Eclat

  • La souverainete invisible - perspectives sur une humanite qu Nouv.

  • Si la très jeune danseuse contorsionniste hante l'art et la peinture, depuis les descriptions priapiques de saint Augustin, c'est au coeur du XIXe siècle que Salomé entre de plein pied et en grande pompe dans la littérature, avec l'Hérodias de Flaubert, suivi par Huysmans, avant qu'à son tour Jules Laforgue s'en mêle et qu'Apollinaire, enfin, ferme le bal au début du nouveau siècle. Sont rassemblées ici quatre Salomé, auxquelles s'ajoutent deux textes de Gustave Moreau sur ces propres tableaux, qui laisse voir le mythe entier d'une fillette aux prises avec le pouvoir et la cruauté. Le volume est enrichi d'un cahier d'images en couleurs, présentant quelques Salomé parmi les milliers existantes, depuis la mosaïque de Saint Marc, jusqu'aux mangas japonais. Préface de Patricia Farazzi

  • Jeanne d'Arc

    Jules Michelet

    Une rumeur insinuante court toujours sur l'actualité de la Pucelle d'Orléans dans les bas-fonds de la politik. Elle s'amplifie chaque jour de nouvelles demandes en mariage.
    Daniel Bensaïd (1946-2010), dirigeant historique de la Ligue communiste révolutionnaire et de la Quatrième Internationale, y avait déjà répondu par son Jeanne de Guerre Lasse (Gallimard, 1991), tout comme Le Procès de Jeanne d'Arc de Robert Bresson (1962) et le visage de Falconetti. Mais la Jeanne d'Arc de Michelet, parue en 1841, inaugure ce cycle d'une défense et illustration d'une Jeanne bien différente de celle qu'ont voulu nous vendre les propagandistes de tout poil. Le texte est ici enrichi d'une préface de Patricia Farazzi, intitulé «Jeanne nue», qui devrait déplaire aux déplaisants.

  • : L'architecture mobile est le premier essai de Yona Friedman, paru en 1958 et tiré à une dizaine exemplaires destinés à des architectes, dont Le Corbusier. Ilfut réédité ensuite en 1961, 1963, 1968, enrichi à chaque fois de textes et dessins nouveaux jusqu'à l'édition de 1970, paru chez Casterman dont on a pu dire qu'elle constituait "le plus important manifeste de l'architecture moderne depuis la Chartre d'Athènes de Le Corbusier" (Michel Ragon).
    Notre édition rassemble tous les textes des différentes éditions et permet d'en suivre l'évolution et d'en identifier les strates. Yona Friedman, qui a fêté ses 96 ans en juin 2019, souhaite apporter quelques commentaires du XXIe siècle, à ce livre ancien, mais dont la richesse conceptuelle n'a pas encore été comprise à sa juste mesure.

  • Le verbe Avoir est au coeur de notre langage.
    Nous disons continuellement que les êtres humains ont des pensées, des expériences, ou encore qu'ils ont peur ou soif. Quelles implications se cachent derrière ces phrases familières ? En suivant les aventures de l'avoir, Paolo Virno nous entraîne dans un voyage à l'intérieur de la nature du langage et de l'humain. Celui qui a quelque chose ne se confond jamais avec ce qu'il est. Cet écart entre ce que l'on a et ce que l'on est nous fait réfléchir sur nous-mêmes, sur ce que nous faisons et dont nous avons conscience. Mais c'est aussi par là que nous sommes libres d'abandonner ce dans quoi nous ne nous reconnaissons plus, et de désirer ce que nous n'avons pas encore : un ami intime, une vie plus gratifiante, une communauté.

  • Le sexe des ames - aleas de la difference sexuelle dans la c Nouv.

  • L'utopie sociale naît d'une insatisfaction collective. L'utopie sociale réalisable, c'est la réponse collective à cette insatisfaction. Comment répondre collectivement à une insatisfaction? Et dans quelles limites une collectivité doit-elle se maintenir pour satisfaire à son utopie réalisée? Telles sont les questions soulevées - avec une clarté exemplaire et quelques dessins au trait - par le livre de Yona Friedman, paru pour la première fois en 1974, repris à l'éclat en 2000 et réactualisé pour cette édition de poche après plusieurs réimpressions.

