale, révélant beaucoup sur le rapport au corps de celui ou celle qui les regarde. Un ouvrage unique, dans un format intimiste, à destination des amateurs d'art médical et de photographies - et aussi pour les amoureux du corps...
    Trois textes accompagnent ces photos : l'Introduction, écrite par Richard Selzer (l'un des plus grands chirurgiens américains) ; le texte principal, écrit par le photographe, où celui-ci explique sa démarche, les techniques utilisées, le résultat obtenu, sa relation avec les patients et les chirurgiens, etc. ; et la Postface, écrite par un critique de photographie.

  • Le plus gros de la littérature antique s'intéressant à la gymnastique a sombré. On peut comprendre, alors, l'importance de ce traité De la gymnastique. À travers ce traité on aborde la question des rapports entre la forme du vivant, la santé et la beauté. Il retrace donc, dans un premier temps, l'origine des divers jeux (olympiques) avant d'en venir à l'étude des exercices précis et du régime de vie qui permet de se préparer à ces épreuves. Les conseils s'adressent alors principalement aux entraîneurs. Le gymnaste, dit Philostrate, est le meilleur juge de la nature. Ce texte avait été édité et publié pour la première fois par Kayser. Philostrati Libri De Gymnastika quae supersunt, nunc primum edidit et interpretatus est C. L. Kayser, Heidelberg, 1840. Minoïde Mynas l'édita en 1852; Daremberg en donna, la même année, une autre édition fort corrigée et émendée : Philostrate Traité Sur la Gymnastique, texte grec accompagné d'une traduction en regard et de notes par Ch. Daremberg, Paris Didot 1858. C'est le texte que nous proposons, amendé et annoté.

  • 6 décembre 1969.
    Les Rolling Stones achèvent leur tournée américaine en donnant un concert gratuit à Altamont, dans le désert californien. Mais les tristement célèbres Hell's Angels, responsables du service d'ordre de cet événement réunissant trois cent mille personnes, perturbent la fête et finissent par lyncher purement et simplement un spectateur noir, Meredith Hunter. Stanley Booth accompagna le groupe pendant l'année 1969, des limousines aux chambres d'hôtel, retraçant à la manière de Michael Herr, dans Putain de mort, l'anarchie, les excès et les peurs d'un rêve qui conduisit à sa propre destruction.
    Plus qu'un simple reportage sur les Rolling Stones, Dance with the Devil est selon Harold Brodkey, " le meilleur livre sur les années 60 ".

  • Changeling (the)

    Middleton/Rowley

    Cette pièce écrite en 1623 est considérée, par les universitaires et les amateurs, comme l'un des chefs-d'oeuvre du théâtre élisabéthain, beaucoup la jugeant au niveau de Shakespeare bref, c'est un classique de la littérature anglaise du XVIIe siècle. Au-delà du pur drame, The Changeling est une fine analyse de la perversité qu'impliquent des rapports sociaux où chacun ne pense qu'à soi (et au sexe, moteur de l'âme humaine). La traduction française est une première ; elle reprend l'adaptation française qu'en a faite la traductrice, Marie-Paule Ramo, pour le spectacle Dog Face, mis en scène par Dan Jemmett (en tournée en France en 2004). Cette édition sera bilingue (une page avec l'anglais de l'époque, l'autre avec l'adaptation française actuelle).
    La pièce est un mélange de tragédie, de drame et de farce. À Alicante (Espagne), Béatrice, la fille du seigneur local Vermandero, doit épouser Alonzo de Piracquo ; mais elle aime Alsemero. Pour se débarrasser d'Alonzo, Béatrice fait appel à De Flores, un gentilhomme pauvre, épouvantablement laid et pervers qui l'aime à la folie. De Flores s'exécute bien volontiers, mais lorsque Béatrice lui offre ensuite de l'argent, il refuse : il veut sa virginité ce que Béatrice ne peut que lui donner, ne pouvant risquer d'être dénoncée. La chose faite, Dolores se fait remplacer pour la nuit de noce, mais sa doublure y prend du plaisir et s'attarde. De Flores fait alors disparaître la doublure (une servante), mais cel ultime meurtre est difficile à cacher. Toute l'histoire apparait au grand jour, Béatrice est repoussée par son époux,Vermandero en veut à De Flores, et tout ce petit monde se réunit une ultime fois pour voir Béatrice et De Flores mourir dans un bain de sang.

