Desjonqueres

  • Avec une précision parfois clinique, presque cruelle, Musil exprime ici sa fascination pour la femme, le corps de la femme, et surtout la perception qu'elle-même peut en avoir, dans le vain écoulement de sa vie ou dans le brusque éveil de ses sens.
    La «maison enchantée», ce n'est donc pas seulement la grande demeure vide où se consume Victoria, l'héroïne d'un de ces quatre récits (tous inédits en français). C'est la tour imprenable qu'est pour Musil le corps de l'autre, cet espace intime que l'on peut certes explorer, mais non voir avec les yeux de son habitante; investir, saturer, mais jamais véritablement posséder.

  • L'auteur : Rainer Maria Rilke, écrivain autrichien, est né à Prague en 1875 et mort à Montreux en 1926. Grand amoureux de la France, il vécut longtemps à Paris, où il
    fut notamment le secrétaire de Rodin. Il est célèbre pour son oeuvre lyrique (Le Livre d'heures, 1905 ; Élégies de Duino, Sonnets à Orphée, 1923) et dans le domaine de la prose, surtout pour son roman Les Cahiers de Malte Laurids Brigge, 1910.

    Le livre : Parmi les 21 nouvelles de jeunesse de Rilke, non traduites en français, nous avons publié l'an dernier les 13 qui étaient restées à l'état manuscrit (Serpents d'argent). En restaient 8, dont le texte allemand original avait été publié au cours du temps dans diverses revues. Les voici aujourd'hui pour la première fois traduites en français. Parmi les récits de jeunesse de Rilke, il s'agit des plus achevés. L'auteur y est en possession de tous ses moyens stylistiques, maniant souverainement sa langue. Comme dans les nouvelles du recueil précédent, celles du Coffret d'or présentent l'homme comme un être livré à un monde hostile ; son art évoque les situations extrêmes mais il sait aussi faire ressortir le tragique des situations les plus simples, les plus banales, jusqu'à l'insoutenable.

  • Conteur par excellence, Johannes Urzidil puise dans les riches mines de son passé pour faire revivre l'histoire et les légendes de sa Bohême natale au temps de la monarchie habsbourgeoise et jusqu'à l'arrivée des troupes hitlériennes.
    Qu'il évoque le monde brillamment prolixe et fertile de la Bohême, surchargée de souvenirs séculaires, ou les scènes dramatiques d'un passé plus récent - une nouvelle poignante rapporte les aventures d'une servante tchèque sous la terreur nazie - Urzidil donne au souvenir et à la nostalgie des parures éclatantes.
    Par la puissance de ses évocations et la vigueur de son expression Johannes Urzidil se classe parmi les plus grands écrivains tchèques de langue allemande aux côtés de Kafka et de Stifter.

  • Jérusalem, juin 1929. Le membre le plus éminent de la communauté juive orthodoxe, l'écrivain Isaac Joseph De Vriendt, est assassiné en pleine rue par un inconnu. Ce meurtre déclenche de violents affrontements entre les communautés arabe et juive ; tous croient que le meurtrier appartient à la famille d'un jeune Arabe avec lequel De Vriendt entretenait des relations illicites.
    Le chef des renseignements britanniques en Palestine, ami de la victime, mène l'enquête. Ses investigations, qui font découvrir les multiples facettes de la ville de Jérusalem, l'amènent à rechercher le coupable plutôt parmi les jeunes sionistes laïques, alors farouches adversaires de tout compromis avec la population arabe.
    S'inspirant d'événements réels auxquels il donne la dimension d'un mythe, l'auteur fait revivre tout l'univers politique et religieux des années qui ont précédé la fondation de l'état d'Israël. Roman exceptionnel, car au-dessus des partis, d'une situation exceptionnelle, Un Meurtre à Jérusalem est aussi un témoignage de premier ordre sur les contradictions fondamentales dont allaient sortir les conflits qui se déroulent sous nos yeux.

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  • Inspiré par la figure du dernier des grands empereurs du Moyen-Age, Frédéric II de Hohenstaufen, Sortilèges à Palerme nous transporte dans la Sicile du XIIIe siècle. Le souverain chrétien y réside entouré de ses chevaliers normands, de sa garde musulmane et de ses savants juifs. Un miroir magique, lui dévoile un avenir terrifiant. Frédéric II part alors explorer la face cachée de son royaume. Ce voyage initiatique est l'occasion d'une réflexion sur la nature et les fins du pouvoir ainsi que sur le destin et la liberté humaine.

  • Dans le Triptyque de Prague Johannes Urzidil réinvente de façon romanesque son enfance et sa jeunesse à Prague, en cette mythique saison heureuse du début du siècle. Il se fait le chantre de sa ville, magique cité slavo-germano-israélite où se croisent cultures et civilisations.
    En plusieurs tableaux, Urzidil déroule sous nos yeux l'histoire riche en aventures et en découvertes de la vie de son héros : Son enfance au milieu des cafés, des marchés, des petits métiers, des personnages pittoresques; sa jeunesse dans les rues de la ville cosmopolite qui vit avec humour et nostalgie ses contradictions et le déclin de la vieille Europe; ses amours, partagés entre deux femmes; son apprentissage de l'amitié et aussi de la solitude.
    Dans une langue chaleureuse, pleine à craquer de fantaisie et d'émotion, Urzidil dépeint ses personnages avec un art de conter d'une grande finesse qui tient le lecteur en haleine.

  • Dans ce roman, en grande partie autobiographique, Urzidil revient sur les lieux de son enfance : Prague et la Bohême dans les premières décennies du XXe siècle. Il évoque avec un charme prenant les rues, les quartiers, les cafés, les habitants hauts en couleur de cette ville baroque qui abrita ses premières émotions enfantines, sa découverte de l'amitié, de l'amour, de sa vocation d'écrivain, conscient dans cette cité slave, germanique et juive de la grâce qu'il a d'être cosmopolite.
    Puis le cadre s'élargit en même temps que monte l'angoisse de la guerre et d'une inquisition permanente où nul refuge n'est sûr. Le fugitif, l'exilé se cache alors dans les forêts de Bohême puis en Angleterre d'où il rapporte quelques précieux souvenirs et une mystérieuse histoire d'amour. Mais dans la mémoire de l'exilé reste gravée l'image de Prague « La bien-aimée perdue ».

  • Au milieu de 1896, Rilke annonça un "recueil de nouvelles", qui devait paraître bientôt. Ce ne fut pas le cas. Quelques-unes parurent dans des revues, mais la plupart demeurèrent à l'état manuscrit. Ces nouvelles manuscrites ont été conservées et viennent d'être publiées intégralement en Allemagne en 2004. Ce sont ces treize nouvelles, absolument inédites, dont nous présentons ici la traduction, sous le titre de l'une d'entre elles (Serpents d'argent). Dans ces textes de jeunesse, tout le Rilke futur est déjà présent. On assiste à ses essais de composition en styles divers : prose poétique, langage populaire, description réaliste, parodie du langage pathétique du théâtre de son temps, etc. Les sujets en revanche tournent tous autour d'une obsession fondamentale : dépeindre l'homme comme un être tourmenté par une exigence d'absolu, auquel il ne peut atteindre dans un monde hostile, prosaïque et sordide, ce qui le conduit au désespoir
    (Le Dimanche dont rêvait Babette, Lison la rousse, Le Bal), à la démence, (L'Accord parfait), au suicide (Serpents d'argent, L'Ineffable), voire à l'assassinat (Tony).
    Tout l'art de Rilke consiste à exprimer "cet ineffable et toujours cet ineffable" (Lettre à Stephan Zweig, 14 février 1907).

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