  • Le livre que nous nous proposons de publier rassemble 34 essais ou conférences d'Ursula Le Guin qui accompagnent ou explicitent son oeuvre de (science-)fiction. La forme de ces écrits est plurielle, comme son écriture, et à côté de simples conférences, retravaillées et commentées pour la publication, on trouve des récits de voyage sous une forme poétique, de courtes paraboles sur la question du féminisme, et d'autres textes sur ses propres écrits, qui nous permettent d'en mieux comprendre le fonctionnement ou les implications et nous informe sur sa conception de l'écriture et du rôle de l'écrivain. On retrouve dans ces textes l'audace singulière d'Ursula Le Guin qui n'hésite pas à mélanger les genres, provoquer des collusions de concepts et à traiter tout à la fois de ménopause et de responsabilité sociale dans l'Empire nord-américain de la fin du XXe siècle. Disparue quelques semaines après avoir donné son accord pour cette publication en français, Ursula Le Guin, comme son ami Philip K. Dick, fait partie des visionnaires de la littérature, qui sortent du cadre strict de la science-fiction pour figurer de plein droit au panthéon des grand écrivains du siècle.

  • Bien que l'expression l'architecture de survie ait un sens à peu près inverse de celui de "la survie de l'architecte", mon but était de reconsidérer le rôle de l'architecture, sans pour autant utiliser des slogans grandiloquents et sans faire de propositions utopiques.
    Il va me falloir poser certaines questions, et mentionner quelques solutions que j'ai proposées depuis cinquante ans: A qui revient le droit de décision en matière d'architecture?
    Comment assurer ce droit à celui auquel il revient? Comment le faire dans un monde qui va vers une pauvreté croissante? Comment survivre dans un tel monde? Qu'est-ce que ce "monde pauvre"? Comment agir face à ces perspectives? A l'heure des ZADs et autres appropriations de territoire, L'architecture de survie apparaît comme un manuel de résistance.

  • L'oeuvre - comme la vie - d'Avrom Sutzkever est exemplaire à plus d'un titre. Elle traverse le siècle et porte l'espoir paradoxal de la poésie qui, en plusieurs occasions, lui a littéralement sauvé la vie, quand, ayant dû traverser un champ de mines sous la neige dans la forêt de Narotch, il a accordé ses pas au rythme d'un poème récité à voix basse. C'est également avec la poésie qu'il affrontera la ville secrète des égouts de Wilno et la mort d'un enfant, et c'est avec la poésie qu'il renaîtra sur la terre spirituelle de sa langue, le yiddish, flammèche vacillante sur une bougie orpheline, qu'il gardera vissée au corps. Figurent dans cette anthologie des poèmes de tous ses ouvrages publiés, depuis Sibérie (1936) jusqu'à Murs effondrés (1996), et si une partie importante est consacrée à l'écriture quotidienne du ghetto et de sa résistance, l'ensemble de près de 400 poèmes en vers et prose, extraits de 22 recueils, résonne au-delà de la seule réalité politique à laquelle Sutzkever fut confronté. On peut parler alors d'un véritable engagement poétique visant à garder mémoire des visages et des mots de ceux que la barbarie a voulu effacer, les inscrivant en lettres plus éternelles que le temps dans le livre de la vie.

  • « À vous qui êtes et qui, étant, désirez être davantage, n'étant jamais assez, étant peut-être trop, Et à vous qui n'êtes pas et qui voulez simplement être, ou qui hésitez à être, Et aussi à vous qui ne croyez et ne désirez rien de particulier à propos d'être, qui ne pensez pas à être, mais qui ne voudriez pas manquer une occasion d'en rire, À tous... » cette 'Lettre aux inexistants' qui ouvre un nouveau volet dans l'oeuvre infinitive de Fournier, où il est question d'être et de s'engager à être, aux prises avec l'abîme de n'être pas, ou plus, sans avoir été, et avec la question du nom de l'Être sous laquelle la philosophie l'a l'abordée. Un chemin revisitant les grands textes, de Platon à Wittgenstein, pour expérimenter la question autrement vivante et sauvage, qui est d'être avant d'avoir.

  • Vous avez un chien se présente sous la forme d'une bande dessinée qui met en scène un/e chien/ne et son/sa maître/sse. C'est un manuel d'éducation pour tous ceux qui vivent avec des animaux domestiques ou d'autres êtres vivants. Ecrit par Balkis Berger- Dobermann, qui partageait la vie des Friedman, Vous avez un chien aurait pu s'intituler « Comment dresser ses maîtres», mais l'auteur a préféré s'en tenir à un titre plus « général » et moins « anthropomorphe ».
    Vous avez un chien est aussi un livre pour ceux qui ont des chats, des canaris, des poissons rouges. Il énonce selon des principes simples «comment vivre avec les autres, sans être maître, ni esclave» pour reprendre le titre d'un autre ouvrage de Friedman.

  • S'il y a du spirituel dans l'art, il prend une place toute particulière dans la musique quand elle exprime l'âme d'une communauté. Le jazz, depuis les origines, est nourri au plus profond de cette spiritualité et témoigne de cette "urgence créatrice" dont parle John Coltrane. Mais comment cette spiritualité s'exprime-t-elle et à quel arrière-plan renvoie-telle?
    C'est toute la recherche de Raphaël Imbert, qui s'attache a révéler cette présence du "religieux sans dogme" dans le jazz (dans la première partie) et les très forts engagements des musiciens de jazz au sein de la franc-maçonnerie noire américaine (dans la deuxième partie). La troisième partie est consacrée à John Coltrane, musicien spirituel s'il en est, qui incarne à lui seul ce Jazz supreme qu'il a porté à ses sommets.