  • Autographié à Genève en 1845, l'Essai de physiognomonie n'a jamais été republié seul depuis lors (la dernière édition française date de 1945.
    Oeuvres complètes de Töpffer chez Skira). L'ouvrage traite successivement de deux sujets différents : les quatre premiers chapitres sont une défense et illustration de la littérature en estampes, genre dont l'inventeur était Töpffer lui-même.
    Les huit chapitres suivants posent la question de la tête humaine et de sa représentation expressive.Töpffer s'intéresse également à la succession des estampes dans le temps :Töpffer avait ainsi compris d'emblée qu'une page de bande dessinée est une machine à convertir un espace en successivité.Töpffer est considéré comme important par un bon nombre d'auteurs actuels, d'Umberto Eco à Art Spiegelman (Mauss), ce dernier le qualifiant de « Saint Patron » de la bande dessinée.

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  • Qu'est-ce que le krautrock ? Rapidement dit, il s'agit du rock alternatif né dans l'Allemagne des années 1960 et surtout 1970. Alternatif car ce rock-là s'évertuait, justement, à ne pas suivre les modes anglo-saxonnes du rock (à cette époque le glamrock), lorgnant plutôt vers le punk d'obédience anglaise Marquée par les expériences du musicien contemporain Karlheinz Stockhausen, les rythmes robotiques de leurs usines qui tournent à plein gaz depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et par la volonté de s'émanciper du monde anglo-saxon, toute une génération de groupes essaie de détourner le rock, se tournant alors autant vers le psychédélisme, les improvisations free, la musique répétitive, la hargne punk ou les nappes ambient. Ces groupes s'appelèrent Faust, Tangerine Dream, Neu, Kraftwerk, Can Amon Düül. Les concerts ambient de plusieurs heures de Tangerine Dream (qui laissa un grand souvenir en France avec un concert orgiaque dans l'église de Beauvais), les tubes robotiques de Kraftwerk (We Are the Robots, Tour de France pendant longtemps la musique du générique d'une célèbre émission de sport sur Antenne 2), les improvisations d'Ash Ra Tempel en compagnie de Timothy Leary tout cela donnera naissance, bien plus tard, d'une manière ou d'une autre, à la musique industrielle des années 1980, aux musiques électroniques des années 1990, après avoir largement influencé la génération 1968 Krautrocksampler raconte toute cette histoire musicale, dans un ton personnel et avec bien de l'humour. Tout aussi important est le Top-50 personnel de l'auteur, où Julian Cope décrypte la musique de 50 de ses disques préférés, ce qui nous donne l'occasion de reproduire en couleur les 50 pochettes, dont certaines sont devenues des classiques du graphisme psychédélique.

  • New York, 1802 : des Blancs de la classe ouvrière se griment en noir (blackface minstrels) et s'agitent sur des planches en échange de quelque poisson. Fin du XXe siècle, sur MTV : le moonwalk de Michael Jackson et la danse hip-hop de MC Hammer perpétuent la gestuelle des premiers ménestrels, devenue entre-temps code commun d'une culture populaire multi-ethnique. Comment ces gestes et ces sons se sont-ils perpétués jusqu'à nousoe Comment se sont-ils adaptés aux changements, à la différence raciale ?
    Quelles histoires nous racontent ces gestes ? Raising Cain répond à ces questions avec une précision et un enthousiasme rares, passant ainsi du Chanteur de jazz d'Al Jonson au Benito Cerreno de Melville, retraçant une véritable histoire des gestes populaires aujourd'hui dominants.

  • Il s'agit d'une brève introduction à la polyphonie francoflamande autour de la vie et de l'oeuvre du compositeur Nicolas Gombert (1500-1557). À partir du début du XVe siècle, des compositeurs (plus de 250 !) presque tous issus de la région des Flandres (qui s'étendait de la Picardie à Anvers) font connaître à l'Europe entière leur tradition de chant polyphonique (plusieurs voix), et la développent pendant deux siècles, jusqu'à l'arrivée de la musique baroque (début XVIIe siècle), qui deviendra monodique. Ces musiciens excelleront dans le genre, seront courtisés par les Cours de toute l'Europe (tous travailleront pour les Italiens, les Espagnols, les Allemands), donnant lieu à un phénomène, unique dans l'histoire de la musique occidentale, d'exportation et d'expansion
    d'un style régional. L'ouvrage n'est pas une somme sur le sujet, mais une introduction. Premier chapitre : un aperçu général de la polyphonie franco-flamande (historiques, les genres musicaux).

    Deuxième chapitre : la vie de Nicolas Gombert, l'un des meilleurs compositeurs de l'époque (notamment pour ce qui est de l'art de la chanson), une vie partagée entre les Flandres (où il grandit et termina sa vie) et l'Espagne (il fut le
    maître de chapelle et compositeur attitré de la Cour de Charles V).


    Troisième chapitre : les oeuvres de Nicolas Gombert.

    Quatrième chapitre : une analyse morceau par morceau (8 compositions) du disque que Van Nevel et son Huelgas Ensemble a consacré à Gombert chez
    Sony en 1992. C'est sans doute le chapitre le plus intéressant musicalement parlant pour les néophytes, où est analysé le langage musical de la Renaissance. Un must pour cette édition : deux morceaux sur les huit feront l'objet d'une analyse plus poussée (deux chansons, Tous les regrets et Je prends congie), les partitions de ces deux morceaux seront dans le livre, spécialement réalisées de la main de l'auteur en transcription moderne (d'où le format à l'italienne), libres de droit pour qui voudra bien les utiliser, un CD deux titres sera inclus dans le livre avec les deux compositions. Analyse + partition + CD forment donc un tout. Et l'ouvrage sera amplement illustré de gravures de
    l'époque. Il s'agit donc à la fois d'un livre de texte, d'un manuel pour les
    amateurs de polyphonie (ce qui devrait intéresser les très nombreuses chorales françaises) et d'un livre-disque (sans la musique, les mots ne veulent rien dire).

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  • Le miroir noir

    Arnaud Maillet

    "Miroir noir! Bel oxymoron". Ainsi débute cette remarquable contribution à l'histoire de la culture visuelle occidentale. Dans cette première étude "panoramique" d'un instrument d'optique largement oublié, Arnaud Maillet
    recadre notre compréhension historique de l'expérience visuelle et les diverses significations possibles du miroir noir en mettant cet objet ambigu en relation avec les notions de transparence, d'opacité et d'imagination. Si ce petit instrument d'optique, longtemps confondu avec d'autres, connut une popularité avérée à la fin du XVIIIe siècle dans l'Europe des amateurs de pittoresque, il fut rejeté au XIXe siècle puis totalement oublié (ou presque)
    de nos jours. Objet scientifique pour les savants, magiques pour les occultistes, cultuel pour certaines civilisations, objets de recherches esthétiques pour les peintres et expérimentales pour les artistes contemporains, ce miroir est également indissociable du désir, de la prothèse, de la mélancolie et de la mort. Il s'agit alors de comprendre que ces divers aspects du miroir noir bien souvent ne s'opposent pas, mais constituent plutôt l'unité homogène,
    cohérente et fondamentale de tout un pan de notre culture s'articulant autour de l'équation clair/obscur. De Claude Lorrain à Christian Boltanski en passant par Alberti, de Piles, Gilpin, Coleridge, Ruskin, Matisse ou Richter, Le Miroir noir nous emmène des origines magiques et occultes du miroir noir jusqu'à ses avatars actuels à travers une série de pratiques picturales et technologiques telles que la photographie, le cinéma et l'art contemporain. Traverser ce miroir sans craindre de s'abîmer dans le côté obscur nous confronte à une évidence: c'est dans l'aveuglement que se constitue le regard. Avec 50 illustrations.

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