  • La TAZ (Temporary Autonomous Zone), ou Zone Autonome Temporaire, ne se définit pas. Des "Utopies pirates" du XVIIIe au réseau planétaire du XXIe siècle, elle se manifeste à qui sait la voir, "apparaissant-disparaissant" pour mieux échapper aux Arpenteurs de l'Etat. Elle occupe provisoirement un territoire, dans l'espace, le temps ou l'imaginaire, et se dissout dès lors qu'il est répertorié. La TAZ fuit les TAZs affichées, les espaces "concédés" à la liberté : elle prend d'assaut, et retourne à l'invisible. Elle est une "insurrection" hors le Temps et l'Histoire, une tactique de la disparition.
    Le terme s'est répandu dans les milieux internationaux de la "cyber-culture", au point de passer dans le langage courant, avec son lot obligé de méprises et de contresens.
    La TAZ ne peut exister qu'en préservant un certain anonymat ; comme son auteur, Hakim Bey, dont les articles "apparaissent" ici et là, libres de droits, sous forme de livre ou sur le Net, mouvants, contradictoires, mais pointant toujours quelques routes pour les caravanes de la pensée.

  • Publié pour le première fois en 1976, cette bande dessinée de Friedman portait la mention suivante: « Le but de la brochure est d'amener le lecteur à reconsidérer la place de l'homme-habitant dans un écosystème et de l'amener à réfléchir, dans un contexte de pénurie ou de crise durable ou temporaire, à des solutions de survie de son espèce. » Quarante ans plus tard, dans un contexte de crise non plus temporaire, mais endogène, nous le reproposons aux lecteurs de ce nouveau siècle qui pourront constater que les problèmes et solutions alors évoqués par Friedman, sont très exactement ceux auxquels nous sommes confrontés encore aujourd'hui, et celles qu'il serait urgent de prendre en compte si l'on veut continuer d'habiter la terre.

  • Sous le titre « La Volonté de puissance » n'existe pas, nous avons rassemblé quatre essais de Mazzino Montinari, traitant des problèmes posés par l'édition des écrits de Nietzsche et plus particulièrement de la question de ce faux manifeste et des conséquences de sa publication sur la réception et l'interprétation de l'oeuvre de Nietzsche. Présentés par Paolo D'Iorio et publiés une première fois en 1996 alors que reparaissaient d'anciennes éditions de ce faux-livre, ces essais viennent rappeler qu'un travail de vingt années a permis de lire enfin ce que Nietzsche a vraiment écrit, et qui diffère souvent radicalement de ce qu'on a voulu lire de cet homme qui s'est « adressé à son temps avec une dureté véritable ».

  • Chroma est le dernier livre de Derek Jarman. «Autobiographie par la couleur» d'un homme qui perd chaque jour un peu plus la vue, jusqu'à quasiment devenir aveugle, tandis qu'il en écrit les dernières pages sur son lit d'hôpital, et qui revient sur les couleurs du langage et des livres, les seules auxquelles il a désormais accès. «C'est pour cela que je n'ai pas voulu mettre de photo», écrit-il. Mais Chroma n'en reste pas moins plein de cet humour si particulier à l'oeuvre de Jarman, qui mêle à ses souvenirs d'enfance ou ceux d'une jeunesse «héroïque» dans les quartiers «rouges» de Londres, ses lectures érudites, des remarques toujours en demi-teinte sur la peinture et une réflexion sur le jeu des couleurs de fleurs sur la lande de Dungeness, où pousse son «dernier jardin».

  • Shabbat

    Benjamin Gross

    • Eclat
    • 5 March 2020

    L'institution du Shabbat est la plus importante contribution du judaïsme à l'humanité, tout en étant le fondement de la vocation spécifique d'Israël. Résistance à l'oubli de l'origine, appel à la maîtrise du temps pour assurer la liberté de l'homme, évocation d'un jour futur « qui sera tout entier Shabbat et repos pour une vie du monde qui vient », il introduit dans l'existence une dimension essentielle, dont le monde contemporain, livré à la démesure, doit absolument prendre conscience. À un projet prioritairement économique, obsédé par la satisfaction du besoin et le culte de la croissance, il oppose une vision d'avenir liée non à un manque, mais à une plénitude. Il rappelle l'indispensable valeur de la limite et du lien entre les générations.

  • Bolo 'bolo

    P.M.

    « Bolo'bolo est une modeste proposition pour un nouvel arrangement de notre vaisseau spatial après la disparition de la Machine-Travail planétaire. » Livre mythique des années 80, écrit par l'anonymus P.M., bolo'bolo continue de hanter les esprits des insatisfaits du nouveau siècle et propose un modèle d'utopie réalisable dans lequel il fait bon grappiller des idées pour le présent et pour l'avenir, en attendant la mort lente de l'économie. Publié en allemand en 1983, bolo'bolo a été traduit en anglais, italien, néerlandais, arabe, chinois, hébreu, russe, portugais... P.M. est également l'auteur de romans, d'essais et de pièces de théâtre. Il a également publié en 2016 aux Éditions de l'éclat, Voisinages et communs, qui complète et enrichit l'idée du bolo de propositions nouvelles.

  • Ce livre a paru pour la première fois chez Pauvert en 1974, quelques mois avant la 1ère édition en 10/18 des Utopies réalisables, rééditées à L'éclat en 2000. Le livre se présente comme la version "bande dessinée" des Utopies réalisables, mais revient également sur certains points du livre: 1) Le monde pauvre, qui sera largement développée quelques années plus tard dans L'Architecture de survie; 2) Le groupe critique, qui part de la terrible évidence formulée ainsi par Friedman: "nous vivons avec plus d'objets que nous pouvons utiliser; nous cohabitons avec plus d'individus que nous sommes en mesure de supporter". Dès lors, la question se pose: Comment vivre avec les autres sans être chef et sans être esclave, et se la poser encore et toujours est déjà un élément de réponse.

  • Le Livre de Coutumes de Shimon Guenzburg, paru à Venise en 1593 et traduit par Jean Baumgarten (Des coutumes qui font vivre, L'éclat, 2021) a révélé un personnage haut en couleur qui contribua, grâce au livre, à ce que le judaïsme survive à l'exil et aux persécutions. Qu'est-ce qui fait qu'au moment du plus grand danger des individus se consacrent à coucher sur le papier les us et les coutumes d'une communauté qui risque de disparaître ? On ne sait presque rien de ce Shimon Guenzburg, mais son action est d'importance.
    Comment la raconter ? L'imaginaire vient alors supplanter l'Histoire, comme "la coutume efface la Loi". Sous la forme d'une correspondance entre l'éditeur typographe et la jeune vénitienne, Tirzah Adelkind, bien curieuse de son monde et de son temps, Patricia Farazzi et Jean Baumgarten font revivre ce qu'a pu être cette amitié par les livres dans le ghetto de Venise au XVIe siècle.

  • Au XVIIe siècle, de nombreux Européens se convertirent à l'islam et rejoignirent les rang de la piraterie. Attirés par le gain ou pratiquant une forme de résistance sociale, c'était surtout un moyen de se démarquer d'une Europe livrée à une chrétienté inquisitoriale et tyrannique qui avait fait de cette religion son ennemi 'naturel'. Naquirent alors ici et là des 'républiques pirates', dont la plus connue est la République de Salé au Maroc qu'étudie ici Peter Lamborn Wilson avec autant d'érudition que de fantaisie. Ces îlots de liberté associés à la piraterie lui serviront d'ailleurs de modèle dans la formation du concept de TAZ, dont il est l'auteur sous le pseudonyme de Hakim Bey, et qui flotte sur les nouvelles générations comme le drapeau de Jolly Roger sur les mers du globe.

  • Enfant prodige né à Riteve en Lituanie en 1855, Getzel Sélikovitch est envoyé à Paris où il étudie les langues sémitiques et l'égyptologie, et entame un parcours hors du commun qui le conduira en Afrique, en Italie, en Grèce et en Turquie, occasionnant à chaque fois de multiples rencontres. 'Grand reporter' avant la lettre, élève d'Ernest Renan et de Gaston Maspero au Collège de France, il part au Caire avec une bourse, participe à une mission militaire au Soudan pour sauver le général anglais 'Gordon Pacha', combat les troupes du pseudo-messie musulman Muhammad Abdallah à Khartoum, fait évader une jeune fille du Harem du Sultan à Istanbul et est mêlé à un assassinat politique dont il rend compte dans différents journaux en hébreu et en français au point qu'un de ses articles dans L'intransigeant manque de provoquer une guerre entre la France et la Grande Bretagne. Devenu persona non grata sur le sol français, il émigre finalement aux USA où il meurt en 1926. Ses Mémoires, qui parurent en feuilleton dans la presse yiddish new-yorkaise entre 1919 et 1920, nous font découvrir une personnalité riche en couleurs comme l'intelligentsia du premier XXe siècle pouvait encore en compter, mêlant un goût immodéré de l'aventure à des talents certains de journaliste-voyageur relevés par une belle érudition polyglotte.

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